Texte intégral
3 juin 1993
France 2
B. Masure : Partagez-vous le sentiment de J. Arthuis sur le protectionnisme et la préférence communautaire ?
F. Perigot : Il ne faut pas dire que le protectionnisme n'est pas gênant. C'est très difficile, très dur, et très coûteux pour les pays qui l'adoptent. Mais il y a une grande différence entre le protectionnisme et savoir se faire respecter. Le problème est que l'Europe n'a pas trouvé en elle-même la force politique de se faire respecter par le reste du monde. J. Arthuis le dit fort bien, l'Europe est un marché extraordinaire envahi par le monde entier, sans que nous soyons vraiment en position d'imposer à ces "envahisseurs", si j'ose dire, les règles élémentaires du commerce international.
B. Masure : Vous donneriez une mauvaise note à la Commission de Bruxelles ?
F. Perigot : Il faut une autorité morale dans ces choses, dans les parties de bras de fer entre les zones économiques. Sans autorité morale et politique énorme, on est battu. Tant que l'Europe ne se donnera pas une volonté politique forte en matière de commerce extérieur, ne sera pas unanime et résolue, c'est vrai qu'elle sera trop perméable à des gens qui profitent de ce marché sans payer le ticket d'entrée, qui est la réciprocité, la concurrence loyale, etc. Je comprends tout à fait les branches d'industrie citées, le textile et les autres, qui se défendent comme elles peuvent, notamment par la délocalisation, mais qui se trouvent dans une situation très difficile.
B. Masure : Hier, E. Balladur vous a interpellé. Le gouvernement estime avoir fait beaucoup de cadeaux, et ne pas être payé en retour ?
F. Perigot : Il ne faut pas être injuste vis-à-vis des entreprises. Il faut se dire que, bien sûr, de ci de là, des représentants du monde économique disent qu'ils ne sont pas satisfaits, que le gouvernement n'a pas pris les bonnes orientations. C'est normal, et ceci vient de la dureté des temps. Le chômage n'est pas quelque chose qu'on fait par plaisir. Aujourd'hui, à raison de 8 000 faillites par mois, c'est vrai qu'une certaine panique s'empare des affaires. Pour autant, les Français et les entreprises sont déterminés à optimiser tout ce qu'on pourra leur donner pour retrouver la croissance, ou tout au moins arrêter la dégradation de l'économie. Toute la question est de savoir quelle peut être la portée réelle des mesures de soutien à l'économie en dehors de certains secteurs bien précis.
B. Masure : Vous êtes déçus par ces mesures ?
F. Perigot : On ne peut pas être déçu sur les intentions, sur la voie prise, sur l'affichage. Mais en matière d'aide immédiate, il est certain que les entreprises attendaient de la suppression du remboursement anticipé de la TVA quelque 100 milliards à injecter dans l'économie. Ils ne sont pas là, il y en aura 10. On n'attendait pas autant des allocations familiales, mais elles ont été limitées à une certaine catégorie de salaires, et ne touchent pas toutes les entreprises. Je reconnais au passage que certaines injustices en matière de taxes professionnelles ont été annulées, mais il faut prendre cela en perspective, et la perspective, c'est de dire que nous sommes dans une crise grave, européenne, et il faut jouer la confiance. Ne demandons pas trop aux entreprises. Quand il n'y a pas de clients, il n'y a pas de production. Il faut que la confiance revienne chez le consommateur pour revenir dans les entreprises.
B. Masure : Le ministre du Travail vous a demandé de prendre un engagement formel sur l'emploi des jeunes.
F. Perigot : J'ai déjà pris deux fois un engagement formel d'optimiser toutes les mesures qui seraient prises par le gouvernement en faveur de l'emploi, et notamment en faveur des jeunes. Les deux fois où je suis sorti de mes rencontres avec le Premier ministre, je l'ai dit sur le balcon de Matignon. Les mesures sont connues. Dans quelques jours, lundi, j'irai porter au Premier ministre le détail du plan de mobilisation de l'appareil patronal pour essayer d'optimiser toutes ces mesures en faveur de l'insertion des jeunes dans la vie professionnelle. Crise ou pas, c'est un problème majeur, d'avenir, et on peut compter sur les entreprises françaises dans cette affaire.
