| Free speech ou liberté encadrée ? |
La liberté d’expression ne recouvre pas la même réalité de part et d’autre de l’Atlantique. Aux États-Unis, elle est érigée en principe quasi absolu, protégé par le Premier amendement de la Constitution. Même des propos choquants ou extrêmes peuvent être tolérés, au nom d’un « marché des idées » où toutes les opinions doivent pouvoir s’exprimer. La justice américaine n’autorise des restrictions que dans des cas très limités, comme l’incitation à une action illégale imminente. En France, la liberté d’expression est un droit fondamental, mais encadré par la loi : les discours de haine ou la discrimination sont sanctionnés. Dans un discours à la Conférence sur la Sécurité de Munich en février 2025, le vice-président des États-Unis J. D. Vance a dénoncé « un recul de la liberté d'expression en Europe ». Washington vise notamment le règlement européen sur les services numériques (DSA), entré en vigueur en 2024, qui impose aux plateformes numériques de mieux encadrer les contenus illicites en ligne et prévoit des sanctions pouvant atteindre 6% du chiffre d’affaires mondial en cas de manquement. Ce texte est critiqué par les géants du numérique (X, Facebook, Google...), soutenus par l’administration Trump, qui l'assimilent à une forme de censure. En décembre 2025, les États-Unis ont décidé d'interdire de séjour cinq personnalités européennes engagées dans la régulation du numérique, dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton. |
|