La lutte contre la fraude fiscale

Remis le :

Auteur(s) moral(aux) : Cour des comptes

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Au terme d'un cycle de contrôles sur la détection de la fraude et les principaux services en charge du contrôle fiscal, la Cour des comptes dresse un bilan mitigé de la lutte contre la fraude fiscale après une décennie de transformations. Malgré une très nette progression des échanges d'informations entre administrations nationales et internationales et le déploiement réussi d'outils de détection automatique d'une puissance inédite, les résultats du contrôle fiscal n'ont pas progressé et la fraude n'est ni plus fréquemment, ni plus sévèrement sanctionnée qu'il y a dix ans. La réforme du "verrou de Bercy" n'a de ce point de vue pas tenu ses promesses. De surcroît, l'efficacité de la stratégie de lutte contre la fraude fiscale ne peut toujours pas être évaluée rigoureusement, la France continuant d'afficher un retard sur plus de quarante pays de l’OCDE en matière d'estimation de son montant, qui seule permettrait d'apprécier quelle proportion en est effectivement détectée et sanctionnée.

La Cour appelle donc à achever le chiffrage de l'écart fiscal, préalable à l'estimation du montant de la fraude elle-même dont elle est une composante, à mieux évaluer et piloter la programmation des contrôles, à encadrer la doctrine de "règlement apaisé des contrôles" et à réaliser un bilan complet de la réforme du verrou de Bercy.

PROCÉDURES ET MÉTHODES
SYNTHÈSE 
RÉCAPITULATIF DES RECOMMANDATIONS
INTRODUCTION

CHAPITRE I LA FRAUDE FISCALE : UN PHÉNOMÈNE MAL CERNÉ ET NON CHIFFRÉ

I - DES RÉSULTATS FINANCIERS DU CONTRÔLE FISCAL QUI NE PROGRESSENT QUASIMENT PAS
A - La fraude fiscale : un phénomène à bien définir 
1 - Fraude fiscale, optimisation fiscale, aléas de recouvrement, écart fiscal : de quoi parle-t-on ? 
2 - La fraude fiscale, une qualification indissociable du contrôle fiscal 
B - Des résultats du contrôle fiscal qui retrouvent à peine le niveau de 2015 et dont l’absence de progression marquée est difficile à interpréter 
1 - Une baisse relative des résultats du contrôle fiscal 
2 - Des résultats qu’il est difficile d’interpréter 

II - CHIFFRER L’ÉCART FISCAL : UN RETARD PERSISTANT DE LA FRANCE
A - Le chiffrage de la fraude fiscale : trois estimations anciennes extérieures à l’administration fiscale, à la fois fragiles et divergentes 
B - Un retard persistant dans le chiffrage de l’écart fiscal qui doit être rattrapé 
1 - Un retard qui distingue la France de nombreux États de l’OCDE 
2 - Des moyens insuffisants pour chiffrer l’écart fiscal dans un délai raisonnable 
3 - L’enjeu de procéder à des contrôles aléatoires

CHAPITRE II UNE STRATÉGIE DE DÉTECTION ET DE CONTRÔLE PROFONDÉMENT TRANSFORMÉE EN UNE DÉCENNIE

I - UNE PRIORITÉ AU CIBLAGE DES CONTRÔLES À DES FINS DE RENDEMENT

II - UNE EXPLOITATION CROISSANTE DU CROISEMENT DE DONNÉES, DONT L’USAGE PEUT ENCORE ÊTRE OPTIMISÉ 
A - Un croisement des données en masse à l’origine d’une part croissante des contrôles 
1 - Le croisement de données en masse, une évolution récente au sein de la DGFiP
2 - Une part croissante des contrôles issue du croisement des données en masse 
B - Des résultats inégaux selon les impôts, des recettes limitées 
1 - Une pertinence variable du croisement des données en masse selon les impositions 
2 - Des recettes issues du croisement de données en masse encore limitées 
C - Des marges de progression qui passent par l’exploitation de nouvelles données et une meilleure interconnexion des systèmes d’information 
1 - Des fraudes à la TVA qui pourront être mieux appréhendées grâce aux données issues de la facturation électronique 
2 - Une faible interconnexion des systèmes d’information 
D - Un usage des données soumis à un strict encadrement juridique, pour garantir les droits et libertés des contribuables 

III - DES TECHNIQUES D’ENQUÊTE QUI ÉVOLUENT, DES COOPÉRATIONS NATIONALES ET INTERNATIONALES QUI DOIVENT ÊTRE POURSUIVIES 
A - Des techniques d’enquête de plus en plus puissantes et qui s’adaptent à l’évolution de la fraude 
B - Des coopérations inter-administrations en constant approfondissement 
1 - Des coopérations interministérielles variées 
2 - Une coopération avec l’autorité judiciaire, à la fois ancienne et à approfondir
C - Des coopérations internationales croissantes, principalement entre États membres de l’Union européenne 
1 - Un niveau inédit de coopération entre États membres de l’Union européenne en matière d’échange automatique de données
2 - La coopération européenne : un outil puissant à mobiliser davantage
3 - Les coopérations bilatérales à l’international : une dynamique efficace à développer davantage

CHAPITRE III LA RÉPRESSION DE LA FRAUDE FISCALE : UNE PRIORITÉ ACCORDÉE À LA RÉSOLUTION AMIABLE

I - DES SANCTIONS ADMINISTRATIVES AU COEUR DU VOLET RÉPRESSIF 
A - Une baisse inexpliquée du recours aux sanctions exclusives de bonne foi 
1 - Un large éventail de sanctions administratives, constitué pour l’essentiel de pénalités financières proportionnées à la gravité de la faute 
2 - Des sanctions en baisse dont l’application devrait être mieux suivie 
3 - Une doctrine administrative à mieux appliquer s’agissant des dénonciations obligatoires et des plaintes pour fraude 
B - Les règlements d’ensemble, une pratique à mieux définir et à encadrer 
1 - Le règlement d’ensemble, une pratique encore mal définie de résolution amiable 
2 - Le règlement d’ensemble, une pratique marginale mais aux enjeux importants 

II - UN AMÉNAGEMENT DU "VERROU DE BERCY" QUI NE S’EST PAS TRADUIT PAR UNE AUGMENTATION DES POURSUITES PÉNALES
A - Le rôle du juge pénal en matière fiscale
B - La réforme de 2018 : une aggravation des sanctions encourues et l’obligation de dénonciation faite à l’administration fiscale 
1 - Une réforme répressive dans son principe
2 - Une augmentation attendue du nombre de dossiers transmis au ministère public 
C - Des moyens judiciaires qui demeurent modestes pour traiter les dossiers transmis par l’administration fiscale
1 - Une faible part de l’activité pénale et des moyens limités 
2 - Des revendications de moyens, des délais de traitement en hausse 
D - Une augmentation significative du taux de classement sans suite 
E - Une évolution contrastée des peines prononcées

CONCLUSION GÉNÉRALE 
LISTE DES ABRÉVIATIONS 
ANNEXES

  • Type de document : Rapport d'étude
  • Pagination : 94 pages
  • Édité par : Cour des comptes