Interview de Mme Roselyne Bachelot, ministre de la culture, à France Culture le 12 mars 2021, sur les mesures d'aide du gouvernement au monde de la culture (dispositif "année blanche", 20 millions d'euros d'aides supplémentaires, ...) et la réouverture des musées.

Texte intégral

GUILLAUME ERNER
Nous accueillons la ministre de la Culture Roselyne BACHELOT, merci beaucoup d'être là.

ROSELYNE BACHELOT
Bonjour.

GUILLAUME ERNER
Bonjour Madame, pour dialoguer avec vous je suis en compagnie de mon camarade Frédéric SAYS, et comme je l'ai dit tout à l'heure dans la revue de presse, à la Une de l'Humanité on trouve ce titre « La révolte des théâtres, une amplification du mouvement dans le monde des arts et de la culture, l'occupation des établissements s'étend. » Que répondez-vous, Madame la ministre, à la colère de ces artistes ?

ROSELYNE BACHELOT
Je veux dire d'abord qu'on comprend le mouvement d'exaspération, de colère, parce qu'on est privé de culture, et pour un certain nombre d'acteurs de la culture, acteurs au sens large, la privation du contact avec le public est quelque chose d'extrêmement douloureux. Je veux leur dire qu'évidemment on est à leurs côtés, le gouvernement soutient le monde de la culture comme, je dois dire, cela n'est effectué dans aucun autre pays étranger, il suffit de tourner un petit peu en Europe, je ne parle même pas des Etats-Unis et de l'ensemble de l'Amérique du Nord. Moi ce que je veux c'est être à l'écoute de ce monde de la culture, nous pilotons, j'allais dire en direct, et en continu, les aides qui sont nécessaires à la culture, je suis très attentive surtout aux jeunes.

GUILLAUME ERNER
Madame la ministre…

ROSELYNE BACHELOT
Je voudrais juste terminer…

GUILLAUME ERNER
Non, mais je veux juste dire, on entend, et d'ailleurs c'est dit dans cet article, on entend évidemment votre écoute, mais il y a des questions précises avec, par exemple, les femmes intermittentes et leurs congés de maternité, c'est une série de revendications précises. Par exemple, que répondez-vous à ces revendications précises ?

ROSELYNE BACHELOT
A cette revendication précise et parfaitement légitime, avec le Premier ministre nous avons répondu hier, et nous avons pris la mesure qui fait rentrer dans leurs droits ce qu'on a appelé les « matermittentes », c'est-à-dire des personnes qui relevaient de ces droits mais qui n'avaient pas suffisamment d'heures pour pouvoir justifier, cette question est donc réglée. Sur les indemnités journalières maladie, les indemnités journalières maternité, et paternité, puisqu'il y a des congés paternité, donc c'est une question qui a été réglée dans une réunion qui a eu lieu hier à Matignon, en même temps que nous abondions les fonds d'aides, avec véritablement un objectif d'aider les jeunes, parce qu'il y a beaucoup de jeunes…

GUILLAUME ERNER
Justement, quand vous faites référence aux jeunes…

ROSELYNE BACHELOT
Qui manifestent dans ces théâtres, des jeunes diplômés.

GUILLAUME ERNER
Aux artistes qui ne sont pas aujourd'hui établis, qui ont beaucoup de mal à faire leurs 507 heures, parce qu'il faut expliquer aux auditeurs que quand on ne fait pas ces 507 heures on n'a pas de chômage, c'est très compliqué, qu'est-ce que vous leur proposez ?

ROSELYNE BACHELOT
Oui, il faut expliquer qu'il y a en France un joyau, c'est-à-dire c'est le régime de l'intermittence, c'est-à-dire les intermittents du spectacle, il suffisait qu'ils aient 507 heures avant la fin du dernier contrat pour bénéficier d'un système d'assurance chômage particulier qu'on appelle l'intermittence, là il y a eu une première salve de prises en charge en juillet dernier, qui a fait que ce qu'on a appelé « l'année blanche », c'est un peu technique, on recherchait sur les 2 ans. Alors, les artistes, à juste titre, les intermittents s'inquiètent, puisque ce système va jusqu'au 31 août de cette année. Donc, j'ai confié, avec Elisabeth BORNE, une mission à André GAURON, qui est un spécialiste de cette affaire, pour évidemment mettre en place le système qui va permettre de poursuivre le système de l'intermittence, avec des modulations particulières, parce que, par exemple, nous voulons absolument que soient pris en compte ce qu'on appelle les primo-entrants dans le système.

