Dans son rapport sur le partenariat entre la recherche publique et les entreprises publié en juillet 2026, remis le 27 juillet 2026, la Cour des comptes axe son analyse sous trois angles :
- les capacités de la recherche partenariale à stimuler l’innovation et à produire de la valeur ;
- l’efficacité et la cohérence des dispositifs publics existants pour inciter au partenariat de recherche ;
- les conditions actuelles de développement de la recherche partenariale, aux plans juridique, financier et organisationnel.
Des résultats contrastés selon les types d'entreprise
La coopération entre les centres publics de recherche et les entreprises est désignée par l'expression "recherche partenariale".
La recherche partenariale concerne entre 15 et 20% des entreprises innovantes précise le rapport, pour un flux financier annuel de l’ordre de 1 milliard d’euros.
De 2014 à 2024, l’État a investi 19 milliards d’euros dans la recherche partenariale, avec un pic à 3 milliards d’euros en 2024 porté par le plan France 2030.
Pour la Cour des comptes, la hausse des soutiens à la recherche ces dernières années n’a pas, à ce jour, produit les effets escomptés.
Les résultats des dispositifs de soutien financier en direction du partenariat public privé pour la recherche sont "contrastés" :
- un effet visible, notamment en terme d'emplois, auprès des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et des micro-entreprises, mais plus résiduel s’agissant des PME ;
- une évolution peu perceptible, à ce stade, au plan macroéconomique avec un nombre de contrats en recherche expérimentale qui a tendance à stagner d’années en années malgré la progression des aides.
Par ailleurs, estime le rapport, les dispositifs mis en place au fil du temps (CICE, CIFRE, CIR...) gagneraient à être "rationnalisés" et "arrimés à des priorités nationales".
Quant aux contacts et échanges entre les deux sphères de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée, ils pourraient être davantage valorisés par des "mesures simples", en dépassant les réticences culturelles "réelles ou supposées".
"Simplifier le maillage administratif" et préciser les objectifs stratégiques
Pour améliorer les partenariats entre la recherche publique et les entreprises, la Cour des comptes formule une série de recommandations qui touchent à la fois à la formation et à la gestion des carrières des chercheurs et à la stratégie d'orientation des soutiens financiers de l'État.
Concernant ce dernier point, le rapport préconise :
- d'élaborer un plan de développement de la recherche partenariale, décliné par secteurs, avec les autorités publiques, le monde académique et le monde économique ;
- d'obliger les entreprises qui sollicitent des financements nationaux pour la recherche à candidater aux financements européens ;
- d'orienter les crédits vers un nombre limité de projets inscrits dans les priorités stratégiques en privilégiant les dispositifs cofinancés par les entreprises ;
- de réformer les mécanismes d’appels à projet et diversifier les modalités de financement.
Par ailleurs, le rapport appelle à simplifier le maillage administratif au sein des pôles universitaires d’innovation (PUI) "afin d'imposer une manière plus collaborative de travailler" et pour faciliter les services aux chercheurs, ingénieurs et entreprises. Il recommande également de développer les doctorats en entreprise (seulement 11,6% de doctorants en entreprise contre 56,6% d'ingénieurs).