Image principale 1
Image principale 1
© Nenov Brothers - stock.adobe.com

Mortalité périnatale : 7 398 décès en 2024

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Depuis 2021, et plus particulièrement en 2024, le taux de mortalité périnatale augmente en France. Cette augmentation de la mortalité périnatale dépend de nombreux facteurs souligne une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publiée le 7 juillet 2026.

Âge de la mère, nombre de fœtus, âge gestationnel ou encore région de résidence, conditions socio-économiques... L'étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publiée le 7 juillet 2026 analyse l'évolution du taux de mortalité périnatale en France et les différents facteurs ayant un effet sur le niveau de ce taux.

7 398 décès en 2024

En 2024, 7 398 enfants sont nés sans vie ou sont décédés au cours de leur première semaine de vie, sur un total de 661 822 naissances en France. Stable entre 2014 et 2021, le taux de mortalité périnatale augmente légèrement depuis 2022, avec une hausse plus marquée en 2024 (+0,4 point par rapport à 2023).

Cette mortalité périnatale est constituée de deux principales composantes :

  • la mortinatalité qui concerne les enfants nés sans vie à la suite d'une mort fœtale spontanée ou, dans 39% des cas de mortinatalité, d'une interruption médicale de grossesse (IMG), représente 9,2 décès pour 1 000 naissances en 2024. Elle compte pour 82% de la mortalité périnatale ;
  • la mortalité néonatale précoce qui correspond aux enfants nés vivants mais décédés au cours de leurs sept premiers jours de vie, s'élève à 2 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2024. Elle représente 18% de la mortalité périnatale.

84% des décès périnatals concernent des naissances prématurées, c'est-à-dire survenues avant 37 semaines d'aménorrhée. Parmi eux, près d'un décès sur deux concerne des grands prématurés, nés avant 28 semaines d'aménorrhée.

La mortalité périnatale est ainsi 63 fois plus élevée chez les enfants nés prématurément que chez ceux nés à terme, souligne la Drees.

Quels sont les facteurs de risque ?

De nombreux facteurs peuvent contribuer à un risque plus élevé de mortalité périnatale :

  • le taux de mortalité périnatale est près de deux fois plus élevé chez les mères de moins de 20 ans et chez celles âgées de 40 ans ou plus. Selon la Drees, chez les femmes les plus âgées, cette hausse s'explique notamment par des complications de grossesse plus fréquentes et un risque accru d'anomalies fœtales. Chez les mères de moins de 20 ans, les conditions socio-économiques plus précaires peuvent expliquer cette situation ;
  • les inégalités socio-économiques jouent également un rôle important. La Drees observe un écart de mortalité périnatale entre les communes les plus favorisées et les plus défavorisées. Le taux atteint 12,0‰ dans les communes regroupant le cinquième de la population la plus défavorisée, contre 9,5‰ dans les communes les plus favorisées ;
  • le territoire de résidence influence aussi le risque. Les taux les plus élevés sont observés dans les départements et régions d'outre-mer (DROM), où la mortalité périnatale est en moyenne 60% plus élevée qu'en France hexagonale. À titre d'exemple, le taux est 2,3 fois plus élevé en Guadeloupe qu'en Auvergne-Rhône-Alpes.
     


    Résultat : en 2019, la France se classait au 16ᵉ rang européen pour la mortalité périnatale, figurant ainsi parmi les pays aux taux les plus élevés, à un niveau proche de celui de l'Angleterre, de la Lituanie ou encore des Pays-Bas.