FREDERIC SAYS
Les jeunes justement, qui n'ont pas encore forcément travaillé…

ROSELYNE BACHELOT
Les jeunes justement, c'est quelque chose de très important.

FREDERIC SAYS
Question sur ce point, plusieurs syndicats précisément avaient noté qu'Emmanuel MACRON a annoncé une année blanche l'an dernier, dès l'an dernier, c'était le fameux d'ailleurs « quoi qu'il en coûte », c'était dans ce cadre-là, qui amène donc jusqu'au 31 août prochain, ces mêmes syndicats demandent une deuxième année blanche pour avoir évidemment une prévisibilité, vous ne l'avez pas encore annoncée, vous avez dit qu'il y avait un travail en cours, pourquoi est-ce qu'on touche aux limites du « quoi qu'il en coûte » justement ?

ROSELYNE BACHELOT
Oui, parce que la situation sera un peu différente, nous voulons faire rentrer d'autres personnes dans le système, je parlais des jeunes, des primo-entrants, et la situation est différente par rapport à l'année précédente…

FREDERIC SAYS
Pourquoi ?

ROSELYNE BACHELOT
Parce que justement on va être dans une année où, nous l'espérons, il y aura une reprise dans la période d'été, et donc, voilà. Mais, ce que je veux dire, et l'assurance en a été donnée à la fois par le Premier ministre et par moi-même, il n'y aura pas de solution au rabais, ça c'est véritablement important, et Monsieur GAURON a bien reçu cette consigne dans sa mission, pas de solution au rabais, on va avoir très vite les conclusions, et bien sûr on prendra, à partir de cela, une décision qui sera une décision politique, mais je veux rassurer le monde des artistes et de l'intermittence.

FREDERIC SAYS
Ce n'est pas une deuxième année blanche, pour être clair ?

ROSELYNE BACHELOT
Absolument.

GUILLAUME ERNER
Alors, si vous ne l'excluez pas, néanmoins est-ce que l'on peut avoir des dates, parce qu'il y a des demandes de dates sur la réouverture des théâtres, des cinémas, aujourd'hui où en est-on Madame la ministre ?

ROSELYNE BACHELOT
Alors, pour l'instant je ne vais pas vous faire une annonce de date, bien entendu l'épidémie est encore trop fluctuante, mais nous travaillons de façon extrêmement forte, il y a d'ailleurs une réunion avec le monde du cinéma ce matin, avec mes équipes, pour préparer des protocoles de réouverture, nous sommes vraiment dans cet objectif de réouverture au cours, disons, du deuxième trimestre 2021.

GUILLAUME ERNER
Est-ce que vous confirmez, pour les festivals d'été, qu'ils pourront se dérouler normalement avec une jauge de 5000 personnes assises ?

ROSELYNE BACHELOT
Absolument, on confirme cela sur les festivals d'été, ce qui permettra, je pense, d'assurer la majorité des festivals d'été, qui sont évidemment extrêmement importants pour nos territoires. Si une catastrophe épidémique se produisait, on ne peut évidemment pas complètement l'exclure, même si je dois dire je n'y crois pas, mais bon, le virus nous a joué tellement de mauvais tours, nous compenserions bien entendu les frais engagés.

FREDERIC SAYS
Vous avez donc dit qu'il était trop tôt évidemment pour avoir une date de réouverture, néanmoins sur la méthode, je sais que le ministère travaille à cette réouverture, est-ce que vous savez déjà comment vous allez procéder, autrement dit est-ce qu'il y aura des dates différenciées pour les différents secteurs culturels, est-ce qu'il y aura des jauges modifiables en fonction de l'épidémie, ou est-ce que tout le monde sera logé à la même enseigne ?

ROSELYNE BACHELOT
Alors, il y a deux questions dans la vôtre, c'est-à-dire est-ce que… il y a la question de la réouverture et la question des protocoles de réouverture. Moi je milite, à ce point de ma connaissance de la pandémie, pour une ouverture globale, à la même date, des lieux de culture, mais avec des protocoles de sécurité adaptés, un festival de musique baroque dans une église n'a pas les mêmes contraintes sanitaires qu'une salle de théâtre ou qu'une salle de concert, enfin on peut le comprendre.

FREDERIC SAYS
Donc date unique, mais contraintes différentes.

ROSELYNE BACHELOT
Voilà, exactement, protocoles adaptés et concertés avec les professionnels.