7 juin 1993
Europe 1
J.-P. Elkabbach : Cette fois c'est oui ou c'est non ?
F. Perigot : Oui à quoi ?
J.-P. Elkabbach : Est-ce que vous sortez du scepticisme à l'égard des plans Balladur et à l'attentisme du patronat, des chefs d'entreprises, oui ou non ?
F. Perigot : Je vous remercie de me poser la question, car ça n'a jamais été non, ça a toujours été oui. Depuis que les plans Balladur sont connus, le CNPF a été en appui, je n'ai cessé de le dire. Nous avons déjà commencé avec la politique monétaire et la défense du franc, j'ai envoyé personnellement des milliers de lettres aux chefs d'entreprises, j'ai tenu de très nombreuses conférences, pour appeler les chefs d'entreprises à la confiance et au dynamisme.
J.-P. Elkabbach : Mais c'est un oui qui est perçu comme un non. Que manque-t-il aux plans Balladur ?
F. Perigot : Il est perçu comme un non, c'est quand même une chose tout à fait extraordinaire d'entendre ça ! Les mesures annoncées par le gouvernement, ne sont pas encore des mesures en activité sur le terrain. Alors, attendons de voir comment ces mesures seront utilisées pour savoir si les entreprises peuvent ou ne peuvent pas, utiliser ces mesures pour essayer d'enrayer une situation qui depuis que les mesures ont été prises, n'a cessé d'empirer.
J.-P. Elkabbach : Mais que manque-t-il aux plans Balladur ?
F. Perigot : Il y a d'excellentes intentions, une politique qui est très bien marquée, mais il manque des mesures d'un poids suffisant, notamment pour sauver de l'asphyxie des entreprises qui meurent tous les jours. Il y a 8 000 entreprises qui meurent par mois. C'est vrai donc, que l'impact aurait pu être un peu plus fort sur les modalités de certaines mesures si elles avaient été mieux faites.
J.-P. Elkabbach : Vous pensez qu'il n'a pas tenu ses promesses ou que c'est le patronat qui ne tient pas les siennes ?
F. Perigot : Le patronat n'a jamais fait aucune promesse. Je pense que le Premier ministre a tenu ses promesses. Hélas ! Sur certaines dispositions, les modalités enlèvent de la portée à ces mesures. Et je pense qu'on ne peut faire aucun procès d'intention aux entreprises, sur la façon encore une fois, dont on utilise des mesures qui ne sont pas encore aujourd'hui en application.
J.-P. Elkabbach : Demandez-vous ce matin aux patrons de geler les licenciements ?
F. Perigot : Je n'ai pas le droit de leur demander cela, car les chefs d'entreprises sont responsables de leur entreprise, de sa pérennité et si hélas ! Quand il n'y a plus rien d'autre à faire et c'est ce que je leur dis, que de se séparer de leurs collaborateurs, je ne peux pas leur interdire de le faire. Du reste, tout le monde est obligé de le faire. Quand on est obligé de supprimer un certain nombre de régiments, on le fait.
J.-P. Elkabbach : Vous voulez dire que l'État commence ?
F. Perigot : Je veux dire que l'État commence, mais l'État applique à sa gestion, hélas ! Les principes de la gestion qu'on applique dans une économie ouverte.
J.-P. Elkabbach : Aux chefs d'entreprises qui imposent au personnel le choix dramatique, soit réduction de salaire, soit la porte, vous leur donnez tort ou raison ?
F. Perigot : Je leur dis qu'ils s'inspirent d'une disposition, qui là aussi a été envisagée par le gouvernement mais qui n'est pas appliquée et qui consiste à essayer de compenser une perte de salaire pour éviter des licenciements. L'idée est excellente, mais je pense qu'on n'y a pas assez réfléchi. On a dit qu'elle risquait d'avoir des effets pervers. Avec cet exemple, on le voit, elle en a.
