Texte intégral
La Nouvelle République du Centre-Ouest : 6 juillet 1993
La Nouvelle République : Que signifient les jeux de l'Avenir pour vous ?
M. Alliot-Marie : C'est une fête formidable, un grand mouvement d'espoir pour le sport français. Il est important que des jeunes montrent ainsi ce respect de l'homme que représente le sport, avec cette volonté de se dépasser.
Question d'actualité : quel est votre sentiment sur « l'affaire » de corruption O.M.-Valenciennes ?
M. Alliot-Marie : En rentrant d'un voyage au Canada, j'ai souhaité recevoir les deux plus hauts responsables du football français – le président de la Ligue et celui de la Fédération – afin de m'entretenir avec eux de cette affaire extrêmement grave pour tout le sport français. Je ne me prononcerai pas sur le fond avant que la justice, qui est saisie, n'ait tranché. Toutefois, je trouve dommage qu'une telle suspicion pèse sur un sport, quel qu'il soit. Surtout à une époque où le sport a besoin de montrer toute la place qu'il peut prendre auprès de la jeunesse. Alors que la compétition économique Internationale est de plus en plus acharnée, la compétition sportive doit préserver son image.
La Nouvelle République : Où en est le gouvernement dans le choix de l'emplacement du futur grand stade ?
M. Alliot-Marie : Tout d'abord, les délais de réalisation ne posent aucun problème. Joao Havelange l'a dit lors de son récent passage à Paris, en précisent que si le premier coup de pioche était donné en 1995, ce serait suffisant. Je vous rassure, nous n'attendrons pas jusque-là ! Quant à la localisation du stade, une procédure suit son cours. Elle aboutira dans très peu de temps. Et si, comme c'est possible, la procédure d'appel d'offres est infructueuse, nous aurons une solution de rechange à proposer.
La Nouvelle République : Quelle est votre position au sujet du plan de suppression de postes de cadres techniques ?
M. Alliot-Marie : Je suis personnellement favorable à l'existence de cadres techniques au sein du mouvement sportif, mais je suis contrainte d'accepter cette mesure obligatoire. Je veux toutefois que ce plan, qui s'étalera jusqu'en 1995, soit le moins contraignant possible pour les sportifs. Les fédérations recevront ainsi une subvention leur permettent d'employer quelqu'un remplissant exactement le même rôle. Au total, il n'y aura donc pas de diminution de l'encadrement technique.
Les fédérations connaîtront ce plan à l'avance, afin de pouvoir former le futur encadrement qui devra, le cas échéant, remplacer les cadres techniques nationaux. Les fédérations seront aussi d'avantage associées au choix des postes supprimés ou maintenus. Ceci afin d'éviter qu'aucune discipline et aucune région ne soient complètement dépourvues de cadres.
Enfin, je souhaite procéder à des réajustements au bénéfice de fédérations jeunes, insuffisamment dotées en cadres techniques au départ.
Éclair Pyrénées : 3 août 1993
Éclair Pyrénées : Avez-vous déjà pris votre décision concernant l'implantation du Grand Stade, en prévision de la Coupe du Monde de football ?
M. Alliot-Marie : Je n'ai pas encore pris de décision. Nous sommes actuellement, dans le déroulement de la procédure entamée que j'ai laissé se dérouler. Il y a eu cinq entreprises qui ont retiré leur dossier pour Melun-Sénart. Quatre ont remis leur copie. Trois ont été déclarées recevables. Le jury, a examiné ces trois dossiers vendredi 30 juillet. Il en a gardé deux comme correspondant aux critères de sélection. Après son avis ce je peux dire, c'est que ce projet qui était essentiellement, conçu, au départ, avec l'apport de fonds privés, fait apparaître la nécessité d'une subvention publique, de l'ordre de 800 millions à un milliard de francs ! Soit le coût total, aujourd'hui, d'un stade de type écologique ! C'est vrai que les mouvements sportifs ne souhaitaient pas voir implanter ce Grand Stade à Melun-Sénart, en raison de son éloignement de Paris. Cela m'a amené à faire examiner deux autres hypothèses de remplacement…
Éclair Pyrénées : Votre choix définitif du site ? Souhaitez-vous un stade multisport ?
