Texte intégral
La mort de Pierre Bérégovoy
Jacques Chirac : Quand l'information a été diffusée, j'ai d'abord espéré, comme probablement tous les Français. Puis, quand l'information est tombée selon laquelle l'irrémédiable était arrivé, que Dieu l'avait voulu, j'ai beaucoup pensé à sa femme, à ses enfants, aux siens. Je connaissais peu M. Bérégovoy, mais je voudrais d'abord m'incliner devant la douleur de sa famille et des siens. Je ne partageais pas sa vue des choses, chacun le sait, mais je voudrais à mon tour rendre hommage à la fermeté de ses convictions et au courage avec lequel il les avait assumées. (…) La tâche d'un Premier ministre n'est pas une tâche facile. Elle est extraordinairement contraignante. Quitter ces fonctions déstabilise quelque peu, c'est vrai. Je souhaite, pour ma part, que tout soit fait pour les interventions extérieures ne continuent pas à accroitre des contraintes ou des difficultés qui sont celles des hommes politiques.
Question : Estimez-vous que certaines limites sont parfois dépassées dans la critique ou la caricature ?
Jacques Chirac : Je ne porterai pas ce jugement. En revanche, c'est vrai qu'il peut y avoir un certain nombre d'initiatives prises par le monde politique ou le monde médiatique qui ont pour conséquence de fragiliser la politique, et donc la démocratie. Et ceci n'est bon pour personne.
Question : Regrettez-vous d'avoir critiqué sa gestion ?
Jacques Chirac : D'abord, je n'ai jamais critiqué l'homme. Pas une seule fois ! Je n'ai jamais fait la moindre attaque personnelle, ni à son égard, ni à l'égard d'autres. J'ai en revanche critiqué la gestion, et je n'ai pas été le seul puisque cette gestion a été sanctionnée par les Français lors des dernières élections. Il devait y avoir quelque raison pour cela. Non, ce que je pense, c'est que, dans la critique, qu'elle vienne du monde politique ou du monde médiatique, il convient de toujours conserver la mesure, éviter l'acharnement, se garder des mises en cause personnelles. Cela, c'est un danger dans lequel, parfois, certains tombent. Et c'est très mauvais pour la démocratie.
Question : Ce sont, selon vous, les leçons que doivent tirer les journalistes et les juges ?
Jacques Chirac : Je ne crois pas qu'on puisse confondre les hommes politiques, les journalistes et les juges. Chacun doit rester dans sa fonction et il n'est pas normal, il n'est pas sain que des hommes politiques ou des journalistes veuillent s'ériger en juges. En revanche, les juges font leur métier. (…)
D'une cohabitation l'autre
Jacques Chirac : Curieusement, le jugement porté aujourd'hui sur la cohabitation de 1986 ne correspond pas à la réalité, en tous les cas telle que je l'ai vécue. La cohabitation de 1986 n'a pas été conflictuelle, comme on le dit aujourd'hui. (…) Je n'ai pas le souvenir d'un seul entretien que j'aie pu avoir avec le Président de la République (…) où l'un ou l'autre ait le moins du monde élevé la voix. Je n'ai pas le souvenir d'un conflit qui soit arrivé à notre niveau. Ils ont toujours été réglés au niveau de nos collaborateurs. Au point que je me suis interrogé pourquoi on avait pu avoir cette impression. C'était peut-être un peu parce que certains des collaborateurs du Président de la République voulaient, pour des raisons de stratégie politique, donner du Président de la République une image de victime. Mais il n'y a pas, à mes yeux, de différence de nature entre la cohabitation d'hier et celle d'aujourd'hui. En revanche, il y a une différence dans la réalité politique. En 1986, il avait une majorité de 4 ou 5 voix, il y avait un parti socialiste fort et organisé, il y avait un Président qui envisageait probablement de se représenter aux élections présidentielles. Bref, la situation politique était profondément différente. Je crois qu'aujourd'hui, la ligne qui a été arrêtée dans ce domaine par le gouvernement est très exactement conforme à l'esprit de nos institutions et aux exigences de la politique de redressement qui s'impose dans notre pays.
