Selon un rapport de l'inspection général des finances consacré au modèle économique des établissements de l'enseignement supérieur, le financement des universités se caractérise en France par la prédominance du financement public. Il repose sur trois grandes catégories de ressources :
- la subvention pour charge de service public (SCSP) versée par l'État. Elle représente près de 70% de leur budget. Versée à chaque établissement, elle est composée d’une part "socle" et d'une part indexée sur les performances des années précédentes ;
- les droits d'inscription (2,7% du budget) ;
- les recettes issues du secteur économique (taxe d'apprentissage, formation continue, recherche partenariale, mécénat).
Selon le ministère de l'enseignement supérieur, la dépense moyenne par étudiant s'élève à 12 250 euros par an pour un étudiant à l’université, 16 730 euros pour un élève en section de technicien supérieur (STS) et 18 560 euros pour un élève en classes préparatoire aux grandes écoles (CPGE).
La principale ressource des établissements d'enseignement supérieur public demeure la subvention pour charges de service public (SCSP). La SCSP a intégré des moyens nouveaux découlant des dispositions de la loi de programmation de la recherche ou de la loi ORE, ainsi que de la réforme des études de santé.
En 2025, l'État a versé aux établissements d'enseignement supérieur 14,45 milliards d'euros par le biais du programme 150 "Enseignement supérieur" de la mission budgétaire "Recherche et enseignement supérieur". Cela représente 2,74 milliards d'euros de plus qu'en 2014, soit une hausse de 23%. Rapportée à l'inflation, la croissance de la SCSP est plus limitée. Par exemple, si la hausse entre 2016 et 2017 atteint 3,9% en valeur, l'augmentation n'est plus que de 0,8% une fois tenu compte de l'inflation.
Le poids relatif de la SCSP dans les ressources des universités diminue tendanciellement au cours des dix dernières années : elle représentait 81% des recettes des établissements d'enseignement supérieur financés par le programme 150 en 2014, contre 69% en 2025.
La diminution du poids relatif de la SCSP dans les ressources des universités s'explique par le déploiement par l'État de financements dits "extrabudgétaires", c'est-à-dire liés aux programmes d'investissement d'avenir (PIA) et France 2030.
Selon l'inspection générale des finances, les ressources propres représentent 4,4 milliards d’euros en 2023, soit 24% de l’ensemble de leurs recettes, et ont augmenté de 38% entre 2019 et 2023.
Il s'agit des ressources hors SCSP :
- dotations publiques allouées de manière compétitive (financement de l'État et européen de la recherche, financements des collectivités territoriales) ;
- recettes issues du secteur économique (taxe sur l'apprentissage, par exemple) ;
- ressources non aidées (droits d'inscription et recettes issues de l'immobilier).
Les droits d'inscription représentent un montant faible (500 millions d'euros en 2023). Selon l'inspection générale des finances, ce montant est sans rapport avec les coûts de formation. La hausse des droits d'inscription constitue le principal levier ayant un effet significatif sur le modèle économique des universités. L'inspection a notamment évalué un scénario dans lequel des droits d'inscription plus élevés pourraient être modulés en fonction des revenus du foyer.
Le programme 231 de la loi de finances, dénommé Vie étudiante, finance l’action sociale en faveur des étudiants, dont les bourses sur critères sociaux ainsi que les logements et les repas fournis par le réseau des œuvres universitaires et scolaires, les actions en faveur de la santé des étudiants et les activités culturelles et sportives sur les campus. La loi de finances pour 2026 prévoit à partir du 1er mai 2026 la mise en oeuvre du repas à 1 euro dans les restaurants universitaires.
Depuis la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) du 10 août 2007, les universités gèrent l'intégralité de leur budget, y compris la masse salariale. Cette responsabilité accrue implique d’assurer l'équilibre financier. Elles disposent d'un budget propre qu'elles élaborent et exécutent selon leurs priorités, dans le respect du cadre réglementaire. Cette autonomie signifie que les décisions financières sont prises au niveau de l'établissement et non plus au niveau ministériel. Chaque université est une entité juridique distincte qui peut agir en son nom propre, contractualiser, posséder des biens ou ester en justice.
La loi de 2007 accroît l’autonomie des universités. Elles disposent d’un bloc de compétences élargi en matière budgétaire et de gestion des ressources humaines. Elles restent néanmoins sous contrôle de l’État avec lequel elles signent des contrats pluriannuels.
Les contrats d'objectifs, de moyens et de performance (COMP) sont conclus entre l'État et les universités pour une durée de 3 ans. Les premiers ont été lancés en 2023. Ils ont pour but d'introduire un pilotage à la performance dans l'enseignement supérieur.
Des financements sont associés aux COMP mais leur montant est assez réduit (110 millions pour la première vague des contrats). Ils représentent 0,8% de la SCSP. Ces financements doivent servir à démarrer les projets décrits dans les contrats mais ils ne couvrent pas l'intégralité des projets.
Une mission flash de la Cour des comptes a établi un premier bilan des COMP. La Cour considère que le champ d'intervention des COMP est trop restreint et recommande leur intégration dans les contrats pluriannuels uniques conclus entre l'État et chaque université.
Une nouvelle génération de COMP a été annoncée par le ministre de l'enseignement supérieur
De nombreuses universités se plaignent aujourd’hui d’une dégradation de leur situation financière.
Le nombre d'étudiants est passé de 2,58 millions en 2015 à 2,97 millions en 2024. En conséquence, leurs dépenses ont augmenté. En outre, les universités ont dû appliquer des mesures salariales décidées par l'État qui ont également accru leurs charges. Les dépenses des universités ont ainsi davantage augmenté que leurs ressources sur la période 2018-2024 : +23% pour les recettes contre +29% pour les dépenses selon un rapport du Sénat.
En outre, la trajectoire adoptée dans le cadre de la loi de programmation pour la recherche (LPR) prévoyait, pour 2025, une hausse de 124 millions d'euros du budget du programme 150 par rapport à l'année 2024. Les moyens nouveaux en 2025 au titre de la LPR se sont finalement élevés à +94,5 millions d'euros.
Depuis la mise en oeuvre de l'autonomie financière des universités, les dépenses de personnel représentent le premier poste de dépenses (77% selon le même rapport du Sénat).
L'inspection générale des finances précise que Les indicateurs financiers des universités ont connu une dégradation récente, qui toutefois n’affecte pas la disponibilité de la trésorerie. Celle-ci augmente continûment sous l’effet des avances de financement, de 3,4 milliards d'euros en 2018 à 5,1 milliards d'euros en 2023.
Dans un communiqué de presse publié le 28 octobre 2025, France universités, qui rassemble les dirigeants exécutifs des universités et établissements d'enseignement supérieur et de recherche, les universités absorbent chaque année des surcoûts dus au désengagement progressif de l’État. Le Gouvernement estime quant à lui que les moyens consacrés directement ou indirectement par l’État aux universités ont progressé au cours des dernières années.
Lancées le 9 janvier 2026, les assises du financement des universités ont pour objectif de fournir un rapport qui dresse un état des lieux de la situation financière des universités et qui établit des orientations stratégiques.
Ses travaux portent notamment sur :
- la situation financière des universités, leurs ressources, leurs charges et leurs contraintes structurelles ;
- la professionnalisation de la gestion universitaire ;
- l’examen de thématiques telles que l’accès aux financements européens, le modèle économique des établissements, la formation continue, les enjeux fonciers et patrimoniaux, le financement par les collectivités territoriales et le développement des ressources propres à moyen et long terme.