Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur le décès de Javier Perez de Cuellar, un ancien secrétaire général des Nations unies, à Paris le 6 mars 2020.

Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur le décès de Javier Perez de Cuellar, un ancien secrétaire général des Nations unies, à Paris le 6 mars 2020. Jean-Yves Le Drian 06/03/2020 Javier Perez de Cuellar

Madame la Députée,


Vous avez évoqué les deux textes qui ont été rendus publics le 29 février dernier, d'une part la déclaration des gouvernements américain et afghan signée à Kaboul, et d'autre part, l'accord entre les Etats-Unis et les Talibans signé à Doha.

Ce sont des accords signés. C'est une étape significative pour le processus de paix. L'accord américano-taleb contient en particulier un engagement anti-terroriste des Talibans. Et, en parallèle, le gouvernement afghan et les Talibans devront, vous l'avez rappelé, procéder à des échanges de prisonniers d'ici le 10 mars prochain. Ensuite, le sujet sera inscrit au Conseil de sécurité. La France pour l'instant n'a pas définitivement adopté une position sur le sujet sous réserve d'inventaire.

Mais le plus important, de notre point de vue, c'est que s'ouvrent des négociations inter-afghanes. Ce que nous souhaitons, c'est que l'ensemble des parties s'engagent en vue d'abord d'un cessez-le-feu complet, mais aussi sur une feuille de route inclusive qui peut permettre ensuite le retrait des troupes américaines. Et quand je dis "feuille de route inclusive", j'intègre la préservation des acquis en matière de droits humains accumulés depuis le début du siècle dans les discussions qui ont pu avoir lieu au sein de la société civile afghane. La préservation des acquis démocratiques sont les conditions d'une paix durable. Et nous allons poursuivre nos discussions avec les représentants afghans des droits de l'Homme, en particulier la ministre afghane Mme Sima Samar, que je recevrai vendredi.

Nous avons à l'égard des femmes afghanes des initiatives très fortes dans le cadre de l'Agenda "Femmes, paix et sécurité en Afghanistan". Je pense en particulier au lycée pour filles de Malalaï et à l'Institut médical français pour la mère et pour l'enfant à Kaboul. Nous sommes très attachés à préserver ces droits et à ce qu'ils rentrent dans la logique qui a été initiée par la signature de ces accords, qui devront être maintenant à l'examen des différentes parties prenantes.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 mars 2020

ONU Secretaire general Deces France - Perou 203000596
Date et heure de mise à jour

Interview de Mme Muriel Pénicaud, ministre du travail, à RTL le 13 février 2020, sur la baisse du taux de chômage en France de 0,4 point, les mesures pour l'accès à l'emploi et le congé deuil parental.

Interview de Mme Muriel Pénicaud, ministre du travail, à RTL le 13 février 2020, sur la baisse du taux de chômage en France de 0,4 point, les mesures pour l'accès à l'emploi et le congé deuil parental. Muriel Pénicaud 13/02/2020 baisse du taux de chômage

YVES CALVI
Bonjour Muriel PENICAUD.

MURIEL PENICAUD
Bonjour Yves CALVI.

YVES CALVI
Merci beaucoup d'être avec nous ce matin en direct sur RTL, on va tout de suite commencer avec les chiffres du chômage, ils sont, disons-le très simplement, excellents, 8,1 % de chômeurs, on termine l'année en tout cas avec ce chiffre, ça en fait -165.000 sur 1 an, c'est le taux le plus bas depuis 2008. Est-ce que l'objectif de 7 % de chômage à la fin du quinquennat reste dans le viseur ?

MURIEL PENICAUD
Oui, 8,1 % de taux de chômage, et même on passe, en métropole, en dessous de la barre des 8, c'est à 7,9 %, ça montre, c'est la preuve que l'ambition des 7 %, elle n'est pas gagnée d'avance, elle n'est toujours pas gagnée d'avance, mais elle est franchement, je pense, atteignable. C'est une preuve qui est importante parce qu'on voit une dynamique partout sur le territoire, on a, par exemple maintenant, déjà 24 départements qui sont à 7 % ou en dessous de 7 %, je pense par exemple à la Mayenne, à Laval, on est à 5,50 et on cherche du monde, donc c'est très encourageant. Il faut continuer, partout, sur tout le territoire, pour tous les publics, mais c'est bien parti.

YVES CALVI
Quand on est à 5,50 dans certains départements ça veut dire qu'on est dans ce qu'on appelle le chômage résiduel, enfin c'est des chiffres…

MURIEL PENICAUD
Oui, on est au plein emploi.

YVES CALVI
Je vais vous dire ce sont des chiffres allemands, quasiment.

MURIEL PENICAUD
C'est les chiffres allemands, c'est les chiffres de tous les pays qui ont un peu résolu leur problème de chômage.

YVES CALVI
Comment expliquez-vous ces résultats ?

MURIEL PENICAUD
Je crois qu'il y a plusieurs éléments qui jouent, d'abord on n'a jamais embauché autant de CDI, de contrats à durée indéterminée, dans notre pays, on est à 4 millions, plus de 4 millions, 4,2 millions CDI en 2019, on n'a jamais fait ça. La deuxième c'est qu'on n'a jamais formé autant d'apprentis, on a annoncé il y a quelques jours les chiffres, on a formé +16 % d'apprentis, on a embauché +16 % d'apprentis cette année, c'est du jamais vu comme explosion, et là c'est la réforme que nous avons menée, de l'apprentissage, qui le permet, on a maintenant près d'un demi-million d'apprentis. On n'a jamais formé aussi, autant de demandeurs d'emploi, aux métiers d'aujourd'hui et aux métiers de demain, on est proche du million de personnes qu'on forme, et ce qui permet qu'on ait aussi beaucoup de demandeurs d'emploi de longue durée qui retrouvent du travail, parce qu'il faut que l'emploi soit pour tous, ça c'est mon combat, c'est non seulement la baisse du chômage, mais c'est que ce soit accessible à tous, et on n'a jamais autant investi dans tout ce qui est entreprises d'insertion, chantiers d'insertion, entreprises adaptées, qui aident les plus vulnérables à accéder eux aussi à l'emploi.

YVES CALVI
Je m'arrête un instant là-dessus. Le gouvernement a lancé une application pour la formation, comment ça démarre et où en êtes-vous en termes de téléchargements ?

MURIEL PENICAUD
Alors ça démarre de façon assez extraordinaire, puisque l'application MonCompteFormation a moins de 3 mois, il y a déjà 5 millions de visiteurs uniques, et puis il y a surtout près d'1 million de téléchargements, et ce qui moi me donne beaucoup d'encouragement, c'est que l'appli formation qu'on a fait, aux deux tiers c'est les ouvriers et les employés qui utilisent pour leur formation, pour passer le permis B, pour la création d'entreprise, pour du bilan de compétences, pour des langues, pour du numérique, mais ce sont les ouvriers et les employés, qui étaient les laissés pour compte de la formation avant, qui l'utilisent, et la moitié c'est des femmes, et elles étaient aussi les laissées pour compte de la formation, donc on démocratise l'accès à la formation. Ça veut dire, l'accès à la formation c'est quoi ? Plus de sécurité d'emploi et puis c'est la possibilité d'évoluer dans sa carrière, de mieux gagner sa vie, d'avoir des carrières plus intéressantes, donc ça aussi c'est très encourageant, et ça contribue à ce marché du travail plus dynamique et plus solide.

YVES CALVI
Je m'arrête un instant sur le permis de conduire, pourquoi cet engouement ?

MURIEL PENICAUD
Je crois que pour beaucoup de Français, notamment dans les zones rurales ou dans les petites villes, si on n'a le permis B, c'est clair, si vous n'avez pas votre permis B sur votre CV, il y a plein d'emplois que vous ne pouvez pas prendre, parce que vous ne pouvez pas accéder à l'emploi, donc c'est aussi, dans l'accès à l'emploi, avoir mis le permis B, c'est pour ça que je l'ai mis, c'est aussi un levier pour l'emploi.

YVES CALVI
Donc c'est une forme de retour sur investissement ?

MURIEL PENICAUD
C'est un retour sur investissement de la nation. Moi je crois qu'on est dans une évolution où les métiers vont changer tout le temps, les entreprises ont leur rôle à faire, en plus elles sont plus confiantes, parce que c'est aussi grâce à la réforme du code du travail qu'elles se sentent confiantes pour embaucher, elles le disent, mais il faut aussi que chacun ait les moyens de pouvoir évoluer et faire ses choix.

YVES CALVI
Pour ceux qui nous écoutent et qui entendent parler pour la première fois de cet accès au téléchargement pour la formation, en trois mots s'il vous plaît, ils y vont comment et pourquoi ? 

MURIEL PENICAUD
Alors, vous y allez sur l'appli ou sur Internet, MonCompteFormation, il faut juste votre numéro de Sécurité sociale, vos droits sont déjà téléchargés, en moyenne il y a plus de 1000 euros pour chacun des 20 millions de salariés, au mois d'avril y aura 500 euros de plus, chaque année il y aura 500 euros de plus, 800 pour ceux qui sont handicapés ou qui n'ont pas de diplôme, et donc ça c'est collectif, donc ça vous arrive, et sur l'appli vous avez aussi l'accès, évidemment gratuit, à plusieurs centaines de milliers de formations, de votre choix, en sachant où elles sont localisées, combien elles coûtent, et vous pouvez directement vous enregistrer.

YVES CALVI
On quitte les bonnes nouvelles sur la formation et le chômage pour aboutir à des dossiers plus délicats. Alors, on ne vous avait pas entendue, Muriel PENICAUD depuis le couac sur le congé deuil parental, le gouvernement, Edouard PHILIPPE en tête, ont fait bloc pour vous soutenir, est-ce que vous concédez avoir mal apprécié ce texte ?

MURIEL PENICAUD
Alors, je rappelle, mais je crois que c'est derrière nous, que c'est une erreur collective, on était sept ministères concernés, il y avait des partis politiques concernés, on a sous-estimé, non pas la chose, parce qu'il y a eu beaucoup de propositions de notre majorité, dès le début au Parlement, pour mieux prendre en compte les familles, et ce que je peux vous dire c'est que, avec Adrien TAQUET, nous concertons avec les familles et avec les associations de parents, on les revoit cet après-midi. Ils ont apporté beaucoup de propositions, qui vont bien au-delà du sujet du congé, sur la prise en compte des obsèques, sur l'aide psychologique, et sur l'aide retour à l'emploi, donc on va en rediscuter aujourd'hui, et une chose dont je suis sûre c'est que la loi sera bien meilleure que le projet initial, et moi, le plus important, c'est que les parents – c'est un sujet de société, ça ne concerne pas que quelques parents, c'est un sujet de société – qu'à la fin on les entoure mieux et on les aide mieux à passer cette épreuve qui est la plus tragique qui soit.

YVES CALVI
Vous me dites on va s'en sortir honorablement, mais ça a été perçu comme une forme d'affront affectif, et je suis sûr que vous vous en rendez parfaitement compte, donc je ne vous demande pas de faire amende honorable, je vous dis est-ce qu'on s'est embarqué vraiment très très mal sur un dossier qui était particulièrement sensible ?

MURIEL PENICAUD
Alors ce n'était pas un projet de loi du gouvernement, maintenant il y a un travail commun, une concertation du gouvernement, du député Guy BRICOUT qui avait lancé cette initiative, de notre majorité qui a fait des propositions, et des associations et des partenaires sociaux qui le souhaitent, et donc je pense que l'important c'est que, à la fin, pour les parents en deuil, franchement, la loi soit meilleure et que l'accompagnement soit meilleur, pour moi il n'y a que ça qui compte.

YVES CALVI
Laurent BERGER n'est pas de cet avis, il a quitté la table de concertation hier soir.

MURIEL PENICAUD
Oui, vous savez, moi je crois que, vraiment, le temps n'est plus aux polémiques, ça fait 10 jours que ces concertations sont en place, les associations elles-mêmes disent que ça va être mieux, que ce qu'elles espéraient, à la fin, moi la seule chose qui compte c'est les parents en deuil, le reste, les polémiques on les oubliera, les parents ils n'oublieront pas si la nation fait quelque chose pour eux.

