Loups et élevages dans les Hautes-Alpes : une difficile cohabitation

Le loup s’est réinstallé dans les Hautes-Alpes à la fin des années 1990. Depuis, le nombre de loups n’a cessé d’augmenter dans le département. Partant de ce constat et des difficultés des éleveurs dont les troupeaux subissent parfois des attaques, quelles pourraient être les pistes pour améliorer la coexistence entre les loups et le pastoralisme ?

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Berger et son troupeau de moutons dans les alpages.
La présence du loup dans les Hautes-Alpes fragilise l'élevage, le tourisme et les éleveurs. Le rapport propose plusieurs pistes afin de réduire ces difficultés. © minicel73 - stock.adobe.com

En 2019, le département des Hautes-Alpes comptait le plus gros cheptel de moutons de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (environ 250 000 têtes). Or le loup, espèce protégée, étend son aire de présence dans le département et cause des dommages aux troupeaux, surtout ovins.

C'est dans ce contexte qu'en mars 2020, le Conseil général de l'environnement et du développement durable a publié un rapport sur les difficultés du pastoralisme liées au loup dans les Hautes-Alpes.

L’impact de la présence du loup

Le Plan national 2018-2023 sur le loup et les activités d'élevage avait déjà institué des dispositifs d’aide à la protection des élevages, de défense des troupeaux et d’indemnisation des dommages.

Néanmoins, selon le rapport, la présence du loup dans les Hautes-Alpes fragilise :

  • l’élevage : la prédation par le loup décourage les reprises d’exploitation et accélère la diminution du cheptel ovin. Certains élevages, situés dans des zones difficiles à protéger, sont particulièrement touchés ;
  • les éleveurs eux-mêmes : l’incertitude que le loup fait peser en permanence sur leur activité affecte leur qualité de vie. De plus, les mesures de protection compliquent leur quotidien. Ils revendiquent le droit de défendre leur troupeau en toute circonstance, quitte à tuer les loups qui s’y attaquent. Ils se sentent isolés et souhaitent une réflexion globale sur la filière ovine en montagne ;
  • le tourisme, à cause des craintes qu’inspirent les chiens de protection aux sportifs de pleine nature (randonneurs, vététistes…).

 

Favoriser la coexistence entre le loup et le pastoralisme

Face aux difficultés du pastoralisme dans le département des Hautes-Alpes, le rapport propose plusieurs pistes pour améliorer la situation :

  • renforcer le dialogue entre les exploitants et les services de l’État au sein du comité départemental loup ;
  • déployer dans les Hautes-Alpes loutil MAPLOUP, qui recense les attaques et informe en temps réel les abonnés situés à proximité ;
  • appuyer l’action de la chambre d’agriculture des Hautes-Alpes, qui propose aux éleveurs un accompagnement technique personnalisé pour réduire leur vulnérabilité vis-à-vis du loup ;
  • permettre à la Mutualité sociale agricole de développer sa capacité à soutenir psychologiquement les éleveurs et les bergers victimes de prédation ;
  • étudier les élevages les plus atteints pour identifier les facteurs de fragilité et apporter des réponses adaptées ;
  • faciliter les tirs létaux de défense prévus par le Plan loup et réalisés par la brigade loup et les lieutenants de louveterie.