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Quelles perspectives pour les retraites en France en 2070 ?

le 1er juillet 2019

Le système de retraite est-il à même de remplir les objectifs qui lui sont assignés (niveau de vie satisfaisant pour les retraités, équité entre les assurés, pérennité financière) ?

Dans son rapport annuel rendu public le 20 juin 2019, le Conseil d’orientation des retraites (COR) présente des perspectives à l’horizon 2070 en s’appuyant sur quatre scénarios. Les projections sont réalisées à législation constante.

Part des dépenses de retraite dans le PIB. La part des dépenses du système de retraite dans le PIB resterait relativement maitrisée, variant de 11,8% à 13,8%. Cet indicateur permet d’évaluer la soutenabilité financière du système en montrant le niveau des prélèvements opérés sur la richesse produite pour financer les retraites.

Cette part pourrait même baisser à l’horizon 2070 malgré un ratio démographique défavorable entre les 20-59 ans et les plus de 60 ans. Cela s’explique par plusieurs facteurs :

  • une entrée dans la vie active plus tardive ;
  • la prolongation de la durée du travail au-delà de 64 ans à partir de 2040 ;
  • un montant des pensions nettement inférieur en 2070 (de 42% à 49% des revenus contre 66% actuellement).

Quel niveau de vie pour les retraités à l’horizon 2070 ? Au cours de ces 25 dernières années, une érosion du pouvoir d’achat des retraités, en particulier pour les pensions les plus élevées, a déjà eu lieu par l’effet de l’indexation des pensions et la hausse des prélèvements sociaux. En 2070, le niveau de vie des retraités pourrait accuser une nouvelle baisse de l’ordre de 17 à 22%, et revenir à celui des années 1980.

Quelle équité entre les générations ? Pour les jeunes générations non cadre du secteur privé, le taux de cotisation devrait augmenter mais pour une durée de carrière plus faible en rapport avec la durée de vie. Le taux de remplacement (pourcentage du salaire net reversé en pension) évoluerait à la baisse en passant de 75% à 68 ou 63% pour la génération 2000.

Et pour les retraités les plus modestes ? Aujourd’hui, un salarié au Smic peut percevoir à la retraite 85% de son salaire net, grâce aux mécanismes de minima de pensions. A l’avenir, le taux de remplacement pourrait être en nette baisse, pour se situer entre 71 et 76% (génération 1980).

Écart hommes femmes. Le taux d’emploi reste plus faible pour les femmes (maternité, emploi à temps partiel, rémunérations inférieures), mais les écarts de pension avec les hommes se résorbent au fil des générations. Actuellement de 25%, cet écart serait ramené à 12% en 2070 en raison des mécanismes des dispositifs de solidarité et de la plus grande longévité des femmes.

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