Déclaration de M. Jean-François Lamour, ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative, sur les pistes de réflexion pour l'évolution des missions et du fonctionnement du Fonds de coopération de la Jeunesse et l'Education Populaire (FONJEP), Paris le 19 janvier 2006.

Intervenant(s) :

Circonstance : 40ème anniversaire du Fonds de coopération de la Jeunesse et l'Education Populaire (FONJEP)

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le Président du groupe des associations du Conseil Economique et Social
Mesdames et Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs,

(Avant tout chose, le Premier ministre m'a demandé de vous délivrer un message. Il est le suivant.)
C'est avec beaucoup de plaisir que je me retrouve parmi vous pour l'ouverture de la célébration du 40ème anniversaire du FONJEP.
Vous allez débattre aujourd'hui du rôle et des perspectives du FONJEP dans un environnement institutionnel, mais aussi socio-économique qui a profondément évolué depuis 40 ans.
Ce sujet, il faut en convenir, prend une dimension particulière, ici, au Conseil Economique et Social.
Vous me donnez l'occasion d'introduire vos travaux. Je vous en remercie vivement.

Lorsque le FONJEP a été créé le 31 janvier 1964, sous la forme d'une association loi 1901, à l'initiative du Secrétariat d'Etat à la jeunesse et aux sports, des associations de jeunesse et d'éducation populaire ainsi que des collectivités locales, il se fixait deux missions :

  • une première mission visait à rassembler et gérer les crédits destinés aux rémunérations des animateurs professionnels ;
  • la seconde mission était de contribuer à la formation des animateurs nouvellement recrutés.

Ces objectifs concrets et procédant directement de l'analyse des besoins du terrain, alliés à la grande rigueur de gestion du fonds expliquent, sans doute en grande partie, la réussite de cet outil, imaginé il y a plus de quarante ans. Ceci explique certainement qu'il soit devenu une véritable institution au service du développement de la vie associative dans notre pays.
Il y a bien sûr les instigateurs, les pionniers qui ont été à l'origine du projet. Il y a ceux qui ont repris le flambeau pour lui faire porter une flamme synonyme d'espoir et il y a l'équipe actuelle qui est la digne héritière de l'expérience accumulée au fil des ans.
A tous, vous tous qui êtes présents aujourd'hui, je voudrais vous dire un très grand merci.
Sans vous, sans votre engagement au service des autres, le FONJEP ne serait pas ce qu'il est devenu aujourd'hui. J'en ai pleinement conscience. C'est la raison pour laquelle, depuis que je suis ministre, j'ai eu plusieurs fois l'occasion de marquer tout l'intérêt que je porte au FONJEP : en tant que ministre des sports tout d'abord puisque j'avais souhaité créer des postes FONJEP sport, en tant que ministre de la jeunesse ensuite en rétablissant le nombre des postes et bien sûr en tant que ministre de la vie associative en consolidant le FONJEP au plan juridique.
Vous en conviendrez, le 40ème anniversaire du FONJEP n'est pas un événement ordinaire pour un ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative.
Car cet événement nous fait nous retourner sur une histoire assez largement partagée avec le ministère que je représente ; mais aussi une histoire qui a cheminé quasiment dès l'origine avec d'autres départements ministériels.
Nous sommes aujourd'hui 7 ministères à être entrés dans le concert interministériel. Mais aussi un établissement public et des collectivités locales, plus de 350 communes, 5 conseils généraux, des syndicats intercommunaux. Et aussi une grande entreprise comme EDF.
Cette logique de rassemblement d'acteurs différents au profit d'un objectif commun doit être saluée car nous savons tous, combien elle est délicate à mener.
Mais, c'est aussi ce qui fait la force du FONJEP ; ce qui a contribué à diffuser une véritable culture du FONJEP qui au-delà des services très appréciés qu'il rend, en fait une véritable institution.
Il faut dire que le FONJEP est un point de convergence d'acteurs variés à qui il offre le cadre d'une concertation nourrie et régulière.
Il est un outil conçu au service du développement de la vie associative de notre pays et garantie d'un soutien pérenne de la part de l'Etat.
Je sais pour préparer parallèlement la conférence de la vie associative combien ce point est important pour les associations. Le Premier ministre, Dominique de VILLEPIN, aura d'ailleurs l'occasion de faire un certain nombre d'annonces lundi prochain.
Le label FONJEP est également recherché car il est garant d'un mode de fonctionnement d'une association, conforme à l'esprit démocratique et de citoyenneté insufflé par l'esprit de la loi de 1901.
Toutes ces qualités, Mesdames et Messieurs, auxquelles nous pourrions ajouter une gestion irréprochable, font du FONJEP un outil reconnu.
Mais, force est de constater que cet outil de concertation et de gestion, pour apprécie qu'il soit, doit également évoluer dans un environnement qui a profondément changé.
Il doit d'abord évoluer au plan juridique. C'est ce que je me suis employé à faire à l'Assemblée Nationale il y a deux jours en soutenant un amendement gouvernemental qui habilite le FONJEP à manier des deniers publics.
Plusieurs analyses ont en effet été conduites ces derniers mois et concluaient que le risque de gestion de fait n'était pas à écarter.
Le principe d'une habilitation législative permettant au FONJEP de poursuivre sa mission était la meilleure voie, la plus directement opérationnelle que nous puissions choisir.
Je suis particulièrement honoré aujourd'hui qu'elle ait recueilli l'assentiment des parlementaires.
Ce projet sera examiné en 2ème lecture au Sénat dans les prochaines semaines, pour une adoption définitive.
Vous pouvez compter sur moi pour défendre ce texte avec ardeur car il permettra de sécuriser et de conforter le FONJEP.
Mais le FONJEP doit également faire évoluer sa philosophie et son action. Toutes ses qualités, qui sont indéniables, ne doivent pas non plus occulter les évolutions nécessaires. Je suis en effet frappé, en tant que ministre chargé de la vie associative, de voir combien le fonds rencontre des obstacles qui limitent son développement quantitatif.
Ce que le FONJEP a réussi avec la variété de ses interlocuteurs, il doit maintenant le réussir au plan quantitatif en augmentant le nombre des bénéficiaires de postes FONJEP.
En disant cela, je n'oublie pas les difficultés qu'il y a pour les différentes institutions que nous représentons, dans des contextes parfois contraints, à développer quantitativement les postes.
Mais je sais que c'est aussi une question de choix et d'offre de la part du FONJEP qui, doit savoir convaincre qu'il propose un outil performant.
Travailler sur cet axe me semble aujourd'hui une impérieuse nécessité. Quels outils, voire quels services doit fournir le FONJEP en 2006 pour permettre le développement de la vie associative en apportant une aide à l'emploi ?
Cette question me paraît aujourd'hui indissociable de la nécessité de développer un meilleur ancrage territorial du FONJEP.
Il est demeuré trop centralisé pour être perçu comme un outil adapté à la mise en ?uvre des politiques de territoires.