M. Alliot-Marie : L'annonce devrait être faite à la fin août. Mais ce que je souhaite, c'est un stade qui soit réutilisable par la suite. Un stade de 80 000 places, c'est quelque chose qui doit être difficile à remplir ! Il ne doit pas servir qu'à trois ou quatre manifestations par an. Mais il doit y avoir plusieurs sports et, surtout des manifestations extra sportives afin d'obtenir un équilibre financier.
Éclair Pyrénées : Y-a-t-il une incertitude encore sur l'organisation de la Coupe du Monde de 1998 en France ?
M. Alliot-Marie : Il n'y a pas que ce Grand Stade ! Il y a les stades de province. Je rappelle qu'il y a une volonté gouvernementale et une volonté nationale que la Coupe du Monde ait lieu en France en 1998. Lors de sa venue, à Paris, il y a un mois, le président de la Fédération Internationale, M. Jao Havelange, a confirmé que la Coupe du Monde aurait bien lieu en France en 1998…
Éclair Pyrénées : Parmi les villes de province retenues par cette organisation, Bordeaux et Toulouse y figurent-elles ?
M. Alliot-Marie : La ville de Bordeaux a de grandes chances d'être retenue, répondant, notamment, à un critère d'engagement des collectivités. Toulouse se trouve dans la même situation… Le Grand Sud devrait, donc, être bien représenté car ce que je souhaite c'est qu'il y ait une bonne répartition géographique, non seulement pour le sport mais, aussi, pour la notoriété des villes.
Éclair Pyrénées : Quelle empreinte Michèle Alliot-Marie entend mettre sur ce ministère de la Jeunesse et des Sports ?
M. Alliot-Marie : Ce ministère, j'aimerais, lorsque je le quitterais, avoir réussi à faire comprendre que c'est l'un des lieux de l'évolution de notre société française pour les années à venir. Le sport a un rôle très important (...) de la société. Pour trois raisons :
La première, parce que le sport apprend aux enfants à se connaître, à connaître leur corps, avec ses limites et ses exigences. En ce sens, le sport a un rôle essentiel dans la prévention de la toxicomanie et de l'alcoolisme. Le sport les protégera contre ces déviances.
La seconde, le sport est une grande école de tolérance. Dans le sport on apprend à rivaliser, à se combattre, mais en même temps, on apprend le respect de son adversaire. Dans notre société qui est une société d'agressivité et de rejet, le sport permet de récupérer des jeunes qui sont en situation de marginalité ou de prédélinquance. Beaucoup d'éducateurs sportifs sont devenus, dans des zones difficiles, des leaders positifs.
La troisième, les jeunes, apprennent que la vie en société implique des règles. Pour ces jeunes, le sport a tendance à créer une microsociété. Elle leur apprend à mieux se situer vis-à-vis des autres…
Éclair Pyrénées : Vous souhaitez laisser une empreinte d'humanisme et une empreinte sociale ?
M. Alliot-Marie : Oui très fort ! Une empreinte de vraie socialisation. De vraie intégration dans la société. J'ajouterais, et je vais en faire l'un des thèmes dominants de mon action dans les prochains mois, que le sport est le seul lieu où les jeunes peuvent avoir une initiation à la société économique. Notre système d'éducation a gommé toute idée de compétition et d'émulation. Vous n'avez, pratiquement plus de notation, vous n'avez plus de classement, vous n'avez plus de remise de prix. Cela veut dire que, sans repères, quand les jeunes auront 18 ou 20 ans, ils seront projetés dans une société, où il y a la concurrence de l'emploi, la concurrence économique dure, sans savoir ce qu'est la compétition, sans savoir que, pour réussir, il faut de la volonté, il faut de la ténacité, il faut de l'entraînement. Je suis certain, que, dans quelques années, comme cela se fait dans les pays anglo-saxons, sur les curriculum-vitae, à côté des références de formation, la mention des sports pratiqués, sera notifiée, parce que c'est un élément de caractère qui devient très important dans les entreprises. Je pense que, jusqu'ici, le ministère de la jeunesse et des sports a été trop souvent considéré comme le ministère temps libre « on l'a même appelé comme cela ! », de la détente et du loisir, alors que je crois que c'est un ministère-clé pour l'évolution de notre société, et pour les mentalités de la formation de nos jeunes. Vous voyez que j'ai du travail sur la planche !