J.-P. Elkabbach : M. Aubry prévoit que la compensation salariale par l'État d'une partie de la réduction des salaires ne sera pas appliquée car c'est une mesure inapplicable. Et vous ?
F. Perigot : Je pense qu'elle est difficile à appliquer car en effet, si on veut éviter des effets pervers, il faudra la limiter à un certain nombre de cas très particuliers.
J.-P. Elkabbach : À 10 heures ce matin, qu'allez-vous proposer à E. Balladur et à ses ministres, de N. Sarkozy qui vous appelait hier "à anticiper la reprise et à prendre des risques."
F. Perigot : Les risques, les chefs d'entreprises en prennent tous les jours. Tout à l'heure, je passerai en revue avec le Premier ministre les mesures qui ont été prises pour essayer avec lui, d'en mesurer la portée réelle par rapport à une situation qui s'est gravement dégradée. Ensuite, je lui dirai que l'important pour les entreprises, c'est que la confiance revienne, que les clients consomment.
J.-P. Elkabbach : Vous l'avez dit à France 2 aussi : "que la confiance revienne avant de nous demander des efforts !"
F. Perigot : Je n'ai pas dit des efforts. J'ai dit que nous pourrons continuer à investir et à retrouver de l'augmentation d'activité et de l'emploi quand il y aura de la consommation. Des efforts on en fait tous les jours.
J.-P. Elkabbach : Mais les consommateurs sont des salariés qui redoutent que vous les mettiez dehors et qui redoutent de perdre leurs moyens !
F. Perigot : Le problème de la confiance est un problème qui concerne l'ensemble des citoyens français. Et si je me permets d'appeler à la confiance les chefs d'entreprises, c'est parce que c'est ceux sur lequel j'ai une autorité. Mais aujourd'hui il ne faut pas montrer du doigt les entreprises. Il faut dire aux Français : si vous n'avez pas confiance, si vous ne sortez pas l'épargne de là où elle est pour la mettre dans la consommation, alors la France ne s'en sortira pas.
J.-P. Elkabbach : Vous vous retirez de vos propres responsabilités. Allez-vous à Matignon les mains vides ?
F. Perigot : Non, nous n'y allons pas les mains vides. Nous essaierons de suggérer un certain nombre de modalités d'application des mesures qui ont été prises et ensuite, je l'ai dit déjà deux fois sur le perron de Matignon, nous sommes en train de mettre au point un plan de mobilisation de la totalité de l'appareil patronal, 80 fédérations sur le terrain, pour mobiliser les entreprises. Il faut qu'elles utilisent au maximum toutes les mesures sur l'emploi. Là, ces mesures pour l'emploi sont des mesures fortes, des mesures où le gouvernement a pris des décisions judicieuses et nous avons la responsabilité d'en faire un maximum.
J.-P. Elkabbach : "Nous sommes en train de..." ça va durer longtemps ou c'est immédiat ?
F. Perigot : C'est mardi que ça s'annonce et c'est dès le lendemain que ça démarre dans toute la France.
J.-P. Elkabbach : Est-il vrai que vous allez faire un tour de France ?
F. Perigot : Appelez ça un tour de France, mais simultanément, successivement dans toutes les grandes villes de France, fédérations, unions patronales, entreprises, tous les acteurs concernés se mobiliseront pour insérer les jeunes dans la vie professionnelle. Car là, quelle que soit la situation économique, il faut que les jeunes soient insérés dans la vie professionnelle.
J.-P. Elkabbach : Ça fait combien d'emplois tout ça ?
F. Perigot : Pour l'instant ça fait de l'insertion des jeunes et j'espère que ça fera des emplois stables pour l'avenir.
J.-P. Elkabbach : Êtes-vous sûr de la réussite d'E. Balladur ?
