Image principale 1
Image principale 1
© Tof - Photographie - stock.adobe.com

Un niveau de vie qui augmente en 2024 mais sans réduire les inégalités

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

En 2024, dans un contexte de repli de l'inflation, toute l'échelle des niveaux de vie progresse selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Néanmoins, les inégalités de niveau de vie atteignent un niveau historiquement élevé.

Une étude publiée le 9 juillet 2026 par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) analyse l'évolution en 2024 des niveaux de vie des personnes occupant un logement ordinaire en France hexagonale.

Le niveau de vie médian augmente de 1,8% en euros constants

Le niveau de vie médian atteint 2 228 euros par mois pour une personne seule et 4 011 euros pour un couple avec un enfant de moins de 14 ans (+1,8% en un an, après +1% en 2023). Cette augmentation est portée par celle du niveau de vie médian avant redistribution (+2% en euros constants), impulsée par :

  • la progression du taux d’emploi et la stabilité du taux de chômage ;
  • la hausse (supérieure à l’inflation) des pensions de retraite et des revenus d’activité. Les retraites de base bénéficient au 1er janvier 2024 d’une revalorisation de 5,3% calculée à partir de l’inflation de l’année précédente qui était supérieure à celle de 2024. Le pouvoir d’achat des salariés est à la hausse.

En 2024, le niveau de vie augmente :

  • de 1,7% pour les plus modestes grâce à la revalorisation du salaire minimum, des retraites et des prestations sociales ;
  • de 1,4% pour les plus aisés, soutenu par la revalorisation des pensions de retraite et la hausse des revenus du patrimoine. Les taux de rendement des placements financiers restent élevés alors que l’inflation diminue. Les revenus de capitaux mobiliers déclarés à l’administration fiscale connaissent une hausse de 32%.

Des inégalités au plus haut depuis 30 ans

En 2024, 9,8 millions d’individus vivent sous le seuil de pauvreté monétaire, fixé à 60% du niveau de vie médian. Il correspond à un revenu disponible de 1 337 euros par mois pour une personne seule et 2 005 euros pour un couple, auquel il faut ajouter 401 euros pour chaque enfant de moins de 14 ans et 669 euros pour chaque enfant plus âgé.

Le taux de pauvreté monétaire dans l’Hexagone est stable par rapport à 2023, à 15,4% de la population, soit le plus haut niveau jamais mesuré. L’intensité de la pauvreté, c’est-à-dire l’écart entre le niveau de vie médian des personnes pauvres et le seuil de pauvreté, atteint 19,7% (+0,5 point en un an).

Le taux de pauvreté des retraités (10,4%) baisse de 0,7 point. Il revient au niveau de celui des actifs de 18 ans ou plus, après une période de forte inflation où il a dépassé celui des actifs plusieurs années de suite. Le niveau de vie médian des retraités croît de 3,5% en euros constants (revalorisation des retraites).

La pauvreté touche surtout :

  • les chômeurs (36,1% contre 6,6% pour les salariés et 19,2% pour les indépendants). Leur niveau de vie médian progresse de 2,6% ;
  • les familles monoparentales (34%). Depuis 2022, leur taux de pauvreté a augmenté de 2,2 points, contre 0,9 point pour l’ensemble de la population. En 2024, 22,4% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté (+0,5 point, après +1,3 point en 2023).