Les propositions du Sénat pour accompagner les mutations du commerce

Ouverture dominicale, suppression de la taxe sur les surfaces commerciales... Un rapport du Sénat formule plusieurs recommandations pour aider les commerces traditionnels à s’adapter aux nouveaux modes de consommation et à la concurrence des plateformes de commerce en ligne.

Temps de lecture  3 minutes

Petit entrepôt où une femme vérifie les colis, à l'aide d'un scanner et de son ordinateur, avant l'envoi au client.
L'essor des technologies numériques a entraîné une remise en cause du commerce traditionnel ainsi qu'une exigence du consommateur sur la composition et la fabrication des produits. © insta_photos - stock.adobe.com

Un rapport a été adopté par la commission des affaires économiques du Sénat dans le cadre d’un groupe de travail sur les nouvelles formes de commerce. Plusieurs professionnels de la grande distribution ou encore de sites de commerce en ligne ont été auditionnés pour analyser les transformations majeures que traverse le secteur ces dernières années.

Un modèle de commerce hybride

L’évolution des comportements des consommateurs et le développement des technologies numériques ont entraîné une remise en cause du commerce traditionnel.

Les consommateurs aspirent de plus en plus à donner un sens à leur acte d'achat. Ainsi, 96% de la croissance du secteur de la grande distribution est portée par le bio, les produits locaux et les produits sains, en hausse de 20 à 25% par an. Dans le secteur du textile, les Français exigent une plus grande transparence des marques sur la composition et la fabrication des produits. Pour répondre à une démarche de consommation durable, les enseignes de bricolage ont développé la vente en vrac et les services de location ou de réparation de matériels.

Les consommateurs recherchent également la proximité des commerces. Fort de ce constat, plusieurs enseignes de grande distribution ont réinvesti ces dernières années les centres-villes et adapté leurs activités à de plus petites surfaces avec une large offre de services : click and collect, drive, bornes interactives…

Les consommateurs utilisent aujourd’hui de multiples canaux (physique, Internet, mobile...) pour effectuer leurs achats. Le principal défi auquel est confronté le commerce traditionnel réside dans le développement de cette "omnicanalité". Or, le rapport constate un important retard des commerçants en matière de transition numérique. Alors que 70% des consommateurs achètent sur Internet, seule une PME sur huit vend en ligne, et 500 000 commerces n'ont aucune présence sur Internet.

Des freins à l’adaptation et à la modernisation

Si les commerces traditionnels sont encore peu ouverts au numérique en France, c’est en raison de nombreuses contraintes réglementaires et fiscales. Le rapport formule plusieurs recommandations afin d’aider les commerçants à adopter ces nouvelles formes de commerce :

  • simplifier la réglementation sur l’ouverture dominicale des commerces pour adapter leurs services aux exigences des clients ;
  • permettre une dérogation au travail de nuit pour les commerces situés hors des zones touristiques internationales (ZTI) ;
  • définir une plus juste imposition en supprimant la taxe sur les surfaces commerciales (Tascom) qui s'applique aux commerçants "physiques", mais pas aux grands acteurs du commerce en ligne étrangers ;
  • améliorer l’accompagnement des pouvoirs publics à la numérisation des commerçants à travers la mise en place d’un crédit d’impôt de 50% sur les dépenses de formation et d’équipement numérique engagées par les PME.