Mathématiques : comment revaloriser la place de cette matière au lycée ?

En France, le niveau moyen des élèves en mathématiques ne cesse de baisser depuis plus de 40 ans. Le niveau des "meilleurs" en mathématiques décline aussi. De plus, le nombre d’élèves de première et terminale qui suivent cette matière recule chaque année depuis la réforme du lycée de 2019. Comment enrayer ces évolutions ?

Lycéenne travaillant à ses cours de mathématiques.
Depuis la réforme du lycée d’enseignement général et technologique (LEGT), 36% des élèves ne font plus de mathématiques en première (contre 13% avant 2019). © Eléonore H. - stock.adobe.com

Le plan Villani-Torossian, mis en œuvre depuis 2018, vise à améliorer les compétences des élèves en mathématiques dès l’école primaire.

Plan Villani-Torossian : un premier bilan

Ce "plan mathématiques" est déployé dans toutes les académies depuis la rentrée 2019. Ses 21 mesures s’appliquent au premier et au second degrés et visent à faire de l’enseignement des mathématiques "une priorité nationale".

Un rapport remis en avril 2022 au ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports dresse un bilan d’étape du déploiement de ce plan à l’école primaire.

Malgré certains évolutions positives, le rapport constate que :

  • dans la plupart des académies, la proportion de professeurs formés est inférieure aux prévisions ;
  • l’impact de la formation sur les pratiques enseignantes et les résultats des élèves reste faible.

Les objectifs du plan n’étant pas encore atteints, le rapport appelle à poursuivre sa mise en œuvre en veillant notamment à :

  • inscrire la formation des enseignants dans la durée afin de maintenir leurs compétences et de faire évoluer leurs pratiques ;
  • réaliser des évaluations pour mesurer les effets de la formation des professeurs sur les apprentissages des élèves et affiner le modèle.

36% des élèves ne font plus de mathématiques en première

En mars 2022, le ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports avait publié un rapport sur la place des mathématiques dans la voie générale au lycée général et technologique. Il dressait un diagnostic préoccupant de la situation des mathématiques.

Depuis la réforme du lycée d’enseignement général et technologique (LEGT), le tronc commun de première et terminale comprend un enseignement scientifique (deux heures hebdomadaires) intégrant des mathématiques. Ces cours pluridisciplinaires sont conçus pour un public divers mais, souvent, les élèves "scientifiques" s’y ennuient et les "non-scientifiques" ont du mal à s’y intéresser. Et, 36% des élèves ne font plus de mathématiques en première (contre 13% avant 2019).

En 2019, 68,7% des élèves ont choisi la spécialité mathématiques en première (64,1% en 2021). Parmi eux, figuraient 50,1% de filles en 2019 (48,1% en 2021) alors que les filles  représentent environ 54% des élèves du cycle terminal de la filière générale. De même, cette spécialité n’accueille que 18,8% d’élèves issus des catégories populaires qui constituent 21,1% de l’effectif de la première générale.

Enfin, selon ce rapport, la nouvelle offre de formation a réduit de 18,2% le volume d’heures de mathématiques proposées au lycée.

Quelles solutions ?

Face à cette situation, ce rapport sur la place des mathématiques au lycée préconise dès la rentrée de septembre 2022 :

  • d’ajouter une heure trente ou deux heures de mathématiques à l’enseignement scientifique de première, renommé "enseignement scientifique et mathématique (ESM)", pour les élèves n’ayant pas pris la spécialité mathématiques ;
  • de diversifier les modes d’évaluation ;
  • d’accueillir plus de filles dans l’option mathématiques expertes de terminale ;
  • de donner une nouvelle dynamique à la pédagogie.