"Il ne faut pas confondre hâte et précipitation"
Jacques Chirac : La situation à la fois économique, sociale et financière est aujourd'hui beaucoup plus mauvaise qu'elle ne l'était en 1986. Par conséquent, l'effort que doit faire le gouvernement est d'autant plus important. Il faut aller vite, sans aucun doute. Mais il ne faut pas confondre hâte et précipitation. Et moi, je trouve que le gouvernement fait actuellement ce qui doit être fait, et je lui fais toute confiance.
Le président de la république aurait-il dû partir ?
Jacques Chirac : J'ai toujours été favorable à la cohabitation (…) car j'ai toujours considéré qu'elle était conforme aux exigences de nos institutions, de la démocratie et des Français. Ceci étant, j'ai toujours indiqué que le redressement de la France serait sans aucun doute facilité par une clarification politique et que, en cas de victoire large de l'ex-opposition, le Président de la République devrait se poser la question. Mais j'ai toujours ajouté qu'il lui appartenait, et à lui seul, d'y répondre, et que personne ne pouvait, à ce titre, prendre sa place.
Question : La cohabitation actuelle pourrait-elle devenir conflictuelle ?
Jacques Chirac : Dans l'état actuel des choses je ne le pense pas. Et surtout, je ne le souhaite pas.
La majorité parlementaire peut-elle se diviser ?
Jacques Chirac : Les parlementaires de l'actuelle majorité ont une très forte conscience qu'ils ont été élus non pas pour se diviser ou pour se disputer, mais pour s'associer à une œuvre de redressement indispensable de notre pays. Je ne crois pas du tout que, dans leur immense majorité, ces élus aient l'intention ou la tentation de céder aux sirènes de la division. Je suis persuadé qu'ils sont trop conscients de l'effort à faire pour se diviser. En tout cas, parmi les ambitions qui sont les miennes aujourd'hui, il y a celle qui consistera à participer de façon très active au maintien, et même au renforcement, de l'union de l'actuelle majorité, sans laquelle nous ne redresserons pas une situation difficile et compromise. (…)
Question : Pensez-vous qu'il y a une minorité agissante qui chercherait la division ?
Jacques Chirac : Absolument pas ! Il peut toujours y avoir quelqu'un qui, à un moment ou à un autre, ait un coup de mauvaise humeur, ou d'humeur tout court. Mais je ne crois pas du tout qu'il y ait une minorité agissante. Je suis même sur du contraire.
Face aux problèmes qu'il y a à résoudre, face aux difficultés auxquelles les Français sont confrontés (…), face aux problèmes internationaux (…), je n'imagine pas qu'un élu puisse faire passer ses humeurs personnelles avant l'intérêt général. Cela a pu être le cas dans le passé. Pas aujourd'hui !
La hausse probable des prélèvements obligatoires est-elle conforme au programme de l'UPF ?
Jacques Chirac : La majorité actuelle a pour objectif de diminuer les charges qui, actuellement, pèsent trop lourd sur les travailleurs comme sur les entreprises. Et elle atteindra cet objectif. Sans aucun doute ! Le gouvernement, le Premier ministre lui-même, a évoqué l'aspect quinquennal de son action. (…) Certes, nous savions que la situation était mauvaise, mais il apparait qu'elle était, notamment sur le plan financier, beaucoup plus dégradée que nous ne l'avions imaginé, qu'il s'agisse de nos comptes sociaux ou qu'il s'agisse de notre situation financière et budgétaire. (…) Quel est l'objectif que nous devons "prioriser" ? C'est la préservation de nos acquis sociaux qui sont très gravement compromis, notamment en matière de sécurité sociale, par les déficits plus de 100 milliards aujourd'hui pour la sécurité sociale. Alors, faut-il interrompre le versement des retraites, ou les diminuer ? Faut-il remettre en cause le remboursement des dépenses maladie ? Non, naturellement ! Donc, la préservation de nos acquis sociaux exige un effort temporaire, qui est rendu nécessaire par la situation de quasi-faillite dans laquelle se trouvent nos comptes sociaux (…) Je, fais toute confiance au gouvernement pour la solution qui sera adoptée, mais qui passe incontestablement par une augmentation des recettes si l'on ne veut pas trancher dans les dépenses.
Question : N'avez-vous pas le sentiment d'avoir trompé vos électeurs ?
