Image principale 1
Image principale 1
© Imtiyaz Shaikh / ANADOLU / Anadolu via AFP

Crise au Moyen-Orient : quelles conséquences sur l'économie mondiale ?

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Le 30 avril 2026, l'Organisation des Nations unies (ONU) a présenté son analyse sur les répercussions économiques probables pour l'année 2026 liées au blocage du détroit d'Ormuz et à la guerre au Liban.

Les restrictions à la navigation dans le détroit d'Ormuz, malgré un cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis, ont des effets en cascade sur les marchés mondiaux de l'énergie, des transports et de l'alimentation comme le rappelle l'Organisation des Nations unies (ONU) dans une analyse du 30 avril 2026.

L'acheminement du pétrole, du gaz et des engrais est grandement perturbé. Plusieurs scénarios et leurs conséquences directes sont analysés par l'ONU.

Hausse de l'inflation, baisse de la croissance

Dans le meilleur des cas, soit une levée immédiate des restrictions, l'inflation remontrerait à 4,4% et la croissance mondiale reculerait à 3,1%. Du fait de chaînes d'approvisionnement fragilisés, le commerce international ralentirait fortement.

Si les restriction devaient se prolonger jusqu'à la mi-année :

  • 32 millions de personnes basculeraient dans la pauvreté ;
  • 45 millions de personnes seraient exposées à la faim extrême, du fait de la chute des rendements agricoles liée à la pénurie d'engrais ;
  • la croissance serait de 2,5% et l'inflation de 5,4%.

L'ONU évoque "le spectre d'une récession globale", avec les pays en développement qui seraient les plus durement touchés (perte d'emplois, dette écrasante, insécurité alimentaire).

Le secrétaire général de l'ONU a appelé les parties à garantir la liberté de navigation, conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité.

L'analyse de l'ONU rappelle que la crise au Moyen-Orient ne se limite pas au détroit d'Ormuz et qu'au Liban 1,2 million de personnes risquent de basculer dans une situation de faim aiguë, d'ici au mois d'août, du fait des affrontements dans le sud du pays entre le Hezbollah pro-iranien et l'armée israélienne.

  • 19e siècle : l'invention du bateau à vapeur révolutionne le commerce international.
  • Des navires plus gros et plus fiables que les bateaux à voile ; De plus grandes distances parcourues ; Moins de temps pour les traversées ; Plus de marchandises transportées.
  • Le trafic maritime prend la première place dans les échanges commerciaux.
  • Contourner par bateau les différentes régions du monde prend du temps.
  • Comment réduire les délais de transport ?
  • En trouvant des passages pour relier deux espaces maritimes !
  • Avec les détroits, points de passage naturels entre deux terres et les canaux, points de passage artificiels creusés par l’homme.
  • Ces routes ont historiquement dessiné le trafic maritime mondial.
  • Canal de Panama ; Détroit de Gibraltar ; Détroit du Danemark ; Canal de Suez ; Détroit de Bab el-Mandeb ; Détroit d'Ormuz ; Détroit de Malacca.
  • 90% du commerce mondial transite par les routes maritimes : pétrole ; gaz naturel ; biens de consommation.
  • Ces routes se trouvent au coeur d’enjeux géopolitiques : tension avec les pays riverains ; convoitise des grandes puissances économiques.
  • D'autres risques pèsent sur ces voies : piraterie maritime ; pollution maritime, sécheresse ; congestion des zones de passage ; naufrage de pétroliers.
  • Quelles alternatives ?
  • Trouver des nouvelles routes maritimes Asie - Europe qui s'ouvrent avec la fonte des glaces (Arctique - Détroit de Béring).
  • Relancer les routes de la soie, projet chinois : développer le transport maritime, routier et ferroviaire vers l'Europe, le Proche-Orient, l'Afrique.

Une crise énergétique en Asie mais aussi en Europe

Depuis la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz et des attaques sur des infrastructures clés, l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) a baissé de 20%. Le continent le plus durement touché est l'Asie. Si la situation perdure, les stocks européens pourraient ne pas suffire pour l'hiver prochain, menaçant le continent d'une crise énergétique. Les prix du GNL ont très fortement augmenté en Asie (+140%) et en Europe (+70%).

D'autres secteurs vitaux sont atteints. Le secteur du gaz de pétrole liquéfié (GPL), essentiel pour la cuisine (notamment en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est), est fortement impacté.

Selon la commission économique des Nations unies (CEE-ONU), trois leviers peuvent résoudre de telles crises :

  • consommer moins d'énergie ;
  • mieux exploiter les ressources existantes, notamment par la récupération du méthane ;
  • accélérer la transition énergétique, notamment par l'électrification des secteurs clés (transports et chauffage).