Image principale 1
Image principale 1
© Beaunitta Van Wyk/peopleimages.com - stock.adobe.com

Médicaments remboursés en 2024 : des dépenses en hausse de 7,6% par rapport à 2023

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Les chiffres-clefs du médicament en France en 2024, publiés par l’Assurance maladie en janvier 2026, témoignent d'une transformation forte, ces dernières années, des dépenses et des classes thérapeutiques remboursées, au profit de médicaments pointus et onéreux.

Dans le cadre d'un vieillissement croissant de la population et d'une augmentation des maladies chroniques, les dépenses liées aux médicaments s'élèvent à 26% des dépenses de soins de ville.

L'Assurance maladie a présenté, le 14 janvier 2026, les chiffres 2024 du médicament.
 

Une progression continue des remboursements de médicaments depuis 2014

37,9 milliards d’euros : c’est le montant brut des remboursements de médicaments délivrés par l’Assurance maladie en 2024, en hausse de 7,6% sur un an (+45% sur cinq ans).

 

Cela représente pour 61,8 millions d’assurés le remboursement de 41 boîtes en moyenne.

Le taux de remboursement s’élève à 87,6% en juin 2025, contre 80,7% en 2014. Une croissance qui témoigne "d’une dynamique forte", caractérisées par "une part de plus en plus importante de médicaments innovants et onéreux et la garantie pour chacun d’un accès équitable à tous les traitements".

Les médicaments du quotidien demeurent les plus remboursés en volumes (430 millions de boîtes de paracétamol, loin devant le colécalciférol, la vitamine D, et l’amoxicilline, un antibiotique).

 

Le classement est tout autre en termes de montants :

  • le Vyndaqel avec 966 millions d’euros (M€), traitement de l’amylose cardiaque, qui touche principalement des hommes âgés de plus de 80 ans, devance l’Eliquis (844 M€), un anticoagulant ;
  • en intégrant les médicaments réservés à un usage hospitalier, ce sont deux spécialités indiquées dans le traitement des cancers : Keytruda : 2,1 milliards d'euros (Md€) et Darzalex, 1,05 Md€ qui occupent le haut du classement.

Des traitements plus onéreux et plus ciblés

La majorité des dix premiers médicaments remboursés en 2024 a bénéficié d’un dispositif dérogatoire d’accès précoce (en place depuis juillet 2021) permettant aux patients concernés d’accéder rapidement aux traitements. 
Au total, les dépenses du "top 10" augmentent de près de 50% sur la décennie.

Une profonde évolution des familles de médicaments les plus remboursées

Par classe thérapeutique, les antinéoplasiques – médicaments anticancéreux – et immunosuppresseurs – maladies auto-immunes et inflammatoires – progressent de façon très significative, illustrant la prise en charge de pathologies lourdes et graves.

Ainsi en dix ans, les dépenses associées aux premiers s’accroissent de 400%, et ils passent du 9e au 1er rang des médicaments les plus remboursés. Bien qu’en croissance eux-mêmes, les antidiabétiques passent de la 1re à la 3e place.

La croissance des prescriptions est portée par les prescripteurs hospitaliers (70% de la hausse totale des dépenses remboursées brutes), alors que la part de la médecine générale libérale connaît une quasi-stagnation, ce qui illustre le poids croissant des thérapies innovantes onéreuses. En volume, les généralistes prescrivent toujours 65,4% des médicaments en 2025, mais majoritairement des médicaments à faible coût unitaire (5,3 euros par boîte).

Les traitements considérés comme innovants – ASMR (amélioration du service médical rendu) de I à III – représentent une part croissante des remboursements. Les médicaments de moins de 5 euros constituent, en 2024, 75% des volumes mais seulement 10% des dépenses.

Inversement, les médicaments de plus de 1 000 euros, avec 0,5% des volumes seulement, génèrent un tiers de la dépense totale. 21 médicaments représentent un coût de 100 000 euros et plus par patient, contre un seul en 2015. Le Bylvay (51 patients) et le Myalepta (39 patients) coûtent plus d’un million d’euros par patient, un niveau inédit.

Oncologie : coût moyen par année de vie gagnée en hausse

L’oncologie "illustre la transformation de la dernière décennie en matière de dépenses de médicaments" : en 2024, les traitements anticancéreux représentaient 7,1 Md€ de dépenses nettes (+11,5% sur un an), une progression portée par une augmentation des patients pris en charge, un essor des innovations et une montée en puissance des thérapies ciblées.

L’Assurance maladie calcule que le coût moyen par année de vie gagnée a augmenté de 57% entre 2016 et 2023, en lien avec le coût croissant.