Violences sur enfants : hausse des signalements pendant le confinement

Les services de protection de l'enfance font face à une augmentation des signalements des cas de violences sur enfants. Le risque est fortement accru pendant la période de confinement.

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Du 13 au 19 avril 2020, plus de 14 500 appels ont été reçus par le 119, service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger (SNATED), soit une augmentation de 89% du nombre d’appels par rapport à l’année 2019 sur la même période.

Depuis l’instauration du confinement, 92 enfants ont été placés en urgence hors de leur domicile, pour assurer leur protection contre des maltraitances.  

Augmentation des appels reçus par le 119

Selon un communiqué du secrétaire d'État à la protection de l'enfance publié le 22 avril 2020, le nombre de mineurs qui composent le 119 augmente sensiblement depuis le début avril. Cette hausse concerne non seulement les appels émis par les mineurs confrontés aux violences (+80%) mais aussi ceux émis par leurs camarades inquiets (+58%). Parmi les personnes qui appellent, la proportion de voisins témoins de maltraitances a presque doublé en deux semaines. Les appels urgents qui sont transmis en priorité aux cellules de recueil d’informations préoccupantes pour que les services départementaux interviennent rapidement ont augmenté de 60% depuis le début du confinement.

Pour faire face à ce nouveau contexte, les capacités d'écoute du SNATED ont été renforcées de plus de 25% sur la semaine du 13 au 19 avril 2020, notamment par le recrutement de personnels écoutants et la mise en place d’heures supplémentaires. 

Augmentation du nombre d’interventions des forces de l’ordre

Durant la période de confinement, les victimes de violences intrafamiliales peuvent contacter directement les services de police et de gendarmerie par SMS, via le 114. Le nombre des interventions des forces de l'ordre a ainsi augmenté de 48% du 16 mars au 12 avril 2020. 

La justice, qui intervient pour prononcer des mesures de placement provisoire, a maintenu des permanences pour juger les auteurs de violences commises sur les enfants. Une ordonnance publiée le 25 mars 2020 a par ailleurs permis de faciliter le traitement par les tribunaux pour enfants des nouveaux signalements d’enfants en danger et d’assurer la continuité des mesures de protection déjà décidées.

Dès le 21 novembre 2019, à l’occasion des 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, le secrétaire d'État à la protection de l’enfance avait présenté les 22 mesures d’un plan de lutte contre les violences faites aux enfants.