F. Perigot : Je la souhaite. J'ai toujours dit et je le répète encore très solennellement.
J.-P. Elkabbach : Vous souhaitez de nouvelles mesures du gouvernement Balladur ?
F. Perigot : Encore une fois, je souhaite déjà que certaines mesures qui n'ont pas été optimisées, le soient. Je souhaite que nous n'ayons pas besoin d'avoir de nouvelles mesures de relance de l'économie en septembre. Ça ne dépend pas que de la France, ni uniquement d'E. Balladur, ni que des entreprises françaises. Ça dépend de l'ensemble de l'économie mondiale, de l'Europe, de la façon aussi dont on saura établir des règles en Europe, qui éviteront les prédateurs étrangers et les dévaluations compétitives entre Européens.
J.-P. Elkabbach : Donc il n'est pas impossible que vous demandiez d'autres mesures de relance à la rentrée ?
F. Perigot : Je ne le demande pas, c'est au gouvernement de savoir quelles sont les mesures qu'il doit prendre, si les choses ne vont pas dans la direction qu'il souhaite.
J.-P. Elkabbach : Si le gouvernement Balladur échoue, c'est dans toutes les têtes, vous en serez largement responsables ?
F. Perigot : Je refuse complètement cette responsabilité. Si le gouvernement Balladur échoue, c'est d'une part la conjoncture internationale qui ne lui aura pas permis de réussir et deuxièmement, l'ensemble des Français devront se demander s'ils ont manifesté suffisamment de confiance pour l'aider.
J.-P. Elkabbach : Donc, il pourrait échouer ?
F. Perigot : Tout le monde peut gagner, tout le monde peut échouer. C'est une question de chance, de volonté, de circonstances.
J.-P. Elkabbach : À partir de quel moment et de quel signe jugerez-vous qu'E. Balladur est en train de gagner le pari du redressement ?
F. Perigot : Le jour où la récession se ralentira et où l'on retrouvera un petit peu de croissance et un peu d'emploi.
J.-P. Elkabbach : La récession va se réduire toute seule, comme ça...
F. Perigot : La récession c'est une question mondiale et il faut que nous nous adaptions mieux que d'autres à cette récession.
J.-P. Elkabbach : Vous allez souscrire à l'emprunt Balladur qui sera lancé dans moins de trois semaines ?
F. Perigot : Je n'appellerai pas l'ensemble des chefs d'entreprises, ça ne me regarde pas. Mais en tant que citoyen, on est tout à fait fondé à avoir la plus grande confiance dans cet emprunt.
J.-P. Elkabbach : L'État demande au patronat de faire un effort le premier, pour l'UNEDIC. Vous y êtes prêt ?
F. Perigot : Il faut remettre à plat l'ensemble du chômage avec nos partenaires, pour essayer de limiter ce déferlement de chômeurs et maîtriser les dépenses du régime.
J.-P. Elkabbach : C'est terrible vous passez toujours le ballon aux autres !
F. Perigot : Non, je suis co-responsable et je prendrai mes responsabilités comme les autres.
18 juin 1993
RTL
J.-M. Lefebvre : La rencontre a été franche et claire ?
F. Perigot : On s'est dit la vérité. D'un côté nous avons fait valoir que les entreprises seules ne peuvent pas tout faire et que beaucoup dépendra, pour la reprise de la croissance, de l'évolution de la conjoncture internationale et du retour de la confiance en France. Mais, nous sommes d'accord pour nous attaquer ensemble aux problèmes de la France, en particulier au chômage, pour relancer la confiance des consommateurs, ce qui est nécessaire à la reprise de l'activité.
J.-M. Lefebvre : On vous sent réticent pour accepter des engagements chiffrés.
