Le Premier ministre précise les principes du "déconfinement"

Pour endiguer l'épidémie de COVID-19, un confinement strict s'applique jusqu'au 11 mai 2020. Le 19 avril, le Premier ministre a précisé les conditions qui devraient être remplies pour un déconfinement progressif.

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Lors d'une conférence de presse, le Premier ministre et le ministre en charge de la santé ont fait un point de situation sur la crise sanitaire et les mesures prises pour endiguer l'épidémie de COVID-19.

Selon le Premier ministre, le confinement est respecté. Les déplacements ont fortement réduit (-86% vers les commerces, -79% vers les stations de transport). Sur 13,5 millions de contrôles effectués par les forces de l'ordre, 800 000 infractions ont été constatées.

Les mesures de confinement ont ainsi permis de limiter la circulation du coronavirus. Elles ont cependant de forts effets négatifs : isolement notamment des personnes âgées, moindre recours aux soins hors COVID-19 et forte baisse du dépistage de certains cancers, risques économiques. Sur ce dernier point, la récession économique provoquée par les mesures de confinement est la plus forte depuis 1945 (-8% en 2020). Depuis le 16 mars, l'activité économique a baissé de 36%. Dans certains secteurs, la baisse est beaucoup plus forte : -88% dans la construction, -90% dans le secteur de l'hébergement et de la restauration.

Avec la baisse lente du nombre de personnes malades et la libération progressive de places dans les services de réanimation, un "déconfinement" peut être envisagé. Dans son intervention du 13 avril, le président de la République a annoncé qu'un déconfinement pourrait être progressivement mis en oeuvre à compter du 11 mai. Le Premier ministre a détaillé les principes d'un déconfinement.

 

Les principes du déconfinement

Les deux conditions préalables à un déconfinement sont la maîtrise de la circulation du coronavirus et le rétablissement de la capacité d'accueil des hôpitaux.

Le 11 mai, le coronavirus n'aura pas cessé de circuler, il importe donc de continuer à respecter les gestes barrières et la distanciation physique. Le Premier ministre a, en outre, précisé que le masque grand public (masque lavable en tissus) est un complément aux gestes barrières et aux mesures de distanciation sociale. L'objectif est de permettre à tous les Français qui le souhaitent d'obtenir un tel masque à partir du 11 mai. Il est possible que le port du masque soit rendu obligatoire dans les transports publics.

Des tests virologiques vont être réalisés sur toutes les personnes qui présentent des symptômes du COVID-19. Actuellement, 150 000 tests sont réalisés par semaine, l'objectif est d'effectuer 500 000 tests par semaine à compter du 11 mai. Les personnes positives (porteuses du virus) seront confinées. Elles auront le choix d'un confinement à domicile ou dans un hôtel mis à disposition pour éviter la contamination familiale.

Pour le retour au travail, le Premier ministre a précisé que les personnes qui peuvent télétravailler devront poursuivre le télétravail. Pour les activités non réalisables en télétravail, l'organisation du travail devra respecter les gestes barrières et les règles de distanciation physique.

A l'exception des bars et commerces, les commerces pourront ouvrir mais en mettant en place des files d'attente organisées et en proposant du gel hydroalcoolique à l'entrée du magasin.

S'agissant des écoles, toutes n'ouvriront pas le 11 mai. Il se peut qu'elles n'ouvrent que dans certaines régions ou que la classe soit organisée par demi-groupe.

Dans tous les cas, le déconfinement progressif à partir du 11 mai n'est pas un retour à la vie d'avant le confinement. Un plan précis de déconfinement doit être présenté fin avril. Il placera le couple maire / préfet au coeur du dispositif. Un débat parlementaire sera organisé avant sa mise en oeuvre.