Interviews de M. François Périgot, président du CNPF, à RTL les 18 novembre et 1er décembre 1993, dans "Le Journal du dimanche" le 12 décembre et à Europe 1 le 13 décembre, sur le bilan de l'opération du CNPF en faveur de l'emploi des jeunes "Cap sur l'avenir" et les négociations du GATT.

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Intervenant(s) : 

Média : RTL - France 2 - Le Journal du Dimanche - Europe 1

Texte intégral

Date : Jeudi 18 novembre 1993
RTL

J.-M. Lefebvre : Quelles vont être les conséquences du vote du Congrès pour les Européens et les Français ?

F. Perigot : Les conséquences vont être les 360 millions de consommateurs ou d'habitants de ce nouveau marché. Et ça peut représenter des conséquences positives pour nous. Nous sommes allés depuis un an maintenant chez les trois pays du traité : aux États-Unis, au Mexique, au Canada. Il est certain que tout le monde attend de l'ALENA une croissance et donc une possibilité d'accroissement de l'économie. Les conséquences indirectes peuvent porter sur les négociations du GATT et la construction européenne. Il y a deux conséquences un peu opposées. C'est sûr que n'ayant plus le problème de l'ALENA à résoudre, les Américains sont plus forts. Ils peuvent être plus exigeants. Le deuxième effet, c'est la défaite des protectionnistes, on peut espérer que cette position de force permettra aux États-Unis de mieux négocier l'Uruguay Round. Il faut maintenant aller de l'avant et arriver à finaliser les négociations pour que tout le monde y trouve son compte. C'est surtout le commerce international qui y trouve son compte.

J.-M. Lefebvre : Pour vous, quelles sont les chances d'un accord au 15 décembre ?

F. Perigot : Il est très difficile de dire ça en termes de chance, je constate simplement que toutes ces dernières semaines, d'énormes progrès ont été accomplis. J'espère que la confiance retrouvée de la part des États-Unis va permettre à l'administration américaine de trouver les solutions que nous cherchons tous ensemble.

J.-M. Lefebvre : Le gouvernement reprochait aux banquiers d'être un peu frileux, ce terme ne pourrait-il pas être appliqué aux patrons ? Sur le dossier de l'emploi, on a vraiment l'impression que vous avez beaucoup reçu et que vous avez fait peu de gestes.

F. Perigot : C'est une mauvaise impression. Je pense que les entreprises françaises traversent une crise fondamentale, le problème est de survivre. Il faut que les Français comprennent que le problème de toutes les entreprises françaises aujourd'hui est d'arriver à survivre pour être encore vivantes quand la crise s'arrêtera. Il faut être réaliste, il faut avoir les yeux ouverts. Tout le monde y a mis du sien. L'État y a mis du sien, en prenant un certain nombre de mesures pour aider les entreprises à passer cette période. Il ne faut pas considérer cela une minute comme des cadeaux. Il faut considérer cela comme un traitement d'une économie qui est malade. Les entreprises doivent tout faire pour rester compétitives. Mais il ne faut considérer le licenciement que lorsqu'on a fait tout ce qu'on a pu pour alléger ces coûts. C'est très généralement l'attitude des entreprises.

 

Mercredi 1er décembre 1993
RTL

RTL : J. Chirac a publiquement dit, ce week-end, que les chefs d'entreprise licenciaient trop vite. Quelle est votre réponse ?

