Interview de M. Laurent Panifous, ministre délégué, chargé des relations avec le Parlement, à Sud Radio le 8 janvier 2026, sur les revendications des agriculteurs, la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse et le projet de loi de finances pour 2026.

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Média : Sud Radio

Texte intégral

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Bonjour Laurent PANIFOUS.

LAURENT PANIFOUS
Bonjour à tous.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Les tracteurs dans Paris, vous soutenez nos agriculteurs, c'est vrai que vous êtes un élu rural.

LAURENT PANIFOUS
Oui. Exactement. Je suis encore conseiller municipal de mon village, Le Fossat, en Ariège.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oui. Et vous soutenez ces agriculteurs ou pas ?

LAURENT PANIFOUS
Je soutiens le monde agricole depuis très longtemps, je mesure les crises qu'ils traversent, crises sanitaires, crises climatiques, crises économiques. Et aujourd'hui nous sommes au point d'orgue de ces crises, ou peut-être la convergence de toutes ces crises, avec en fond la question aussi du Mercosur, donc le monde agricole a besoin d'être accompagné.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Voyons dans le détail avec vous, il y a d'abord la lutte contre l'épidémie de dermatose nodulaire, où est-ce qu'on en est ? Parce que vous savez ce qu'ils attendent les agriculteurs, c'est qu'on change le protocole.

LAURENT PANIFOUS
Alors qu'on change le protocole avec une grande difficulté, des syndicats, des scientifiques, ils se sont mis d'accord sur un protocole. Dans un premier temps, ce protocole est appliqué.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
C'est-à-dire l'abattage.

LAURENT PANIFOUS
C'est-à-dire l'abattage de tout le troupeau, d'un troupeau qui n'est pas vacciné, lorsqu'on trouve un cas de DNC, une vache malade, pour protéger tout le reste du cheptel du territoire et même français. Un protocole qui est utilisé depuis des mois et les agriculteurs qui remettent en cause, et même des syndicats qui remettent en cause ce protocole.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Mais où est-ce qu'on en est du protocole scientifique qui a été annoncé ici même à votre place par Annie GENEVARD ?

LAURENT PANIFOUS
Écoutez, nous en sommes à ce point que la ministre a demandé à ce qu'une fois que l'ensemble du cheptel est vacciné, une fois qu'une période de 28 jours, je crois, est passée, c'est-à-dire que la vache est considérée comme protégée de cette maladie, alors est-ce qu'on peut interroger le protocole et faire en sorte qu'on n'abatte plus tout le troupeau, mais uniquement la vache malade, considérant que le territoire est protégé. Cette question, à ce jour, n'est pas tranchée, ceci est dans la main des scientifiques.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Pourquoi est-ce qu'elle n'est pas tranchée, Laurent PANIFOUS ?

LAURENT PANIFOUS
Je pense que l'évaluation de ce type de protocole…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
… l'épidémie sera partie, il y aura une décision, c'est ça en fait ?

LAURENT PANIFOUS
Non. Entre temps il se passe quelque chose d'important, je suis d'accord avec vous sur une chose. Il faut que cette décision, si elle doit arriver, elle arrive le plus vite possible, parce que je peux vous dire et confirmer que l'abattage total du protocole est absolument dramatique pour l'éleveur, et même plus largement pour tout le territoire…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc vous souhaitez qu'on teste ce protocole, où on met en quarantaine le troupeau quand il y a eu un cas de…

LAURENT PANIFOUS
Moi je souhaite deux choses, et c'est ce qui est en train d'arriver, et c'est arrivé en Ariège avant les autres départements, c'est que tout le cheptel soit vacciné le plus vite possible dans ces territoires à risque. Ça a été fait, le premier s'est engagé, l'Ariège est vacciné à 100 %.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc priorité, vous dites ce matin, à la vaccination.