YVES CALVI
Excusez-moi, Laurent BERGER est un partenaire essentiel, et à divers titres en ce moment, donc vous ne pouvez pas écarter ça de la main. Brigitte MACRON, qui était à votre place hier, espérait, elle aussi une nette amélioration, bien entendu, concernant ce projet, vous comprenez bien qu'il y a une tension très importante. Quand BERGER s'en va il y a un gros souci, vous vous en rendez compte Muriel PENICAUD.

MURIEL PENICAUD
Alors, l'essentiel des mesures n'est pas dans le champ du travail, beaucoup des mesures sont dans le champ plutôt de la solidarité, avec les associations, et il y a quelques mesures dans le champ du travail, notamment l'aide à reprendre le travail, par exemple de façon progressive, qui est une forte demande des parents. Je crois que là-dessus il y a des choses à faire avec les partenaires sociaux, ils n'avaient pas été initialement consultés par le député qui portait la loi, donc du coup nous on les a associés – ce n'est pas comme une loi qu'on porte, quand je porte une loi, moi pendant des mois je travaille avec les partenaires sociaux – ce n'est pas nous qui la portions, et donc les formes, évidemment, ne ressemblent pas à d'habitude. Mais je crois que vraiment la polémique est derrière nous, ce n'est pas le sujet.

YVES CALVI
Le temps file vite. La réforme des retraites, il faut qu'on en parle, dites-moi c'est une drôle d'affaire. Le journal Le Monde a révélé hier le contenu de la lettre qu'ont adressé deux piliers de la commission des Finances, deux élus La République en marche, au Premier ministre Edouard PHILIPPE, dans cette lettre ils ont listé 16 questions sans réponse, ce sont des questions parfois à plusieurs milliards d'euros. Est-ce que vous comprenez qu'on soit stupéfait devant une pareille information, et est-ce que ça ne dit pas le mauvais traitement de cette affaire depuis le départ, qui est pourtant tellement importante pour nous et pour notre pays ?

MURIEL PENICAUD
Alors, d'abord c'est important pour tout le monde, parce que ça concerne tout le monde, la réforme des retraites, et comme vous l'avez vu, la Conférence de financement va commencer ses travaux, donc il y a des questions financières, sur lesquelles, effectivement, la position n'est pas arrêtée puisqu'on a demandé à la Conférence de financement, le Premier ministre a demandé à la Conférence de financement, avec les partenaires sociaux, les experts, de faire des propositions sur ces différents sujets. Donc, on est… je suis d'accord qu'on est dans un contexte où il n'y a pas encore tous les éléments financiers, parce que le texte évolue en parallèle de la Conférence de financement, ce qui peut tout à fait, et légitimement, expliquer que des députés disent on veut en savoir plus, mais en même temps on ne peut pas aller plus vite que la Conférence de financement, donc il faut articuler les deux en même temps.

YVES CALVI
Mais vous comprenez que ça jette un flou total sur une réforme qui est majeure et qui fait l'objet en plus d'une contestation très importante dans la rue, et à l'Assemblée, on a vu le comportement de la France Insoumise. Je vous le dis autrement : ce n'est vraiment pas rassurant.

MURIEL PENICAUD
Oui, mais je vais vous donner un exemple. Par exemple sur la pénibilité et l'emploi des seniors, qui est la part de concertation que je mène dans cette réforme. On a travaillé avec les partenaires sociaux, il y a des idées sur la table, maintenant il faut voir comment elles pourront être financées, et ça, ces idées-là, elles n'y étaient pas il y a 3 mois puisque c'est le fruit de cette concertation, et évidemment ça devra être intégré dans la Conférence de financement. Donc, le texte va, au fur et à mesure, s'améliorer, se densifier, et se préciser, en fonction des éléments financiers.

YVES CALVI
Une question très concrète, est-ce qu'on peut espérer des avancées concernant la pénibilité dans les débats qui commencent ce matin ?

MURIEL PENICAUD
Oui. Tout à l'heure, avec le Premier ministre, nous recevons les partenaires sociaux, on a beaucoup travaillé sur le sujet emploi des seniors et pénibilité, et on va leur faire des propositions à discuter, sur la base évidemment de leurs propositions.

YVES CALVI
Donc vous allez vous réconcilier avec Laurent BERGER alors !

MURIEL PENICAUD
Mais je ne suis pas fâchée avec Laurent BERGER.

YVES CALVI
Il quitte une table pour en retrouver une autre.

MURIEL PENICAUD
Je ne suis pas fâchée avec Laurent BERGER.

YVES CALVI
On sent que c'est sensible quand même ! Merci beaucoup en tout cas, Muriel PENICAUD, d'être venue commenter notamment ces très bons chiffres du chômage ce matin sur l'antenne de RTL. Vous allez encore avoir beaucoup de travail, mais ça ce n'est pas une surprise pour vous. Bonne journée à vous.

MURIEL PENICAUD
Je suis là pour ça, pour mes concitoyens.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 février 2020 

Chomage Taux Politique de l'emploi Conge formation Formation continue Croissance economique Apprentissage Plein emploi Deces Enfant 203000424
Date et heure de mise à jour

Interview de M. Adrien Taquet, secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance, à Public Sénat le 13 février 2020, notamment sur l'affaire du congé parental pour deuil, la réforme des retraites et la mort de Vanille.

Interview de M. Adrien Taquet, secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance, à Public Sénat le 13 février 2020, notamment sur l'affaire du congé parental pour deuil, la réforme des retraites et la mort de Vanille. Adrien Taquet 13/02/2020 congé parental pour deuil retraites
  • Adrien Taquet - Secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance

ORIANE MANCINI
Et notre invité politique ce matin, c'est Adrien TAQUET, secrétaire d'Etat en charge de la Protection de l'enfance. Merci d'être avec nous.

ADRIEN TAQUET
Merci pour votre invitation.

ORIANE MANCINI
Vous êtes avec nous pendant vingt minutes pour une interview en partenariat avec la PQR, représentée ce matin par Julien LECUYER, de La Voix du Nord. Bonjour Julien.

JULIEN LECUYER
Bonjour Oriane. Bonjour Monsieur le Ministre.

ADRIEN TAQUET
Bonjour.

ORIANE MANCINI
On va commencer par le coronavirus, Adrien TAQUET, puisque vous êtes rattaché au ministère de la Santé, on le rappelle. Deux des onze patients touchés en France sont sortis de l'hôpital hier. C'est ce qui a été annoncé. Est-ce que vous en savez plus sur l'état des neuf autres ?

ADRIEN TAQUET
Eh bien, écoutez, les neuf autres continuent à être suivis évidemment, il faut attendre les résultats et tests, et que les jours passent, ces quatorze jours, fameux quatorze jours d'incubation, mais au-delà de ça, tous les Français qui sont rentrés de Chine continuent à être suivis. Les premiers qui étaient arrivés, il y a de cela douze jours donc maintenant, à Carry-le-Rouet, vont sortir demain, sauf erreur, ils ont tous subi, et subissent en règle générale deux tests par jour, tout ça s'avère négatif jusqu'à présent, donc les gens vont pouvoir penser à sortir et à rentrer chez eux, retrouver leurs proches. Même la deuxième vague des Français qui étaient arrivés, que j'avais été accueillir à Istres, pourra commencer à sortir dimanche, voilà…

ORIANE MANCINI
Là aussi, des tests tous négatifs ?

ADRIEN TAQUET
Pour l'instant, les tests sont pour l'instant tous négatifs, il y a vraiment une stratégie qui consiste à éviter qu'il y ait propagation du virus dans notre pays.

JULIEN LECUYER
Monsieur le Ministre, est-ce qu'on a raison d'être inquiet, compte tenu en plus des informations qui sont forcément parcellaires, qui viennent de Chine ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, on est face à ce qui s'apparente à une pandémie mondiale, on le voit, il y a des cas qui commencent à émerger dans la plupart des pays, on ne pourra répondre à cette crise que par une coopération internationale, c'est ce qui s'est mis en place depuis le départ et ce qui s'intensifie de plus en plus, on l'évoquait, une délégation de l'OMS va aujourd'hui en Chine, il y a une réunion encore demain, aujourd'hui ou demain, aujourd'hui, je crois…

ORIANE MANCINI
Aujourd'hui…

ADRIEN TAQUET
A laquelle se rend et qu'avait initiée Agnès BUZYN en Europe, à Bruxelles, voilà, c'est par la coopération internationale qu'on fera en sorte de mettre fin à cette pandémie. Mais on est face à une situation…

ORIANE MANCINI
Est-ce qu'il y a en France, au-delà des Français qui ont été rapatriés de Chine, est-ce qu'il y a en France des personnes qui sont suspectées d'être porteuses du virus et dont on attend encore les tests ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, à ma connaissance, non, je me permets de vous renvoyer aux conférences de presse, aux points presse qui sont faits par Jérôme SALOMON notamment, le directeur général de la Santé, qui pilote de façon très concrète et opérationnelle ça, et qui fait des points réguliers. A ma connaissance, non…

ORIANE MANCINI
Y compris du côté des Contamines-Montjoie, où il y a eu ce ressortissant britannique ?

ADRIEN TAQUET
Pour l'instant, il y a bien eu... ces cinq cas, qui étaient autour d'un cas, ont bien été confirmés, ils sont suivis. Pour l'instant, il n'y a rien de spécial à dire au sujet de leur état de santé, enfin, tout est sous contrôle, voilà. Et on continue. Il y a eu, de façon préventive, hier, une troisième école qui a été fermée, voilà, de toute façon, on est dans la prévention, dans le suivi, franchement, enfin, moi, je vous le disais, j'étais à Istres, il y a 15 jours, pour accueillir les Français qui revenaient de Wuhan, je pense qu'on peut être fier de notre pays et de nos professionnels de santé et de la sécurité civile et militaire, je pense qu'il y a peu de pays dans le monde qui sont capables de mobiliser en aussi peu de temps autant de disciplines, de les coordonner entre elles, pour assurer la santé et la sécurité de nos concitoyens…

JULIEN LECUYER
Sur la viralité et la mortalité de ce de ce virus, est-ce qu'on a des précisions, on était encore très imprécis ces derniers temps ?

ADRIEN TAQUET
Eh bien, parce que c'est au fil des cas qui se révèlent, on a une mortalité qui, mécaniquement, a plutôt tendance à décroître avec le temps, puisque le nombre de personnes qui sont contaminées augmente, donc il semblerait qu'il y ait une viralité plus grande qu'un certain nombre de virus qui ont pu être connus et constatés par le passé.

JULIEN LECUYER
Plus grande que quoi, le SRAS par exemple ?

ADRIEN TAQUET
Par exemple, le SRAS, mais une mortalité en proportion, même si en valeur absolue, on a dépassé le nombre de morts du SRAS, ce qui a provoqué un certain émoi en Chine notamment, mais en proportion qui est qui est plus faible, voilà. Et la recherche, là aussi, est mobilisée sur ces aspects-là.

ORIANE MANCINI
Allez, on va parler de la réforme des retraites, situation inédite à l'Assemblée nationale où la Commission n'a pas pu examiner l'ensemble du texte en raison d'un trop grand nombre d'amendements, notamment de la France Insoumise, 19.000, on le rappelle, la situation risque de se reproduire en séance à partir de lundi, puisque la France Insoumise a déjà dit qu'elle emploierait la même stratégie, est-ce qu'au fond, quelque part, ça arrange la majorité que le débat ne se fasse pas sur le fond.

