Un rapport publié le 24 juillet 2026 par l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale de l’administration (IGA) analyse le régime indemnitaire de la fonction publique de l’État (FPE) et son évolution depuis 2015. Il avance des pistes pour optimiser sa rationalisation.
Un levier important pour l'État employeur
La rémunération des agents titulaires comprend :
- la rémunération principale, composée du traitement (lié au corps d’appartenance et à l’échelon de l’agent, qui déterminent son indice) et des accessoires de rémunération (indemnité de résidence, supplément familial de traitement…) ;
- les primes et indemnités, qui constituent 15% à 40% de la rémunération. Cette part est passée en moyenne de 20,4% à 25% depuis 2015. Le régime indemnitaire des contractuels est plus limité.
Depuis 2015, l’État a mobilisé le levier indemnitaire pour :
- préserver le pouvoir d’achat des agents, l’inflation ayant progressé sur la période de 20,9% et le point d’indice de 6,3% ;
- accompagner ses principales réformes et évolutions sectorielles ;
- répondre aux problématiques de pilotage des ressources humaines (RH) de l’État (primes d’attractivité, de fidélisation…).
La masse salariale des agents de la FPE est passée de 57,8 milliards d’euros (Md€) en 2015 à 76,5 Md€ en 2025. Cette hausse est portée par celle de la rémunération principale (+11,3 Md€ contre +7,3 Md€ pour l’indemnitaire). Néanmoins, la croissance de la masse salariale indemnitaire, passée de 11,8 Md€ en 2015 à 19,1 Md€ en 2025 (+61,8%), est plus forte que celle de la rémunération principale, passée de 46,1 Md€ à 57,4 Md€ (+24,5%).
Une rationalisation inachevée et coûteuse
Depuis 2014, l’État s’attache à :
- harmoniser le paysage indemnitaire ;
- réduire le nombre de primes et simplifier leurs modalités de calcul et de versement ;
- accroître la transparence des niveaux de rémunérations entre ministères ;
- rendre les primes plus lisibles pour l’agent.
Il s’appuie principalement sur le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (Rifseep), créé en 2014. Plusieurs ministères l’ont adopté.
Le nombre de primes a baissé de 13,5% depuis 2015 mais les autres objectifs ne sont pas atteints. L’effort de rationalisation a généré des surcoûts liés à la convergence de régimes hétérogènes, assortie d’une garantie de maintien de rémunération, et aux rattrapages indemnitaires consentis aux ministères les moins bien dotés.
Pour une stratégie indemnitaire mieux encadrée et pilotée
Le rapport préconise notamment :
- d’être transparent entre directions des RH ministérielles sur les montants médians de Rifseep ;
- d’établir pour les agents un bulletin social individuel annuel détaillant les composantes de la rémunération ;
- de parachever la modernisation du régime indemnitaire, de préférence dans le cadre du Rifseep ;
- de formaliser un cadre stratégique interministériel en matière indemnitaire dans la stratégie pluriannuelle de la FPE ;
- de se doter d’outils de pilotage ministériels et interministériels à même de maîtriser les coûts associés au régime indemnitaire ;
- de réduire le flux et le stock de primes.