Publié le 28 mai 2026, le rapport sur l'objectif d'injection de CO2 de l'Union européenne (UE) fait le point sur les avancées des projets d'injection géologique de CO2. D'après le rapport, l’objectif est atteignable mais le rythme doit être plus rapide.
Qu'est-ce que le stockage de carbone ?
Pour certaines industries comme le ciment ou l’acier, réduire totalement les émissions de CO2 reste difficile. L’UE mise donc sur la technologie de captage et stockage du carbone (CSC) aussi appelée injection.
Le mécanisme consiste à capturer le CO2 directement sur les sites industriels, de le transporter puis de l’injecter définitivement sous pression dans des formations géologiques souterraines, souvent des anciens gisements de pétrole ou de gaz épuisés. Autrement dit, la stratégie repose sur la reconversion d’anciens gisements en sites de stockage permanent permettant au CO2 de ne pas se retrouver dans l’atmosphère.
Selon la Commission européenne cette solution est importante pour les secteurs difficiles à décarboner et le CSC semble devenir une stratégie importante pour atteindre la neutralité climatique en 2050.
Un bilan pour le moment insuffisant
Le règlement 2024/1735/UE pour une industrie "zéro net" (aussi appelé NZIA, Net Zero Industry Act) fixe l’objectif et met à contribution 44 compagnies pétrolières et gazières opérant dans l’UE. Ayant des compétences géologiques, elles sont légalement tenues de développer ces capacités d’injection, proportionnellement à leur production passée.
Cependant, le bilan reste insuffisant : pour l’instant seulement 16 des 44 entreprises ont présenté des plans pour atteindre leur objectif. La Commission estime que les projets actuellement confirmés représentent environ 29 millions de tonnes de capacité annuelle soit 58% de l’objectif fixé pour 2030.
Face à cette situation, la Commission appelle les États membres à accélérer les procédures d’autorisation et à renforcer le suivi des compagnies concernées.
Les plans nationaux énergie-climat (PNEC) des États membres montrent que les industriels pourraient capter environ 35 millions de tonnes de CO2, par an d’ici 2030, ce qui confirme le besoin de développer de nouveaux sites de stockage.
Permis de stockage pour trois sites au Danemark, en Grèce et aux Pays-Bas
Seulement trois sites disposent d’un permis de stockage avec une entrée en service prévue pour 2026 : le site de Porthos aux Pays-Bas, celui de Greensand au Danemark et celui de Prinos en Grèce.
Sept autres projets ont déposé leur demande de permis et représentent un potentiel supplémentaire si les permis sont accordés avec une capacité d'injection totale de 19 millions de tonnes de CO2 par an.
Selon le rapport, l'année 2026 sera aussi marquée par la publication par les compagnies concernées des premiers rapports d’avancement annuel afin de mesurer leur contribution aux objectifs de stockage. Les États membres doivent aussi définir les sanctions pour les acteurs qui ne respecteraient pas leurs obligations de développement de stockage géologique. Sans cela, l’objectif 2030 pourrait ne pas être atteint.
La Commission annonce également le lancement d'un atlas des sites de stockage potentiels en Europe pour orienter les investisseurs et identifier les nouveaux projets.