Jacques Chirac : Non ! Pas du tout ! J'ai le sentiment que nous avons été nous, un peu trompés, que les électeurs ont été trompés par ceux qui nous ont gouvernés avant, mais je n'ai pas le sentiment du tout que nous, nous les trompions. Nous avions d'ailleurs été très prudents dans ce domaine, en indiquant qu'il faudrait d'abord faire un audit (…) et que, après cet audit, nous verrions dans quelles conditions l'objectif, qui reste prioritaire, de réduction des charges pourraient être atteint.
Jacques Chirac est-il l'inspirateur de la politique gouvernementale ?
Jacques Chirac : J'ai beau repensé à ce que j'ai dit au Conseil national, je n'ai pas le sentiment d'avoir, ni de près, ni de loin, indiqué que je pouvais être l'inspirateur d'une politique. Le gouvernement a sa tâche. Je ne sais pas la décision qu'il va prendre. Ce que je sais simplement, c'est que je suis déterminé à le soutenir. Je ne suis pas du tout l'inspirateur de la politique gouvernementale. Pas du tout ! Et je m'en garderai bien ! Je dis simplement que nous avons aujourd'hui un gouvernement qui me parait bien constitué, dont les objectifs sont ceux qu'ensemble nous avions déterminés, pendant la campagne électorale et que j'approuve par définition et que ceci me conduit à soutenir l'action de ce gouvernement.
Et à le soutenir, je dirai, totalement ! (…)
La situation est aujourd'hui si difficile que la priorité doit être donnée à l'effort, et qu'un effort suppose une certaine convergence. Par conséquent, si j'ai des choses à dire, si j'ai des remarques à faire, si j'ai des réserves sur telle ou telle mesure que prendrait le gouvernement, je l'indiquerai en tête-à tête au chef du gouvernement, et exclusivement à lui. Je ne prendrai personne d'autre comme arbitre.
Jacques Chirac dispose-t-il de l'interministériel ?
Jacques Chirac : Les pouvoirs publics ont deux réseaux privilégiés : l'un, très important, qui s'appelle le réseau Régis et qui permet à tous les responsables de communiquer entre eux, jusqu'au niveau des préfets. (…) Il y a un deuxième réseau, qui est beaucoup moins efficace, plus limité, qu'on appelle l'"interministériel" d'ailleurs moins protégé. (…) Le préfet de Paris qui existait avant qu'il n'y ait un maire disposait à la fois du Régis et de l'"interministériel". Lorsque j'ai été élu maire de Paris, on m'a enlevé l'"interministériel" Dieu seul sait pourquoi –, mais on m'a maintenu le Régis. (…) Les services de Matignon ont tout naturellement rebranché mon "interministériel" lorsque le gouvernement s'est installé, ce qui ne me donne ni plus ni moins de confort téléphonique qu'avant puisque j'ai toujours eu le poste essentiel qui est celui du Régis. Peu importe, mais cela montre combien les médias modernes attachent souvent de l'importance à ce qui n'en a pas, et peut-être au détriment de ce qui en a vraiment.
Question : Vous vous servez peu de cet "interministériel" ?
Jacques Chirac : En réalité, très peu ! Très très peu !
Mon intention n'est pas d'ouvrir une campagne présidentielle
Je ne voudrais pas que l'on s'imagine que mon intention est d'ouvrir une campagne présidentielle (…).
Question : Jean-Louis Debré a estimé que le meilleur ticket en 1995 serait Chirac-Balladur.
Jacques Chirac : Chacun connait l'estime et l'amitié que je porte à Jean-Louis Debré. Il a donné son point de vue. Je ne peux que l'en remercier, mais nous sommes là dans la politique fiction. Ce que j'ai indiqué au Conseil national, c'est que le Rassemblement pour la République avait vocation à soutenir de façon ferme le gouvernement, que l'action serait longue et que le gouvernement avait eu raison de l'inscrire dans un projet de cinq ans, qui est la durée d'une mandature législative. Que, dans cette mandature, se produirait un moment très important : les présidentielles. Qu'il ne servirait à rien d'engager le redressement de la France si, dans deux ans, l'actuelle majorité devait perdre les élections présidentielles. Que, par conséquent, il faudrait qu'à cette occasion on puisse renforcer, confirmer la victoire qu'a été celle des élections législatives et achever l'indispensable alternance pensable à mes yeux. Voilà la réalité des choses ! Il ne s'agit pas d'ouvrir une campagne présidentielle; il s'agit d'avoir conscience des échéances. (…)
Un parti politique doit-il avoir le nez collé sur l'obstacle immédiat et n'avoir aucune vision de l'avenir ? (…) Un parti politique – pas plus d'ailleurs qu'une nation ou un peuple – ne doit pas poser son balluchon trop longtemps. L'action, c'est l'effort, c'est la continuité. Et nous ne sommes pas dans une situation, en France, où nous pouvons nous reposer sur nos lauriers.
