Protocole sanitaire, bac 2021... Ce qui change pour la rentrée scolaire 2020

La circulaire de rentrée publiée par le ministère de l'éducation nationale décrit les grandes priorités pour l'année scolaire 2020-2021 et précise les dispositifs mis en place dans le contexte sanitaire lié au Covid-19. Les modalités pratiques de déroulement de la rentrée sont détaillées dans un protocole sanitaire mis à jour le 26 août.

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La rentrée scolaire a lieu pour tous les élèves le mardi 1er septembre 2020, et la prérentrée des enseignants le lundi 31 août. Cette rentrée est particulière puisqu'elle suit une année scolaire 2019-2020 fortement perturbée par la pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement. La circulaire de rentrée 2020 fait une large place aux priorités pédagogiques de l'après-confinement.

La rentrée 2020 s'inscrit aussi dans la continuité des réformes décidées en 2019 dans la loi pour une école de la confiance et poursuit la mise en œuvre du nouveau baccalauréat.

Lors de la rentrée 2019, l'âge de l’instruction obligatoire a été abaissé à 3 ans (au lieu de 6 ans) et l'école maternelle est ainsi devenue obligatoire. À la rentrée 2020 est instaurée une obligation de formation des jeunes de 16 à 18 ans. Le décret du 5 août 2020 relatif à l'obligation de formation définit les conditions de sa mise en œuvre et les motifs d'exemption. Cette mesure vise les 56 000 jeunes mineurs qui ne sont ni en études, ni en formation, ni en emploi. Tout jeune de 16 à 18 ans devra se trouver dans l'une des situations suivantes :

  • employé ;
  • en service civique ;
  • dans un parcours d'accompagnement ou d'insertion sociale et professionnelle ;
  • dans un cursus scolaire ou en apprentissage.

La rentrée scolaire dans le contexte du Covid-19

Le 1er septembre 2020, la rentrée concerne tous les élèves et l'obligation scolaire s'applique pleinement de la maternelle au lycée.

Un guide relatif au fonctionnement des écoles et des établissements scolaires dans le contexte spécifique de la Covid-19 a été publié par le ministère de l'éducation nationale. Il rappelle les règles sanitaires à respecter et leurs modalités d'application :

  • les parents d'élèves s'engagent à ne pas mettre leurs enfants à l'école, au collège ou au lycée en cas de fièvre ou en cas d'apparition de symptômes évoquant le Covid-19 chez l'élève ou dans sa famille. Les personnels de l'éducation nationale appliquent les mêmes règles ;
  • la distanciation physique n'est pas obligatoire quand elle est matériellement impossible ou qu'elle ne permet pas d'accueillir la totalité des élèves. Mais les espaces sont aménagés de façon à maintenir la plus grande distance entre les élèves ;
  • le port du masque est obligatoire pour les élèves à partir de 11 ans (collège et lycée). Il appartient aux parents de fournir des masques à leurs enfants. En école maternelle, le port du masque est proscrit pour les élèves, en école élémentaire, le port du masque n'est pas recommandé ;
  • pour les personnels, le port du masque est obligatoire dans les établissements scolaires. Le ministère met à disposition de ses agents en contact direct avec les élèves des masques "grand public" (deux masques pour chaque jour de présence dans les établissements). Les collectivités locales doivent fournir des masques à leurs agents (personnels d'entretien, de cantine...) ;
  • les gestes barrières doivent être appliqués en permanence, partout et par tout le monde. Le lavage des mains doit être réalisé, a minima, à l'arrivée dans l'établissement, avant chaque repas, après être allé aux toilettes, le soir avant de rentrer chez soi ou dès l'arrivée au domicile ;
  • les locaux sont aérés toutes les trois heures pendant au moins 15 minutes. Ils sont nettoyés et désinfectés régulièrement, de même que les matériels ;
  • la limitation du brassage entre groupes d'élèves n'est pas obligatoire mais les établissements organisent le déroulement des activités pour limiter les regroupements et les croisements importants entre groupes ;
  • les élèves bénéficient d'une information pratique sur les gestes barrières, dont l'hygiène des mains.

Localement, en fonction de la circulation du coronavirus, des mesures spécifiques pourront être décidées (limiter le brassage des élèves, par exemple). Dans l'hypothèse où les conditions sanitaires imposeraient le retour à un protocole sanitaire plus strict ou à des fermetures d'établissements scolaires, le ministère a élaboré un plan de continuité pédagogique. Ce plan contient à la fois des consignes sur l'organisation des locaux et des ressources pour l'enseignement numérique à distance.

Les priorités pédagogiques pour une rentrée post-confinement

La circulaire pour la rentrée scolaire 2020 revient sur les conséquences du confinement décidé pour faire face à l'épidémie de Covid-19. La priorité est donnée à l’évaluation des savoirs de chaque élève dès les premiers jours de rentrée dans les différents cycles, pour lutter contre les risques de décrochage scolaire. Dans cette optique, des moyens supplémentaires ont été annoncés :

  • 1 688 postes supplémentaires dans le premier degré ;
  • 8 000 nouveaux postes d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), dont 4 000 étaient prévus dans le cadre de la loi de finances initiale ;
  • un éventail de 1,5 million d'heures supplémentaires mobilisées pour renforcer l'aide aux devoirs et l'accompagnement personnalisé, et 130 000 heures d'assistants d'éducation (AED) d'ici le mois de décembre.