F. Perigot : Je crois que chacun peut juger le comportement des chefs d'entreprise comme il l'entend, d'après ses sources. Je peux vous dire, au nom de la communauté des chefs d'entreprise français, qu'aucun des chefs d'entreprise ne licencie avec légèreté. Pour un chef d'entreprise, licencier est un acte économique idiot. On a formé les gens, on a besoin d'eux, on a de bons professionnels, on les licencie et on est sûr, quand on aura besoin d'en retrouver de ne pas en trouver d'aussi bons. Deuxièmement, c'est un acte humain qui concerne la personne. Les chefs d'entreprise sont des hommes, des individus et ils comprennent très bien le drame que cela représente. Je crois que c'est vrai que les chefs d'entreprise licencient en ce moment, mais s'ils licencient, c'est pour protéger l'avenir de l'entreprise, c'est pour être capable de passer un cap extrêmement difficile de la vie économique française. Jamais, depuis la Guerre, les entreprises françaises n'ont connu une situation aussi difficile que celle qu'elles connaissent aujourd'hui. L'opinion ne s'en rend pas compte, jamais nous n'avons été exposés à la concurrence du monde entier, jamais nous n'avons eu une telle crise de la consommation. Ne soyons pas si injustes.

RTL : Les jeunes sont de plus en plus nombreux au chômage. Vous avez lancé une campagne "Cap sur l'avenir", de plus, des exonérations exceptionnelles vous ont été assurées. Malgré tout, depuis janvier, le nombre des jeunes recrutés est inférieur de 23 000 par rapport à l'année dernière ?

F. Perigot : Il y a deux phénomènes, le nombre de jeunes recrutés effectivement est moins important. Il y a plus de jeunes au chômage encore une fois parce que la situation s'est considérablement dégradée. Mais on ne reste pas les bras croisés. Le problème de l'insertion des jeunes dans la vie professionnelle est le vrai problème. Il y a des centaines de milliers de jeunes qui n'ont pas de qualification et qui ne trouveront rien si on ne fait pas quelque chose pour eux. C'est pour eux que, depuis la rentrée, nous avons tenu plus de 22 réunions dans toutes les régions. Nous avons réuni autour de nous plus de 15 000 chefs d'entreprise. Nous avons aujourd'hui près de 4 000 engagements fermes, publics, de fédérations professionnelles ou d'entreprises pour recruter des jeunes en apprentissage ou en formation professionnelle.

RTL : Il va falloir concrétiser ?

F. Perigot : On concrétise, nous avons une force de vente de plus de 1 000 jeunes sur le terrain pour aller démarcher un maximum d'entreprises. Nous voudrions arriver à 200 000 jeunes de plus insérés dans la vie professionnelle. Le 14 décembre, nous allons faire une dernière répétition générale avant d'aller sur le terrain convaincre les entreprises que, quand tout va mal, même lorsqu'on est obligé de licencier, il y a toujours de la place pour un jeune qui vient apprendre un métier. Je voudrais en convaincre l'ensemble des chefs d'entreprise français.

RTL : Êtes-vous favorable à une budgétisation des cotisations sociales ?

F. Perigot : Je suis tout à fait favorable à l'examen du mode de financement de la protection sociale pour que tout ne pèse pas, et toujours d'une façon qui augmente, sur les entreprises françaises. On a atteint des seuils d'intolérance qui deviennent graves pour notre compétitivité. Dans le même temps, on peut se poser la question de la modération des dépenses. Nous ne pouvons pas non plus avoir des dépenses sociales qui ne cessent de grandir. Tout à fait d'accord pour budgétiser, pour mettre au compte de la solidarité nationale une partie des charges des régimes sociaux de la nation, on allégera d'autant ceux qui contribuent aujourd'hui. D'accord aussi pour dire que ceci ne peut se faire que dans le cadre d'une maîtrise des dépenses sociales. Nous ne pouvons plus nous permettre en Europe, et singulièrement en France, de voir nos dépenses sociales augmenter comme elles augmentent.

RTL : En période de crise, mais aussi en période moins difficile, la France crée moins d'emplois que les autres pays d'Europe, pourquoi ?

F. Perigot : Parce que la France n'a pas encore donné à ceux qui peuvent entreprendre l'environnement juridique, financier, qui favorise le risque, la créativité, l'innovation. Nous sommes enrobés dans des réseaux de systèmes de protection des uns et des autres trop lourds. Nous avons besoin de repenser fondamentalement notre culture économique et tant qu'on n'aura pas allégé tout cela, nous créerons moins d'emplois que les autres à égalité de croissance.

