La stratégie nationale de déconfinement présentée à l'Assemblée nationale

Vie quotidienne, vie au travail, écoles, transport, vie sociale... Le Premier ministre a présenté, le 28 avril, devant l'Assemblée nationale la stratégie nationale pour un déconfinement progressif à partir du 11 mai 2020. Un projet de loi devrait être présenté pour proroger l'état d'urgence sanitaire.

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"Comment notre vie va reprendre". Après un confinement inédit dans l'histoire, il s'agit désormais d'envisager la levée progressive des mesures de confinement afin de limiter leur conséquences négatives. Le confinement a été, selon le Premier ministre, efficace pour endiguer l'épidémie mais il y a un risque "d'écroulement" s'il devait se prolonger trop longtemps.

Les principes du déconfinement

Le Premier ministre l'a rappelé, le coronavirus va continuer à circuler, "nous allons devoir vivre avec le virus", et le système hospitalier reste fragile. Il est donc nécessaire de procéder au déconfinement avec prudence et progressivité. En outre, la circulation du virus n'est pas uniforme dans le pays. Le déconfinement doit être
adapté aux réalités locales et cette possibilité sera accordée aux maires. Déjà précisés lors de la conférence de presse du 19 avril, les principes du déconfinement sont les suivants :

  • protéger : par le respect des gestes barrières et des règles de distanciation physique auxquels vient s'ajouter le port du masque dans certaines situations. L'Etat, les collectivités territoriales et les entreprises doivent collaborer pour fournir des masques à la population. Par exemple, les entreprises devront équiper leurs salariés ;
  • tester : 700 000 tests seront réalisés par semaine à partir du 11 mai. Ces tests seront pris en charge à 100% par l'assurance maladie. Les contacts des personnes positives seront identifiés et recherchés pour être testés (contacts téléphoniques, etc) ;
  • isoler : les porteurs du virus seront confinés au plus vite pour casser les chaines de transmission. L'isolement fera appel au civisme et au volontariat. Les préfets et les acteurs de santé définiront les plans d'isolement. Les personnes auront le choix d'être confinées à leur domicile ou dans des hôtels mis à leur disposition.

Pour le moment, l'application StopCovid n'ayant pas été développée, il est prématuré, selon le Premier ministre, de prévoir son utilisation. Avant toute décision sur cette application, un débat et un vote seront organisés au Parlement.

Si tous les indicateurs restent favorables, le déconfinement sera effectif le 11 mai mais il sera progressif. Une première phase durera jusqu'au 2 juin, puis s'il n'y a pas de retour de l'épidémie, une troisième phase sera mise en oeuvre jusqu'à l'été.

Le déconfinement sera différencié selon les départements, en fonction du nombre de cas de COVID-19, de la tension des services hospitalières et des capacités de tests. La liste des départements "verts" (déconfinement) et des départements "rouges" (règles plus strictes) sera connue le 7 mai.
 

Les modalités du déconfinement

Les écoles maternelles et les écoles primaires vont ouvrir progressivement à partir du 11 mai sur la base du volontariat. Dans les départements où le virus circule peu, les collèges pourront ouvrir à partir du 18 mai en commençant par les élèves de sixième et de cinquième. En juin, les lycées pourront ouvrir.

Les classes devront accueillir 15 élèves au maximum. Tous les personnels devront porter des masques si le respect des règles de distanciation physique ne peuvent pas être respectées. Le port du masque sera prohibé pour les élèves de maternelle. Des masques pédiatriques seront disponibles dans les écoles primaires pour les élèves qui présentent des signes de la maladie. Dans les collèges, le port du masque sera obligatoire pour les collégiens.
L'accueil en crèches sera défini en fonction en fonction d'impératifs sociaux (incapacité de télétravail pour les parents...). Les personnels des crèches porteront des masques grand public.

S'agissant de la vie au travail, le télétravail doit être prolongé si possible trois semaines encore. A défaut, les horaires décalés doivent être encouragés et les salariés porter des masques si les règles de distanciation physique ne peuvent pas être respectées. Les règles d'indemnisation du chômage partiel restent en vigueur
jusqu'au 1er juin.

Tous les commerces pourront ouvrir le 11 mai sauf les cafés et les restaurants. Les marchés seront de nouveau autorisés sauf avis contraire du maire ou du préfet. Les commerces devront cependant respecter un cahier des charges précis pour l'accueil des clients (nombre de clients limité...). Le port du masque est recommandé si la distanciation physique n'est pas garantie. Un commerçant pourra cependant interdire l'accès à son magasin aux clients qui ne portent pas de masque. Par ailleurs, le préfet pourra décider de ne pas ouvrir les centres commerciaux d'une superficie supérieure à 40 000m2. Fin mai, il sera décidé si les cafés et les restaurants peuvent ouvrir le 2 juin.

Pour éviter la promiscuité dans les transports publics, l'offre de transport urbain va être augmentée. Dans le même temps, la demande doit être limitée (télétravail, horaires décalés...). Le port du masque sera obligatoire dans les transports collectifs.

Les transports scolaires seront mis en service. En revanche, les transports interrégionaux doivent rester limités. 

Concernant la vie sociale, il est recommandé aux personnes vulnérables de continuer à respecter les règles de confinement. Il n'y aura pas de contrôle mais le Premier ministre fait appel à la patience des personnes âgées notamment.

Après le 11 mai, il sera possible de circuler sans attestation sauf au delà de 100 kilomètres de son domicile. Le sport en plein air sera autorisé mais pas le sport en intérieur, ni les sports collectifs et les sports de contact. Les parcs et jardins seront ouverts dans les seuls départements où le virus circule peu. En revanche, les plages
resteront fermées jusqu'au 1er juin. Les bibliothèques et les petits musées pourront ouvrir.

Les festivals qui accueillent plus de 5000 participants ne pourront avoir lieu avant le mois de septembre. Les cérémonies dans les lieux de culte restent interdites jusqu'en juin. Les cimetières seront en revanche ouverts dès le 11 mai. 

Dans tous les cas, les rassemblements, dans les lieux privés et publics, seront limités à 10 personnes.

Le Premier ministre a annoncé la présentation en conseil des ministres d'un projet de loi de prorogation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 23 juillet. Ce texte contiendra aussi des mesures nécessaires au déconfinement.