La stratégie antifraude de l'Union européenne (UE) constituant l'un des principaux outils pour protéger le budget de l'UE, une bonne évaluation de cette stratégie est essentielle, insistent les auditeurs de la Cour des comptes européenne (CCE) dans un rapport publié le 18 juin 2026.
Une stratégie antifraude conforme aux pratiques malgré certaines faiblesses
Les rôles au sein de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF), dispositif de la Commission européenne, sont bien définis, notent les auteurs de l’audit. Mais la supervision européenne en matière de lutte antifraude gagnerait en efficacité si elle disposait d’informations "plus détaillées".
Qu'est-ce que l'Office européen de lutte antifraude ?
L'OLAF est un organisme qui a pour mission d'enquêter sur les fraudes touchant le budget de l'UE, les cas de corruption et les fautes graves commises dans les institutions européennes.
Par ailleurs, des lacunes subsistent en matière d’évaluation des risques de fraude, notamment en raison de stratégies antifraude qui ne prennent pas toujours en compte les évolutions technologiques et l'évolution de la menace. Le rapport de la CCE évoque un niveau d’ambition général insuffisant.
Les auditeurs ont également relevé certaines faiblesses dans le suivi et l’établissement de rapports dont les sujets portent plus sur les actions achevées que sur la réalisation d’objectifs.
Si la stratégie de la Commission en matière de lutte contre la fraude est exhaustive, l’évaluation du risque est insuffisante et les actions sont trop peu nombreuses de l'avis des auditeurs. De surcroît, les rapports produits par les différentes instances ne rendent pas parfaitement compte des résultats obtenus.
Comment améliorer la lutte antifraude ?
Face à certaines faiblesses de conception de la stratégie antifraude, la CCE formule une série de recommandations. Parmi ces recommandations, la Cour souhaite que :
- l’OLAF rende compte au conseil d'administration de la Commission de toute recommandation qui n’a pas fait l’objet d’un suivi, ainsi que de tout problème non résolu, et qu’il indique les motifs invoqués par les services ;
- les évaluations des risques de fraude au niveau des services soient mises à jour de manière adéquate, en particulier face aux nouvelles tendances en matière de fraude (notamment avec l'utilisation de l'intelligence artificielle) ;
- des sources externes pertinentes (travaux de recherche universitaires, services répressifs internationaux, organismes de renseignement criminel) soient utilisées systématiquement ainsi que des analyses quantitatives, lors des évaluations des risques de fraude, tant au niveau institutionnel qu’à celui des services.