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© Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Violences dans le périscolaire : comment les prévenir et les traiter ?

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Depuis plusieurs mois, des révélations de violences psychologiques, physiques ou sexuelles commises sur des enfants pendant le temps périscolaire suscitent une vive émotion. Une mission d'information du Sénat dotée des prérogatives d'une commission d'enquête analyse les faits et met en évidence des défaillances systémiques.

Un rapport sénatorial sur les violences périscolaires publié le 15 octobre 2026 analyse le phénomène des violences dans le périscolaire et appelle à bâtir une culture partagée de la protection de l’enfance.

Le développement hâtif d’un périscolaire de masse

La réforme des rythmes scolaires de 2013 visait à mieux répartir les heures d’enseignement sur la semaine en rétablissant une neuvième demi-journée de classe. Elle a libéré du temps scolaire, que les communes ont dû prendre en charge. L’offre périscolaire s’est étoffée rapidement (+30% entre les rentrées 2013 et 2014).

La fréquentation du périscolaire a progressé, même après le retour massif à la semaine de quatre jours, dès 2018. En 2025, neuf enfants sur dix fréquentent un accueil périscolaire le matin, le midi ou le soir.

Une crise sans précédent, très marquée à Paris

Selon le rapport, les signalements de violences sexuelles commises par des adultes sur des mineurs dans le périscolaire parisien, compris entre 4 et 14 par an de 2014 à 2023, doublent en 2024 puis progressent fortement en 2025 (33 signalements) et 2026 (62 signalements au 3 juillet 2026). Les violences physiques signalées augmentent à partir de 2021. 235 enquêtes pénales ont été ouvertes à Paris ; elles touchent plus d’une école maternelle publique sur trois et tous les arrondissements.

Plusieurs facteurs propres à la Ville de Paris se sont cumulés depuis 2013 :

  • une réforme des rythmes scolaires mise en œuvre dans l’urgence. De nombreux animateurs, souvent peu qualifiés, ont été recrutés à la hâte, parfois avant le contrôle d’honorabilité ;
  • un modèle d’emploi fondé sur la vacation ;
  • une formation inadaptée et peu suivie ;
  • une organisation dénuée de mémoire administrative. Les incidents ne figurent pas au dossier des agents ;
  • une application insuffisante de l’article 40 du code de procédure pénale (obligation de signalement).

En outre, la prise en compte défaillante de la parole de l’enfant et le manque de transparence institutionnelle nourrissent la défiance des familles.

Pour l'ensemble de la France, le nombre de violences sexistes et sexuelles commises par des adultes et signalées dans un accueil collectif de mineurs (ACM) a crû de 317% entre 2021-2022 et 2025-2026. Les signalements de violences ne concernent que les accueils périscolaires ayant le statut d’ACM. Or 39% des communes organisent le périscolaire sous un autre régime ; les incidents susceptibles de s’y dérouler ne remontent pas au ministère chargé de la jeunesse.
 

Renforcer la protection des enfants dans le périscolaire

Le rapport préconise notamment :

  • de mieux former les animateurs ;
  • d’imposer aux accueils périscolaires une déclaration d’ouverture et une attestation d’honorabilité pour chaque agent avant la prise de poste ;
  • de créer un fichier des suspensions et interdictions en milieu scolaire ;
  • d’instituer une sanction pénale pour défaut de signalement au préfet de violences graves envers des mineurs ;
  • de réduire les délais précédant l’audition du mineur et du mis en cause ;
  • d’informer les parents sur les adultes qui encadrent leurs enfants et en cas de suspicion de violences ;
  • de faire du conseil d'école un lieu d'échanges entre le scolaire et périscolaire.