Sûreté nucléaire en France en 2019 : un niveau acceptable mais perfectible

Le rapport 2020 de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), s'il fait état d'un constat globalement acceptable pour l'année 2019, pointe quelques sujets de préoccupation en matière de sûreté et revient sur les incidences de la crise du COVID-19 sur les arrêts programmés de centrales en 2020.

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Conformément à la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, l'ASN publie chaque année un état des lieux du niveau de sécurité en matière nucléaire. Le rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2019 porte sur les installations nucléaires réparties sur tout le territoire (centrales, usines, centres de stockage, installations de recherche) mais aussi sur d'autres secteurs qui recourent à des procédés nucléaires dont le secteur médical.

 

Une prise de conscience mais des points de préoccupation

Signalant qu'aucun incident majeur ne s'est produit en 2019, l'ASN constate une plus grande prise de conscience des risques par les principaux acteurs de la production d'énergie nucléaire : Orano (ex-Areva), EDF, chargé de la construction et de la maintenance des sites et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

L'Autorité de sûreté relève cependant certains points de préoccupation :

  • au sein d'EDF, une saturation des capacités d'ingénierie et un recul de la rigueur d'exploitation illustré par trois événements significatifs de niveau 2 en 2019 (sur une échelle de 7) alors qu'il n'y en avait eu aucun en 2018 ;
  • un retard dans la mise en œuvre de mesures de sécurité préconisées après l'incident de Fukushima pour les centres de Cadarache, de Marcoule et de Saclay.

 

Les faits marquants en 2019

Le rapport revient sur trois faits notables en 2019 :

  • la reprise de soudures défectueuses du réacteur EPR de Flamanville en cours de construction ;
  • la multiplication des épisodes caniculaires ces derniers temps entraînant une réduction des débits des cours d'eau et leur échauffement, facteur de risque à prendre en compte à travers un nouveau référentiel de sûreté "grand chaud" pour tous les réacteurs ;
  • les problématiques de traitement et de stockage des déchets radioactifs et notamment la difficulté à mettre en œuvre un nouveau site de stockage des déchets en piscine (comme le mentionne aussi un communiqué du 2 juin 2020 sur le niveau de la sûreté nucléaire en Normandie où l'ASN demande des améliorations sur le risque de saturation des piscines de l'usine de La Hague où refroidissent les combustibles avant d'être retraités).

Concernant le secteur médical, si la radioprotection des patients subissant des rayonnements ionisants s’est maintenue à un bon niveau, l'ASN rappelle la nécessité de maintenir une attention particulière en raison de la haute technicité de certains actes médicaux (radiothérapies, imageries nucléaires...).

Incidences du COVID-19

Avec la crise du COVID-19, les arrêts programmés en 2020 de certains réacteurs nucléaires seront reportés en 2021 et 2022. Les enseignements tirés de la crise sanitaire grâce aux retours d'expérience permettront une meilleure gestion des situations post accidentelles en cas d'accident nucléaire.