 

Mercredi 1er décembre 1993
France 2

(Certains syndicats reprochent au patronat que toutes les facilités accordées aux patrons depuis juillet, n'ont pas eu d'effets)

F. Perigot : C'est vrai que le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures mais ces mesures-là sont progressives, elles ne donneront pas leurs effets immédiatement. Ces mesures ne pourront qu'accompagner un début de reprise économique. N'attendons pas de miracle des mesures que l'on peut prendre. On peut essayer de relancer l'économie, de diviser les charges, tout ça bien sûr ça aura des effets mais ça n'aura vraiment des effets que quand la reprise économique reviendra et que nous nous trouverons plus compétitifs par rapport à nos concurrents. Elle est là la réponse.

France 2 : Est-ce que les premiers effets n'auraient pas dû se faire sentir dès l'automne ?

F. Perigot : Le décalage de la TVA n'a commencé à se faire sentir qu'à la rentrée. Et quant à la budgétisation des allocations familiales, c'est quelque chose de tout à fait récent aussi. Donc, plus les mesures sont progressives, plus il est certain que les effets seront aussi progressifs.

 

12 décembre 1993
Le Journal du Dimanche

Les Patrons montent au créneau. Comme le révèle le président du CNPF. François Perigot au JDD avant de l'annoncer officiellement mardi prochain devant des centaines d'étudiants à la Grande Halle de la Villette, les chefs d'entreprise de toute la France se sont engagés à assurer auprès des jeunes une formation professionnelle en alternance et apprentissage. Un véritable Téléthon pour l'emploi.

Nous sommes déterminés à tout faire pour éviter que des jeunes sans formation se trouvent dépourvus de travail, explique le patron des patrons français. Je pense notamment aux dizaines de milliers de jeunes qui arrivent sur le marché du travail et dont beaucoup ont quitté le système éducatif sans diplôme et sans formation. Quel gâchis pour notre pays ! Notre message est clair : nous sommes dans une situation difficile. On ne peut plus embaucher comme on a pu le faire dans les années de prospérité. Par contre, dans le domaine de la formation, nous bénéficions d'une marge de manœuvre plus grande qui doit nous permettre d'embaucher des jeunes pour les former à la vie professionnelle. Je ne demande pas aux chefs d'entreprise de prendre un engagement à vie, la conjoncture ne le leur permet pas. J'en appelle à leur civisme. Il y a des systèmes de formation dans lesquels ils sont partie prenante, il faut les utiliser.

Le Journal du Dimanche : Quels sont les résultats que vous avez déjà obtenus ?

F. Perigot : Au cours de 22 réunions dans tout le pays, avec 15 000 participants, plus de 80 000 engagements de formation ont été pris. Il devrait y en avoir 200 000 d'ici à la fin 1994. Il faut maintenant que ces intentions se transforment en actes. Nous avons mis en place une force de vente de plus de 1 000 personnes dans toutes les régions pour placer des contrats de formation en alternance et des contrats d'apprentissage auprès des entreprises.

Le Journal du Dimanche : À la fin de ces formations, pensez-vous que ces jeunes trouveront un emploi ?

F. Perigot : Généralement, lorsqu'on prépare un diplôme par la voie de l'apprentissage, il y a 90 % de réussite. Ce qui est nettement supérieur au taux du système d'éducation général. On peut même dire que 75 % trouvent un emploi dans l'entreprise qui les a formés. C'est pour cela qu'un nombre croissant de titulaires du baccalauréat choisissent l'apprentissage pour acquérir des diplômes supérieurs. Il y a par exemple, beaucoup de jeunes qui se sont engagés dans des études générales qui ne leur offrent aucune perspective précise, qui choisissent la voie de l'apprentissage pour obtenir une vraie qualification et un emploi.