GUILLAUME ERNER
Mais avant cette date, Madame la ministre, on prête à Olivier VERAN, le ministre de la Santé, une interrogation sur le fait qu'il a du mal à expliquer pourquoi un Sephora est ouvert et pas le musée du Louvre, vous vous comprenez pourquoi ?

ROSELYNE BACHELOT
Alors, oui je comprends pourquoi, je comprends pourquoi, parce que je trouve que la comparaison d'un lieu de culture et d'un lieu commercial n'a rien à voir. Un lieu de culture c'est un lieu de débats, c'est un lieu de contacts, c'est un lieu d'interactions sociales, quand vous allez au cinéma vous voyez un film, mais vous y aller avec des amis, un conjoint, vous discutez avant, vous allez vous retrouver dans le hall, ou sur le trottoir, vous allez avoir envie de boire un verre, et on sait très bien que la majeure partie de la contamination se fait lors d'interactions sociales, donc comparer une galerie marchande, dans laquelle on fait une course et on repart, et un lieu de culture, qui est par définition un lieu d'échanges et de convivialité, je trouve que c'est curieux que même des personnes qui défendent la culture fassent cette comparaison, qui n'est pas recevable.

FREDERIC SAYS
Malgré tout vous avez pris note des études scientifiques, vous avez peut-être entendu sur France Culture Bertrand MAURY, qui est mathématicien et membre de la plateforme de modélisation sur le Covid-19, qui explique que la contamination dépend évidemment, avant tout, des volumes, des volumes des pièces et de la ventilation, et il explique que dans les grands musées il y a, d'après lui, un bien moindre risque de contamination que dans des espaces un peu plus clos comme justement les galeries marchandes, d'où cette question, est-ce que la décision de ne pas rouvrir pour l'instant les lieux culturels s'inscrit uniquement dans une logique sanitaire, en raison des études, ou est-ce qu'il y a aussi un aspect politique, qui après tout pourrait se comprendre, puisque ce serait compliqué de faire des exceptions pour certains sites culturels et pas pour d'autres ?

ROSELYNE BACHELOT
Je réfute l'objectif politique, véritablement… vous savez, je comprends ceux qui souffrent, mais au gouvernement on a qu'une envie, qu'une idée, qu'un souhait, c'est de rouvrir, ou de rouvrir…

FREDERIC SAYS
Rouvrir.

ROSELYNE BACHELOT
Rouvrir, pardon, de rouvrir les… sur France Culture il vaut mieux utiliser le bon terme.

FREDERIC SAYS
Les auditeurs sont déjà en train d'écrire des mails.

ROSELYNE BACHELOT
Sinon je vais avoir des tweets vengeurs ; de rouvrir les lieux de culture. Vous savez, en général, quand un gouvernement prend des décisions difficiles on lui reproche en disant « c'est pour faire des économies… », mais c'est une tragédie pour tout le monde, c'est une tragédie pour le monde de la culture, c'est une tragédie pour les gouvernants.

GUILLAUME ERNER
C'est une tragédie pour beaucoup de gens, pour le monde du cinéma. La 46e cérémonie des César, Madame la ministre, vous y serez ce soir ?

ROSELYNE BACHELOT
Je serai à la 46e cérémonie des César, ce sera un honneur et un plaisir que d'y être.

GUILLAUME ERNER
On a beaucoup évoqué la parité et, semble-t-il aujourd'hui, pour cette 46e cérémonie, le compte n'y est pas, votre réaction.

ROSELYNE BACHELOT
Je ne peux que le regretter, ce n'est pas moi qui choisis le palmarès des César, c'est la profession qui choisit ce palmarès, mais je crois que des progrès sont faits, des progrès notables, et de toute façon je… cette notion en tout cas, dans la création, c'est une question de conditionnalité des aides, vous savez que c'est qu'un concept que nous avons mis en place, cette conditionnalité des aides, puisque le secteur de la culture, en particulier du cinéma, est massivement aidé par l'intermédiaire du Centre national du cinéma, et j'ai imposé, enfin imposé, c'est avec évidemment la démarche volontariste du Centre national de la musique, que le même processus soit fait par le Centre national de la musique, et vraiment cette question de conditionnalité des aides, à la diversité, à l'égalité entre les femmes et les hommes, c'est quelque chose de très fort.