ADRIEN TAQUET
Oh, moi, je crois que ça n'arrange pas la démocratie, voilà, je suis désolé de le dire, il y a un dialogue, des débats qui se tiennent dans le pays depuis deux ans, il y a eu des concertations, il y a eu un nombre d'endroits, de moments, de lieux où on a pu débattre, et l'Assemblée nationale, le Parlement est un de ces endroits importants où le débat doit avoir lieu, et on est face à une stratégie d'obstruction pure et simple qui est nuisible pour la démocratie, moi, c'est ça que je regrette…

JULIEN LECUYER
Enfin, visiblement, même des députés de votre majorité ont des difficultés à comprendre ce texte, il y a deux députés LREM qui ont posé des questions au gouvernement concernant les coûts réels de cette réforme des retraites, ça montre quand même qu'il y a des imprécisions et qu'il y a peut-être raison de s'interroger sur les lacunes de ce projet ?

ADRIEN TAQUET
Non, mais il y a, si je peux me permettre, il y a une différence entre un sujet qui est complexe, qui soulève un certain nombre d'interrogations pour les Français avant même des parlementaires, et c'est normal, je veux dire, enfin, remettons les choses en perspective, ça fait 30 ans qu'on est tous d'accord globalement pour se dire que la réforme, que notre système des retraites est injuste et qu'il faut le réformer, je vous rappelle le rapport Rocard en 1989, bon, ça concerne le quotidien des Français, c'est normal que ça soulève un certain nombre d'angoisses, c'est un sujet complexe, on change totalement de système. Le débat parlementaire – notamment, puisqu'on sait qu'il y a aussi des discussions avec les partenaires sociaux – doit permettre d'affiner un certain nombre de choses, d'en clarifier d'autres, et ça, c'est totalement légitime, et justement, le débat parlementaire devrait permettre ça, or, on a face à ça des gens qui veulent juste… des gens qui sont aujourd'hui… enfin, la France Insoumise, aujourd'hui, est un parti conservateur, qui défend un système injuste, voilà, c'est ça, la réalité aujourd'hui, et c'est dommageable.

ORIANE MANCINI
Mais quand même c'est encore flou sur la question du financement, c'est encore flou sur la question de la valeur du point, c'est ça qui intéresse les Français…

ADRIEN TAQUET
Mais bien sûr…

ORIANE MANCINI
Est-ce que ce n'est quand même pas l'illustration d'un manque de préparation, d'un manque de clarté de la part du gouvernement ?

ADRIEN TAQUET
Mais la valeur du point, on a toujours dit qu'il y a un moment où il allait falloir la déterminer, et c'était dans le processus normal des choses, il y a un certain nombre de garanties qui avaient été attachées à cette valeur du point et qui répondaient à des interrogations légitimes des Français, le fait qu'il ne puisse pas baisser, la façon dont il va être construit, le rôle que vont pouvoir jouer les partenaires sociaux dans la valeur du point, le fait qu'il soit fixé sur l'évolution des salaires et non pas des prix, ce qui est quand même une garantie aussi d'évolution positive. Tout ça va être inscrit dans la loi, la fameuse règle d'or, et puis, il y aura la détermination de valeur de ce point, mais tout ça… on est dans un processus assez normal, classique, s'il n'était pas entravé par des gens qui veulent juste défendre les inégalités du système actuel…

JULIEN LECUYER
Mais Monsieur le Ministre, est-ce que vous n'avez pas échoué, enfin, je dis vous, c'est le gouvernement évidemment, à être intelligible, à parler au pays réel, pour reprendre l'expression du président de la République, devant les députés de la majorité ?

ADRIEN TAQUET
Moi, je suis optimiste sur la possibilité encore de faire comprendre ce projet, il semblerait, enfin, je vous rejoins là-dessus, effectivement, un certain nombre de nos concitoyens, pour l'instant, ne comprennent pas l'intégralité du projet, n'appréhendent pas forcément avec précision quel effet ça aura sur leur propre situation, étant entendu qu'ils ne savent pas non plus aujourd'hui dans le système actuel quelle sera leur situation une fois qu'ils seront à la retraite, point auquel le système actuel est compliqué. Moi, je pense qu'il faut continuer à faire la pédagogie, moi, j'attendais aussi beaucoup du débat parlementaire pour faire cette pédagogie, pour expliquer aux Français, pour clarifier un certain nombre de points, pour en préciser d'autres. Ce débat est empêché, voilà, aujourd'hui…

JULIEN LECUYER
Vous pouvez assurer que ça aboutira avant les municipales ?

ADRIEN TAQUET
Aujourd'hui, c'est France Insoumise qui empêche le débat et la pédagogie autour de cette réforme…

JULIEN LECUYER
Est-ce qu'on aboutira avant les municipales ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, c'est nous, en tout cas, l'objectif qu'on s'est fixé pour l'instant, donc j'espère que oui…

JULIEN LECUYER
Avec un 49.3 ?

ADRIEN TAQUET
Ça, écoutez, alors franchement, n'essayez pas de m'amener sur ce terrain-là, pour l'instant, il n'en est pas question, de ce que j'en ai entendu.

JULIEN LECUYER
C'est la mère des batailles en tout cas, d'après ce que dit le président, et qui s'attend à une remontada, il est fan de football, donc je sais qu'il a besoin de…

ADRIEN TAQUET
On partage cette passion…

JULIEN LECUYER
Vous partagez cette passion…

ADRIEN TAQUET
Mais pas pour la même équipe.

JULIEN LECUYER
Mais est-ce que vous parleriez, vous aussi, d'une remontada nécessaire sur le projet des retraites, c'est-à-dire de reconquérir une opinion qui a été finalement assez défavorable ?

ADRIEN TAQUET
C'est notre ambition, moi, je suis une fois encore intimement convaincu de la nécessité de cette réforme, non pas réformer pour réformer, mais parce qu'on est dans un système actuel qui est illisible et qui est injuste, enfin là où on a peut-être échoué, c'est de ne pas avoir suffisamment dit en quoi cette réforme des retraites était porteuse de justice sociale pour beaucoup de nos concitoyens, voilà, on n'a pas assez insisté là-dessus, pour les gens qui ont des carrières hachées, c'est-à-dire des gens qui sont généralement en précarité sociale, pour les femmes, pour les mères célibataires, pour les personnes en situation de handicap, pour les gens qui ont des enfants, voilà, pour les agriculteurs, le minimum vieillesse va passer à 1.000 euros, il y a des gens qui sont à 3, 4.00 euros aujourd'hui. Moi, je ne comprends pas comment, notamment les partis de gauche, vont réussir à expliquer qu'ils sont contre tout ça et qu'ils ont été contre tout ça…

JULIEN LECUYER
Alors, il est vrai Monsieur le Ministre qu'il y a un problème de communication visiblement sur les retraites, mais il y en a un autre qui a concerné le congé de deuil pour un enfant. Vous recevez, je crois, vous avez encore des réunions cet après-midi avec Muriel PENICAUD et les associations…

ADRIEN TAQUET
Absolument, et demain avec les partenaires sociaux…

JULIEN LECUYER
Et demain avec les partenaires sociaux. Alors cela dit, la CFDT a claqué la porte estimant qu'elle servait d'alibi au gouvernement pour un projet qui était extrêmement flou et visiblement décidé aussi au sein de l'Assemblée nationale où un groupe de travail a déjà annoncé des propositions. Concrètement, où on va et qu'est-ce que vous allez proposer aux associations ?

JULIEN LECUYER
Je suis désolé, mais, moi mon souci, c'est plus les familles que Laurent BERGER, voilà, je suis désolé de le dire. Aujourd'hui, on a tous, et quand je dis tous, c'est sur tous les bancs, c'est à l'Assemblée, c'est ici au Sénat, j'en suis convaincu, c'est les associations de familles, et c'est les partenaires sociaux, on a tous envie d'améliorer autant que faire se peut la situation de ces familles qui sont face à un tel drame, qui est le pire des drames qu'on peut rencontrer dans la vie, je pense. Il y a une association ce matin qui a dit : j'ai l'impression qu'on va rattraper dix ans de retard dans notre pays sur ce sujet-là, voilà, moi c'est ça que j'ai envie de retenir. On a reçu, avec ces quelques parlementaires que vous évoquiez, on a effectivement reçu les associations, on était en posture d'écoute, voilà, qu'est-ce qu'il faut faire, dites-nous, on a fait pareil avec les partenaires sociaux, on leur a tous dit : on va vous revoir pour vous soumettre nos premières pistes, les parlementaires ont travaillé de leur côté, ils ont proposé des premières pistes à leurs collègues…

JULIEN LECUYER
Alors, c'est des premières pistes…

ORIANE MANCINI
… La piste de trois semaines, est-ce que ça sera la piste retenue par le gouvernement ou pas ?

ADRIEN TAQUET
Eh bien écoutez, on est en train d'expertiser ça. Moi, à titre personnel, je suis assez séduit par ça, mais je veux entendre les associations là-dessus et les partenaires sociaux, étant entendu, et tout le monde s'accorde pour le dire, 5 jours, 12 jours, 3 semaines, ce n'est pas le coeur du sujet, ce n'est pas le coeur du sujet, c'est bien…

ORIANE MANCINI
Le texte arrive…

ADRIEN TAQUET
Ou tout autant, tout ce qu'il y a autour, l'accompagnement psychologique, l'accompagnement financier, pour faire face aux frais d'obsèques, la protection au retour à l'emploi…

JULIEN LECUYER
Ça, qu'est-ce que vous allez proposer ?

ADRIEN TAQUET
Ce genre de choses qu'on discute avec les partenaires sociaux…

ORIANE MANCINI
Mais justement, le texte arrive au Sénat le 3 mars, il sera examiné au Sénat le 3 mars, qu'est-ce que le gouvernement va proposer, qu'est-ce que le gouvernement va mettre dedans ?

ADRIEN TAQUET
Oui, eh bien, je vous le redis, le gouvernement va déjà, et les parlementaires, on va soumettre, là, les quelques idées qui sont évoquées aux associations cet après-midi, avoir leur retour, est-ce que ça leur semble constituer un accompagnement global satisfaisant, est-ce qu'il y a des choses qu'on peut améliorer…

JULIEN LECUYER
Ça va évoluer par rapport aux propositions des parlementaires ?

ADRIEN TAQUET
Eh bien, sur les propositions des parlementaires, il y a des choses, il y a des grands principes, il y a des choses qui sont précises, vous parliez des trois semaines de congés, il y a des choses qui sont…

JULIEN LECUYER
Sur le capital décès par exemple, on peut imaginer de le revoir à la hausse ?

ADRIEN TAQUET
Fondamentalement, tout est tout est envisageable. Ce qui est important sur cette question-là, c'est qu'il y ait une équité territoriale et que l'ensemble des Français puisse en bénéficier, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, aujourd'hui, c'est l'essai… la CAF fait à cet égard un boulot formidable, ils ont créé un parcours d'essai où ils accompagnent les parents et où il y a une aide financière, mais qui est à la libre disposition de chacune des caisses, et donc avec des traitements différents ; on aimerait en faire… enfin, moi, mon avis, c'est qu'il faudrait en faire un vrai droit, voilà, et qui soit le même pour tout le monde, voilà, donc ça, il faut affiner tout ça, voir comment on construit ça, comme on le finance, mais franchement, on va aller dans la bonne direction à cet égard.

ORIANE MANCINI
Allez, autre sujet, Emmanuel MACRON qui a annoncé des mesures sur le handicap, conférence nationale sur le sujet il y a deux jours, mesures qui concernent aussi les enfants, quel va être votre rôle dans la mise en oeuvre de ce plan ?

