Texte intégral
Messieurs les présidents du Comité d'organisation, monsieur le directeur général, messieurs les professeurs, mesdames, messieurs,
Je suis particulièrement heureux de me retrouver aujourd'hui parmi vous pour l'inauguration du MEDEC 90, associé à Intermedica et à Euro-cancer. En effet, cette année, le regroupement de nombreuses manifestations autour du MEDEC fera de cette occasion une semaine tout à fait exceptionnelle de rassemblement des professionnels de santé.
Journaux médicaux, firmes pharmaceutiques, fabricants de matériel, sociétés informatiques se retrouvent sur un même plateau. Les hôpitaux publics, comme l'Assistance publique de Paris, le Comité français d'éducation pour la santé, l'Agence française de lutte contre le SIDA et divers services de mon ministère sont aussi représentés.
J'ai parcouru, trop rapidement il est vrai, les stands (et je poursuivrai ce circuit tout à l'heure). Tout ce que j'ai vu témoigne du dynamisme des professions de santé et de tout ce qui les environne.
Ce dynamisme, le ministère que je dirige, y participe activement. Certes, les Pouvoirs publics sont souvent perçus comme des "géneurs". C'est un peu normal puisque leur rôle est aussi de tenir les cordons de la bourse et de veiller à l'efficacité des dépenses du système de santé.
Mais la fonction du ministre n'est pas seulement celle-là, c'est aussi et peut-être surtout d'impulser ou d'accompagner des actions nouvelles. A cette occasion, je voudrais vous rappeler à titre d'exemple quelques décisions prises à mon initiative depuis tout juste deux ans.
La lutte contre le SIDA tout d'abord : c'est une priorité claire du Gouvernement qui a créé, à ma suggestion, des structures nouvelles pour la réflexion sur la maladie- c'est le Conseil national du SIDA –, pour la prévention – c'est l'Agence française de lutte contre le SIDA –, pour la recherche c'est l'Agence nationale de recherches sur le SIDA.
Les moyens pour la prévention ont été quadruplés entre 1988 et 1989, les moyens pour la recherche triplée.
Cette action a été poursuivie en 1990 et le sera en 1991.
En ce qui concerne la prise en charge des patients à l'hôpital, près d'un milliard supplémentaire a été dégagé en 1989 et 1990, dont plus de 500 postes de soignants.
Deuxième décision relevant du rôle d'impulsion du ministre, un effort sans précédent en faveur de la prévention a été engagé avec le plan de lutte contre le tabac et l'alcool auquel, j'en suis sûr, les responsables d'Euro-cancer auront été très sensibles. Mais aussi de nombreuses autres actions financées grâce au Fonds de prévention dont le lancement de la vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole qui fera, cet après-midi, l'objet d'une conférence de presse, à laquelle assistera mon Directeur de cabinet.
Mon troisième exemple de décision, c'est le choix pour un meilleur remboursement des thérapeutiques d'efficacité avérée (comme l'érythropoïétine, le RU 486, les lunettes chez les enfants de moins de 16 ans, la prise en charge de nombreux traitements à domicile (mucoviscidose, incontinence urinaire, chimiothérapie). Mais cette politique dont la légitimité médicale est incontestable ne peut être conduite sans une vigilance particulièrement attentive et même une certaine rigueur à l'égard des thérapeutiques sans efficacité démontrée ou prescrites en dehors de leurs indications reconnues par tous.
Je citerai ensuite l'amélioration du statut des personnels soignants par trois vagues successives : accords d'octobre 88, négociations plus récentes sur la fonction publique hospitalière et enfin, tout récemment, annonce de cinq mesures plus spécifiques concernant les infirmières et leur formation. Pour les praticiens hospitaliers, après les revalorisations de début de carrière de mars 1989, de nouvelles discussions sont en cours.
Je n'oublie pas, bien sûr, parce qu'elle me tient à cœur, la mise en route d'une réforme hospitalière. Le succès des premiers forums organisés par la Mission de la réforme témoigne de l'intérêt que ce projet soulève parmi les professionnels. Je tiens à ce que cette réforme soit aussi proche que possible des vœux de la majorité des hospitaliers. Bien sûr, elle ne pourra satisfaire pleinement tous les acteurs du système hospitalier dont les attentes peuvent d'ailleurs être contradictoires, mais elle devrait nous donner les moyens d'édifier ensemble un hôpital encore plus dynamique.
J'étudie, par ailleurs, avec Lionel JOSPIN, une amélioration de la formation médicale initiale. Nous cherchons à répondre aux attentes concernant, le semestre indifférencié, la formation des médecins généralistes, certains aspects de la formation des spécialistes et de permettre une formation diversifiée optionnelle au cours du 2e cycle.
Enfin, et je m'en tiendrai là pour aujourd'hui, la dernière initiative gouvernementale que je souhaitais évoquer, a consisté à faire de l'évaluation une fonction pivot dans le domaine de la santé. J'ai mis en place pour cela cette année une nouvelle Agence avec un Conseil scientifique de haut niveau. Depuis, les demandes d'évaluation affluent. Ceci montre bien qu'à l'égard de la recherche de la connaissance qu'est l'évaluation, qui ne doit en rien être confondue avec un contrôle de l'activité des praticiens, les médecins français ne sont pas plus réticents que les médecins des autres pays.
En me tournant vers le futur avec tous les chantiers qui nous restent à faire avancer, je me réjouis de pouvoir poursuivre avec vous tous un dialogue constructif. Des difficultés, il y en a eu, il y en aura encore. Nous sommes là, vous et moi, pour les surmonter avec un intérêt commun : la meilleure santé de la collectivité nationale et, en fin de compte, un même ressort : l'attachement à la qualité de notre système de santé.