FREDERIC SAYS
Justement, vous avez noté que la municipalité écologiste de Lyon propose un budget « genré » comme ils l'appellent, c'est-à-dire qu'ils vont vérifier pour chaque poste de dépenses, que ces dépenses correspondent bien à la fois aux hommes et aux femmes, profitent à la fois aux hommes et aux femmes…

ROSELYNE BACHELOT
C'est une excellente idée.

FREDERIC SAYS
Par exemple l'équipe de football féminine touchera les mêmes subventions désormais à Lyon, que l'équipe de football masculine.

ROSELYNE BACHELOT
Je suis supportrice de l'OL féminin.

FREDERIC SAYS
Ça vous inspire ?

ROSELYNE BACHELOT
Oui, oui, tout à fait.

GUILLAUME ERNER
Puisqu'il est question de la politique culturelle à Lyon, le fait que le budget de l'opéra soit rogné de…

ROSELYNE BACHELOT
…de 500.000 euros, oui.

GUILLAUME ERNER
De 500.000 euros, qu'est-ce que vous pensez vous qui appréciez beaucoup l'opéra, Roselyne BACHELOT ?

ROSELYNE BACHELOT
J'espère que cette décision ne va pas mettre en difficulté l'Opéra de Lyon, qui est un de nos fleurons du lyrique et de la danse, ne pas oublier la danse bien évidemment, je regarde cette affaire avec intérêt, je vais d'ailleurs recevoir monsieur…

GUILLAUME ERNER
Mais, est-ce qu'il y a trop d'argent pour ce type d'art ?

ROSELYNE BACHELOT
Je vais d'ailleurs recevoir le maire de Lyon, monsieur DOUCET, dans quelques jours.

GUILLAUME ERNER
Pour faire part de votre désaccord ?

ROSELYNE BACHELOT
Non, pour étudier ensemble les coopérations entre l'Etat et les villes. Moi, d'ailleurs, je veux être, dans cette affaire, très en écoute des élus locaux, maintenant les politiques culturelles elles sont menées dans le cadre de la décentralisation, massivement par les collectivités territoriales, les villes, les régions, les départements, les communautés urbaines, moi je n'ai pas envie de donner des leçons aux élus locaux, je veux travailler avec eux. Je ne veux pas non plus que l'Etat soit la variable d'ajustement des politiques territoriales, c'est-à-dire…

FREDERIC SAYS
En compensant les subventions supprimées.

ROSELYNE BACHELOT
C'est-à-dire on dit, « moi je ne donne pas 500.000 euros, à l'Etat de compléter », évidemment, ça ce ne serait pas de bonne politique, mais on va regarder ensemble la façon dont on fait en sorte que l'Opéra de Lyon continue ses missions.

FREDERIC SAYS
Roselyne BACHELOT, la crise sanitaire a aussi crée un embouteillage au Parlement, parmi les lois retardées, depuis cette crise, celle sur l'audiovisuel et le piratage, est-ce qu'elle sera mise à l'ordre du jour avant la fin du quinquennat ?

ROSELYNE BACHELOT
Alors, j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer, c'est-à-dire que j'ai obtenu un créneau parlementaire et la loi sur le piratage sera présentée en Conseil des ministres le 7 avril, pour pouvoir être discutée, d'abord au Sénat, puis ensuite à l'Assemblée nationale dans les jours qui suivront, avec évidemment la loi, les dispositions anti-piratage, la constitution d'une autorité de régulation indépendante…

FREDERIC SAYS
L'ARCOM…

ROSELYNE BACHELOT
L'ARCOM, avec la fusion du CSA et de l'HADOPI, et la protection des catalogues, qu'ils soient les catalogues cinématographiques ou audiovisuels, donc ça c'est un élément très important, et qui d'ailleurs, dans le cadre du cinéma, et de toute la production cinématographique et audiovisuelle, contribue à cette protection du cinéma français et de l'audiovisuel français.

GUILLAUME ERNER
Madame la Ministre, que pensez-vous de la transformation de CNews en Fox News à la française, vous qui avez travaillé pour le groupe CANAL+ ?

ROSELYNE BACHELOT
Absolument, il y a déjà quelques années. C'est-à-dire que je pense que cette comparaison n'est pas recevable, parce qu'il ne peut pas y avoir de chaînes, dans notre pays, de chaînes de télévision qui soient des chaînes, comment dirais-je, du type de Fox News.

GUILLAUME ERNER
Chaînes d'opinion ?

ROSELYNE BACHELOT
De chaînes d'opinion.