Éclair Pyrénées : Il y a eu Edwige Alice, Frédérique Bredin, et maintenant Michèle Alliot-Marie. Faut-il en déduire que le ministère des Sports est une panacée féminine ?
M. Alliot-Marie : Est-ce un regret ?
Éclair Pyrénées : Non, tout simplement, nous voulons savoir s'il y a une vision féminine sur le sport ?
M. Alliot-Marie : Je pense que nous avons une vision gouvernementale du sport ! Il y a eu alternance d'hommes et de femmes. On pourrait, aussi, Inverser la question ! Je pourrais dire qu'il y a, actuellement, de grandes championnes qui représentent notre pays à haut niveau, en vol à voile, dans les sports de combat, en tennis, en athlétisme… Je regrette qu'une chose : c'est que, peut-être, on ne parle pas assez suffisamment, du monde sportif féminin. Ma présence à Jurançon pourrait apparaître symbolique. On ne parle pas assez du tour de France féminin.
Éclair Pyrénées : On peut difficilement interviewer le ministre des Sports, sans parler de l'affaire : OM-Valenciennes ! Cette faire va de rebondissement en rebondissement. Quel sentiment vous inspire-t-elle ?
M. Alliot-Marie : Tant que la justice est saisie, j'ai dit que, juridiquement et constitutionnellement, je ne me prononcerais pas sur cette affaire ! En revanche, je peux dire que je la trouve tout à fait déplorable pour l'image du football et pour l'ensemble du sport français. Il y a suspicion sur la pratique d'un sport et du sport ! Cela me parait une chose tout à fait dommageable ! D'abord parce qu'on s'obnubile sur ce qui n'est, peut-être, qu'un dérapage, tout comme on s'obnubile sur les dérapages que peut représenter la violence dans les stades… Et on ne voit pas que ces dérapages concernent que quelques individus, par rapport aux millions de pratiquants… Je dirais que c'est, un peu, le brin d'herbe qui essaie de cacher une forêt : celle du sport sympathique, qui se porte bien et qui respecte les valeurs du sport. Je regrette, aussi, que sur un sport, en particulier, la suspicion soit jetée, à tel point que les inscriptions dans les clubs de supporters ont brusquement baissé ! Cela nous interroge car ce constat pourrait marginaliser le sport qui reste pour les jeunes, un des refuges. Le sport peut représenter un certain idéal. Ce que je voudrais dire aux jeunes, c'est qu'ils ont raison de croire dans les vertus du sport, et ce n'est pas parce qu'il y a un dérapage que toutes les choses de la société sont mauvaises !
Éclair Pyrénées : L'affaire a pris une tournure politique avec la déclaration de M. Bernard Tapie qui cite le nom de M. Jacques Mellick, un autre ancien ministre, comme alibi…
M. Alliot-Marie : En aucun cas, ni le ministre des sports, ni le gouvernement, n'ont cherché, et n'ont émis la moindre phrase qui puisse donner une connotation politique à cette affaire. Je constate que, s'il y a tentative de coloration politique de cette affaire, elle ne vient pas de notre côté ! Pour ma part, je continuerais à m'attacher à cela parce que je souhaite que le sport soit préservé de luttes, de problèmes, ou d'opérations politiques. L'image du sport : ce sont les valeurs du sport, et ce sont celles auxquelles je me rattache.
Éclair Pyrénées : Et s'il y a des fautifs ?
M. Alliot-Marie : S'il y a des fautes, en la matière, je souhaite qu'elles soient sanctionnées très sévèrement, à tous les niveaux de façon qu'il y ait un caractère exemplaire, totalement dissuasif pour l'avenir… Les problèmes de personnes ne m'intéressent pas.
Éclair Pyrénées : Comment se préparent les Jeux Olympiques ? Y aura-t-il des accords pour encadrer les athlètes ?
