L'Union européenne de la sécurité a-t-elle progressé ?

Combattre la radicalisation, tarir les sources du financement du terrorisme, renforcer la cybersécurité... Les priorités de la Commission européenne pour une union de la sécurité réelle et effective sont multiples. Un rapport fait le point sur les progrès accomplis.

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Hacker sur un flux de données numériques aux couleurs de l'Union européenne
L'UE est particulièrement attentive aux risques liés au déploiement de la 5G en 2020. © beebright. Stock-adobe.com

Plus de 360 sociétés identifiées comme hébergeant des contenus à caractère terroriste par Europol, le déploiement de la 5G et son exposition aux cyberattaques... Les menaces internationales se diversifient et nécessitent une coopération plus étroite à tous les niveaux nationaux et européens.

Les défis de l'Union de la sécurité

Publié le 30 octobre 2019, le 20e rapport sur les progrès accomplis dans la construction d’une Union de la sécurité pointe, entre autres, deux défis majeurs :

  • les contenus à caractère extrémiste ou terroriste en ligne. Lancée en 2016 par des entreprises participant au Forum de l’UE sur l’internet, la "base de données d’empreintes numériques" (Database of Hashes) contient à présent plus de 200 000 empreintes numériques d’images ou de vidéos à caractère terroriste connues. La Commission européenne invite le Parlement et le Conseil à approuver les règles qu'elle a proposées pour la suppression de contenus en ligne (définition exacte des contenus, délai contraignant d’une heure suite pour la suppression, etc.) ;
  • les risques auxquels s’exposent les futurs réseaux 5G. L'Agence européenne pour la cybersécurité finalise en coopération avec tous les États membres un inventaire des menaces liées à la 5G (acteurs malveillants, vulnérabilités techniques, risques stratégiques, etc.). Une "boîte à outils" de mesures pour parer aux risques doit être présentée d'ici la fin 2019. 

L'application de la législation européenne en matière de sécurité

Selon le rapport, plusieurs actes législatifs en matière de sécurité concernant le terrorisme et la cybercriminalité ne sont pas pleinement mis en œuvre par tous les États membres.

Il s'agit notamment de dossiers prioritaires tels que l'échange des données des dossiers passagers (PNR, Passenger Name Record) et la directive relative à la lutte contre le terrorisme dont les dates butoirs pour la transposition ont été fixées respectivement au 25 mai 2018 et au 8 septembre 2018.

13 États membres seulement mettent en œuvre les lois de l'UE sur les restrictions d'accès aux armes à feu (date butoir 14 septembre 2018) et 21 États membres doivent transposer les règles en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux (date butoir 26 juin 2018).

En outre, 23 États membres n'appliquent toujours pas les mesures européennes criminalisant les abus sexuels commis contre des enfants. L'UE a lancé des procédures d'infraction contre eux en juillet et en octobre 2019. Quatre États membres ne respectent pas les règles relatives aux attaques contre les systèmes d'information