La circulaire de rentrée précise que, dès le début de l'année scolaire, les besoins des élèves doivent être identifiés. Les enseignants doivent veiller à ce qu'ils maîtrisent les connaissances et les compétences indispensables à la poursuite de leur scolarité. Dès le 14 septembre débutent les évaluations nationales en CP, en CE1 et en 6e.

Dans le contexte de l'après-confinement, le ministère de l'Éducation nationale a défini des priorités pédagogiques pour chaque niveau d'enseignement afin de permettre à chaque élève de consolider ou d'approfondir ses apprentissages :

  • dans l'enseignement du premier degré, la priorité est donnée au français et aux mathématiques, de la rentrée aux vacances d'automne ;
  • au collège, le ministère précise : "il est fondamental de bien identifier les besoins des élèves et d'aborder sans délai les compétences qui n'auraient pas été acquises ou suffisamment travaillées du fait du confinement" ;
  • au lycée, "la rentrée 2020 se place sous le signe de l'identification des besoins propres à chaque élève et des réponses personnalisées qui peuvent y être apportées, avec pour objectif de résorber les écarts qui ont pu naître pendant la crise sanitaire".

Pour réduire les écarts entre élèves, le ministère entend intensifier l'accompagnement personnalisé des élèves en difficulté, en particulier dans les classes charnières (CP, 6e, seconde), grâce aux heures d'activités pédagogiques complémentaires (APC) pour les élèves de primaire ou grâce à des aides personnalisées renforcées pour les collégiens.

Le chef d'établissement pourra proposer aux familles un parcours scolaire et périscolaire intégré pour l'enfant (accompagnement personnalisé autour des savoirs fondamentaux) ou encore un parcours scolaire renforcé en lecture effectué pendant le temps de présence à l'école.

Les stages de réussite qui se déroulent en période de vacances scolaires ainsi que le dispositif Devoirs faits sont renforcés. Le dispositif Devoirs faits au collège permet à chaque élève volontaire de bénéficier de 3 heures d'accompagnement aux devoirs par semaine (4 heures pour les élèves de 6e sur la période septembre-octobre). Ces heures sont positionnées dans l'emploi du temps.

Au lycée, l’effort d'accompagnement personnalisé est porté particulièrement sur les élèves de seconde et de première année de CAP.

Par ailleurs, le Plan langues vise à consolider les enseignements de langue et en langue. Il prévoit :

  • le développement des classes bilangues en 6e (elles peuvent désormais être ouvertes sans que la continuité avec l'enseignement des langues proposé dans l'école primaire d'origine soit exigée) ;
  • le développement des classes européennes au collège et au lycée ;
  • la création en juin 2021 d'un test de positionnement en anglais, en ligne, pour tous les élèves de 3e ;
  • la délivrance d'une attestation de niveau en langues vivantes à chaque bachelier général, technologique ou professionnel, à partir de la session 2021.

Le nouveau bac 2021

L'année scolaire 2020-2021 voit la mise en application complète du nouveau baccalauréat puisqu'il entre en vigueur pour les élèves de terminale. Il s'applique déjà aux élèves de première depuis la rentrée 2019. Il n'y a plus de séries (L, ES, S) en voie générale mais un tronc commun et des parcours choisis par chaque lycéen en fonction de ses aspirations. Les classes de première et de terminale sont organisées en trois types d'enseignement :

  • des enseignements communs à tous les élèves (histoire-géographie, langues vivantes, éducation physique et sportive...) ;
  • des enseignements de spécialité obligatoires (trois en première et deux en terminale), choisis par l'élève parmi 12 disciplines (arts, humanités, sciences de l'ingénieur, biologie-écologie...) ;
  • des enseignements optionnels (au choix de l'élève).

À la rentrée 2020, les enseignements de spécialité sont renforcés en début d'année afin de réduire les éventuels écarts entre élèves liés au confinement.

Pour la session 2021, le baccalauréat est évalué selon deux modalités :

  • un contrôle continu (40% de la note finale) qui repose sur des épreuves communes organisées par les lycées pendant la première et la terminale (pour 30%) et sur les bulletins scolaires de l'élève durant ces deux années (10%) ;
  • des épreuves terminales (60% de la note finale) qui comprennent deux épreuves écrites sur les enseignements de spécialité, l'épreuve écrite de philosophie et l'épreuve orale terminale ("grand oral").

L'épreuve anticipée écrite et orale de français en fin de première est maintenue. Elle a été annulée en juin 2020 à cause de la situation sanitaire. Exceptionnellement, l'évaluation en français se fonde donc, cette année, sur le contrôle continu, c'est-à-dire sur les notes obtenues aux premier et deuxième trimestres.

Selon la note de service du 11 février 2020, l'épreuve du grand oral doit "permettre au candidat de montrer sa capacité à prendre la parole en public de façon claire et convaincante. Elle lui permet aussi de mettre les savoirs qu'il a acquis, particulièrement dans ses enseignements de spécialité, au service d'une argumentation, et de montrer comment ces savoirs ont nourri son projet de poursuite d'études, voire son projet professionnel". L'épreuve se déroule en trois temps :

  • pendant 5 minutes, le candidat présente la question choisie par le jury parmi deux questions préparées en classe sur ses enseignements de spécialité ;
  • pendant 10 minutes, le jury échange avec le candidat et évalue ses connaissances et ses compétences en argumentation ;
  • pendant 5 minutes, le jury échange avec le candidat sur son projet d'orientation.

Pour préparer cette nouvelle épreuve, la circulaire de rentrée précise que la pratique de l'oral va faire l'objet d'une préparation et d'une évaluation dans les différents enseignements. Des formations dédiées au grand oral seront également organisées.