GUILLAUME ERNER
Autour d'Eric ZEMMOUR par exemple, maintenant que vous faites de la politique.

ROSELYNE BACHELOT
Alors, voilà, il faut considérer la ligne éditoriale sur l'ensemble des productions de la chaîne.

GUILLAUME ERNER
Non mais…

ROSELYNE BACHELOT
Non, mais je comprends ce que vous dites, mais de toute façon il n'y a pas de sortie de clous de la part de Cnews.

GUILLAUME ERNER
Pas de sortie de clous mais, est-ce que, par exemple, si on évoque la question politique, Vincent BOLLORE s'intéresserait, je ne sais pas, par exemple à Europe 1, est-ce qu'au gouvernement cela peut inquiéter ?

ROSELYNE BACHELOT
Il y a un certain nombre de dispositions sur la concurrence et anti… anti-concentration, qui de toute façon nous protégerons.

FREDERIC SAYS
Avec la crise sanitaire, en matière de culture on a vu d'autres habitudes qui ont été prises ou renforcées. On pense évidemment au streaming, à la diffusion en direct depuis le domicile. Selon vous Roselyne BACHELOT, qu'est-ce qui perdurera à l'issue de la crise sanitaire de ces nouvelles habitudes qui ont été prises ?

ROSELYNE BACHELOT
Alors il faut dire que la crise que nous traversons n'a pas révélé un certain nombre d'évolutions, elle les a sans doute simplement accélérées. Là, l'arrivée du streaming – pardon, il faudrait dire un autre mot…

FRÉDÉRIC SAYS
Diffusion en direct.

ROSELYNE BACHELOT
Voilà ! Du numérique : on a vu cette oeuvre numérique qui a atteint 69 millions de dollars.

FRÉDÉRIC SAYS
Mike WINKELMANN.

ROSELYNE BACHELOT
Voilà, de monsieur WINKELMANN, Beeple, donc tout ça ce sont des évolutions qui étaient déjà à l'oeuvre. Elles les ont révélées, sans doute accélérées. Moi, cette question du numérique est une question centrale. Parce que derrière le numérique peuvent se poser des questions de propriété intellectuelle ; c'est la raison pour laquelle j'ai forcé le pas sur la transposition des directives, sur le décret sur les services de médias audiovisuels à la demande, pour faire en sorte que la propriété intellectuelle soit protégée. Moi ce que je veux aussi, c'est concilier les cultures patrimoniales et les cultures numériques. Par exemple grâce au numérique, sans doute décélérer des pressions extrêmement importantes sur des lieux patrimoniaux mais il ne faut pas les opposer. Il faut au contraire les concerter.

GUILLAUME ERNER
Madame la ministre, une question personnelle : quelle sensation ça fait d'avoir été critiquée pour votre gestion de la grippe aviaire quand vous étiez ministre de la Santé ?

ROSELYNE BACHELOT
Grippe porcine.

GUILLAUME ERNER
La grippe H1N1.

ROSELYNE BACHELOT
Voilà, c'est ça.

GUILLAUME ERNER
C'était il y a onze ans et maintenant votre action est, disons, réévaluée.

ROSELYNE BACHELOT
Je me dis qu'on ne peut juger d'une action politique qu'à la fin de la crise, quand on a toutes les données en main. Et je mets en garde ceux qui feraient des bilans alors que nous sommes vraiment en pleine crise, parce que la réhabilitation…

GUILLAUME ERNER
C'était très différent, votre campagne de vaccination à l'époque.

ROSELYNE BACHELOT
On a parlé de réhabilitation et on a recalibré mon action à la lumière d'un certain nombre d'évaluations. Je ne vais pas vous dire que ça ne me réjouis pas quand même un peu.

FREDERIC SAYS
A ce propos, d'un mot, vous avez été choquée par les perquisitions aux domiciles d'Olivier VERAN et d'Edouard PHILIPPE dans cette crise sanitaire par la justice ?

ROSELYNE BACHELOT
J'ai trouvé cela vraiment extrêmement choquant. C'est-à-dire qu'on prive en pleine crise, alors que des discussions étaient prévues avec les autres ministres européens, qu'on ôte à Olivier VERAN son portable et son ordinateur, le mettant dans l'incapacité d'exercer son métier de ministre, j'ai trouvé cela étonnant.

GUILLAUME ERNER
Merci Roselyne BACHELOT, ministre de la Culture, d'avoir été dans ce studio.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 mars 2021