LAURENT PANIFOUS
La partie du sud-ouest 80 %, c'est-à-dire c'est le seuil... Bien sûr, à la vaccination, mais après il faut avoir confiance qu'une fois que le troupeau est vacciné, ça a des conséquences commerciales, parce que ça crée des difficultés pour les éleveurs qui vivent dans ce périmètre de vaccination à exporter. C'est pour ça qu'on discute avec des pays comme l'Espagne, l'Italie, pour permettre l'exportation de bêtes vaccinées, parce qu'en fait il n'y a pas de bonne solution. Les bêtes qui ne sont pas vaccinées sont exposées à la maladie, les bêtes vaccinées empêchent, freinent le commerce.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Soyons clairs, c'est vaccination à fond, pour le reste, on verra.

LAURENT PANIFOUS
J'espère que le "on verra" va être le plus court possible, parce que nous avons besoin d'actes concrets, et encore une fois, l'abattage total du troupeau est quelque chose qui est vécu de manière absolument dramatique, et je le comprends intimement.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Il y a également l'autre sujet, l'accord imminent avec les pays du Mercosur. Oui ou non, Emmanuel MACRON doit-il le signer à vos yeux ?

LAURENT PANIFOUS
Les prises de parole du Premier ministre, notamment à l'Assemblée nationale, au Sénat, dans les médias, de la ministre de l'Agriculture, sont très claires. Les conditions n'y sont pas. Il n'est pas question que la France donne son accord sur ce traité, dans les conditions actuelles. Il y a la question des clauses de sauvegarde, il n'y a pas ces fameuses clauses de miroir qui sont au cœur de toutes les discussions sur un sort de l'accord de manière technique. Il n'est pas question que nous importions dans notre pays des produits qui sont réalisés, des produits agricoles, dans des conditions qui nous sont interdites à nous, à nos producteurs français. Ça c'est clair. C'est dit de manière très technique ces derniers jours. C'est aussi simple que ça. Il n'est pas question que cela soit le cas dans notre pays.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc Laurent PANIFOUS, les États se réunissent là à Bruxelles demain, le vote français sera non ?

LAURENT PANIFOUS
Il faut que le vote français soit non, bien sûr. C'est la parole du Gouvernement qui n'a pas changé depuis des semaines et depuis des mois. En tout cas, depuis que moi je suis ministre de ce Gouvernement, je n'ai jamais entendu d'autres mots que cela.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Au risque de se retrouver un peu cornérisé, passez-moi l'expression, avec la Pologne et la Hongrie.

LAURENT PANIFOUS
Ce qui est important aujourd'hui, c'est de dire notre position ferme au fait qu'on n'importera pas en France des produits qui ne respectent pas nos propres normes. Il y aura probablement des conséquences au fait que la France, de ce point de vue, soit isolée au niveau européen. Mais ce qui compte pour moi, c'est que la parole du Gouvernement français soit entendue en Europe et que les agriculteurs, les éleveurs français sachent que le Gouvernement les soutient et qu'ils se soutiennent entre eux. Parce que vous savez, le Mercosur, vous avez même au sein du monde agricole des gens qui seraient gagnants et des gens qui seraient perdants. Et il y a une solidarité au sein des agriculteurs pour faire en sorte que nous nous opposions à cela. En tout cas, que nous mettions sur la table, et la ministre de l'Agriculture a commencé à le faire, le Premier ministre a écrit et a commencé à le faire aussi, des choses concrètes. L'agriculture souffre de quelque chose depuis trop longtemps, ce sont des annonces. Ce qu'attendent les agriculteurs, ce sont des faits concrets. La ministre, par exemple, vient d'interdire clairement des importations et n'a pas attendu la signature ou pas du Mercosur pour ça.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Laurent PANIFOUS, vote non qui se profile du Président Emmanuel MACRON. Vous estimez que l'Italie de Giorgia MELONI nous a lâchés dans cette affaire ?