ADRIEN TAQUET
Je vais déjà saluer le travail de Sophie CLUZEL à cet égard depuis plus de deux ans, moi, le handicap, enfin, je ne sais pas si vous le savez, mais c'est un sujet sur lequel j'étais très investi en tant que parlementaire, j'avais rédigé un rapport sur la simplification administrative du handicap avec Jean-François SERRES, et dont une des mesures phares était l'attribution des droits à vie pour les handicaps non susceptibles d'évoluer, et mesure qui a été adoptée, qui est en oeuvre depuis plus d'un an, et un certain nombre des mesures d'ailleurs qui ont été annoncées, hier ou avant-hier, recoupent ce qu'on avait pu constater dans ce rapport. Moi, si vous voulez, sur mon champ plus spécifique de la protection de l'enfance, il y a un sujet, il y a même plusieurs sujets, mais il y a un sujet central qui est que 30 % des gamins aujourd'hui qui sont à l'aide sociale à l'enfance sont porteurs d'une reconnaissance d'un handicap, 30 %, et ça soulève un certain nombre de défis pour nous. D'une part, tout ce qui est accompagnement à la parentalité, je pense qu'il faut… il y a des situations de placement, comme on dit, que l'on pourrait éviter si outillait, si on accompagnait mieux les parents dans leur parentalité, pour éviter que des situations se dégradent et conduisent à un placement. Premier sujet. Il y a un deuxième sujet qui est celui de l'évaluation, souvent, notamment s'agissant des troubles du spectre de l'autisme, vous avez un certain nombre de syndromes de l'autisme qui peuvent s'apparenter à du syndrome de délaissement parental, et quand vous avez des travailleurs sociaux, des experts judiciaires, des juges qui ne sont pas formés à l'autisme, ils peuvent prendre ça pour des syndromes de délaissement parental, et ça peut conduire à des placements qui ne sont pas justifiés, bon, donc ça, nous avons mis en place, dans la continuité de la stratégie nationale pour l'autisme, dans le cadre des TND, on a mis en place une task force pour trouver les moyens d'éviter ce genre de situation, notamment en modernisant et en outillant les cellules de recueil d'informations préoccupantes. C'est un gros. Et le troisième sujet, si vous me permettez, c'est en matière de protection, ces gamins de l'aide sociale en France, qui sont en situation de handicap, ils sont au croisement de deux politiques publiques, ils sont croisement du social et du médico-social, avec des décideurs différents, avec des financeurs différents, c'est des gens qui sont au croisement de deux politiques publiques, et dans un pays qui fonctionne en silo, quand vous êtes au croisement de deux politiques, eh bien, en fait, vous tombez dans le trou qu'il y a entre les deux. Et en fait, ces enfants, on ne sait pas les accompagner. On ne sait pas les accompagner, on les accompagne mal, soit socialement, soit du point de vue médico-social, il faut que nous inventions une façon nouvelle décloisonnée, qui combine un accompagnement social et médico-social d'accompagner ces enfants, et c'est un des points très forts de la stratégie pour la prévention et protection de l'enfance, que j'ai présentée le 14 octobre dernier dans votre beau département, voilà, où nous allons, via la CNSA, bon ça, c'est les tuyaux de financement, peu importe, allouer 15 millions d'euros pour financer des projets qui émaneront des territoires en fonction de leurs besoins, portés par les départements ou par les associations pour inventer ces formes nouvelles d'accompagnement de ces enfants en situation de handicap, voilà, moi, c'est une de mes grosses priorité parce, que c'est un sujet majeur.

JULIEN LECUYER
Je me permets simplement de revenir sur les contrats avec les départements, mais vous avez engagé des actions, enfin, vous avez engagé un contrat pour permettre aux départements de développer des actions fortes vis-à-vis de la protection de l'enfance, une enveloppe de 80 millions, mais concrètement, il y a beaucoup d'associations qui se disent que c'est notoirement insuffisant au regard du portefeuille entier que vous avez à votre disposition.

ADRIEN TAQUET
Alors, deux choses, sur la stratégie de prévention et de protection de l'enfance, donc sur l'amélioration de notre système institutionnel, qui est l'aide sociale à l'enfance, ou la compétence, vous l'avez rappelé, des départements, mais qui, pour moi, est une compétence partagée entre l'Etat et le département, il n'y a pas que la contractualisation, si je peux me permettre, il y a un certain nombre de chantiers nationaux, importants, importants, pour répondre aux difficultés connues, notamment, nous avons, j'ai saisi le Conseil national de la protection de l'enfance pour qu'il puisse élaborer des normes sur les taux d'encadrement, sur la formation des professionnels qui sont dans les foyers. Aujourd'hui, vous avez ça pour l'accueil de la petite enfance, mais pas du tout pour les institutions de l'aide sociale à l'enfance, il faut que l'on norme un peu plus, que l'on cadre un peu plus, et que ce soit la même chose sur le territoire, de la même façon, les assistantes familiales, les fameuses familles d'accueil, tous les départements sont confrontés à des difficultés de pyramide des âges, de recrutement, d'attractivité, bon, et les assistantes familiales sont confrontées à des difficultés de formation, de valorisation symbolique et financière. Le 27 février prochain, j'ouvre une concertation (sic), non pas une concertation… pardon… des négociations collectives, parce que c'est de cet ordre-là, avec les organisations syndicales et les associations pour réformer les assistants familiaux, donc vous voyez, des projets nationaux importants. On réforme la gouvernance aussi, le pilotage de la protection de l'enfance. Et puis, il y a la contractualisation, avec 30 départements cette année. Il y a eu 62 départements qui m'ont répondu favorablement, pour aider, cofinancer des projets, pour, ici, créer une solution pour accompagner les enfants, là, créer une offre, par exemple, un village d'enfants, pour permettre que les fratries ne soient pas séparées, pour réinvestir dans la PMI, Protection Maternelle Infantile, voilà, parce qu'on est sur de la prévention, et moi, je crois beaucoup à ça, voilà. 80 millions d'euros pour financer, cofinancer ces projets avec les départements, sur 30 départements cette année, et puis, 30 supplémentaires l'année prochaine, on va aller, d'ailleurs, assez rapidement, désigner les 30 prochains départements, et puis, monter en puissance, et couvrir l'ensemble du territoire.

ORIANE MANCINI
On va revenir sur le meurtre de la petite Vanille, qui a eu lieu le week-end dernier et qui interroge sur les liens finalement entre la mère et l'enfant, est-ce qu'il faut prendre des mesures pour couper définitivement le lien entre une mère et son enfant lorsque la mère présente des troubles aussi graves ?

ADRIEN TAQUET
Alors, ce n'est pas aussi blanc et noir que ça, parce que vous savez, on parle de matière humaine, bon, cette histoire est dramatique évidemment, moi, ça m'inspire deux ou trois choses, d'une part, il faut – et c'est un autre point important d'ailleurs – il faut que nous ayons un référentiel d'évaluation des situations de danger, aujourd'hui, quand vous êtes un enfant à Lille ou à Marseille, vous n'êtes pas en danger de la même façon…

ORIANE MANCINI
Pourquoi ?

ADRIEN TAQUET
Parce que les travailleurs sociaux, les cellules de recueil d'informations préoccupantes, les personnes qui évaluent la situation de danger n'ont pas de référentiel national, donc ont leurs propres règles, leurs propres référentiels pour apprécier ce qui est une situation de danger, c'est ça la réalité aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle, dès que je suis arrivé, j'ai saisi la Haute autorité de santé pour qu'elle élabore un référentiel sur l'évaluation des situations de danger, pour aider les professionnels à évaluer les situations.

ORIANE MANCINI
Et ça, ça va être mis en place quand ?

ADRIEN TAQUET
La Haute autorité de santé va revenir vers moi a l'été.

JULIEN LECUYER
D'une certaine manière, Monsieur le Ministre, vous dites qu'il y a eu défaillance, une défaillance globale, on ne veut pas pointer du doigt un service en particulier, mais il y a une défaillance…

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, alors, on ne va surtout pas pointer du doigt, puisqu'on va attendre les résultats de l'enquête, parce qu'il y a une enquête judiciaire pour voir ce qu'il en est. Ce qui est la deuxième chose, pour répondre à votre propos et poursuivre le mien, c'est que, effectivement, dans notre pays, on a trop souvent, pendant très longtemps, privilégié le maintien du lien biologique. Et les lois de 2007 de Protection de l'enfance et de 2016 ont remis le curseur dans les textes vers l'intérêt supérieur de l'enfant, et après, vous avez les pratiques professionnelles, et puis, une fois encore, ce sont des sujets très complexes, parce qu'il semblerait que cette mère montrait de l'investissement dans la relation avec son enfant, de ce qu'on nous en dit, bon. Mais, il faut que l'intérêt supérieur de l'enfant prime, il faut que ça soit notre boussole à nous dans l'action publique, et de chacun des professionnels sur le terrain, c'est dans la grande majorité des cas, mais peut-être pas partout, et ça soulève un point, cette question-là, qui est la question du dialogue entre la psychiatrie adulte et la protection de l'enfance, vous avez une mère qui a des troubles psychiatriques, qui est suivie, qui bénéficie d'un accompagnement depuis plus de deux ans, qui a été prise en charge d'ailleurs, identifiée comme fragile, et prise en charge pendant sa grossesse, qui, semble-t-il, allait au CMP régulièrement, était suivie et par un psychiatre…

ORIANE MANCINI
Et ce dialogue est insuffisant pour vous…

ADRIEN TAQUET
Eh bien, le psychiatre…

ORIANE MANCINI
Il y a trop de cloisonnements ?

ADRIEN TAQUET
Eh bien, le psychiatre adulte va prendre l'intérêt de son patient, donc la mère en considération, est-ce qu'il a suffisamment pris en compte… enfin, est-ce qu'on prend suffisamment en compte dans ce genre de cas l'intérêt supérieur de l'enfant. Et donc il faut renforcer ce dialogue entre la psychiatrie adulte et la protection de l'enfance. Il faut que l'intérêt supérieur de l'enfant soit davantage…

ORIANE MANCINI
Et vous avez travaillé là-dessus ?

ADRIEN TAQUET
Et on va travailler là-dessus, on est en train – notamment avec les associations – de voir, et puis, les associations de psychiatres de voir comment on peut avancer sur ce sujet-là, parce que, je pense que le sujet de fond, c'est un peu complexe, mais je pense que le sujet de fond, il est là, en fait.

JULIEN LECUYER
Une question simplement et rapidement sur la lutte contre la pornographie, qui fait partie aussi de votre champ d'activité, si je puis dire, l'exposition à la pornographie, alors, on a eu un article du Figaro qui disait que l'exposition à la pornographie commençait même en primaire dorénavant, vous aviez… le président MACRON avait défini une stratégie : mettre la pression sur les fournisseurs d'accès pour la mise en place d'un contrôle parental, où est-ce qu'on en est et est-ce qu'il faudra en passer par la loi ?

ADRIEN TAQUET
Eh bien, on va voir, mais la volonté est intacte…

JULIEN LECUYER
Alors, la volonté est intacte, oui, mais celle des fournisseurs, elle est comment… ?

ADRIEN TAQUET
La volonté intacte, et la pression est toujours bien là. On les a tous réunis, alors tous les… ce n'est pas que les fournisseurs, c'est vraiment tous les acteurs de la chaîne… donc vous avez aussi les fabricants de téléphones, les gens qui ont les OS, les fournisseurs d'accès, les moteurs de recherche, bref, pour la première fois, on a mis tout le monde autour de la table, on leur a tous fait, à tous, fait signer un protocole d'engagement où effectivement, on se fixe, ce qu'a dit le président de la République, 6 mois pour baisser drastiquement l'exposition…

JULIEN LECUYER
C'est pour mai donc, c'est ça ?

ADRIEN TAQUET
Ça sera à l'été.

JULIEN LECUYER
Parce qu'on sait que c'est extrêmement complexe, effectivement, le contrôle parental. C'est ce qui ressert des articles qu'on peut lire de-ci, delà…

ADRIEN TAQUET
Oui, je…

JULIEN LECUYER
Non, vous pensez que c'est tout à fait faisable, donc c'est une question de volonté des acteurs ?