Le Journal du Dimanche : Comment combler le décalage entre le système d'enseignement et le besoin, réel des entreprises ?

F. Perigot : Paradoxalement, même en période de crise comme aujourd'hui, de nombreux secteurs ne trouvent toujours pas les jeunes dont ils ont besoin en quantité et en qualification suffisantes. Le vrai problème de l'adaptation des jeunes reste leur insertion dans la vie professionnelle. C'est-à-dire l'adéquation entre leurs aspirations et leurs capacités et les réalités du monde du travail. En ce sens, plus les entreprises s'impliqueront dans la formation initiale, mieux ce sera. Celle-ci ne peut se faire dans de bonnes conditions que si les chefs d'entreprise en sont des acteurs à part entière. Il ne faut pas qu'ils soient considérés comme des sous-traitants. Ils doivent être consultés pour élaborer les programmes et les méthodes pédagogiques. Ce n'est que dans ces conditions que l'entreprise, école de la vie, pourra savoir-faire partager aux jeunes son savoir-faire et son expérience et leur donner le goût du travail et de la réussite.

 


Lundi 13 décembre 1993
Europe 1

J.-P. Elkabbach : Votre pronostic sur le GATT ?

F. Perigot : C'est un vœu. Je souhaite comme beaucoup de Français que ces accords aboutissent.

J.-P. Elkabbach : Voulez-vous un accord au prix de renoncements sur la culture et l'aéronautique ?

F. Perigot : Il ne faut aucun renoncement, il faut des arbitrages. C'est toute la difficulté de cet accord. C'est pourquoi la dernière ligne droite est si difficile. Un accord porte sur de très nombreux services, sujets et pays. Je souhaite que des arbitrages qui ont lieu cette nuit satisfassent tout le monde et qu'on puisse signer l'accord."

J.-P. Elkabbach : On ne peut pas dire cela. Le CNPF a toujours pris des positions très claires sur le GATT : il a toujours dit vouloir un accord à la condition d'être global et équilibré. Nous avons d'ailleurs été peut-être les premiers à utiliser cette formule qui a été reprise par la suite. Le CNPF a envoyé au Gouvernement un mémorandum sur les arbitrages qu'il fallait faire. Il a été voir le Premier ministre fois pour dire quels étaient les arbitrages que voulaient les entreprises françaises. Le CNPF se félicite de la pugnacité du Gouvernement Français.

J.-P. Elkabbach : Les Français se sont-ils bien débrouillés dans la négociation ?

F. Perigot : Si l'accord est signé, on pourra dire que la France, dans sa pugnacité, a réussi deux choses : elle a fait monter les enchères sur des dossiers qui lui sont très précieux, comme les relations avec les NPI et l'Asie du Sud-est. Elle a d'autre part ressoudé l'Europe. Pour la première fois dans des négociations multilatérales, on a vu l'Europe parler d'une seule voix ; C'était très important."

J.-P. Elkabbach : Vous avez rarement été aussi enthousiaste !

F. Perigot : Je serais enthousiaste si l'accord était signé. C'est en tout cas le signal que le monde attend. La France est le quatrième exportateur mondial. C'est de l'exportation aujourd'hui que nous pouvons tirer notre croissance.

J.-P. Elkabbach : Quels effets espérez-vous de la signature de l'accord pour la France ?

F. Perigot : Il y a deux effets. Le GATT, c'est la mise en ordre des règles du jeu du commerce international. Or l'Europe a un gros problème avec les pays du Sud-Est asiatique qui ne respectent pas les règles du jeu. Le GATT va leur faire accepter ces règles du jeu. Le fait qu'ils ne les acceptent pas retentit sur les entreprises françaises qui se trouvent face à de la concurrence déloyale. Si elles sont observées, elles pourront un peu mieux respirer. 

