Morts violentes dans les couples : augmentation des homicides conjugaux en 2021

En 2021, 143 morts violentes au sein du couple ont été recensées par les services de police et les unités de gendarmerie, contre 125 l’année précédente (18 victimes en plus, soit +14%), les femmes étant les principales victimes. Le nombre d’homicides dans le couple retrouve un niveau similaire à celui d’avant l'épidémie de Covid-19.

Une femme triste assise par terre dans la pénombre après avoir subi des violences de son conjoint.
32% des victimes féminines avaient subi au moins une forme de violences antérieures (39 victimes). Parmi elles, 25 victimes avaient déjà déposé plainte contre l’auteur de ces violences. © Kube - stock.adobe.com

Les femmes restent les principales victimes : 122 femmes sont décédées des suites de violences conjugales contre 21 hommes. Douze enfants ont succombé aux blessures des agresseurs.

En moyenne, un meurtre est enregistré tous les deux jours et demi, selon l’étude nationale sur les morts violentes au sein du couple en 2021 publiée le 26 août 2022. Cette étude a été réalisée par la Délégation aux victimes (DAV), structure commune à la police et à la gendarmerie nationales.

La part des homicides conjugaux dans l’ensemble des homicides volontaires non crapuleux et des violences conjugales ayant entraîné la mort sans intention de la donner reste stable. Elle passe de 18% à 19% entre 2020 et 2021, soit 143 décès au sein du couple sur 756 homicides en France en 2021.

Si les morts violentes au sein du couple ont augmenté, les tentatives suivent une trajectoire similaire. En 2021, 251 tentatives ont été recensées, contre 238 en 2020. Sur les cinq dernières années, seule l’année 2019 affiche un total plus élevé, avec 268 tentatives.

Quel est le profil des victimes et des auteurs ?

Le profil des victimes
Les tranches d’âge les plus exposées aux morts violentes sont les 30-49 ans et les plus de 70 ans. 127 victimes étaient de nationalité française et 16 de nationalité étrangère (dont 13 hors de l’Union européenne). 55 victimes étaient sans emploi et 34 à la retraite.

32% des victimes féminines avaient subi au moins une forme de violences antérieures (39 victimes). Parmi elles, 25 victimes avaient déjà déposé plainte contre l’auteur.

Aucun mineur n’a été tué concomitamment à l’homicide de l’un de ses parents. En revanche, 12 enfants ont été tués dans le cadre d’un conflit de couple sans qu’aucun membre du couple ne soit victime.

Le profil des auteurs
Les hommes sont les auteurs des homicides dans 86% des cas. Près d’un quart d’entre eux (24%) a consommé de l’alcool avant les faits et 10% a consommé des produits stupéfiants.

70% des auteurs n’exerçaient pas ou plus d’activité au moment des faits. Dans 25% des cas, l’auteur était connu des services de police et de gendarmerie pour avoir commis antérieurement des violences (36 auteurs), dont 75% pour des faits de violences conjugales.

Le contexte du passage à l'acte

Ces homicides surviennent le plus souvent au domicile du couple (78% des cas) et se traduisent principalement par l'usage d'arme blanche (35% des faits) ou d'arme à feu (32% des faits). Dans 17% de l'ensemble des cas, les enfants sont présents lors de la commission des faits.

Le principal mobile demeure la dispute (dans 31 cas), suivi d’une séparation non acceptée (27 cas), puis la jalousie (25 cas) et la maladie de la victime (21 cas).

La région la plus touchée est l’Occitanie, qui déplore 19 victimes. Cinq autres régions comptabilisent plus de dix décès : les Hauts-de-France, l’Île-de-France et la Nouvelle-Aquitaine (17 victimes chacune), le Grand-Est (13 victimes) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (11 victimes). En revanche, 37 départements et collectivités sur 107 ne recensent aucun homicide.