ADRIEN TAQUET
Moi, je pense que c'est faisable. On a fixé l'objectif, on leur laisse le choix du moyen pour y arriver, j'ai ouvert la première session technique de travail très concrète la semaine dernière au CSA, puisqu'on a confié au CSA et l'ARCEP la responsabilité de mener ça, de construire un indicateur aussi qui va nous permettre de mesurer l'évolution, on fera un premier point en avril, et puis, un second à l'été, et on verra si les outils mis en oeuvre par les différents acteurs permettent de limiter drastiquement l'exposition des jeunes à la pornographie, et si tel n'est pas le cas, comme l'a dit le président de la République, nous en passerons par la loi. Cédric O, secrétaire d'Etat au Numérique, et moi-même, sommes très, très clairs là-dessus, et puis, par ailleurs, permettez-moi de dire que tout ça est complété par la PPL Avia, où la question de la pornographie fait partie du texte, la PPL Couillard…

ORIANE MANCINI
La PPL Avia, c'est la proposition de loi sur la lutte contre la haine en ligne…

ADRIEN TAQUET
Pardon, excusez-moi, la lutte contre la haine en ligne. Contre les violences sexuelles qui va arriver bientôt au Sénat, on a réaffirmé dans la loi que le simple disclaimer « j'ai 18 ans » pour rentrer sur un site porno ne suffisait pas à protéger les mineurs, et en rappelant les sanctions pénales qu'il y avait. Et par ailleurs, dans le projet de loi audiovisuel, l'ARCOM, la future instance de régulation de la télévision, mais aussi de l'Internet, aura comme mission, de façon explicite, la protection des mineurs contre la pornographie. Donc c'est un dispositif global qui doit nous permettre de mieux protéger nos enfants.

ORIANE MANCINI
Dernier sujet, c'est l'exposition des jeunes enfants, voire des très jeunes aux écrans, est-ce que pour vous, ça va devenir un vrai problème de santé publique ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, je discute beaucoup avec les professionnels, c'est à la fois les praticiens, où vous rencontrez… j'étais encore à Strasbourg, il n'y a pas longtemps, où j'ai rencontré tous les professionnels de la PMI de Strasbourg, qui sont là depuis 20, 30 ans, et qui vous disent : eh bien, écoutez, les gamins ne sont plus les mêmes, en fait, quand on rentrait dans une classe, on disait : bonjour, tout le monde nous répondait en disant : bonjour Madame. Là, on rentre dans une classe, il y en a trois qui nous répondent. Ils constatent des problèmes d'attention…

ORIANE MANCINI
C'est quoi, manque de concentration, difficultés de langage ?

ADRIEN TAQUET
Des problèmes d'attention, concentration, il y a des difficultés de langage qui sont perçues, la difficulté, c'est que tout ça est en réalité plutôt multifactoriel, et pour l'instant, aucune étude scientifique, parce qu'on discute beaucoup aussi avec les scientifiques, aucune étude scientifique ne permet aujourd'hui de définitivement acter que l'exposition des écrans génère des troubles de cette nature-là. On n'a aujourd'hui pas assez de recul tout simplement par rapport… et des cohortes pas suffisamment grandes, et pas assez de recul. Pour autant, on avait saisi le Haut conseil à la santé publique pour nous faire des recommandations, l'exposition avant 3 ans reste effectivement plutôt à…

ORIANE MANCINI
A bannir…

JULIEN LECUYER
A proscrire…

ADRIEN TAQUET
A bannir. Ce qui est important, et tout ça, s'inscrit dans le cadre du projet autour des 1000 premiers jours de la vie de l'enfant, que nous menons, et sur lequel nous allons faire des annonces d'ici l'été, c'est la question de la parentalité numérique, les parents, ils sont paumés face à sujet-là, ils sont paumés. Ils se rendent bien compte que c'est une formidable opportunité, les écrans, mais que c'est aussi porteurs de risques, ils se rendent bien compte que ce n'est pas terrible, mais c'est bien pratique quand même, et ils se rendent bien compte que, eux aussi, et c'est… ils sont toute la journée comme ça, et un enfant, ça se construit aussi par mimétisme. Bon, bref, il faut accompagner les parents sans les culpabiliser, voilà, leur donner un certain nombre de règles, de repères, l'utilisation de l'écran en soi n'est pas si problématique que ça si c'est partagé, si c'est créateur de liens, si c'est une activité parmi d'autres, voilà, donc pour l'instant, c'est plus la question des usages que de l'exposition en elle-même, mais on est dans un processus itératif. Et on avance encore au gré de la recherche…

ORIANE MANCINI
Dernière question, Adrien TAQUET, est-ce que vous serez candidat aux municipales ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, ce n'est pas encore totalement acté. Moi, aujourd'hui…

ORIANE MANCINI
Ça approche quand même…

ADRIEN TAQUET
Oui, ça approche, moi, écoutez…

ORIANE MANCINI
Il ne vous reste plus beaucoup de temps…

ADRIEN TAQUET
Aujourd'hui, j'essaie d'être utile là où je peux être utile, c'est toujours ce que j'ai dit sur Asnières et Colombes, j'ai dit : moi, je ne serai pas en position éligible, je serai sur la liste, si ça peut être utile que je le sois, et aujourd'hui, et à Asnières, et à Colombes, il y a des très, très bonnes dynamiques de chacun de nos deux candidats…

ORIANE MANCINI
Vous n'avez pas choisi…

JULIEN LECUYER
Avoir un ministre un LREM, ce n'est pas un atout quand même aux municipales ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, moi, j'essaie d'aider…

JULIEN LECUYER
Dans ce contexte, ce n'est pas si clair…

ADRIEN TAQUET
Ah, si, alors, moi, je revendique haut et fort l'étiquette, et mon appartenance au gouvernement.

ORIANE MANCINI
Mais qu'est-ce qui va vous décider alors ?

ORIANE MANCINI
Moi, pour l'instant, vous savez, j'ai été soutenir nos candidats dans la moitié des villes du département des Hauts-de-Seine, et mon ambition, c'est d'aller les soutenir dans l'ensemble d'ici au 15 mars…

ORIANE MANCINI
En tout cas, vous ne serez pas tête de liste…

ADRIEN TAQUET
Chacun des 36 communes… ah, non, ça, je ne serai pas tête de liste, mais ça, je l'ai toujours dit. Voilà. Et puis, vous savez, il y a les municipales, et puis, il y a les départementales, les régionales, enfin, il y a un certain nombre d'échéances…

ORIANE MANCINI
Et ça vous intéresse plus…

ADRIEN TAQUET
Je ne dis pas que ça m'intéresse plus, mais je pense qu'il faut regarder l'ensemble des échéances, parce qu'en plus, vous le savez très bien ici plus qu'ailleurs, tout ça est très lié.

ORIANE MANCINI
Merci beaucoup Adrien TAQUET, merci d'avoir été avec nous ce matin.

ADRIEN TAQUET
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 février 2020

Mineur Enfant Deces Protection des mineurs Retraite Projet de loi Handicape Haute autorite de sante Droits de l'enfant Virus Epidemie 203000423

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à LCI le 10 février 2020, sur l'affaire Mila et le climat au gouvernement suite au rejet du texte concernant le congé pour deuil parental.

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à LCI le 10 février 2020, sur l'affaire Mila et le climat au gouvernement suite au rejet du texte concernant le congé pour deuil parental. Gabriel Attal 10/02/2020 affaire Mila climat actuel politique
  • Gabriel Attal - Secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup d'être ce matin sur LCI, il y a un gros sujet qui arrive sur votre table, celle du gouvernement et surtout d'Emmanuel MACRON, c'est la lutte contre le communautarisme, est-ce que ça devient une priorité du quinquennat ?

GABRIEL ATTAL
Je crois que c'est une priorité depuis le début du quinquennat, il y a un certain nombre de mesures qui ont été prises, il y a plusieurs lois qui ont été votées et en novembre dernier Christophe CASTANER a d'ailleurs réuni l'ensemble des préfets et leur a adressé une circulaire sur notre stratégie d'entrave au repli communautaire dans un certain nombre de territoires. Et là l'idée, c'est d'aller un cran au-dessus, de continuer à avancer dans cette direction et effectivement il y aura un plan sur le sujet qui sera présenté dans les semaines qui viennent.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'il y a une urgence ?

GABRIEL ATTAL
Oui, je crois qu'il y a une urgence à continuer à avancer parce qu'on voit dans un certain nombre de territoires des phénomènes qui sont inquiétants pour la République. Des territoires parfois à l'échelle d'un quartier, parfois à l'échelle d'une rue, on a le sentiment que ce ne sont plus les lois de la République qui sont les plus importantes mais que, c'est des lois issu d'une conception dévoyée de la religion qui sont poussées par un certain nombre de personnes qui ont un projet politique autour de ça et évidemment on doit lutter contre ce phénomène partout sur le territoire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le président est accusé d'avoir esquivé le sujet depuis des mois, des semaines d'ailleurs on savait qu'on annonce son grand discours sur la laïcité depuis 2018, mais peu importe aujourd'hui est-ce qu'il a une doctrine forte et précise ou est-ce qu'il hésite encore ?

GABRIEL ATTAL
Il n'y a aucune hésitation sur ce sujet et d'ailleurs dans ses voeux aux Français le 31 décembre, le président de la République est revenu sur ce sujet. Il a parlé d'unicité du peuple français, il a parlé de séparatisme, de sécession parfois dans un certain nombre de territoires et il a rappelé qu'en tout lieu sur le territoire, c'est les lois de la République, c'est la République qui doit être au premier rang. Et donc je crois que ça c'est assez clair, maintenant il y a eu un certain nombre de mesures.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors quel est l'objectif, si vous me dites que sa doctrine est maintenant précise, est-ce que vous pouvez nous la résumer, quel est l'objectif de ce futur plan contre le communautarisme ?

GABRIEL ATTAL
Je crois que l'objectif, c'est deux choses. C'est d'abord d'entraver le projet politique qui est porté par certains, d'un islamisme radical, d'une conception dévoyée de l'islam pour prendre le pas sur les lois de la République et là-dessus vous avez une stratégie d'entrave pour fermer un certain nombre de débits de boissons, de lieux de culte parfois, d'écoles hors contrat, de clubs sportifs quand c'est nécessaire. On a déjà des résultats, on a déjà avancé sur ce sujet-là et on peut continuer à avancer peut-être avec des outils nouveaux sur ce volet-là. Et puis un deuxième volet qui est celui de la promotion de la République dans ces territoires, avoir une présence des services publics, une présence associative, une présence humaine pour que ce projet politique ne puisse pas prospérer sur un vide des institutions de la République.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc c'est en même temps lutter contre l'islam politique, d'ailleurs est-ce qu'il faut dans un discours que doit prononcer le président, est-ce qu'il faut qu'il dénonce clairement d'islamisme, est-ce qu'il faut qu'il le dise, est-ce qu'il faut qu'il dénonce l'islam politique ?

GABRIEL ATTAL
Mais je crois qu'il l'a déjà dit dans un certain nombre d'interviews, dans des interventions et je pense que les choses sont assez claires, c'est bien sur ce sujet-là qu'on souhaite avancer, d'ailleurs il me semble que la stratégie qui avait été annoncée par Christophe CASTANER, il y a quelques mois, dont je parlais tout à l'heure, elle ciblait clairement ce phénomène-là d'islamisme politique. Donc oui, il faut dire les choses de manière très claire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc le en même temps c'est à la fois dénoncer l'islam politique et d'autre part faire en sorte que la République soit respectée dans toutes ces valeurs partout, c'est ça.

GABRIEL ATTAL
Oui.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce n'est pas seulement le répressif, c'est ça que vous dites ?

GABRIEL ATTAL
Oui parce que le projet politique islamiste qui est porté par certains, il prospère aussi parfois, c'est de moins en moins le cas parce qu'on agit très fortement sur ces quartiers, il prospère parfois sur l'absence de service public, sur un sentiment d'abandon de certains territoires, on est en train de changer ça avec par exemple les Maisons France services qui sont en train de se déployer.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous savez combien il y a de quartiers, le gouvernement évalue à combien de quartiers qui sont gangrénés par l'islamisme ou le communautarisme ?

GABRIEL ATTAL
Il y a une cinquantaine de quartiers de reconquête républicaine qui ont été ciblées, qui ne sont pas uniquement ciblées sur cette question d'islamistes mais globalement sur aussi des faits criminels et sur des indicateurs en termes de délinquances qui ont été ciblées. C'est très difficile vous avez de cibler, ne serait-ce que l'échelle. Moi j'ai fait plusieurs déplacements dans des territoires qui sont concernés par ces phénomènes, parfois c'est à l'échelle d'une rue, de deux rues, parfois c'est à l'échelle de tout un quartier, donc c'est très difficile.