M. Alliot-Marie : Je vais augmenter, sensiblement, en 1994, les moyens de préparation olympique. J'aurais des choix à faire. Mais, parallèlement, je vais essayer d'améliorer le lien psychologique qui peut exister entre les athlètes et leur région. Il est très important pour un athlète de se sentir soutenu, et si possible d'une manière personnalisée. Au cours du tour de France des régions que je viens de boucler, j'ai sensibilisé les présidents de conseils régionaux et des fédérations sur cette idée. Se pose aussi, le problème de la réinsertion professionnelle des athlètes de haut niveau. Je veux en faire une priorité. Pas seulement pour les champions olympiques ! Il faut créer des parrainages pour les athlètes au moment de leurs études, simplement, de les utiliser comme objets publicitaires – nos athlètes méritent mieux que ça ! –, mais qu'ils bénéficient d'un pré-suivi et qu'ils soient déjà intégrés dans l'évolution technique de l'entreprise. Ils ne doivent pas avoir de préoccupations de leur devenir et se concentrer uniquement, sur leur préparation et sur les victoires à obtenir ! Malgré cela, je dois me réjouir des résultats sportifs.
J'ai sûrement la baraka, car il n'y a jamais eu autant de bons résultats qu'actuellement. Mais je n'y suis pour rien…
Éclair Pyrénées : 4 août 1993
Éclair Pyrénées : Nous avons, déjà, parlé des Jeux Olympiques (1), regrettez-vous le départ de Nelson Paillou ? Le département aurait eu le ministre des Sports et le président du COJO ?
M. Alliot-Marie : Vous savez que nous avons, entre nous, la complicité des gens du Sud-Ouest ! J'ai regretté qu'il parte au moment où j'arrivais. Je lui ai dit ! Il aurait dû faire un effort d'un an… Nous nous voyons souvent sur des stades. Maintenant, c'est vrai que nous aurions eu droit aux critiques sur notre représentativité, venant du Nord ou d'ailleurs…
Éclair Pyrénées : Quel est votre sentiment sur le sport professionnel ? Que pensez-vous de la crise du bénévolat qui affecte aussi notre département ?
M. Alliot-Marie : Les deux sports ont leur place. Ils ont, aussi, leurs exigences qui sont, différentes. Le sport professionnel devient, de plus en plus, un spectacle, et fonctionne comme une entreprise. Il le faut. Mais avec la clarté ! Le sport amateur regroupe 9/10èmes des forces vives en France. Il convient de l'entretenir ou de l'encourager. Il connaît, des difficultés venant du flou d'un certain nombre de pratiques et d'un certain nombre de textes ! Les clubs sont confrontés au problème de la fiscalité et des URSSAF. Certains clubs se remettent à niveau. D'autres ne le pourront pas ! J'ai demandé au Ministre des Affaires sociales et au Ministre du budget d'harmoniser une réglementation. C'est vrai que le bénévolat est en crise. Je ne crois pas qu'il le soit dans notre région, autant que dans certaines grandes villes. Sans bénévolat, il n'y aurait pas de sport en France. Pour le bénévole, je veux faire trois choses.
Éclair Pyrénées : Un statut du bénévole ?
M. Alliot-Marie : Non ! Le statut est toujours quelque chose de rigide. Il ne correspond pas à ce que veulent les bénévoles. Ils doivent être formés en matière fiscale et en matière de sécurité Dans le budget de 1994, j'ai l'intention de proposer un certain nombre d'opérations dans cette perspective. Je souhaite, aussi, plus de reconnaissance. Elle peut s'exprimer, à travers des médailles, et je veillerais à une meilleure distribution, mais je suis en négociation avec les grands médias pour qu'on puisse mettre en valeur les bénévoles…
Éclair Pyrénées : Le département peut-il attendre des retombées dans le domaine de la préparation des Jeux-Olympiques ?
M. Alliot-Marie : Mes services sont en train de regarder, pour les Jeux d'Atlanta, les lieux qui pourraient servir de préparation. Dans notre département il y a un certain nombre de lieux qui sont examinés. Nous travaillons sur trois sites.
Éclair Pyrénées : Pau et Bayonne figurent parmi les sites retenus pour les contrats des villes. Quelles seront, là aussi, les retombées éventuelles pour les PA ?
M. Alliot-Marie : Mon ministère était très présent dans les opérations d'animation de proximité. Mais je me refuse à continuer d'envoyer certains équipements dans la nature, sans qu'il y ait des structures qui se chargent de la responsabilisation des jeunes et de l'entretien des structures. Il faut mieux affecter les équipements et trouver des groupes de support pour encadrer nos projets d'intégration. Pour les contrats de ville, il y aura une enveloppe sport. Les préfets doivent établir, pour le 1er septembre, une liste de projets. Nous avons estimé à 300 MF, sur le plan national, les besoins sportifs dans le cadre de ces contrats Pour la région Aquitaine, l'enveloppe sera importante, mais je ne peux encore la chiffrer.
