En 2024, 180 000 heures d'information ont été diffusées par le secteur de l'audiovisuel (télévision et radio). La presse d'information politique et générale a, quant à elle, publié plus de 40 000 titres dont la moitié provient de la presse quotidienne.
En date de janvier 2026, l'étude conjointe de l'Arcom (le régulateur de la communication audiovisuelle et numérique) et du ministère de la culture s'intéresse aux médias d'information politique et générale (presse écrite, presse en ligne, radios, télévisions et agences de presse).
Des modèles économiques à revoir
Les modèles économiques des producteurs d’information peinent à rester rentables, fragilisant en premier lieu les acteurs indépendants et spécialisés. Près de 80% des médias affichent une marge inférieure à 6% et une majorité (56%) d’entre eux sont déficitaires.
Le coût total de production d'information politique et générale équivaut à 2,9 milliards d’euros en 2024 dont près de trois quarts sont supportés par la télévision et la presse écrite (imprimée et numérique). Ces secteurs emploient près de 34 000 employés dont 80% sont des journalistes. Le poids la masse salariale qui augmente représente 70% des coûts de production.
La presse écrite imprimée connaît aussi une baisse importante de ses ventes au numéro et par abonnement, divisées par deux en dix ans. Les grands médias d’information télévisés peinent à rester rentables. Les chaînes d’information en continu, telles que BFM TV, LCI ou CNews, ont des résultats d’exploitation déficitaires. 70% des recettes de l'audiovisuel privé dépendent des revenus publicitaires qui sont dans une tendance à la baisse. L'audiovisuel public est quant à lui dépendant du soutien de l'État, à hauteur de 3,53 milliards d'euros en 2025, représentant environ 85% de leurs ressources. La Cour des comptes constatait d'ailleurs une situation critique de France télévision dans un rapport de septembre 2025.
Pour l’Arcom, les médias doivent inventer de nouveaux modèles économiques, plus rentables, qui seraient fondés, entre autres, sur la rationalisation des charges de personnel, sur la construction de partenariats de co-diffusion ou sur le recours à l’intelligence artificielle générative pour assister à la rédaction de contenus, même si celle-ci est pointée par les grands médias comme étant un surcoût d’investissement à court terme.
Les Français consomment beaucoup d'information politique et générale
L’information gratuite occupe la première place de la programmation pour la septième année consécutive alors qu'elle représente 20% de la programmation totale.
La majorité des Français consulte plus de deux canaux d’information sur plus de neuf marques médias en ligne pour s’informer. 47% des Français déclarent s’informer avant tout pour "comprendre le monde qui les entoure", preuve d’un intérêt pour l’information politique et générale. Les journaux télévisés de 13h et de 20h connaissent des pics d’audience qui s'étendent avant et après leur diffusion.
Selon l'Arcom, la presse quotidienne continue de jouer un rôle particulièrement structurant dans cet écosystème de production d'information, en assurant une couverture continue de l'actualité de même que les agences de presse qui servent de source pour de nombreux médias.
L'apparition récente dans le paysage de l'information politique et générale des créateurs de contenus numériques connaît un certain succès, surtout auprès des jeunes qui ne souscrivent pas à des abonnements. L'Arcom pointe aussi le fait que l'information relayée par les plateformes numériques expose le public à des risques accrus de désinformation.