J.-P. Elkabbach : Les entreprises française sont-elles en bonne forme pour la concurrence ?

F. Perigot : Les entreprises françaises souffrent, mais elles ne sont pas dans une position plus difficile que d'autres. S'il y a reprise, les entreprises françaises seront capables de devenir meilleurs encore. 

J.-P. Elkabbach : Sent-ont quelques signes de reprise ?

F. Perigot : Non : nous sentons qu'il y a une stabilisation de la dégradation de l'économie. Il y a des signes qui dépendent des secteurs et des entreprises. Il est trop tôt pour dire que la reprise est là."

J.-P. Elkabbach : Le bilan de l'opération "Cap sur l'avenir" engagée en juillet ?

F. Perigot : Les résultats dépassent toutes nos espérances. Quand nous avons démarré cette campagne, c'était d'abord une réponse au gâchis du chômage des jeunes. Nous nous mobilisions pour voir ce que nous serions capables de faire. En deux mois, nous avons réuni 15 000 chefs d'entreprises dans 20 réunions sur le territoire. Plus de 80 000 engagements de recrutement de jeunes en apprentissage ou en formation ont été pris les entreprises. Ce n'est pas suffisant : demain, nous avons l'assemblée générale au cours de laquelle nous allons finaliser cette première étape. L'autre étape commence : aller sur le terrain, voir toutes les entreprises. Nous allons en visiter 1,5 million pour leur faire signer des contrats d'apprentissage et de formation en alternance. 

J.-P. Elkabbach : Ce sont donc 80 000 emplois de jeunes sûr ?

F. Perigot : 80 000 emplois acquis qu'il faut transformer aujourd'hui en signatures de contrats. J'espère plus. Je me suis fixé avec le Premier ministre, en juin, 200 000. J'espère que nous dépasserons cette barre dans le courant de l'année prochaine. 

J.-P. Elkabbach : Dans quels secteurs a-t-on offert le plus de contrats ?

F. Perigot : Dans tous les secteurs. C'est tout à fait intéressant : grandes, moyennes et petites entreprises. L'apprentissage et la formation professionnelle, ce n'est plus seulement le boulanger ou le tourneur : ce sont toutes les formes de l'éducation. Le grand problème qui sera mis en avant par notre manifestation de demain, c'est que ceux qui viennent de la filière de l'apprentissage et de la formation professionnelle deviennent une filière aussi noble que les autres. 

J.-P. Elkabbach : Toutes les régions y ont participé ?

F. Perigot : Toutes. 

J.-P. Elkabbach : Cela peut-il aboutir à un début de diminution de chômage des jeunes ?

F. Perigot : Les 80 000 engagés sont là pour six mois à deux ans. Les apprentis restent à 80 % dans les entreprises. J'espère qu'entre-temps, la reprise étant revenue, tous ces jeunes auront un emploi stable et définitif. 

J.-P. Elkabbach : N'est-ce pas un peu de la poudre aux yeux ?

F. Perigot : Les résultats que je viens de donner montrent que ce n'en est pas. Dans les périodes difficiles, devant le gâchis du chômage des jeunes, il faut que tout le monde s'y mette. "Cap sur l'avenir" n'a pas le monopole de la mobilisation en faveur des jeunes. M. Giraud a signé des chartres. Nous en faisons partie. Nous espérons insérer 200 000 jeunes qui sont aujourd'hui en dehors de la vie professionnelle. 

J.-P. Elkabbach : Le Livre blanc de J. Delors ?

F. Perigot : J'espère qu'on en trouvera le financement. J'espère que cela entraînera les emplois. Ce qui est bon, c'est que c'est une décision européenne. Depuis 1992, l'Europe doit se remettre du choc qu'elle a subi. Elle doit se faire. Toutes les initiatives comme le sommet du GATT montreront que l'Europe existe et qu'elle doit se conclure le plus vite possible.