Éclair Pyrénées : Les éducateurs sportifs du département se plaignent d'un manque de conseillers techniques (CTD)
M. Alliot-Marie : Le problème des cadres techniques est lié à celui de la réduction des effectifs de la fonction publique. Il faudra appliquer certains arbitrages et certaines péréquations. Par le fait de pesanteur historique, un certain nombre de départements el de sports sont bien dotés et d'autres le sont moins. Dans le meilleur des cas leur nombre est constant. Je vais travailler en concertation avec les fédérations et le comité olympique dans la répartition régionale. En 1993, chaque fois qu'il y a eu suppression d'un poste de cadre technique, dans un département, la fédération a reçu la somme équivalente au coût d'un CTD pour le remplacer. Ceci sera étendu l'an prochain. Ce qu'on me demande, ici, c'est d'améliorer la situation. Cela ne peut venir que de la concertation.
Éclair Pyrénées : Des parents d'élèves se plaignent du manque de structures sportives adaptées dans certains établissements scolaires.
M. Alliot-Marie : Cela ne relève pas de ma compétence. Par contre, ce que je constate, c'est que sur le plan des équipements communs, nous avons, dans le département, une bonne structure. Des équipements suffisamment nombreux y compris dans les petites communes. Ma politique, en 1994, sera axée sur deux éléments. Le premier sera le soutien au renforcement, à l'amélioration, à la rénovation, ou à la création d'équipements qui seront nécessaires pour de grandes manifestations internationales. Je pense au Championnat du monde de pelote. Le second sera un soutien pour certains petits clubs ou petites communes, ayant des besoins. Les petites communes rurales, doivent garder les populations jeunes pour éviter qu'elles viennent grossir les problèmes que nous connaissons dans les banlieues.
Éclair Pyrénées : Un service de médecine sportive avait été envisagé à l'hôpital de Pau. Ne pourriez-vous encourager cette création ?
M. Alliot-Marie : Je suis très favorable à la création de tels services, dans la mesure où nous avons une carte en la matière. La médecine sportive a fait de gros progrès. Ce qu'il faut éviter c'est d'avoir, des équipements très lourds, à proximité les uns des autres. Sous réserve du non double emploi, je suis très favorable à la création d'un tel service.
Éclair Pyrénées : Certains regrettent que le Conseil Général ne subventionne pas les clubs de rugby de haut niveau dans le département.
M. Alliot-Marie : Je ne suis pas membre du Conseil Général et je ne me permettrais pas de juger.
Éclair Pyrénées : Vous voyagez beaucoup…
M. Alliot-Marie : J'essaie d'être un ministre sur le terrain. Député, j'ai beaucoup appris en allant à la rencontre des gens dans les communes. J'applique cette même méthode. Les déplacements se posent à l'échelle de la France. Ce n'est pas du tourisme ! C'est une façon de rencontrer la famille des services qui avait été un peu court-circuitée. Je rencontre aussi les mouvements sportifs. À la rentrée, j'ai l'intention de passer une journée par semaine dans un département, afin de regarder de plus près leurs problèmes.
Éclair Pyrénées : Avez-vous, encore, le temps de faire un peu de sport ?
M. Alliot-Marie : J'ai fait de la voile, de la natation, du basket, du volley, de l'équitation, du ski, du tennis. J'ai fait de la pala, mais comme je suis très myope, j'ai failli assommer deux fois mes adversaires ! J'ai donc arrêté mon expérience. Aujourd'hui, je me limite à trois heures de jogging par semaine sur les bords de la Nivelle à Ciboure.
Éclair Pyrénées : Cette évocation de Ciboure, dicte la dernière question. Avez-vous des ambitions pour les municipales de Biarritz ?
M. Alliot-Marie : Chaque chose en son temps ! Actuellement, j'ai pris, depuis quatre mois, un ministère lourd Je m'y consacre entièrement, tout en gardant mes attaches locales. J'essaie d'être, toutes les fins de semaine, dans ma circonscription à l'écoute et à la rencontre de tous les électeurs.
(1) : Notre édition d'hier.