LAURENT PANIFOUS
Non, je ne suis pas là pour juger les positions avec des intérêts différents selon les États. Ecoutez, moi ce qui compte pour moi aujourd'hui, c'est que la France affirme cette position et qu'elle puisse protéger au maximum de manière juste et équitable notre agriculture vis-à-vis des autres au niveau européen, mais là, en l'occurrence pour le Mercosur, au niveau international.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Laurent PANIFOUS, autre urgence, le budget qui fait son retour ce jeudi en commission des finances de l'Assemblée nationale, les choses, est-ce qu'elles avancent ? Est-ce qu'il y aura un vote du budget ? Maud BREGEON, la porte-parole, a dit avant la fin du mois de janvier. Est-ce que vous, le ministre en charge des Relations avec le Parlement, vous êtes en mesure de nous dire ce matin, oui, ce vote va intervenir dans le mois de janvier ?

LAURENT PANIFOUS
Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a une volonté partagée, de toutes, à la fois Gouvernement et parlementaire, que nous mettions fin à la procédure budgétaire d'ici la fin du mois de janvier. Il y a un autre consensus, c'est que nous ramenions le déficit public, consensus du Gouvernement et des différents groupes parlementaires, autour de 5 %, en dessous de 5 % au lieu de 5,4 % cette année. Ça, ce sont les deux consensus. Je ne suis pas en mesure de vous dire comment cette copie va atterrir, sous quelle forme elle va atterrir aujourd'hui. En revanche, ce que je peux vous dire, pour avoir participé à côté d'Amélie De MONTCHALIN et Roland LESCURE, et l'ensemble des groupes politiques qui étaient invités, qui ont accepté de venir pour discuter, d'un chemin de compromis, et c'est ça le plus important, c'est de quel texte parlons-t-on ? Donc oui, avant la fin du mois, c'est un consensus dans la case politique.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc ça, en termes de date, calendrier, oui, avant la fin du mois. Le principal consensus, il porte sur la hausse de l'impôt sur les sociétés des plus grandes entreprises françaises. Nous sommes d'accord.

LAURENT PANIFOUS
Oui, sur les 400 plus grandes…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Le rendement que je qualifie, on parle de 6, de 4 à 6, voire 7 milliards, demande le Parti Socialiste, dans les caisses de l'État en plus.

LAURENT PANIFOUS
Oui, c'est cela. Il y a un consensus sur le fait qu'on interroge, qu'on sollicite plus les 400 plus grandes entreprises françaises.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Là, il y a un consensus entre, on va dire, une coalition des raisonnables. On peut appeler ça comme ça ?

LAURENT PANIFOUS
Vous pouvez l'appeler comme ça. En tout cas nous, le Gouvernement, nous avons invité cette semaine les groupes qui sont prêts à discuter.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Est-ce qu'il y a eu cette réunion de 4 heures là à Bercy ?

LAURENT PANIFOUS
Oui, je parle bien de cette réunion. Et les groupes socialistes, LR, les LIOT, les groupes du Bloc Central sont venus pour discuter, pour avancer leurs demandes, leurs attentes, mais dans un cadre que je redis, c'est-à-dire ramener le déficit à 5 %, il y a différentes manières de le faire.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Il manque 15 milliards, vous en êtes conscient ?

LAURENT PANIFOUS
Oui, il manque à peu près 15 milliards. Et ces 15 milliards où on va les chercher ? par l'impôt. Ce n'est pas la position de la droite. Où on va l'augmenter ? par l'augmentation des dépenses. Ça peut être plus une position de gauche, et peut-être que le compromis se trouve entre ces deux-là. En tout cas, ce qui était important, et je veux le saluer, c'est que les groupes parlementaires, issus des familles socialistes, républicaines, des LIOT, du Bloc Central, ont accepté de se mettre autour de la table, c'est une réunion qui était très longue, mais qui était très constructive pour y avoir participé.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Laurent PANIFOUS, ce matin, à Amélie DE MONTCHALIN, c'est sur RTL, n'exclut rien quant à l'utilisation d'un 49.3. Que dites-vous ce matin ?

