Les trois organismes sollicités par le Conseil d'orientation des retraites (COR) pour l'évaluation de l'impact économique des leviers d'équilibre financier d'un système de retraite adoptent des méthodologies propres. Il s'agit de la Direction générale du Trésor (DGT), de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et du laboratoire I-MIP (CEPREMAP et Paris School of Economics). Le COR a exposé une synthèse des résultats obtenus lors d'une réunion le 26 mars 2026.
Il est précisé par le COR que les analyses présentées n'engagent que les équipes qui les ont produites et que les résultats présentés ne constituent pas une préfiguration ou la formulation d'un nouveau projet de réforme des retraites.
Quatre hypothèses observées
Les modèles de calcul diffèrent selon l'organisme évaluateur. Pour chaque analyse, il a été tenu compte des effets sur l’emploi, sur les revenus, sur les finances publiques et sur les comportements des agents économiques.
Les quatre leviers d'ajustement soumis à l'analyse financière sont :
- le relèvement d’un an de l’âge effectif de liquidation des droits à la retraite ;
- la réduction du niveau des pensions à hauteur de 6 milliards d’euros ;
- une augmentation des cotisations sociales salariés à hauteur de 6 milliards d’euros ;
- une augmentation des cotisations sociales employeurs à hauteur de 6 milliards d’euros.
Le COR précise que ces leviers ne sont pas exclusifs et qu'ils peuvent être mobilisés séparément ou de manière combinée.
Un caractère récessif pour trois des quatre hypothèses
Malgré la diversité des méthodes de calcul, les simulations convergent globalement, observe le COR : trois des quatre leviers étudiés présentent un caractère récessif – à court terme du moins – sur l’économie : baisse des niveaux de pension, hausse des cotisations sociales salariés ou employeurs.
La hausse des cotisations sociales salariés ou employeurs pèserait sur l’emploi à court terme en accroissant le coût du travail avec des répercussions sur la consommation et les investissements. L’effet récessif est estimé à 0,1 point de PIB avec une baisse d’emploi comprise entre 10 000 et 50 000 postes sur deux ans.
La diminution des pensions réduirait le revenu disponible des ménages et entrainerait une contraction de la consommation avec un ralentissement de l’activité évalué à 0,1 point et un recul de l’emploi à court terme d'environ 10 000 postes. À plus long terme, les effets récessifs sur l'activité et l'emploi diminueraient mais le revenu disponible des ménages resterait inférieur au niveau initial.
En revanche, le relèvement d’un an de l’âge effectif de départ à la retraite est qualifié d'expansionniste par le COR. Il créerait entre 210 000 et 240 000 emplois et ferait progresser le PIB de 0,7 à 0,9 point. Le solde public s’améliorerait durablement de 0,3 à 0,7 point de PIB, en dépit de dépenses sociales initialement plus élevées.