Rapport d'information déposé par la commission des affaires étrangères en conclusion des travaux d'une mission d'information constituée le 14 novembre 2012 sur les Révolutions arabes

Auteur(s) : Jacques Myard - Jean Glavany

Auteur(s) moral(aux) : Assemblée nationale. Commission des Affaires étrangères

Présentation

La mission d'information s'intéresse aux « printemps arabes » qui se sont développés à partir de la fin de l'année 2010 dans les pays du Sud de la Méditerranée. Elle a concentré ses travaux sur trois pays qui ont connu de telles « révolutions » ayant conduit à la chute du pouvoir : la Tunisie, l'Egypte et la Libye, la Syrie. La mission a d'abord cherché à comprendre les ressorts de ces bouleversements historiques que ces pays viennent de connaître, en commençant par replacer ces évolutions dans leur contexte régional. La mission s'est interrogée à la fois sur l'existence d'une logique et d'une dynamique communes à la zone et sur la divergence manifeste des situations. Elle en a tiré la conclusion qu'un mouvement d'ensemble était à l'oeuvre, un « réveil arabe » global, mais connaissant des traductions différenciées selon les contextes, qui restent nationaux. Une fois ce cadre posé, le présent rapport s'efforce de dresser un premier bilan des révolutions tunisienne, égyptienne et libyenne. Selon la mission, plusieurs angles d'approche ont semblé devoir être combinés : le respect des principes démocratiques, la question des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la situation des femmes, ainsi que les évolutions économiques et sociales. Malgré la présence d'acteurs communs, dont la plupart sont nouveaux sur le devant de la scène, tels que les islamistes, les forces dites « libérales » et les acteurs de la société civile, malgré l'apparition concomitante de défis identiques à relever - un nouveau « pacte national » à définir, la situation des femmes et une urgence économique qui appelle des réponses -, la mission a été frappée par la diversité et l'instabilité des trajectoires de chacun des pays concernés. Enfin, ce contexte changeant sur la rive Sud de la Méditerranée a conduit la mission d'information à s'interroger sur les conséquences qu'il convient d'en tirer pour l'action extérieure de la France et de l'Union européenne, afin de dégager un certain nombre de pistes d'action et de recommandations générales.

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Sommaire

PRÉAMBULE

INTRODUCTION

I. UN « RÉVEIL ARABE » INATTENDU ET TRÈS HÉTÉROGÈNE

A. LE DÉPÉRISSEMENT DE MODÈLES QUE L’ON AVAIT FINI PAR CROIRE INDÉPASSABLES
1. Un tournant historique
a. Des peuples aspirant à reprendre en main leur destin
b. Une phase nouvelle, encore empreinte d’une grande incertitude
2. Des causes profondes, qui apparaissent a posteriori au grand jour
a. Un autoritarisme de plus en plus pesant
b. Des frustrations persistantes et très vives au plan socio-économique
c. Une population plus jeune et plus éduquée
3. L’étincelle de 2011
a. Un déclenchement inattendu
b. Les facteurs de la cristallisation en 2011

B. UN IMPACT DIFFÉRENCIÉ « DU GOLFE À L’OCÉAN »
1. Des pays relativement à l’écart du mouvement
a. Pays du Golfe, Maroc, Jordanie : des monarchies préservées
b. Algérie : des troubles violents restés pour l’instant sans lendemain
c. Territoires palestiniens, Liban et Irak : des cas manifestement à part
2. Des soulèvements inaboutis
a. Bahreïn : un soulèvement maté dans le sang et l’indifférence générale
b. Syrie : de la contestation au bain de sang
3. La transition politique négociée, mais encore fragile, du Yémen
4. De véritables « révolutions arabes » en Tunisie, Egypte et Libye
a. La Tunisie
b. L’Egypte
c. La Libye

 

II. TUNISIE, EGYPTE, LIBYE : QUEL BILAN PROVISOIRE ?

A. DES ACTEURS, DES ACQUIS ET DES DÉFIS EN COMMUN
1. De nouveaux acteurs
a. Un islam politique puissant
b. Des forces politiques « non islamistes » divisées
c. Une société civile active
2. L’épreuve de la transition démocratique
a. Des avancées immédiates
b. Des défis communs

B. DES SITUATIONS TRÈS HÉTÉROGÈNES ET ENCORE INDECISES
1. La Tunisie
a. La « troïka » : une expérience sans équivalent
b. Un chemin long et semé de difficultés
c. Un exemple potentiel pour les autres « révolutions arabes » ?
2. L’Egypte
a. L’échec de la première transition
b. Nouvelle transition, nouvelle impasse ?
c. La situation des Coptes
3. La Libye
a. Un Etat à construire
b. Un état de faiblesse préoccupant au plan politique et institutionnel
c. La force des identités tribales et régionales

 

III. QUELLES TRADUCTIONS CONCRÈTES EN MATIÈRE D’ACTION EXTÉRIEURE ?

A. PROPOSITIONS DE LIGNES D’ACTION POUR LA FRANCE
1. Faire de la Méditerranée une priorité
2. Assurer un pilotage fin
3. Développer nos réseaux
4. Défendre des principes et des valeurs avec efficacité et cohérence

B. RECOMMANDATIONS AU PLAN EUROPÉEN
1. Mobiliser davantage nos partenaires européens en faveur de la Méditerranée
2. Un bilan en demi-teintes qui doit pousser à faire preuve de « patience stratégique » et à s’engager sur le long-terme
3. Mettre la jeunesse au cœur du projet euro-méditerranéen
4. Pour un arrimage économique du Sud de la Méditerranée

 

CONCLUSIONS

EXAMEN EN COMMISSION

ANNEXES
ANNEXE 1 - PRINCIPAUX SIGLES
ANNEXE 2 - CHRONOLOGIE
ANNEXE 3 - LISTE DES PERSONNES AUDITIONNÉES ET DES VISITES EFFECTUÉES
ANNEXE 4 - CARTES GÉOGRAPHIQUES DE L’AFRIQUE DU NORD ET DU MOYEN-ORIENT, DE LA TUNISIE, DE L’EGYPTE ET DE LA LIBYE

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Fiche technique

Autre titre : Les Révolutions arabes : « quand les arbres se sont mis à danser... »

Type de document : Rapport parlementaire

Pagination : 154 pages

Édité par : Assemblée nationale

Collection :

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