LAURENT PANIFOUS
Ce que je vous dis, c'est que de quelle manière le texte sera adopté ? Je ne suis pas en mesure ce matin, personne n'est en mesure ce matin de vous dire comment ce sera le cas. Ce que je vous dis, c'est qu'il y a une convergence, un consensus sur le fait que ce budget doit être adopté. Mais que ce soit par 49.3, que ce soit par vote ou par autre chose, il faudra de toute façon avoir un budget. Et pour cela, les parlementaires doivent se mettre d'accord. Et ce n'est pas la langue de bois. Les parlementaires, d'abord, doivent travailler sur un texte, sur un fond. Parce que même si ça avait été 49.3, et ce n'est pas ce que je vous dis aujourd'hui, un 49.3 sur quel texte ? On a forcément envie, et je peux le comprendre, c'est humain, de savoir comment on va sortir de cette histoire. Moi, ce que je vous dis et ce qui est important…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
… à partir d'un texte précis qui pourrait satisfaire une majorité…

LAURENT PANIFOUS
Une majorité de députés, oui.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Dont le Parti Socialiste, donc votre ancienne famille.

LAURENT PANIFOUS
Dont le Parti Socialiste, donc les LIOT, dont les Républicains et dont les trois groupes du Bloc Central. Ça constitue une majorité à l'Assemblée nationale.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Le Premier ministre Sébastien LECORNU, vous le savez, a toujours dit pas de 49.3, mais ça c'était dans le monde d'avant, c'est l'année dernière, c'était en décembre, ça parait loin. Aujourd'hui, il peut changer d'avis là-dessus, s'il y a une espèce de consensus, pas de censure ? Donc on y va, on en finit. Parce que les municipales, Laurent PANIFOUS, ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre, le premier tour, c'est dans moins de dix semaines.

LAURENT PANIFOUS
Oui, je suis d'accord avec vous. Et c'est pour ça que, aussi, le consensus se construit, c'est-à-dire la volonté de respecter les temps, celui des élections municipales, et aujourd'hui, terminer celui du budget. Vous avez des textes importants qui ont démarré, notamment au Sénat, sur la fin de vie. Et il y a des moments qu'il faut créer pour pouvoir travailler sérieusement et sereinement. Pour tous ces sujets, c'est important. Donc oui, il faudra à la fin du mois faire en sorte que nous terminions cette phase budgétaire. Comment on va terminer ? Je ne sais pas. Mais ce qui compte aujourd'hui, je ne sais pas, il n'y a pas cinquante chemins, mais ce qui compte, mais vraiment, c'est le fond. Parce que quelle que soit la méthode qui sera utilisée et qui sera de la responsabilité ou pas du Premier ministre, ce sera sur un texte de fond qui fera consensus.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc quand vous dites ça, vous n'excluez rien. Vous savez que Philippe JUVIN, le rapporteur général du budget à votre place, ici même, hier, a dit les ordonnances, pourquoi pas ?

LAURENT PANIFOUS
Oui, Philippe JUVIN, lui, militant des ordonnances. Écoutez, il y a les ordonnances, il y a le 49.3, il y a le vote, il y a ces trois chemins, il n'y en a pas d'autres. Mais encore une fois, des ordonnances sur quoi ? Un 49.3 sur quoi ? Un vote sur quoi ? Et en fait on veut répondre au comment alors que le quoi est indispensable. Parce que vous pouvez faire tous les 49.3 du monde. Si vous ne vous êtes pas mis d'accord, avant, sur un texte qui est consensuel, qui est acceptable, ce ne sera ni un texte de gauche, ni un texte de droite. Si on veut pouvoir éviter ou une censure qui serait rédhibitoire pour le pays, pas simplement pour ceux qui gouvernent, si on veut avoir un budget à la fin du mois, il faut pour ça qu'on se mette d'accord. Donc on se retrouvera avec les mêmes, avec les mêmes qui sont venus, pour essayer d'avancer sur ce travail de compromis.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous citez la censure Laurent PANIFOUS. Je reviens sur le Mercosur. Vous avez vu ce qu'a dit Bruno RETAILLEAU, le président des Républicains, que s'il vote l'accord, Emmanuel MACRON, il prend le risque de censure du Gouvernement. Donc là-dessus aussi, ça pèse, Mercosur, sur la menace de censure sur le Gouvernement. Vous l'avez entendu ce qu'a dit Bruno RETAILLEAU ?

