Déclaration de Mme George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, sur la représentation des Français d'Outre-mer au sein des institutions et de la vie politique, à Paris le 13 novembre 2014.

Intervenant(s) :

Circonstance : Signature d'une convention de partenariat entre le ministère des Outre-mer et le Comité représentatif des Français d'Outre-mer (Créfom), à Paris le 13 novembre 2014

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le président du CREFOM,
Mesdames et messieurs les membres du bureau et les membres du CREFOM,
Mesdames et messieurs,
Nous sommes réunis aujourd'hui ici, à l'Hôtel Montmorin, à l'occasion de la signature de la convention entre le ministère des Outre-mer et le Conseil représentatif des Français d'Outre-mer. Il y a 10 mois, presque jour pour jour – c'était le 20 janvier dernier – le CREFOM voyait le jour pour constituer une large fédération des associations ultramarines, avec l'ambition de devenir une instance représentative des Outre-mer au sein de la société civile. Cette instance rassemble aujourd'hui, en trois collèges, des responsables associatifs, des élus (parlementaires, élus locaux) et des personnalités originaires des Outre-mer ou ayant un attachement fort à ses territoires. Il y a eu, ces dernières décennies, plusieurs tentatives de regrouper ces forces vives des Outre-mer au sein d'une seule et même instance. L'objectif était d'atteindre une représentativité et une masse suffisamment critique pour peser dans le débat public aux côtés d'autres institutions qui, depuis longtemps et avec succès, ont défendu et valorisé les Outre-mer au sein de la République.
Je connais cette histoire pour avoir été l'une de ces militantes qui, avec patience parfois, avec abnégation souvent et acharnement toujours, ont travaillé dans des associations, puis dans des collectivités comme la Mairie de Paris, en tant qu'élue ensuite et enfin en tant que ministre, pour agir en faveur des Outre-mer et en faveur de ceux qui sont originaires de ces territoires.
Ce fut une longue marche que celle qui nous a permis au fil des années de valoriser les outre-mer, leur histoire, leurs cultures ou leurs savoir-faire, mais aussi d'accompagner les originaires des Outre-mer en matière d'éducation, de formation et d'insertion.
Oui, ce fut une longue marche pour faire en sorte que l'esclavage, mais aussi le sacrifice des anciens combattants ultramarins des guerres mondiales, soient commémorés et respectés comme parties intégrantes de la mémoire collective de ce pays. Une longue marche pour ouvrir les lieux de culture à nos artistes et ouvrir les rues de Paris à notre carnaval.
Oui, une longue marche à laquelle je suis fière d'avoir pris toute ma part et qui fait qu'aujourd'hui nous ne partons pas de zéro et qu'il y a de nombreux acquis à valoriser, à pérenniser et, pourquoi pas, à dépasser. Car nous sommes tous d'accord pour reconnaître qu'il y a encore du chemin à parcourir pour que les Outre-mer soient pleinement connus et reconnus dans notre pays.
Il y a encore bien des clichés à combattre. Il y a de nouveaux droits à conquérir. Il y a des Bastilles à faire tomber pour que les originaires des Outre-mer soient des citoyens à part entière. Il y a, pour tout dire, un besoin d'égalité qui s'exprime au cœur de ces territoires et que portent en eux-mêmes les originaires des Outre-mer où qu'ils se trouvent. Et cette idée d'égalité, elle figure dans l'ADN de la famille politique à laquelle j'appartiens.
C'est au nom de cette idée que je me suis engagée en politique et c'est au nom de cette idée que j'agis chaque jour comme ministre des Outre-mer au sein d'un gouvernement qui a fait des outre-mer une priorité de son action. Dans ce chemin qu'il nous reste à parcourir, le CREFOM peut prendre toute sa place.
Ce ne sera sans doute pas facile de faire vivre durablement une instance pluraliste et il faudra sans doute beaucoup de diplomatie, de respect des autres pour arriver à dégager à partir de réalités de territoires, d'options politiques et culturelles dissemblables, un discours, des prises de position communes.
Il y a dans notre République un ministère des Outre-mer qui joue pleinement son rôle au sein du gouvernement. Il y a les parlementaires et les autres élus des territoires qui font de même, dans leurs responsabilités.
Il y aussi une délégation interministérielle à l'égalité des chances, qui dispose d'un large champ d'action et dont je veux saluer l'engagement. Et, au-delà des institutions, au sein de la société civile, il y a une place pour que des associations contribuent au bon fonctionnement de notre démocratie et pour établir des passerelles utiles entre la sphère politique et les citoyens.
Chacun dans son rôle, nous pouvons et nous devons conjuguer nos efforts pour agir dans l'intérêt général. La convention que nous signons aujourd'hui manifeste une volonté partagée d'agir. Elle matérialise des ambitions et des objectifs communs pour les Outre-mer et pour ceux qui en sont originaires. Elle reconnaît le rôle de proposition que peut jouer le CREFOM dans le débat public afin de mieux valoriser les Outre-mer et leurs originaires, mais aussi pour contribuer au développement économique, social et culturel de ces territoires au sein de la République.
Ces objectifs sont tout simplement la raison d'être de ce ministère qui a la charge de coordonner l'action publique dans les outre-mer. Cette convention symbolise notre souhait de voir le CREFOM réussir, tout comme l'ont souhaité les collectivités dont vous êtes déjà les partenaires. Dans quelques jours, vous serez reçu à la Mairie de Paris pour un dîner auquel participera le président de la République.
Cette présence du chef de l'État à ce rendez-vous, à son retour d'un long déplacement en Nouvelle-Calédonie et dans l'océan Pacifique, témoignera une nouvelle fois d'un engagement au plus au niveau en faveur des Outre-mer au nom de l'idéal d'égalité réelle qui nous anime que nous avons à concrétiser.
Je vous remercie.
Source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 18 novembre 2014