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Répartition des migrants en régions : un dispositif efficace ?

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

À la suite de la crise migratoire de 2015, la concentration de migrants en Île-de-France a pesé sur le parc d'hébergements et a augmenté la présence à la rue et les campements. Les pouvoirs publics ont engagé des dispositifs pour y remédier. Quel bilan en tirer ?

Les observations publiées le 12 juin 2026 par la Cour des comptes analysent la mise en œuvre et les résultats des deux mécanismes visant à mieux répartir l'accueil des migrants sur le territoire français et à améliorer leur prise en charge.

L'orientation régionale des demandeurs d'asile : un levier efficace ?

Les demandes d’asile en France sont passées de 45 500 à 130 029 entre 2014 et 2024, et les places d’hébergement de demandeurs de 50 548 à 119 787. En 2020, 46% des demandes sont déposées en Île-de-France, qui dispose de 19% des places.

La loi du 10 septembre 2018 pose les principes de l’orientation régionale, qui se déploie à partir de 2021. Elle consiste à proposer aux demandeurs d’asile franciliens un accueil dans une autre région de l’Hexagone (hormis les Hauts-de-France, où vivent de nombreux migrants). Le Schéma national d’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés (Snadar) détermine la répartition dans chaque région. S’ils refusent l’orientation proposée, les demandeurs n’ont plus droit aux conditions matérielles d’accueil (allocation spécifique, hébergement).

Selon le rapport, l’orientation directive a été bien définie et organisée. Elle a permis de rapprocher la répartition régionale des demandeurs d’asile des cibles fixées. En 2024, près de 18 000 ont été orientés (contre 14 000 en 2021) ; l’Île-de-France accueille 26,2% d’entre eux.

Néanmoins, la Cour pointe :

  • des écarts entre régions. Certaines restent en deçà de leur objectif d’accueil, d’autres le dépassent. Les Hauts-de-France ont un taux de demandeurs d’asile supérieur de plus de 30% à la cible mais ne bénéficient pas de l’orientation ;
  • des indicateurs de pilotage insuffisants ;
  • l’absence de révision des proportions d’accueil par région depuis 2021.
     

 

Les sas régionaux : un dispositif pertinent sous-utilisé

Les sas, créés en 2023, visent à réduire la présence à la rue des migrants franciliens et à leur offrir une prise en charge sanitaire, sociale et administrative. Dotés chacun de 50 places, ces dix centres d’hébergement temporaire accueillent des personnes volontaires de tout statut administratif à la suite d’opérations de mise à l’abri, et les orientent vers une solution plus pérenne. À fin octobre 2025, ils ont pris en charge 8 325 sans-abri.

Le dispositif est géré et financé par l’État. Les opérateurs gestionnaires des sas, retenus à l’issue d’appels à projets régionaux, sont financés par des subventions annuelles. L’annualité des conventions complique la gestion du parc à moyen terme. En outre, des sas sont sous-occupés, en raison notamment de l’inadaptation de certains locaux aux publics accueillis.

Comment améliorer le dispositif de répartition des migrants en régions ?

La Cour préconise :

  • d’étendre l’orientation régionale aux demandeurs d’asile des Hauts-de-France ;
  • de piloter les orientations de façon à atteindre les cibles du Snadar ;
  • de sécuriser le financement des organismes gestionnaires des sas par des conventions pluriannuelles ;
  • d’adapter le parc de sas aux besoins ;
  • de mieux suivre la situation d’hébergement des personnes passées par les sas afin d'évaluer les retours à la rue.