ELIZABETH MARTICHOUX
Par exemple un autre indicateur important, c'est les écoles. Vous êtes secrétaire d'Etat chargé de la Jeunesse auprès de Jean-Michel BLANQUER, donc c'est un sujet pour vous puisque les salafistes ciblent l'éducation, on le sait par un certain nombre de recherches récentes, combien y a-t-il d'écoles qui sont précisément, qui posent problème du fait d'une dimension confessionnelle musulmane excessive ?

GABRIEL ATTAL
Alors il y a une augmentation assez forte ces dernières années du nombre d'écoles hors contrat qui sont ouvertes, je crois que depuis 2014, c'est 80 % d'augmentation d'écoles hors contrat et sur ce flux d'augmentation 60 % sont des écoles confessionnelles musulmanes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça en fait combien, combien posent problème en France ?

GABRIEL ATTAL
Quand elles posent problème par définition, elles doivent être contrôlées, elles doivent être fermées. On en a fermé pour l'instant depuis l'adoption de la loi Gatel en 2018, cinq qui avaient été ouvertes. On a aussi démantelé ce qu'on appelle des écoles de fait, des écoles de fait c'est précisément une école qui n'est pas déclarée en tant que telle, y compris école, hors contrat et on se rend compte que des enfants qui sont déclarés en instruction à domicile, sont en réalité pas dans leur domicile, mais sont dans un lieu où on leur apporte un certain nombre d'apprentissage, qui ne sont pas ceux des valeurs de la République.

ELIZABETH MARTICHOUX
On parle de 70 écoles qui poseraient problème, vous avez vu ces chiffres, vous validez ?

GABRIEL ATTAL
Ce que je vous dis, c'est que quand il y a une école qui pose problème, elle est contrôlée et elle est fermée et on va continuer à le faire. Pour l'instant…

ELIZABETH MARTICHOUX
Françoise GATEL, vous venez de la citer, c'est une sénatrice UDI, voilà ce qu'elle dit ce matin dans l'opinion, ouvrir une école, c'est plus facile que d'ouvrir un pressing, elle a raison ?

GABRIEL ATTAL
C'est pour ça qu'on a adopté la loi Gatel, qui porte son nom parce que c'est elle qui l'a porté, qui nous donne des instruments supplémentaires, exemple avant il n'y avait pas de contrôle sur l'identité de la personne qui ouvrait l'école, vous pouviez ouvrir une école y compris en ayant pas de diplôme, pas d'expérience dans l'enseignement, y compris en ayant un casier judiciaire. On a changé ça avec la loi Gatel, on a augmenté les contrôles, est-ce qu'il faut aller plus loin et se doter d'outils supplémentaires, par exemple sur l'instruction à domicile, c'est-ce qu'on en train de regarder avec Jean-Michel BLANQUER et évidemment il y aura aussi des annonces sur ce volet-là.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et par exemple, qu'est-ce que ça peut être comme outil, parce que là vous parlez des écoles clandestines ou même de l'enseignement à domicile effectivement qui échappent à tous les radars éventuellement, comment vous faites pour contrôler ?

GABRIEL ATTAL
Il y a des choses très concrètes, vous savez, quand on est sur le terrain, qu'on échange avec les acteurs par exemple, quand aujourd'hui vous avez un enfant qui est déclaré en instruction à domicile, que les services de l'Etat veulent faire un contrôle à domicile pour vérifier que c'est bien le cas, il faut prévenir un mois à l'avance, vous prévenez de la date à laquelle vous venez et donc par définition il y a les possibilités de s'organiser pour y compris masquer une instruction qui n'est pas à domicile, mais qui est dans une école de fait, ça c'est des choses sur lesquelles on peut avancer, qu'on peut changer, mais ce n'est pas moi qui vais ici faire les annonces, c'est évidemment le président de la République avec les propositions de Jean-Michel BLANQUER.

ELIZABETH MARTICHOUX
Parce qu'ouvrir une école c'est facile, la fermer, c'est compliqué. Le cas est d'ailleurs un peu similaire pour une association, c'est fermé parce qu'aujourd'hui le droit donne des outils juridiques qui sont très nombreux pour différer la fermeture effective. Donc là aussi il faut que ce soit plus facile, que le préfet puisse avoir la main plus lourde, plus vite ?

GABRIEL ATTAL
Sur la question des associations sur lesquelles vous m'interrogez, c'est évidemment sur ce sujet-là que je travaille beaucoup puisque je suis en charge de la vie associative au gouvernement et moi ma conviction, c'est que les associations sont aujourd'hui parfois présentées comme un problème dans ces quartiers, précisément qui permettrait de faire un peu ce qu'on veut et de se servir du statut de, association loi 1901 comme bouclier pour avoir d'autres projets.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous l'avez constaté où vous sur le terrain par exemple ?

GABRIEL ATTAL
Je ne veux pas cibler ici des villes en tant que telle et faire du name and shame.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous êtes quand même allé sur le terrain.

GABRIEL ATTAL
J'ai fait plusieurs déplacements depuis plusieurs semaines, je suis allé à Vénissieux, je suis allé à Maubeuge, je vais continuer à en faire. Mais je pense que c'est souvent ciblé comme un problème, pour moi ça doit être la solution. Il y a des associations qui sont un rempart justement au repli communautaire dans ces territoires et qui sont un rempart républicain, il faut sans doute mieux les soutenir, identifier les bonnes pratiques. Exemple à Maubeuge, j'ai rencontré une association qui s'appelle mots et merveilles qui fait un travail absolument exceptionnel, qui donne des cours de français aux mamans issues de l'immigration, qui parfois ne parlent pas français et qui leur donnent des cours dans l'école de la République, dans l'école de leurs enfants, ce qui agit aussi sur la confiance entre les familles et l'école de la République. Il y a des actions extrêmement positives qu'il faut soutenir. C'est tout l'enjeu aussi de l'éducation populaire dans ces quartiers.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a aussi des associations, pardon Gabriel ATTAL, qui sont noyautées comme les écoles.

GABRIEL ATTAL
Aussi.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous en avez vu, c'est compliqué à fermer. Aussi alors est-ce que là par exemple il faut donner droit dans le cadre de la loi 1901 qui régit le droit des associations, est ce qu'il faut renforcer ça ?

GABRIEL ATTAL
Oui, il faut renforcer à la fois nos capacités de contrôle, je pense qu'il y a un point qui est à cibler, c'est les associations qui s'adressent à un public mineur. Vous avez aujourd'hui des associations qui disent par exemple, on va faire des cours de soutien scolaire, ce qui sur le papier est évidemment très positif et finalement dans les faits, vous vous rendez compte que ce n'est pas tout-à-fait du soutien scolaire mais que c'est une école hors contrat qui ne dit pas son nom avec l'apprentissage de valeurs qui sont pas celles de la République. Et là-dessus on peut et c'est ce qu'on en train de faire, regarder comment on peut aller plus loin dans nos capacités de contrôle et de fermeture si c'est nécessaire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc en modifiant éventuellement la loi 1901 ?

GABRIEL ATTAL
On va regarder tout ce qui est possible de faire.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est votre souhait, vous allez regarder ça.

GABRIEL ATTAL
Je vais vous dire mon souhait, c'est que ce soit efficace. S'il faut une modification à la loi de 1901, on regardera évidemment, il ne faut pas se fermer de portes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Parmi les mesures du président, est-ce qu'il y aura une réponse sur le voile, le voile, il y a eu un gros débat sur le voile dans les sorties scolaires, est-ce qu'il faut une loi puisque l'absence de loi manifestement fait que les choses ne sont pas claires ?

GABRIEL ATTAL
Moi je crois qu'il ne faut pas tout confondre, vous savez, on ne va pas revenir sur le débat sur le voile, qui là n'est pas le débat sur la sécession dans la République, il y a un débat sur la laïcité, sur le droit à chacun d'exercer son culte et de porter le voile si on le souhaite, il y a eu effectivement un débat, je crois qu'il est derrière nous, que les choses ont été tranchées, la question-là, c'est comment est-ce qu'on fait en sorte que dans un certain nombre de territoires et de quartiers, on n'a pas une sécession vis-à-vis des valeurs de la République et ça pour moi, ce n'est pas la question du voile qui est posée.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors questions encore précisément et rapidement pardon, le plan est prêt ?

GABRIEL ATTAL
Il est en train d'être finalisé.

ELIZABETH MARTICHOUX
Non donc il n'est pas tout-à-fait prêt.

GABRIEL ATTAL
Il y a des propositions qui continuent à remonter, moi je veux faire des propositions que je suis en train de finaliser sur la question de la vie associative qu'on évoquait à l'instant et dans les prochaines semaines…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc tout n'est pas encore arbitré, quand est-ce qu'il va être présenté ce plan, avant ou après les municipales, puisque c'est une borne de calendrier ?

GABRIEL ATTAL
Je ne peux pas vous faire d'annonce puisque je ne suis pas d'abord porte-parole du gouvernement, ni de l'Elysée.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pour ce que vous en savez.

GABRIEL ATTAL
Dans les prochaines semaines.

ELIZABETH MARTICHOUX
Avant les municipales ?

GABRIEL ATTAL
Je crois.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord parce qu'il y a une question très précise à propos des municipales, le 27 février, il y a le dépôt des listes, il y a certaines listes par exemple à Laval, on en a parlé, d'Europe Ecologie-Les Verts qui accueille des femmes voilées, ce n'est pas du tout interdit sauf que si elles sont élues éventuellement elles auront affaire à un personnel administratif, des collectivités territoriales, qui lui n'a pas le droit, en l'occurrence les femmes, de porter le voile, donc est-ce que là il faut être un peu plus clair ?

GABRIEL ATTAL
Ecoutez là-dessus…

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'il peut y avoir une contradiction entre une élue qui porte et une fonctionnaire qui travaille pour elle et qui n'a pas le droit de le porter ? Ça vous choque ?

GABRIEL ATTAL
Cette question ne s'est pas présentée à moi récemment, c'est Sébastien LECORNU qui est chargé des relations avec les collectivités locales et c'est lui qui s'exprime sur ce sujet-là. Il y a eu un gros débat sur la question des listes communautaires. On a expertisé ce sujet-là, on est arrivé à la conclusion que ce qui était proposé par certains souvent de manière un peu de politique était finalement pas possible constitutionnellement et que ce qu'on allait faire, c'est un contrôle a posteriori, y compris en regardant les délibérations qui pourrait être adoptées par certains conseils municipaux et qui reviendraient sur la question des valeurs de la République. Et c'est ça, c'est ce vers quoi on va avancer, sur la question que vous posez, qui est qui est très, qui est très précise, je n'ai pas de réponse.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous n'avez pas de réponse. Nicole BELLOUBET a quand même, la ministre de la Justice a un peu troublé le débat en parlant dans un premier temps d'une atteinte à la conscience, après les injures de 2001 contre l'islam, d'ailleurs où en est-elle cette jeune fille d'un point de vue de la scolarisation ?

GABRIEL ATTAL
Alors la jeune Mila est rescolarisée à partir d'aujourd'hui, on lui a trouvé une solution.

ELIZABETH MARTICHOUX
Elle va, elle retourne au lycée aujourd'hui.

GABRIEL ATTAL
Oui, on lui a trouvé une solution qui garantit sa sécurité, qui lui permet de continuer sa vie et de continuer à être dans un cadre d'enseignement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous avez trouvé une solution dans le cadre de l'enseignement public, évidemment j'imagine, géographiquement faisable, tenable ?

GABRIEL ATTAL
Ça, je ne peux évidemment pas donner de détails sur le lieu géographique puisque précisément ce qui a été compliqué, c'est qu'elle est menacée, elle fait l'objet de menaces depuis la polémique qu'on connaît et donc pour sa sécurité évidemment on ne communique pas sur le lieu de sa rescolarisation, mais ça a été évidemment partagé avec elle, avec sa famille et donc c'est quand même une solution positive, puisque c'était très difficile pour elle de ne pas pouvoir reprendre le chemin de l'école, maintenant c'est le cas.

