Un rapport publié le 31 août 2026 par la Cour des comptes dresse un bilan contrasté de la politique française de promotion internationale de la francophonie et avance des pistes d’amélioration.
Des réseaux divers mais des résultats inégaux
La Cour des comptes constate que :
- l’enseignement du et en français à l’étranger n’est pas suffisamment évalué, faute de données disponibles. Il s’appuie sur :
- les instituts français et les Alliances françaises. Le nombre d’apprenants et d’heures de cours n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire,
- les établissements d’enseignement homologués par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), qui accueillent 402 000 élèves à la rentrée 2025. En 2018, le président de la République a fixé un objectif de 700 000 élèves d’ici 2030. Or, la situation financière de l’AEFE se dégrade et les effectifs progressent lentement,
- les établissements d’enseignement supérieur. Les filières francophones à l’étranger sont mal connues, et la coopération universitaire est peu structurée ;
- le soutien public aux contenus numériques francophones concourt à l’attractivité du français mais reste inégal. Les outils d’apprentissage en ligne, les plateformes publiques et les contenus proposés notamment par l’Institut français, France Médias Monde et TV5 Monde facilitent l’acquisition de la langue. Les médias publics francophones contribuent aussi à diffuser une information fiable et pluraliste. Cependant, des inégalités d’accès aux équipements et à une connexion de qualité persistent et la visibilité des productions francophones est fragilisée, dans un environnement numérique saturé ;
- le français n’est pas assez valorisé comme langue de travail. Dans les institutions internationales, où l’anglais domine, le décalage entre le statut officiel et l’usage quotidien du français s’accroît. La France promeut le multilinguisme mais le suivi de ses actions n’est pas assuré. Les États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la francophonie représentent 1,2 milliard d’individus, 16,5% du produit intérieur brut mondial et 20% du commerce mondial de marchandises. Le français constitue un levier de développement pour la vie des affaires et l’activité des entreprises. Il peut favoriser l’employabilité si son apprentissage répond à des besoins concrets appréciés localement.
Pour une politique de la francophonie plus efficace
Face à ce constat, le rapport de la Cour des comptes préconise :
- d’assigner à l’AEFE un objectif réaliste en termes d’effectifs ;
- de cartographier les enseignements universitaires francophones à l’étranger et de bâtir une stratégie de développement dotée de cibles géographiques et disciplinaires ;
- de constituer une base de données sur l’enseignement du français ;
- de créer un observatoire francophone de la désinformation ;
- d’élaborer des indicateurs de suivi pour les initiatives françaises en faveur de la francophonie ;
- de développer le français sur objectifs spécifiques, axé sur des usages professionnels et adapté aux contextes régionaux.