LAURENT PANIFOUS
Oui, j'entends ce que dit Bruno RETAILLEAU.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc Emmanuel MACRON évite les crises avec les Républicains.

LAURENT PANIFOUS
Bruno RETAILLEAU n'est pas le seul à le dire, mais je pense qu'il y a un consensus assez large, vous savez, dans notre pays, et donc dans sa classe politique, pour ne pas signer cet accord. Peu importe ce que l'accord, dans quelques jours, s'impose, ou dans quelques semaines, à la France, en tout cas, la France aura dit non. Et ce que dit monsieur RETAILLEAU, c'est que cet accord du Mercosur soit réel, avec l'accord de la France... Pas que le Mercosur soit validé

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous êtes d'accord qu'il y a une négociation autour de la non-censure. C'est-à-dire le budget, quel que soit 49.3, ordonnance, etc. L'idée, c'est de faire en sorte de ne pas être censuré.

LAURENT PANIFOUS
Mais il y a une négociation pour obtenir une majorité de députés qui acceptent un budget acceptable pour ces forces politiques que j'ai évoquées. Que ce soit pour un accord de non-censure, ou que ce soit pour un accord de vote, c'est la même chose. On a envie de savoir comment on sort de cette histoire. Moi, je peux vous dire deux choses. C'est qu'on est tous d'accord pour ramener à 5 %. C'est important. On est tous d'accord pour éviter l'instabilité. On est tous d'accord pour avoir un budget autour de la fin du mois de janvier. On est d'accord sur ça.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Ça, c'est l'idée générique. Dernière chose, Laurent PANIFOUS. Sur la fin de vie, vous étiez rapporteur du texte. Il y en a deux, en fait. Il y a la fin de vie et les soins palliatifs. Mais sur la fin de vie, le Sénat remplace le droit de l'aide à mourir par une assistance médicale à mourir. Vous êtes d'accord avec ça ? Que signifie la subtilité ?

LAURENT PANIFOUS
Je fais partie de ceux à l'Assemblée nationale qui ont milité pour faire en sorte que ce nouveau droit existe dans les mois à venir. Je l'espère toujours. Ecoutez, moi, la position du Sénat, je l'ai regardée forcément attentivement comme ancien rapporteur de ce texte à l'Assemblée nationale. Elle n'est pas si dure que ça. Je pouvais craindre plus difficile. Moi, je respecte la position des uns et des autres. Comme je l'ai fait à l'Assemblée nationale, aujourd'hui et au Sénat, les sénateurs font leur travail. Ils n'ont pas remis en cause le principe d'accompagner une personne qui aurait des souffrances réfractaires, c'est-à-dire qu'on ne sait soulager. Ils n'ont pas remis en cause ce principe. Il est clair que le texte sorti de la commission au Sénat, il y aura le travail en séance quand même, est un texte qui est une position qui resserre. Ce qui avait été fait à l'Assemblée nationale. C'est-à-dire qui maintient le principe, mais avec des conditions plus restrictives. Je ne suis pas étonné, et même je suis plutôt favorablement surpris.

FRANÇOIS ACHILLI
2026, pour ce texte, priorité du président de la République dans l'avenir utile. Vous pouvez vous engager ?

LAURENT PANIFOUS
Exactement. Le texte démarre à l'Assemblée nationale, c'est fait, il est en commission. Il arrive les deux dernières semaines de février, le 16 février exactement, à l'Assemblée nationale pour la deuxième lecture. L'objectif, c'est que ce texte soit adopté avant l'été de manière définitive. En tout cas, oui, je vous le dis en 2026.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 janvier 2026