Cinéma : une production de films en forte baisse en 2020

Moins de films produits, moins d’investissements, moins de jours de tournage, des salles de projection fermées... le Covid-19 a violemment touché le secteur du cinéma. Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) présente l’état de la production cinématographique en 2020 et évoque les mesures mises en place pour soutenir le secteur.

Cinémas et pandémie, bilan. Vue en contre-plongée de l'enseigne Cinémas accrochée à l'immeuble.
Le nombre de films produits est le plus bas depuis dix ans et celui de films d’initiative française a baissé de 20,8%, soit 50 films en moins par rapport à 2019. © Redzen - stock.adobe.com

De la suspension des tournages lors du premier confinement aux 162 jours de fermetures des salles, la crise sanitaire n’a pas épargné le secteur du cinéma. Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) dresse un bilan de la production cinématographique pour l’année 2020. Ce bilan ne porte que sur les films ayant reçu l’agrément du CNC. Sont exclus de cette étude :

  • les productions françaises ne pouvant pas être qualifiées d’œuvres européennes ;
  • et les films ne faisant appel à aucun financement encadré, ni au soutien de l’État (et dont la production n’est pas terminée).

Une baisse de production très marquée

Avec 239 films produits en 2020 – 190 films d’initiative française et 49 films à majorité étrangère – le nombre de films produits est le plus bas depuis dix ans. Le nombre de films d’initiative française baisse de 20,8%, soit 50 films en moins. Les premiers et deuxièmes films sont les plus touchés avec 27 films en moins comparativement à l’année précédente.

Les restrictions des déplacements à l’étranger ont également fortement impacté les coproductions internationales pour lesquelles on constate une réduction de leur nombre de 24,10%, le plus bas niveau depuis 2006.

Les investissements dans la production des films ont également baissé (- 29,8%). Ce sont les films aux plus forts budgets de 1 à 4 millions d’euros et supérieurs à 5 millions d’euros qui sont les plus concernés par cette baisse. Les films à petit budget, les films documentaires et d’animations sont moins touchés. Les investissements des chaînes de télévision, toutes chaînes confondues (payantes, en clair, TNT), ont également reculé (autour de 20%).

Le nombre cumulé des jours de tournage (4 267 jours pour les films de fiction d'initiative française) a diminué de 30,2% par rapport à 2019, le plus bas niveau depuis 20 ans. Leur durée moyenne de tournage s’établit à 32 jours (34 jours en 2019). Le nombre de jours de tournage sur le territoire français s’élève à 3 590 jours en 2020 (4 827 jours en 2019). Cette diminution concerne les tournages en décors naturels comme les tournages en studio.

Des aides pour le secteur du cinéma

Face à la crise sanitaire, le CNC et l’État mettent en place un certain nombre de dispositifs pour soutenir le secteur, dont :

  • un fonds d’indemnisation et de garantie à l'issue du premier confinement, afin de faciliter les reprises des tournages, à hauteur de 100 millions d'euros, cofinancé par l’État et des assureurs privés. Il permet de couvrir en partie le risque pandémique en cas d’interruption d’un tournage lié au Covid-19 ;
  • un plan de relance doté de 12,2 millions d'euros, suivi d’un plan de soutien d’urgence de 11,8 millions d'euros, à la suite du deuxième confinement, à l'initiative du CNC. Au total, ce sont 24 millions d'euros qui sont injectés en faveur de la production cinématographique. Ces différents plans ont permis de limiter la baisse des financements publics en 2020 (soutien automatique, soutiens sélectifs du CNC, aides régionales).