Un rapport sénatorial publié le 9 septembre 2026 analyse le recul de l'excellence académique à l'université et avance des pistes pour inverser cette tendance.
Une dégradation des résultats universitaires
L’université accueille 54,2% des étudiants en 2024-2025 (contre 60,2% en 2018-2019) et délivre la plupart des diplômes nationaux, mais elle pâtit d’un déficit d’image. Les grandes écoles concentrent le prestige académique et la formation des élites.
Les marqueurs de l’excellence attestent une dégradation des résultats universitaires :
- un échec "massif" en licence et une insertion professionnelle contrastée. Moins d’un tiers des étudiants réussissent l’examen de licence en trois ans et près d’un sur deux n’obtient aucun diplôme en cinq ans. Les diplômés du supérieur entrent largement et rapidement sur le marché du travail mais l’adéquation entre le niveau de diplôme et les emplois occupés semble incertaine ;
- un recul dans la compétition scientifique internationale. Les universités françaises occupent une place modeste dans les classements internationaux de référence, dont le classement de Shanghai. Seuls 2% des étudiants français préparent un doctorat ;
- une fuite des cerveaux. L’université ne parvient plus à attirer et retenir les meilleurs profils d’étudiants et de chercheurs étrangers.
De nombreuses difficultés
Les universités se heurtent à :
- des politiques publiques qui ne priorisent pas l’excellence. L’université accueille tous les bacheliers, quelles que soient leurs capacités académiques, ce qui conduit à une sélection différée et par l’échec. Le recrutement des étudiants internationaux s’appuie peu sur des critères académiques ;
- un cadre de fonctionnement obsolète. L’État s’est désengagé du pilotage stratégique des établissements, remplacé par une accumulation d’objectifs, d’indicateurs et de procédures. Le suivi des résultats universitaires est défaillant. Les présidents d’université peinent parfois à exercer leur autorité en raison des multiples instances délibératives. Les établissements n’ont pas pleinement la main sur le pilotage de leurs ressources humaines, la gestion de leur patrimoine immobilier et la définition de leurs capacités d’accueil. Beaucoup ne mobilisent pas l’ensemble des leviers de financement à leur disposition.
Quels moyens pour l'université ?
Face à ce constat, le rapport préconise notamment :
- de mettre fin au droit d’accès des bacheliers à l’enseignement supérieur et de permettre aux universités de déterminer les conditions et les modalités d’accès à leurs formations ;
- d’affirmer plus clairement le sélectivité de l’accès au master et de valoriser le doctorat ;
- de porter les droits d’inscription à 900 euros annuels en licence et 1 300 euros en master et de réformer les bourses ;
- d’accorder plus d’autonomie aux universités et de revoir leur gouvernance ;
- de mieux protéger le pluralisme à l’université en consacrant dans la loi le principe de réserve institutionnelle des universités et en modifiant la composition du Conseil national des universités