Leviers de développement des startups industrielles en phase d’industrialisation

Auteur(s) moral(aux) : Inspection générale des Finances

Consulter nos sélections de rapports publics

En savoir plus

Date de remise :

Temps de lecture > 30 minutes

Pour lire les formats PDF et ePub vous avez besoin d’un lecteur adapté.

Présentation

Moins connues que la French Tech digitale, les startups à vocation industrielle représentent aujourd’hui de l’ordre de 1 500 entreprises en France, évoluant dans des secteurs stratégiques, tels que les biotechnologies, la santé, la robotique ou l’énergie. Au cours de leur phase initiale de recherche et développement et d’analyse de leur marché, ces entreprises peuvent bénéficier, à l’instar des autres startups, de la multitude d’aides publiques déployées dans le cadre de la politique de soutien à l’innovation, de la dynamique récente du financement privé early stage et de la multiplication des structures d’accompagnement des startups, notamment les incubateurs et les fablabs.

En cas de réussite de ces premières étapes, les trajectoires des startups à vocation industrielle peuvent diverger :

  • intégrer la production et entrer en phase d’industrialisation,
  • sous-traiter tout ou partie de la fabrication du produit en France ou à l’étranger,
  • ou bien vendre le produit de leur R&D à d’autres entreprises.

Si ce choix appartient aux entrepreneurs et relève de nombreux paramètres, c'est une bonne perception des enjeux industriels et des leviers disponibles qui permet de prendre des risques. A l’inverse, avoir peur de la phase d’industrialisation - ou simplement ne pas en faire un objectif de l’entreprise - peut conduire à externaliser la production et à limiter la part de valeur ajoutée captée et le potentiel de croissance.

L’enjeu est, pour la puissance publique, d’offrir un cadre favorable aux startups qui sont prêtes à prendre le risque de l’industrialisation. Pour cela, une série d’obstacles doivent être levés.
Les propositions de la mission visent, sur le plan financier, à augmenter l’offre de capitaux disponibles pour les startups industrielles. Pour accompagner les startups industrielles, la mission recommande de mettre en œuvre un programme territorialisé mobilisant les acteurs et dispositifs existants. Ce programme aurait vocation à répondre aux besoins des startups industrielles en fonction de leur étape de développement.

Revenir à la navigation

Sommaire

INTRODUCTION


1. PLUS D’UN MILLIER DE STARTUPS À VOCATION INDUSTRIELLE ONT PU ÊTRE CRÉÉES ET BÉNÉFICIER DES POLITIQUES DE SOUTIEN À L’INNOVATION ET AUX STARTUPS, ET SONT DÉSORMAIS CONFRONTÉES À L’ENJEU DE L’INDUSTRIALISATION

1.1. Qu’est-ce qu’une startup industrielle ?

1.2. Les startups industrielles peuvent représenter un levier de réindustrialisation des territoires
1.2.1. La politique de soutien au développement des startups et la politique industrielle, pour l’essentiel mises en oeuvre séparément, ont augmenté le potentiel de création de sites industriels par des startups
1.2.2. Ces startups, qui sont les PME et ETI industrielles de demain, peuvent constituer un levier de réindustrialisation à condition de parvenir à produire en France
1.2.3. Les instruments de contrôle des investissements, complétés par le fonds French Tech souveraineté, limitent le risque de perte de technologies critiques développées par des startups

1.3. Le succès des startups en phase d’industrialisation est crucial pour avoir un effet d’entrainement tant sur les entrepreneurs que sur les financeurs
1.3.1. Les trajectoires du millier de startups françaises à vocation industrielle peuvent diverger à l’issue de la preuve de concept, au moment d’entrer en industrialisation
1.3.2. Au sein du cycle de développement des startups à vocation industrielle, la phase d’industrialisation est cruciale pour le devenir de l’entreprise


2. LE FINANCEMENT DES STARTUPS INDUSTRIELLES PEUT SE TROUVER BLOQUÉ EN PHASE D’INDUSTRIALISATION

2.1. En phase de R&D, les startups industrielles bénéficient globalement de la dynamique du capital-risque early stage et peuvent s’appuyer sur un continuum d’aides publiques dédiées

2.2. Le principal enjeu en phase d’industrialisation est aujourd’hui d’apporter des fonds propres
2.2.1. Si les investisseurs font preuve d’une faible appétence pour les projets industriels, cela est dû tant aux spécificités de ces projets qu’aux exigences des fonds d’investissement
2.2.2. Sur le financement de la première usine, il existe actuellement un outil public dédié, le fonds SPI, qui est pertinent mais dont l’empreinte pourrait être renforcée
2.2.3. Une double action est désormais souhaitable : créer un véhicule dédié aux démonstrateurs industriels, et renforcer les financements privés sur toutes les étapes de l’industrialisation

