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Zone euro : la BCE relève son principal taux à 2,5%

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

La nouvelle hausse de l'inflation en zone euro, à 3,3% en août 2026, a poussé la Banque centrale européenne (BCE) à annoncer, le 10 septembre 2026, une hausse de 25 points de base de ses trois taux directeurs. La BCE cherche ainsi à éviter des effets d'entraînement, notamment lors des négociations salariales.

Réuni exceptionnellement à Berlin, et non à son siège de Francfort, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de durcir sa politique monétaire et de relever de 25 points de base ses trois taux directeurs. À partir du 16 septembre 2026, ceux-ci passent à 2,5% pour le taux de dépôt, et respectivement à 2,65% et 2,9% pour les taux de prêts des banques auprès de la BCE.
 

Un taux d'inflation au-dessus de 3%

Le mandat de la BCE est d'assurer la stabilité de la monnaie. Elle doit donc faire en sorte que le taux d'inflation ne s'éloigne pas trop de sa cible, fixée à 2%. Or, l'inflation est à 3,3% sur un an en août 2026 pour la zone euro (contre 2,9% en juillet 2026). Certes, cette hausse provient principalement de la hausse des prix des hydrocarbures, contre laquelle la BCE est impuissante, mais la BCE craint que l'inflation ne s'installe de manière plus structurelle, notamment via les négociations salariales, ce qui accélérerait la dépréciation de l'euro.

Taux d’inflation annuel en zone euro avec certains de ses composants (en %)
 Mai 2026Juin 2026Juillet 2026Août 2026
Taux global2,02,82,93,3
sans énergie2,52,22,22,2
énergie seule-2,08,810,314,3
services seuls3,13,23,33,0

Source: Eurostat. 

En France, l'inflation a atteint 2,7% en août 2026, contre 2,4% en juillet 2026. Sur le territoire, les prix du carburant, après avoir atteint en mai dernier les records datant du début de la guerre en Ukraine, ont désormais atteint des niveaux inédits. Pourtant, l'économie résiste, comme l'a souligné Christine Lagarde, présidente de la BCE, lors de sa conférence de presse : au deuxième trimestre 2026, le taux de croissance de la zone euro est à 0,6%.

Des conditions d'emprunt durcies

Avec un taux de dépôt désormais à 2,5%, la BCE atteint probablement le maximum de ce qui peut encore être considéré comme neutre pour l'économie. Cette hausse prolonge une tendance observée depuis plusieurs mois : les taux d'intérêt sont orientés à la hausse. Le coût moyen des nouveaux financements aux entreprises est monté à 3,76% en juillet (contre 3,64% en juin et 3,56% en mai). Selon la Banque de France, l'encours de crédit reste pour l'instant dynamique.

Rendement des obligations d'État émises par un pays à échéance de 10 ans
Pays202120232025
États-Unis1,443,964,29
France0,012,993,37
Zone euro0,23,273,15

Source: Insee. 

Ce durcissement des conditions financières touche aussi les États. Les taux d'intérêt des obligations d'État ont fortement augmenté depuis 2021, pour plusieurs raisons :

  • les pressions inflationnistes ;
  • des équations budgétaires difficiles ;
  • la hausse du volume des déficits publics (en partie à cause de l'augmentation des dépenses militaires) ;
  • la concurrence des méga-investissements des géants de la tech.

Début septembre 2026, le rendement des obligations d'État à 10 ans a atteint 4,2% pour la France, contre environ 0% en 2021. Cette forte hausse alourdit les charges de la dette.

Quel effet sur les épargnants et les banques ?

La hausse des taux bénéficie aux détenteurs d'épargne. L'épargne est à des niveaux records : en 2025, le patrimoine financier des ménages français a dépassé 6 600 milliards d'euros. Une hausse des taux de 0,25 point pourrait représenter un rendement supplémentaire de plus de 15 milliards d'euros. Cependant, seule une partie de l'épargne est déposée sur des comptes rémunérés (livrets A, comptes à terme, fonds en euros...), investie en obligations d'État et d'entreprises ou en produits d'assurance. Le reste (un tiers environ) concerne des actions et parts de sociétés.  Au premier trimestre 2026, le taux d'épargne reste élevé en France, à 17,4%, et supérieur à celui de la zone euro.

Les banques pourraient également en tirer profit :

  • leur marge nette entre les crédits accordés et les intérêts versés aux épargnants s'accroît ;
  • leurs liquidités placées auprès de la BCE sont mieux rémunérées : le taux de dépôt passe à 2,5%, contre 2% au printemps 2026.