Ceci, j'en suis conscient, suppose deux mutations :

  • le rapprochement du FONJEP des politiques qui s'expriment localement, ce qui nécessite une adaptation et une gestion non générique des postes FONJEP.
  • une meilleure territorialisation de l'outil de gestion ce qui renvoie également les principaux ministères à leurs propres pratiques.

Pour répondre à ces principales évolutions qui me paraissent capitales, je voudrais lancer deux appels :

  • un premier rappel à destination des collectivités car, pour une part importante, la vie associative s'exprime sur le plan local. Nous avons pu, une nouvelle fois, constater lors des derniers évènements qui se sont produits dans nos banlieues combien elle était importante. Le FONJEP peut constituer un outil pertinent pour stabiliser le secteur associatif, donner une crédibilité et ainsi permettre de favoriser l'engagement des femmes et des hommes dont l'action prend tout son sens pour donner une chance à tous et maintenir la cohésion de notre société.
  • Je voudrais également lancer un appel à l'ensemble des ministères. Le FONJEP peut être un instrument remarquablement efficace lorsqu'il est mis au service d'une politique. Il pose aussi des exigences en terme d'impulsion, de pilotage et d'évaluation.

Je sais que nous travaillons aujourd'hui à un nouveau cadre d'évolution. Je souhaiterais qu'il fût pour les 40 prochaines années et que cette journée marque le point de départ d'une nouvelle impulsion.
Mais pour cela, le FONJEP a besoin de vous, de vous tous.
Des réflexions sont en cours. Cette journée nous apportera des éléments, j'en suis convaincu au moment où je procède à son ouverture.
Je vous souhaite une journée aussi fructueuse que passionnante.
Je vous remercie.

Source http://www.jeunesse-sports.gouv.fr, le 20 janvier 2006