Texte intégral
Monsieur le Président, cher Patrick, Monsieur le Président, cher Patrice, Madame la Déléguée générale, chère Clarisse, Mesdames et Messieurs, je suis très heureux d'être parmi vous pour ces Assises de la recherche partenariale. C'est l'occasion de célébrer toute la recherche, de sa genèse dans les laboratoires aux produits finis. Notre enjeu est clair : atteindre nos objectifs d'investissement en R&D, non par fétichisme, mais parce que c'est la voie de notre succès technologique et de notre souveraineté.
La recherche fondamentale est fondamentale, mais elle est aussi le terreau de l'innovation qui va dans vos entreprises. En 2004, l'objectif était d'atteindre 3 % du PIB en R&D. Nous plafonnons à 2,2 % depuis 20 ans, alors que l'Allemagne dépasse les 3 % et les États-Unis atteignent 3,5 %. La Chine investit aussi massivement. Nous devons accroître la coopération entre recherche publique et privée, notamment dans la deeptech.
Nous avons des atouts : des chercheurs de rang mondial et des prix Nobel, comme Philippe Aghion. Cela rappelle que la recherche s'inscrit dans le temps long. Nous avons aussi des leaders comme Mistral ou nos grands groupes industriels. Mais la France reste derrière ses concurrents en termes de part de recherche publique financée par le privé (5 % contre 11 % en Allemagne). Pour aller plus loin, il faut simplifier. J'avais confié une mission à Nathalie Drach-Temam et Patrice Caine pour identifier des leviers actionnables. Leur rapport a été suivi d'effets.
Un irritant majeur était la complexité de la propriété industrielle (PI). Les négociations interminables freinent le transfert technologique. Nous mettons en place des contrats types (copropriété ou cession automatique) pour réduire les délais de signature à quelques jours. Une consultation a déjà recueilli une trentaine de contributions. Nous allons aussi rénover le programme Carnot pour accroître sa performance et son ouverture aux écosystèmes territoriaux.
Enfin, nous devons simplifier le quotidien des chercheurs qui croulent sous les tâches administratives. Nous introduisons des financements au forfait sans justificatif de dépenses pour certains dispositifs et une accélération de la contractualisation. Fin novembre, 300 millions d'euros ont été débloqués via France 2030 pour 15 nouveaux programmes de recherche (santé, énergies décarbonées, semi-conducteurs). L'investissement public doit créer un effet de levier pour le privé.
Je ne me résigne pas au déclin. Merci à l'ANRT pour son travail constant.
Source https://www.anrt.asso.fr, le 26 mars 2026