2.3. Si le financement bancaire est par définition un levier difficile à mobiliser pour les startups, sa part dans le financement des projets d’industrialisation pourrait être accrue
2.3.1. La dette bancaire peut être particulièrement difficile à mobiliser pour les startups industrielles malgré les dispositifs de garantie mis en œuvre par Bpifrance
2.3.2. Si la mission recommande un dispositif dédié de prêt public adapté au financement de démonstrateurs industriels ou de premières usines, elle écarte en revanche l’option d’un outil de dette venture

2.4. Le soutien financier public sous forme de subvention pourrait davantage cibler la phase d’industrialisation des startups industrielles
2.4.1. Les dispositifs financiers mis en oeuvre dans le cadre des stratégies d’accélération et France Relance doivent bénéficier aux startups industrielles
2.4.2. Au-delà d’assurer la bonne inclusion des startups industrielles dans les dispositifs existants, la mise en place d’un soutien financier public ad hoc peut être envisagée


3. LES OBSTACLES À L’IMPLANTATION DES SITES INDUSTRIELS, QUI FONT L’OBJET D’INITIATIVES EN COURS DE MISE EN OEUVRE, SONT PARTICULIÈREMENT CRITIQUES POUR LES STARTUPS

3.1. Alors que les obstacles à l’implantation de sites industriels sont particulièrement périlleux pour les startups industrielles, elles devraient bénéficier de la mise en oeuvre des mesures issues de la mission Kasbarian

3.2. Pour les produits innovants dont le développement et la mise sur le marché se heurtent à l’inadéquation du cadre juridique, le guichet France expérimentation apporte une réponse qui doit être accessible aux startups et qui pourrait être utilement complétée

3.3. L’accès au foncier industriel, déterminant pour le premier site de production à l’échelle, peut constituer un obstacle
3.3.1. Les startups souhaitant implanter une usine de production à l’échelle à proximité des métropoles font face à un problème d’accès au foncier industriel
3.3.2. Les initiatives visant à favoriser le regroupement d’entreprises sur des sites, tels que les plateformes industrielles dans le secteur de la chimie, gagneraient à être étendues à d’autres types d’activités


4. UN RENFORCEMENT DE L’ACCOMPAGNEMENT DES STARTUPS INDUSTRIELLES VERS ET DANS L’INDUSTRIALISATION PEUT AIDER LES PROJETS À ÉMERGER

4.1. Les startups à vocation industrielle anticipent peu la phase d’industrialisation mais plusieurs acteurs de l’accompagnement sont bien identifiés en amont et pourraient être mobilisés à cette fin
4.1.1. Les nombreux incubateurs et accélérateurs proposent des accompagnements essentiellement axés sur la R&D, le business et la stratégie de croissance, tandis que l’offre des fablabs se situe encore en amont de l’industrialisation
4.1.2. Les laboratoires de recherche et les clusters, le cas échéant coordonnés, pourraient jouer un rôle dans l’identification des projets de recherche susceptibles de donner lieu à une production industrielle
4.1.3. Bpifrance prépare un projet d’accompagnement à la pré-industrialisation qui en cible les principaux enjeux

4.2. Une offre d’accompagnement global à la réalisation de la phase d’industrialisation, complémentaire de celle, plus ciblée, des bureaux d’études, se développe

4.3. La mission French Tech intervient à la fois auprès de l’ensemble des startups via les French Tech Central et auprès d’une sélection restreinte dans le cadre du French Tech 120 / Next 40

4.4. L’intégration des startups dans leur écosystème de filière reste à renforcer, en particulier en ce qui concerne les relations avec les grands groupes

4.5. Recommandations : un programme d’accompagnement individualisé, de l’identification des projets à vocation industrielle en laboratoire jusqu’à la production
4.5.1. Niveau 1 : Détecter et sensibiliser chaque année, dès la phase de R&D, 300 à 400 projets de startups susceptibles de passer en production en France, en s’appuyant sur le réseau des incubateurs, les pôles de compétitivité et les filières industrielles
4.5.2. Niveau 2 : Aider à faire émerger chaque année, dans le cadre de partenariats entre les régions et Bpifrance, 100 dossiers d’industrialisation en France de startups industrielles
4.5.3. Niveau 3 : Labéliser et accompagner chaque année 40 startups développant un projet de production en France, le French Fab 40

Revenir à la navigation

Fiche technique

Type de document : Rapport d'étude

Pagination : 109 pages

Édité par : Inspection générale des finances : Conseil général de l’économie

Collection :

Revenir à la navigation