ELIZABETH MARTICHOUX
Elle est protégée ?

GABRIEL ATTAL
Oui, elle fait l'objet d'une protection et le fait…

ELIZABETH MARTICHOUX
Elle a une protection physique ?

GABRIEL ATTAL
Je ne sais pas si au quotidien, elle a une protection physique, je crois que c'était le cas pendant la polémique.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'elle a un garde du corps, est-ce qu'il y a des policiers qui entourent ses mouvements ?

GABRIEL ATTAL
Non, je crois que dans le cadre de sa scolarisation qui reprend aujourd'hui, elle ne fait pas l'objet de protection spécifique dans sa scolarisation mais ce qui est certain c'est que si des menaces continuent, évidemment elle et sa famille sont suivies.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord mais par exemple est-ce que l'établissement dans lequel elle est réintégrée ce matin ou intégrée puisqu'elle n'y était pas auparavant, si je comprends bien, a droit à une surveillance pour prévenir le moindre trouble à l'ordre public par exemple.

GABRIEL ATTAL
Evidement si on constate des menaces contre sa personne, évidemment qu'on met tous les moyens en oeuvre pour la protéger et d'ailleurs je pense que l'établissement le fait évidemment de son côté.

ELIZABETH MARTICHOUX
En tout cas vous nous annoncez ce matin qu'elle a retrouvé le chemin de l'école, ce qui est pour elle sans doute…

GABRIEL ATTAL
C'est un dénouement heureux puisque comme elle le disait sa vie était en pause, elle avait le sentiment d'être hors la vie pendant plusieurs jours, plusieurs semaines et c'est important que ça puisse repartir.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et dernière question, vous présentez les mesures contre le communautarisme, alors que le gouvernement quand même subi la crise de la réforme des retraites, ce n'est pas ouvrir un nouveau front, est-ce que c'est vraiment le moment ?

GABRIEL ATTAL
Non moi je ne crois pas que ce soit ouvrir un nouveau front, l'important c'est d'avancer sur l'ensemble des chantiers qui nous semblent prioritaires. Il y a effectivement la réforme des retraites qu'on poursuit, qui est examinée au Parlement. Il y a cette question qui n'est pas nouvelle mais ce qu'on va amplifier à l'occasion de ce plan et puis il y a d'autres chantiers qui arrivent sur la question de l'écologie par exemple avec les résultats de la Convention citoyenne pour le climat, on avance sur les fronts prioritaires que nous avons déterminés.

ELIZABETH MARTICHOUX
Quelle mouche a piqué Marlène SCHIAPPA ce matin, la ministre chargée des Droits des femmes au gouvernement déclare dans Le Figaro à propos de l'erreur sur le deuil pour enfant, la crise qui a secoué la majorité et le gouvernement, elle déclare, je fais face à l'inertie et à l'entrave. Ça témoigne d'une grande lassitude.

GABRIEL ATTAL
Ecoutez-moi je n'ai pas vu ces déclarations, ni le contexte dans lequel elles ont été…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ils sont entre guillemets, c'est une citation.

GABRIEL ATTAL
… elles ont été prononcées, ni au sujet de quoi, moi je côtoie régulièrement Marlène SCHIAPPA au gouvernement, elle s'est exprimée publiquement d'ailleurs récemment, elle ne semble pas être lasse de son action au gouvernement, au contraire elle agit beaucoup notamment sur la question de la lutte contre les discriminations, il y a un certain nombre de mesures qui ont été annoncées.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'on peut être au gouvernement, Gabriel ATTAL et déclarer publiquement ainsi une forme de dépit, je fais face à l'inertie et à l'entrave.

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, je ne sais pas dans quel contexte ces déclarations ont été faites, peut-être qu'elle parle d'un climat général…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous bottez en touche. Vous comprenez cette phrase ?

GABRIEL ATTAL
En tout ça, moi, je vais vous dire, je pense que tous les membres du gouvernement…

ELIZABETH MARTICHOUX
Sont fatigués…

GABRIEL ATTAL
Non, même si parfois, c'est difficile et même si parfois, on peut être un peu frustré sur tel ou tel point. Ils ont envie de continuer à faire avancer le pays, ils ont envie de continuer sur les chantiers que je viens d'évoquer, agir pour les Français, et c'est ça pour moi qui est le plus important…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il n'y a pas de déprime dans l'air ?

GABRIEL ATTAL
Ah non, pas du tout. Je ne sens pas ça du tout.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a un peu de crise quand même, les parlementaires sont reçus par Emmanuel MACRON demain soir. Le président a beaucoup à se faire pardonner ?

GABRIEL ATTAL
Non, mais on voit bien que sur cette question notamment du deuil, il y a eu un moment difficile pour la majorité, on l'a dit, il y a eu une erreur d'appréciation collective qui a été faite. Ça a été dur pour les parlementaires sur le terrain, ça a été difficile pour eux…

ELIZABETH MARTICHOUX
Pardon, Gabriel ATTAL, il n'y a pas seulement une erreur qui a été faite, il y a aussi une phrase qui a quand même choqué, le président a dit qu'il fallait plus d'humanité, quand le président déclare : je demande au gouvernement de faire preuve de plus d'humanité. Vous pouvez faire la langue de bois que vous voulez, ça veut quand même dire qu'à un moment donné, il en a manqué d'humanité !

GABRIEL ATTAL
Mais précisément, il parle dans sa phrase du gouvernement et pas des parlementaires. Les députés, ils ont…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, mais ceux qui ont voté la consigne du gouvernement peuvent se sentir visés aussi…

GABRIEL ATTAL
Mais ils ont voté…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et ça a été le cas…

GABRIEL ATTAL
Ils ont suivi un avis du gouvernement, je ne vais pas revenir sur le fond du sujet, on en a beaucoup parlé, mais il y avait des raisons sur le fond…

ELIZABETH MARTICHOUX
Non, mais est-ce que cette phrase-là n'est pas maladroite ?

GABRIEL ATTAL
Non, je ne crois pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Faute avouée, à moitié pardonnée…

GABRIEL ATTAL
Non, je ne crois pas qu'elle soit maladroite, je pense que c'était important de dire que suite à cette décision qui a été incomprise par une grande majorité de Français, c'était important de montrer qu'il n'y avait pas d'inhumanité de la part du gouvernement et de la majorité, et que, évidemment, aucun député, aucun membre du gouvernement n'est insensible à cette question du deuil des parents, évidemment, c'est important de le réaffirmer…

ELIZABETH MARTICHOUX
Non, non, mais je vous parle de la phrase du président…

GABRIEL ATTAL
C'est important de le réaffirmer.

ELIZABETH MARTICHOUX
Je demande au gouvernement de faire preuve de plus d'humanité, ça veut dire qu'il en a manqué à un moment donné…

GABRIEL ATTAL
Mais collectivement, y compris de la part du gouvernement…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et donc il faut recoller les morceaux entre le président et les parlementaires ?

GABRIEL ATTAL
C'est important qu'il puisse y avoir une discussion, un dialogue, globalement, on est dans une majorité, et voilà, c'est important que les députés et le président puissent se rencontrer régulièrement, c'était le cas il y a quelques mois, je crois, à la rentrée au ministère des Relations avec le Parlement, où le président était venu devant les députés de la majorité, il avait échangé avec eux, ça a été l'occasion d'autre fois avant, c'est important d'avoir régulièrement cet échange direct. Moi, j'étais parlementaire il y a un an et demi maintenant avant de rentrer au gouvernement, c'est vrai que c'est précieux pour les députés de la majorité de pouvoir échanger directement avec le président, d'entendre aussi sa vision des choses, de lui faire remonter un certain nombre de points, et évidemment, je pense que tous les députés seront très intéressés par cet échange.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous êtes en campagne pour les municipales ?

GABRIEL ATTAL
Sur le peu de temps que j'ai à côté de mes fonctions gouvernementales, oui, le week-end notamment, je suis candidat à Vanves, dans la commune où je suis conseiller municipal sortant.

ELIZABETH MARTICHOUX
A Vanves, et puis, évidemment, vous soutenez Benjamin GRIVEAUX, perdre Paris, ce sera un coup dur pour la majorité, c'est votre candidat, il fait un meeting bientôt, il présente son programme cette semaine, est-ce que c'est sa dernière chance éventuellement de revenir fort, lui qui est classé, entre guillemets, troisième dans les sondages ?

GABRIEL ATTAL
C'est un moment évidemment très important, une forme de moment de vérité un programme, puisque vous êtes dans le très concret, et moi, ce que je constate au quotidien, y compris dans ma campagne à Vanves, c'est que les Français sont très attachés à ces questions locales, ils veulent savoir quelle destination on donne au voyage pour leur ville de manière très concrète, donc c'est un moment de vérité. Et je pense qu'il sera au rendez-vous sur les propositions qu'il fera, puisqu'il y a une méthode qui a consisté à aller interroger les Parisiens, à faire une forme de grande marche, comme on l'avait fait pendant l'élection présidentielle, en allant demander aux Parisiens très concrètement ce dont ils ont besoin dans leur commune. Il y a eu un certain nombre de cafés, débats auxquels il a participé personnellement, et je pense qu'à travers cette méthode, les propositions qu'il fera répondront aux attentes des Parisiens.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est jouable ?

GABRIEL ATTAL
Je pense, sinon, vous savez, quand on considère que ce n'est pas jouable, on ne fait pas campagne, on ne se lance pas dans une élection…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, c'est sûr, mais il…

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui, vous avez une majorité de Parisiens dans les sondages, les mêmes sondages que vous citiez qui disent qu'ils ne souhaitent pas la reconduction de la maire sortante Anne HIDALGO, donc c'est bien qu'il y a un chemin, maintenant, il reste, je crois, 5 ou 6 semaines, et il faut convaincre pendant ces semaines-là…

ELIZABETH MARTICHOUX
5 ou 6 semaines, ce n'est pas beaucoup. Merci beaucoup Gabriel ATTAL d'avoir été ce matin sur le plateau de LCI.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 février 2020 
 

Mineur Mineur Islam Liberte d'expression Deces Enfant Conge parental Projet de loi Climat politique 203000388

Interview de M. Adrien Taquet, secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance, à Radio Classique le 6 février 2020, sur la polémique autour du congé pour deuil parental, la violence contre les parlementaires et l'aide sociale à l'enfance.

Interview de M. Adrien Taquet, secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance, à Radio Classique le 6 février 2020, sur la polémique autour du congé pour deuil parental, la violence contre les parlementaires et l'aide sociale à l'enfance. Adrien Taquet 6/02/2020 polémique congé pour deuil parental
  • Adrien Taquet - Secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance

GUILLAUME DURAND
Adrien TAQUET est en direct avec nous, il est chargé de l'enfance dans le gouvernement d'Edouard PHILIPPE, nous sommes en direct, vous êtes sur Radio Classique. Est-ce que le trinôme était nécessaire, gouvernement, parlementaires, président de la République, le moment ?

ADRIEN TAQUET
Eh bien écoutez le moment, comme le disait Guillaume TABARD, était prévu, le président avait dit qu'il souhaitait de toute façon voir les parlementaires. Vous savez, le président de la République voit régulièrement les parlementaires, à l'occasion de ses déplacements, de réunions de travail dans lesquelles il mobilise leur expertise, donc c'est une bonne chose qu'on ait l'occasion de sa voir…

GUILLAUME DURAND
Mais là c'est une situation quand même particulière, parce qu'il y a eu une crise, le Premier ministre a dit qu'il portait sa part de responsabilité, et peut-être, donc il parlait du gouvernement dans son ensemble, cette affaire du congé décès, donc on ne sort pas d'une affaire banale quand même !

ADRIEN TAQUET
Oui, mais enfin vous savez, on a très vite basculé sur l'essentiel, c'est-à-dire la vie des familles, et en réalité très rapidement…

GUILLAUME DURAND
Je rappelle que vous êtes chargé justement de l'enfance.

