Eau potable : dans quelle région de France est-elle la plus chère ?

Dans son dernier rapport, l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement montre une légère hausse du coût de l'eau potable au 1er janvier 2021, ainsi qu'une grande disparité des prix selon les régions. Les pertes dues aux fuites sur les réseaux restent stables et représentent près d'un milliard de mètres cubes à l'échelle nationale.

Petite fille buvant de l'eau au robinet.
Le prix de l'eau plus cher dans le Nord et l'Ouest de la France que dans le Sud et l'Est. En Outre-mer, les écarts sont encore plus marqués avec un prix moyen de l'eau plus élevé en Guadeloupe qu'à la Réunion. © RafaelBen-Ari - stock.adobe.com

Mise en œuvre par l’Office français de la biodiversité (OFB), l'édition 2022 du rapport de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement dresse un panorama de l’organisation et de la performance des services publics d’eau et d’assainissement. Ce rapport, publié en ligne en juillet 2022, porte sur des données produites par les collectivités en 2020.

Le prix moyen de l'eau en France est en légère hausse par rapport à l'année précédente. Sur la base d'une consommation annuelle de 120 m³, il s’élève à 4,3 euros le mètre cube au 1er janvier 2021, contre 4,19 euros au 1er janvier 2020. Ce prix global moyen comprend l'eau potable (2,11 euros/m³) et l'assainissement collectif (2,19 euros/m³).

De fortes disparités des prix selon les régions

Le rapport montre des disparités importantes selon les régions, le prix de l'eau étant plus cher dans le Nord et l'Ouest de la France que dans le Sud et l'Est. Ainsi, ce sont la Bretagne, la Normandie et les Hauts-de-France qui affichent les prix les plus élevés. À l'inverse, les prix les plus faibles se trouvent en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Occitanie et dans le Grand-Est.

En Outre-mer, les écarts sont encore plus marqués avec un prix moyen de l'eau plus élevé en Guadeloupe (6,52 euros/m³) qu'à La Réunion (2,66 euros/m³).

Ces différences de prix s'expliquent par de nombreux facteurs liés essentiellement aux conditions locales :

  • la distance, la qualité et la disponibilité des ressources en eau ;
  • le relief, le type de réseau et la densité des abonnés ;
  • le niveau des traitements dans les usines (eau potable et assainissement) ;
  • l'entretien et le renouvellement des infrastructures ;
  • les taux de redevances : ils sont fixés par la loi en fonction des pollutions constatées dans les différentes zones des bassins hydrographiques et des efforts nécessaires pour les réduire.

20% d'eau potable perdue à cause des fuites

Concernant la performance des services d’eau potable, le rapport évalue à près de 80% le rendement moyen du réseau de distribution d’eau potable en France. Cela signifie qu'environ 20% du volume d'eau potable introduit dans le réseau est perdu par fuites au niveau des ouvrages ou des canalisations, soit 937 millions de mètres cubes par an. C'est l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 18 millions d’habitants.

L’importance des fuites s’explique en partie par la vétusté des canalisations. Or, la réparation et le renouvellement des conduites coûtent chers et affectent nécessairement le prix de l’eau.

Pris en application des lois Grenelle de l'environnement de 2009 et 2010, le décret "fuites", mis en œuvre depuis 2013, a pour objectif de réduire les fuites en imposant aux collectivités locales de mieux connaître leurs réseaux d’eau potable et d’avoir un seuil minimum de rendement à 85%.

Actuellement, au moins 20% des services d'eau potable, représentant 8% de la population couverte, ne sont pas conformes à la réglementation. Les très grands services (plus de 100 000 habitants) présentent les meilleurs rendements de réseaux par rapport aux services de plus petites tailles (moins de 1 000 habitants). 

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