Soutenir, unir et réfléchir
Je vais d'abord soutenir l'action conduite par le gouvernement parce que j'ai confiance dans sa capacité à mener la meilleure politique possible. C'est la raison pour laquelle (…) je répète que dans l'hypothèse (…) où j'aurais une réserve ou une critique à faire, vous ne m'entendrez pas la formuler à l'extérieur. (…) L'opinion publique saura certainement qu'il y a une divergence de vue mais elle ne le saura pas de ma part, à moins évidemment que l'on ne touche à des problèmes de principe essentiels, ce que je n'imagine pas un instant. Ce dont le gouvernement et la France ont besoin aujourd'hui, c'est de cohérence et de cohésion dans l'effort et non pas d'étalement d'états d'âme personnels. Si j'ai quelque chose à dire, je le dirai, mais en tête à tête, au chef du gouvernement je dis bien en tête à tête.
Ma deuxième vocation, c'est d'être un élément actif de l'union de l'actuelle majorité. Il est vrai qu'une grande victoire comporte des risques, notamment de désunion. Même si les élus sont dans leur immense majorité très sensibles au fait qu'ils ont été mandatés pour soutenir une action et non pas pour se diviser, il faut être vigilant et avoir constamment à l'esprit que nous ne réussirons que si nous sommes unis. (…) Ce qui me conduira, comme je l'ai dit pendant toute la campagne électorale, à privilégier tout ce qui rassemble la majorité et plus généralement les Français et à essayer d'éviter tous les débats qui ne sont pas absolument nécessaires et qui pourraient comporter des risques de division des Français en général et de la majorité en particulier. (…)
Question : Et la réforme du monde de scrutin pour les élections européennes ?
Jacques Chirac : Je suis favorable à la réforme du mode de scrutin des élections européennes. Je ne sais pas quelle décision prendra finalement le gouvernement. (…) J'y suis favorable dans la mesure où j'ai le sentiment que la régionalisation de ce scrutin permettra précisément d'éviter des risques de division qui sont parfaitement inutiles. (…)
Le troisième point de mon action, c'est de poursuivre une réflexion (…) sur les réponses que les Français peuvent attendre à un certain nombre de questions qui se posent. Je pense notamment aux problèmes auxquels notre jeunesse est confrontée, qu'il s'agisse d'insertion, de culture, de drogue ou de sida. J'ai appris beaucoup pendant la campagne électorale, j'ai vu beaucoup d'expériences (…).
Soutenir, unir et réfléchir sont les trois objectifs que je donne à mon action.
Il faut rétablir la préférence communautaire
L'Europe d'aujourd'hui est un peu responsable de ses difficultés. Nous avons une croissance en général nulle, parfois négative. (…) Nous devons nous interroger sur ce que doit être demain la gestion de la Communauté européenne. Nous devons notamment faire en sorte que l'on rétablisse la préférence communautaire (…), que l'Europe cesse d'être ouverte à tous vents au risque de perdre sa substance, son travail, ses emplois, sa richesse. Une vraie réflexion doit être conduite à ce sujet. (…)
Quel doit être le rôle d'un président de la république ?
J'ai toujours été profondément attaché aux institutions de la Ve République et, dans leurs modalités d'application, à la façon dont les concevait le général de Gaulle, c'est-à-dire avant que ne s'observe une dérive de caractère présidentialiste que je juge excessive. Le général de Gaulle avait raison quand il donnait au chef de l'État la fonction de définir les grandes orientations et de défendre la sécurité et les intérêts de la France dans le monde. Il estimait que pour le reste, notre Constitution était de nature parlementaire et donc que le gouvernement (…) devait assumer la totalité des responsabilités. (…) Il faut revenir à cette conception (…).
