Lutte contre les fausses informations en ligne : quels dispositifs en place ?

Depuis la loi du 22 décembre 2018, les principaux opérateurs de contenus internet ont l’obligation de transmettre au CSA des informations sur les actions menées pour lutter contre la propagation de fausses informations ("fake news") en ligne. Le CSA dresse un premier bilan des dispositifs déployés tout en proposant des pistes d'améliorations.

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Écran de téléphone avec les icônes des réseaux sociaux.
Le CSA suggère notamment parmi les pratiques à améliorer : l’intégration d’une catégorie spécifique "Fausse information" dans les formulaires de signalement mis à disposition des utilisateurs. © wachiwit - stock.adobe.com

Moteurs de recherche, réseaux sociaux, partages de contenus vidéo et audio, forums en ligne, contenus à vocation encyclopédique... Onze grands opérateurs du net, concernés par la loi "anti fake news", car dépassant le seuil des cinq millions de visiteurs uniques chaque mois, ont répondu au questionnaire en ligne adressé par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

Sur la base de celui-ci, l’organisme de contrôle évalue, dans un rapport sur la lutte contre la diffusion de fausses informations publié en juillet 2020, l’application et l’effectivité des mesures adoptées à la suite des recommandations émises par le CSA en mai 2019.

Des dispositifs de signalement en place

Tous les opérateurs à une exception ont mis en place un dispositif de signalement de fausses informations susceptibles de troubler l'ordre public ou d'altérer la sincérité d'un scrutin.

Néanmoins, note le CSA, l'ergonomie proposée reste variable puisque la démarche peut s'avérer parfois assez contraignante (nécessité de remplir un formulaire). De même, si certaines plateformes ont ajouté une catégorie spécifique afin de signaler ce type de contenus, d'autres se sont contentées de rattacher ces signalements à la catégorie "autres".

Quant à la vérification des données publiées, elle est traitée en interne par des équipes de modérateurs ou confiée à des entreprises externes de "fact-checking" (vérification des faits). Face à des contenus signalés, les opérateurs peuvent alors prendre plusieurs types de mesures (réduction de la visibilité des contenus problématiques ou encore par exemple retraits de ces contenus).

    Des améliorations à prévoir

    Si les opérateurs utilisent en général les algorithmes pour ordonner, référencer et sélectionner les contenus, le CSA regrette notamment le manque de précisions sur la transparence de l'utilisation de ces algorithmes.

    Par ailleurs, la lutte contre les fausses informations implique aussi de mieux valoriser les contenus fiables. C'est pourquoi le CSA encourage les pratiques qui permettent de renseigner les utilisateurs sur les organismes publiant les contenus. Le CSA est également favorable aux démarches de labellisation des entreprises et des agences de presse. De façon plus générale, le CSA souhaite le développement de partenariats entre les plateformes et les "fact-checkers" chargés de vérifier la véracité des informations diffusées en ligne.

    Concernant la lutte contre les comptes propageant massivement de fausses informations, le CSA demande aux opérateurs de lui fournir le détail sur leur procédure de détection et le traitement de ce type de comptes. Le CSA soutient aussi les opérateurs à développer l'information adressée aux utilisateurs concernant les mesures prises à l'encontre de ces comptes.

    Enfin, le CSA invite les opérateurs à développer des approches d'éducation aux médias et à l'information à destination de tous types de publics (enfants, adolescents, parents, enseignants...). Les outils de transparence doivent être encouragés afin aussi d'aider les internautes :

    • à comprendre pourquoi ils ont été ciblés ;
    • à paramétrer leurs préférences publicitaires.