Une étude, mise en ligne le 25 août 2026 par le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq), met en lumière le paradoxe qui touche les jeunes actifs qui, s'ils sont majoritairement satisfaits de leur emploi, souhaitent pour une part importante d'entre eux changer d'emploi ou se réorienter.
De jeunes actifs satisfaits et optimistes, mais "en quête d'ailleurs"
L'étude remet en cause un discours répandu selon lequel "les jeunes ne voudraient plus travailler et seraient désengagés professionnellement".
Les niveaux de satisfaction et d'épanouissement professionnel des jeunes de moins de 25 ans qui occupent un emploi sont majoritairement élevés.
Une autre enquête menée en 2020 par le Céreq auprès de la Génération 2017 montre néanmoins que plus 20% des jeunes occupant déjà un poste en cherchent parallèlement un autre. Cette aspiration à la mobilité professionnelle s'observe particulièrement chez les jeunes qui disent ne pas se réaliser dans leur travail.
Certains envisagent par ailleurs une réorientation professionnelle (un tiers des jeunes de la Génération 2017). Pour autant, seuls 23% d'entre eux ont engagé des démarches en ce sens et 4% ont fait aboutir leur projet. Selon une autre étude du Céreq publiée en mai 2026, parmi les jeunes sortis de formation initiale en 2017, 1 sur 5 obtient un nouveau diplôme ou un titre professionnel dans les 6 premières années de sa vie active.
Parmi les raisons principales motivant les réorientations, on retrouve le souhait de changer de métier, de secteur d'activité, de statut ou encore de lieu de vie. Le besoin de donner du sens à son travail peut participer à la décision de se reconvertir, mais il concerne principalement les plus diplômés (bac + 5 au moins).
D'où vient le souhait de changer d'emploi ou se réorienter ?
Le Céreq identifie 3 pistes pour expliquer le paradoxe observé :
- la rigidité du système éducatif. Les jeunes français subissent une forte pression sociale à "se placer" au sein de hiérarchies prédéfinies et de façon définitive. Le diplôme occupe une place prédominante dans l'insertion professionnelle. Les "tâtonnements", les "erreurs", mais aussi les expériences extra-académiques (par exemple les césures) ne sont pas suffisamment valorisés.
- l'intériorisation des normes de flexibilité de l'emploi. Les moins de 25 ans, vulnérables sur le marché du travail bien que de plus en plus diplômés, ont intégré les normes de mobilité professionnelle. Éloignés du modèle de la carrière dans une même entreprise promis à leur aînés, ils se montrent moins attachés à l'entreprise et plus disposés à la quitter face à de meilleures opportunités.
- les conditions de travail dégradées en début de carrière. Conditions de travail difficiles (contraintes physiques, autonomie moindre...), précarité de l'emploi et insécurité socio-économique figurent parmi les autres facteurs expliquant le paradoxe mis en lumière par le Céreq. Les moins de 25 ans témoignent d'un sentiment global d'incertitude quant à leur avenir professionnel, un quart d'entre eux craignant de perdre leur emploi dans l'année.
Quels taux de chômage et de travail partiel chez les jeunes actifs ?
Selon les données publiées par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en août 2026, le taux de chômage des actifs chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans est "nettement supérieur à celui du reste de la population" : 19,8% en moyenne sur l'année 2025, contre 8,3% dans l'ensemble de la population active. L'Édition 2025 "Formations et emploi" de l'Insee indique qu'en 2023, 17,1% des jeunes actifs de 15 à 29 ans travaillaient à temps partiel en France (hors Mayotte).