Faut-il réformer le mode de scrutin pour les élections européennes ?
Le gouvernement n'a pas encore pris une position. (…) Je crois qu'il est de l'intérêt de l'actuelle majorité de faire cette réforme, mais si cela doit créer une division, je serais le premier à considérer qu'il ne faut pas la faire. Une réforme qui maintiendrait le caractère proportionnel dans le cadre convenable d'une dizaine de grandes régions (…) ce qui permettrait à toutes les familles politiques d'être représentées – serait une réforme sage et saine. (…)
Le moment venu, je prendrai une position d'union. (…)
Ex-Yougoslavie : diplomatie et action humanitaire
Le plan Vance-Owen a été signé par le représentant des Serbes de Bosnie (…) parce qu'une pression suffisante (…) a été exercée sur les Serbes. (…) La décision du Conseil de sécurité des Nations unies (…) a été prise à l'initiative du ministre français des affaires étrangères. Je me réjouis que dans une situation difficile où la France, en dehors de son rôle humanitaire, semblait avoir un peu disparu, l'action très forte et très ferme d'Alain Juppé ait permis (…) de prendre une initiative qui a été suivie d'effets. (…)
L'Europe a sur place des soldats qui pourraient être pris en otages. Il faut nécessairement procéder à une redéfinition de leurs missions. (…) Je souhaite que cela soit fait le plus vite possible. Tout cela montre à l'évidence que lorsqu'on veut masquer l'absence d'une politique étrangère par la présence d'une politique humanitaire, on se trompe. (…) L'action humanitaire ne peut venir qu'après une politique étrangère. (…)
La culture du gouvernement
Je suis heureux que la France soit sortie d'une période où elle n'était pas conduite comme il fallait qu'elle le soit. La victoire de l'actuelle majorité (…) marque que non seulement une politique a été condamnée par un grand nombre de Français, mais également une idéologie, et je dirai même une culture. C'est pourquoi je pense qu'il faut une certaine rupture, qui ne signifie pas une révolution. Les mesures que prépare le Gouvernement sur les plans de l'économie, de la sécurité, de l'immigration, de la justice (…) marquent bien ce changement indispensable. (…)
Question : Comment définiriez-vous la culture du nouveau gouvernement ?
Jacques Chirac : Une culture beaucoup plus humaniste, beaucoup plus soucieuse des problèmes quotidiens, beaucoup plus désintéressée, beaucoup plus républicaine. (…)
"Le mouvement auquel j'appartiens est heureux de participer à ce qui, à ses yeux, est à la fois nécessaire et enthousiasmant. Je pense que si l'effort se poursuit dans la cohérence et dans l'unité, derrière notre Gouvernement, on peut améliorer la situation quotidienne des Français (…), on peut répondre à leurs besoins et rendre à la France une grandeur qui s'est un peu écornée depuis quelque temps. (…)
Je suis favorable au scrutin majoritaire
Il appartiendra au gouvernement de faire ce qu'il estime devoir faire. Mais n'oublions pas qu'un mode de scrutin a d'abord pour vocation de permettre la gestion d'un pays et non à tout le monde, de façon identique, d'être représenté. (…) En clair, je suis favorable à un scrutin majoritaire et non à un scrutin intégralement proportionnel. (…)
Quel grand stade ?
Je souhaite que la coupe du monde de football se passe le mieux possible, qu'elle soit une très grande fête. (…) Pour qu'elle soit réussie, il faut améliorer un certain nombre de stades en France – cela va se faire – et créer un grand stade. (…) Il faut qu'il ne soit pas trop éloigné du centre de Paris. C'est pourquoi j'ai toujours pensé, sans vouloir polémiquer, et même sans le dire, que le choix de Melun-Sénart n'était pas raisonnable. Je crains fort que cela n'apparaisse de plus en plus clairement. Il appartiendra au gouvernement, en fonction des formes modernes de stades que l'on peut concevoir et de la rentabilité que l'on peut en escompter, en accord très étroit avec les représentants du monde sportif, de décider de son implantation pour que cette réalisation pèse le moins possible sur les finances publiques qui n'ont pas besoin de cela. (…)
Je ne suis pas en mesure de vous dire s'il est possible ou non d'agrandir le Parc des Princes. (…)