Société : l’espérance de vie stagne en France

Hausse des cancers liés au tabagisme, épidémies… Autant de facteurs qui expliquent le ralentissement de l’augmentation de l’espérance de vie en France comme dans les pays de l’Europe du Nord.

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Jeune couple marchant sur une route de campagne avec leur chien.
L’étude pointe la relative stagnation de la mortalité par cancer. © Alexander Zlatnikov - stock.adobe.com

Entre 2017 et 2018, le gain d’espérance de vie des Français est de 0,1 an. Cette tendance pourrait s’inscrire sur le long terme, selon une étude récemment publiée par l’Institut national d’études démographiques (Ined). 

Les raisons du ralentissement de l’espérance de vie

L’espérance de vie à la naissance n’a augmenté que de 0,1 an entre 2017 et 2018, pour les femmes (85,4 ans) comme pour les hommes (79,5 ans). Sur les cinq dernières années, les hommes ont gagné 0,7 an et les femmes 0,4 an, un gain "modeste" selon les auteurs de l’étude. 

Sur les cinq dernières années, trois épidémies de grippe, chacune ayant provoqué un surcroît de 20 000 décès, ont entraîné un recul de l’espérance de vie de 0,1 à 0,3. Cet effet est conjoncturel mais d’autres causes expliquent le ralentissement des progrès de l’espérance de vie.

Les gains d’espérance de vie liés aux progrès de la prévention et des traitements des maladies cardio-vasculaires atteignent leurs limites. 
Les cancers constituent aujourd’hui la principale cause de mortalité. L’étude pointe notamment la hausse des cancers liés au tabagisme chez les femmes. Selon l’Ined, la lutte contre le cancer est un facteur essentiel de la reprise d’une hausse significative de l’espérance de vie. 

Un ralentissement généralisé dans les pays de l’Europe du Nord

Le ralentissement de l’espérance de vie touche d’autres pays, tels que la Suède ou le Danemark. L’exemple le plus marquant est celui des États-Unis, dont l’espérance de vie décroît depuis 2015. L’espérance de vie des hommes est proche de 76 ans, loin derrière la plupart des pays développés. 

Les femmes françaises restent bien placées en Europe avec les Espagnoles et les Italiennes qui ont rattrapé puis distancé les Suédoises. Seules les Japonaises font sensiblement mieux avec une espérance de vie qui dépasse les 87 ans.