ADRIEN TAQUET
Oui, de l'enfance, et avec Muriel PENICAUD nous sommes en train de travailler avec les parlementaires, avec les partenaires sociaux, avec les associations qui accompagnent les familles, que nous avons reçus, les associations avant-hier, les partenaires sociaux hier, en présence des députés qui ont travaillé sur ce sujet-là depuis, pour certains, depuis de nombreuses semaines d'ailleurs, et très rapidement, mais même sur tous les bancs de l'opposition, lors des questions au gouvernement mardi, et puis au sein de la majorité, très rapidement on a basculé sur ce qui est essentiel, c'est-à-dire comment on accompagne mieux les familles qui sont confrontées…

GUILLAUME DURAND
Donc la réparation aura lieu au Sénat ?

ADRIEN TAQUET
Ça sera probablement effectivement au Sénat, l'idée maintenant c'est que ça aille vite, mais pas tant pour nous, pour les familles qui sont confrontées à ce qui est le plus horrible dans une vie.

GUILLAUME DURAND
…préparation parlementaire va être faite au Sénat ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, on est en train, là, de consulter, de concerter, avec les parlementaires, les associations et les partenaires sociaux, et on va, ensemble, élaborer ce que pourrait être un dispositif plus global, que ce qui était initialement prévu, on a beaucoup parlé des congés, c'est un peu là-dessus que ça avait cristallisé le débat, je pense qu'on est tous d'accord pour se dire que le congé doit effectivement être allongé et amené à 12 jours, mais au-delà de ça, ça a été l'occasion d'appréhender d'autres sujets, très très quotidiens, très très pratiques, mais qui rajoutent de la souffrance à la souffrance, la question de l'accompagnement psychologique, la question de la prise en charge des frais d'obsèques par exemple. Il y a les dispositifs qui existent avec la Caisse d'Allocations familiales, mais il y a une inégalité territoriale, 300 euros dans certains départements, plusieurs milliers d'euros dans d'autres, voilà. C'est à toutes ces petites choses, qui sont petites mais fondamentales, que l'on veut apporter, tous collectivement une fois encore, là il n'y a pas le gouvernement, le Parlement, etc., tous collectivement apporter une réponse, c'est ça qui compte.

GUILLAUME DURAND
Je voudrais qu'on apporte un point final à cette affaire, avant d'aborder d'autres sujets qui sont importants, par exemple le patinage, ou la propre politique qui est la vôtre, concernant justement la politique de l'enfance et de l'argent qui est donné à certaines régions.

ADRIEN TAQUET
Départements.

GUILLAUME DURAND
Départements, oui, pardonnez-moi. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a quand même eu, depuis une semaine, des papiers dans tous les sens sur justement quand même la succession, alors de ce qu'on appelle un peu bêtement des couacs, mais ça passe par GRIVEAUX, VILLANI, ça passe par ce qui s'est passé justement au Parlement, ça passe par la mise en cause de Madame PENICAUD, dont certains demandent la démission, ça passe dans une sorte d'affrontement parlementaire, tout ça a créé un climat. Est-ce que ce climat, quand même, vous avez l'honnêteté de reconnaître qu'il n'est pas aussi bon qu'il ne l'était il y a quand même plusieurs mois ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, il y a des propos ont été tenus, notamment en off dans la presse, qui ne sont pas admissibles, enfin voilà, quand on a des propos, des opinions on les assume, moi c'est comme ça que je fonctionne et c'est ce qu'a rappelé…

GUILLAUME DURAND
Vous voulez dire à l'intérieur de La République en marche ?

ADRIEN TAQUET
Oui, enfin globalement ça vaut pour tout le monde je trouve, et en ce qui concerne La République en marche, ce qu'a rappelé le Premier ministre d'ailleurs, enfin voilà, quand on a des choses à dire on les dit.

GUILLAUME DURAND
Il n'est pas question d'une cession, il n'y a pas de groupe qui est en train de naître à l'intérieur de La République en marche… frondeurs ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, franchement, moi je n'en n'ai pas le sentiment. Vous savez, moi j'étais parlementaire il y a encore 1 an, je suis très respectueux et admiratif du travail des parlementaires, d'une part, j'ai encore énormément de relations, de contacts avec certains d'entre eux, franchement, dans ces périodes compliquées je pense que ça ressoude plus qu'autre chose. Et, vous savez, la vraie préoccupation, des parlementaires, du gouvernement, du président, et la mienne, c'est la violence, Guillaume TABARD en parlait, c'est la violence à laquelle sont confrontés les parlementaires. Chaque jour il y a une digue supplémentaire qui saute. Hier vous avez un assistant parlementaire qui, dans une réunion publique, l'assistant parlementaire de Sira SYLLA, qui est députée en Seine-Maritime, qui s'est fait agresser, qui s'est fait frapper, un assistant parlementaire, chaque jour…

GUILLAUME DURAND
Par qui ?

ADRIEN TAQUET
Par des manifestants qui étaient là et qui voulaient perturber la réunion. Donc, chaque jour, il y a une digue qui saute, la violence est de plus en plus forte…

GUILLAUME DURAND
Est+-ce que vous considérez, par exemple, que la France Insoumise est quand même, d'une certaine manière, par son attitude, à la fois les amendements et les positions dans les manifestations, c'est un peu la centrale intellectuelle qui arme justement ces gens qui, bousillent des permanences, attaquent… est-ce qu'il y a une responsabilité de vos collègues dans cette affaire-là ? Soyez franc.

ADRIEN TAQUET
Eh bien je vais être franc, quand je suis arrivé, quand j'ai été élu député, la première chose qui m'a frappé, dans l'hémicycle, c'est la violence, la violence des propos tenus, la violence des propos tenus, enregistrés, exportés, à l'extérieur…

GUILLAUME DURAND
Vous voulez dire par MELENCHON et les autres.

ADRIEN TAQUET
Par la France Insoumise essentiellement. Vous savez, cette histoire sur le congé de deuil ça m'a rappelé un épisode dans lequel j'étais en première ligne, parce que j'étais dans l'hémicycle, parce que c'est moi qui suis monté au créneau derrière, c'est la question de la scolarisation des enfants en situation de handicap, c'était une PPL PRADIE. RUFFIN avait déjà fait un esclandre dans l'hémicycle, sur une proposition de loi qui ne tenait pas, et derrière ça avait conduit à afficher nos noms et nos photos sur les réseaux sociaux, c'est là qu'avaient commencé les premières menaces, les menaces de mort, les intimidations, les violences. Donc, oui, il y a une responsabilité des responsables politiques, quel qu'en soit le bord, France Insoumise ou autre, mais effectivement beaucoup France Insoumise, il y a une responsabilité dans les violences qui sont en dehors de l'hémicycle.

GUILLAUME DURAND
Question aussi avant qu'on termine sur justement l'argent qui sera donné aux départements. Roxana MARACINEANU, ministre des Sports, à propos de Didier GAILHAGUET, car il s'agit aussi de problèmes d'enfants, des adolescents, il s'agit évidemment du patinage, du football, du tennis, etc., on se souvient de l'affaire d'Isabelle DEMONGEOT il y a des années, elle dit la situation est très grave, on ne va pas l'écouter, mais je la cite, « il faut qu'il prenne ses responsabilités, je demande sa démission même si je ne peux pas l'y contraindre. » D'après les informations qu'on a ce matin, il n'a pas du tout l'intention de démissionner.

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, moi je pense que… enfin moi ma conception de la responsabilité, et puis peut-être de la dignité un peu, c'est que quand on est aux affaires, et qu'il y a eu un certain nombre de dysfonctionnements, on assume ses responsabilités et on donne sa démission. Il semblerait qu'il y a eu une enquête administrative en 2001 qui a quand même conduit à ce que cet entraîneur soit interdit de pouvoir exercer auprès d'enfants, et que 10 ans plus tard il a été réintégré pour travailler auprès d'enfants. Il y a une enquête, d'une part judiciaire, le Parquet s'est saisi sur les faits de viol contre Sarah ABITBOL, il y a une inspection de l'Administration qui va être menée, donc je ne veux pas…

GUILLAUME DURAND
Donc, comme membre du gouvernement, vous redemandez ce matin officiellement sa démission ?

ADRIEN TAQUET
Ecoutez, moi je suis effectivement totalement solidaire, et je pense que le gouvernement dans son ensemble, de la demande de Roxana MARACINEANU, que Monsieur GAILHAGUET présente sa démission, assume ses responsabilités.

GUILLAUME DURAND
Dernier point…

ADRIEN TAQUET
Je crois que c'est important pour les victimes.

GUILLAUME DURAND
C'est très important.

ADRIEN TAQUET
Ah oui, je pense.

GUILLAUME DURAND
C'est très important. On se souvient du témoignage de DEMONGEOT il y a des années dans le domaine du tennis…

ADRIEN TAQUET
Voilà… enfin, je l'ai assez peu entendu parler des victimes dans sa conférence de presse hier.

GUILLAUME DURAND
Est-ce qu'on peut expliquer, très brièvement justement, de quoi s'agit-il concernant ces 80 millions d'euros qui vont être répartis dans les départements ?

ADRIEN TAQUET
Alors, ça mériterait de s'y arrêter un peu plus, mais merci de me poser la question, surtout pour dire que… la stratégie de prévention et de protection de l'enfance, que j'ai présentée le 14 octobre dernier, vise à améliorer, moderniser, notre système de protection de l'enfance, la fameuse Aide Sociale à l'Enfance, ce qu'on appelait la DDASS à l'époque, c'est une responsabilité du département.

GUILLAUME DURAND
Après une émission de M6 qui a un peu secoué les consciences.

ADRIEN TAQUET
Oui, enfin, avec tout le respect que j'ai pour les émissions de M6, de France 3, les journalistes, etc., ce n'est pas ça qui guide la politique du gouvernement, ni non plus les nominations des ministres, tout ça est très accessoire, mais ce que nous faisons ce n'est pas juste 80 millions d'euros donnés à 30 départements, ça c'est un petit bout de la chose, effectivement pour essayer de financer un certain nombre de projets, notamment pour mieux prendre en charge les enfants en situation de handicap, qui sont à l'Aide Sociale à l'Enfance, pour réinvestir sur la prévention, la protection maternelle infantile, etc., etc. Mais, au-delà de ça, il y a un certain nombre de choses que nous faisons, et donc limiter, ce que l'on fait, à ces 80 millions d'euros, comme je viens de l'entendre, c'est soit avoir un regard un peu réducteur, soit faire preuve de malhonnêteté intellectuelle…

GUILLAUME DURAND
Non, mais c'est l'information de la matinée, c'est tout.

ADRIEN TAQUET
Oui, oui, mais ce que je veux dire c'est qu'il y a des gens qui…

GUILLAUME DURAND
Ça ne résume pas la politique.

ADRIEN TAQUET
Voilà, oui… alors, annonçons aussi que nous allons lancer le 27 février…

GUILLAUME DURAND
La mort de Kirk DOUGLAS ce n'est pas la mort du cinéma.

ADRIEN TAQUET
Fort heureusement, mais profitons-en alors pour compléter et pour dire que nous allons lancer par exemple, fin février prochain, des négociations collectives pour les assistants familiaux, les fameuses familles d'accueil qui accueillent des enfants, que nous avons lancé un travail pour améliorer les normes et les taux d'encadrement pour assurer la sécurité des enfants, que nous investissons plusieurs dizaines de millions d'euros dans la pédopsychiatrie, parce que c'est un grand problème dans notre pays, on a complètement abandonné la pédopsychiatrie, c'est ça qui est responsable d'un certain nombre de difficultés que rencontrent, notamment les professionnels. Que nous avons créé 20 postes de PUPH, que Nicole BELLOUBET a créé 75 postes de juges des enfants et 100 greffiers pour le tribunal des enfants, voilà, c'est tout ça la politique que l'on mène, ce n'est pas juste qu'une question de chiffres, si je peux me permettre.

GUILLAUME DURAND
Adrien TAQUET était l'invité politique de « La matinale », chargé de l'enfance dans le gouvernement d'Edouard PHILIPPE.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 11 février 2020 
 

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