F. Perigot : Je me méfie des engagements chiffrés. Je préfère de beaucoup une mobilisation totale comme celle que nous allons faire pour optimiser toutes les mesures qui ont é prises par le gouvernement, pour l'insertion des jeunes dans la vie professionnelle. Nous savons faire. Dès mardi, nous lancerons cette campagne de mobilisation pour que les chefs d'entreprises connaissent parfaitement toutes les possibilités qu'ils ont d'insérer les jeunes en apprentissage, en contrats d'insertion, sur toutes les formules qui viennent d'être rajeunies fort judicieusement par le gouvernement. Pourquoi se fixer un objectif ? Ce que je souhaite, c'est que nous puissions augmenter le nombre d'apprentis et aussi toutes les formes d'insertion dans la vie professionnelle. C'est un problème de chef d'entreprise et de citoyen. Autant je suis réservé quand on m'accuse de ne pas avoir donné suffisamment de satisfécits sur des mesures de relances de l'économie, autant je mets toute mon autorité dans la balance en ce qui concerne l'insertion des jeunes à partir des mesures prises par le gouvernement pour les jeunes.
J.-M. Lefebvre : Y-a-t-il un certain malaise ?
F. Perigot : Il y a eu une certaine déception. Les chefs d'entreprise attendaient beaucoup des mesures qui ont été prises. Un certain nombre de branches professionnelles, elles, ne sont pas déçues, comme le bâtiment, les travaux publics. Sur certaines mesures d'aide aux trésoreries pour essayer d'empêcher que les entreprises s'asphyxient et continuent à tomber au rythme de 8 000 par mois. On avait mis beaucoup d'espoirs dans les effets de remboursements anticipés de la TVA. C'est vrai qu'aujourd'hui les effets attendus sont loin de correspondre à ce qu'on pouvait espérer. Cela ne veut pas dire qu'il y a un malaise entre le gouvernement et les patrons français, qui sont conscients du rôle à jouer dans le retour de la confiance. Si les consommateurs ne reprennent pas confiance, les clients n'achèteront pas et les entreprises continueront à faire faillite.
J.-M. Lefebvre : Qu'allez-vous dire de plus aux petits patrons pour qu'ils agissent ?
F. Perigot : Je ne crois pas qu'il y ait de réticence la base pour s'investir totalement dans l'insertion professionnelle des jeunes. Les mesures sont connues depuis mardi dernier seulement. Par conséquent, je ne vois pas ce que pourront m'objecter les entreprises. Si certaines entreprises sont dans une situation si délicate qu'elles ne peuvent pas, je ferai tout pour les convaincre et les aider, surtout avec les mesures qui viennent d'être prises. C'est un devoir vis-à-vis des jeunes et c'est dans notre intérêt. Lorsque la reprise reviendra, on aura besoin de gens formés. Il peut y avoir dans l'embauche des jeunes des impossibilités pratiques. Nous pouvons aider aussi le gouvernement dans les accords du GATT. Il faut prendre nos problèmes en amont. La grande cause de tous nos malheurs vient du fait que nous n'avons pas assez d'autorité pour nous faire respecter par le reste du monde.
J.-M. Lefebvre : Que pouvez-vous faire concrètement pour aider E. Balladur dans les négociations du GATT ?
F. Perigot : C'est de mettre les professions d'accord sur une position, qui est celle du gouvernement. Il y a une coïncidence absolue entre les positions du gouvernement et les nôtres. Cela veut dire aussi qu'il faut utiliser toute notre influence pour essayer de convaincre nos partenaires européens. Ce ne sera pas facile de convaincre les Allemands. Mais si je peux organiser pour le Premier ministre une rencontre avec mes collègues, je le ferai. E. Balladur est un homme qui aime rencontrer les gens, s'expliquer avec eux. Il serait intéressant qu'il rencontre l'ensemble des patronats européens pour leur parler du GATT.
J.-M. Lefebvre : Pour faire du protectionnisme européen ?
F. Perigot : Pour se faire respecter et inviter les nations occidentales à repenser les règles du jeu du commerce international. Si nous voulons protéger le commerce international contre le protectionnisme, il est urgent d'en revoir les modalités et de faire appliquer les règles.