Mission orientation et égalité des chances dans la France des zones rurales et des petites villes - Restaurer la promesse républicaine

Mission orientation et égalité des chances dans la France des zones rurales et des petites villes - Restaurer la promesse républicaine orientation et égalité des chances dans zones rurales et petites villes

Auteur(s) : Salomé Berlioux

Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse pdf Gratuit - 1.59 Mo (nouvelle fenêtre) Jeune Orientation scolaire Politique de l'enseignement Egalité des chances Lire la lettre de mission (pdf - 563.79 Ko) (nouvelle fenêtre)

La mission est chargée d’étudier les thèmes de l’orientation et de l’égalité des chances dans la France des zones rurales et des petites villes. Son rapport rend compte des conclusions et des mesures qu’elle préconise. Celles-ci font suite à une centaine d’entretiens et d’auditions menées depuis septembre 2019 avec notamment les acteurs de l’État et des collectivités territoriales mobilisés sur le sujet, mais aussi avec des structures engagées en faveur de l’égalité des chances, des membres de la communauté scientifique, des jeunes issus des territoires ainsi que leurs familles. La mission s’est en outre appuyée sur une série de travaux récemment menés ainsi que sur une enquête d’opinion commandée à l’IFOP.
À partir d’un état des lieux de la situation des jeunes de ces territoires d’une part et des politiques de lutte contre les inégalités territoriales d’autre part, la mission propose un scénario visant à diversifier et à accentuer les dispositifs adressés à la jeunesse éloignée des grandes métropoles. Organisé en quatre axes, ce scénario se décline en 25 mesures qui pourraient être mises en place à partir de la rentrée scolaire 2020.

 

PARTIE 1 : LE CONSTAT

I. FACE AUX DÉFIS DE L’ORIENTATION EN 2020 : UNE JEUNESSE FRANÇAISE À TROIS VITESSES
A. L’orientation : enjeu central et pourtant encore négligé de l’égalité des chances
B. Le poids des déterminismes renforcé par de nouvelles donnes en matière d’orientation

II. LA SINGULARITÉ DE L’ORIENTATION DES JEUNES RURAUX ET DES PETITES VILLES : UN PARCOURS D’OBSTACLES, LONGTEMPS RESTÉ DANS L’ANGLE MORT DES POLITIQUES PUBLIQUES
A. Des jeunes aux résultats scolaires proches des moyennes nationales, mais entravés dans la construction de leur vie académique et professionnelle
B. Une accumulation d’obstacles, qui bride le potentiel de ces jeunes
OBSTACLE 1 : L’accès à l’information
OBSTACLE 2 : Aspirations et autocensure
OBSTACLE 3 : La fracture digitale : fracture technique, fracture d’usage
OBSTACLE 4 : Les fragilités économiques de certains territoires
OBSTACLE 5 : L’accès aux opportunités

C. Conséquences de ce double phénomène : une orientation très fortement différentiée entre les élèves ruraux et urbains à partir du collège.

III. LA MOBILITÉ EN FRANCE ET A L’ÉCHELLE INTERNATIONALE : UN NOUVEL ENJEU DISCRIMINANT, AUX DÉPENS DES JEUNES DES TERRITOIRES
A. La faible mobilité des jeunes de la France périphérique : freins financiers, freins psychologiques
B. Un clivage renforcé par la concentration des opportunités dans les grandes métropoles, notamment en agglomération parisienne

IV. LES TERRITOIRES ISOLES DES GRANDES METROPOLES : OUBLIES DES POLITIQUES EDUCATIVES
A. Des politiques publiques qui n’intègrent pas la dimension territoriale, lorsque celle-ci n’entre pas dans le cadre de la politique de la ville.
1. La « ruralité » : un critère largement absent des politiques éducatives
2. Une progressive prise de conscience, pour l’heure centrée sur l’école primaire
3. Des temps de transports longs : une modalité longtemps ignorée

B. Une forte inégalité dans l’attribution des moyens au secondaire, ainsi que dans la répartition de l’offre de formation
1. Une offre de formation inégale
2. L’internat : une offre hétérogène
3. L’offre de langue étrangère au sein des établissements : nouvelle fracture entre les territoires
4. Des écarts de dépenses d’investissement importants
5. Le système des bourses dans l’enseignement supérieur : des spécificités territoriales encore méconnues

C. Territoires ruraux et équipes pédagogiques : une problématique lourde et complexe
1. Des équipes enseignantes essentiellement jeunes et instables
2. Des enseignants qui ne sont pas formés aux spécificités des territoires
3. Une sous-représentation des agrégés hors des grandes métropoles

EN CONCLUSION DE CE CONSTAT


PARTIE 2 : LES PRÉCONISATIONS

AXE 1 : UN ENJEU DE REPRÉSENTATIONS
01. Développer des indicateurs adaptés aux jeunes des territoires ruraux et des petites villes, pour mieux orienter les politiques publiques
02. Promouvoir les talents des territoires
03. Sensibiliser l’entreprise à la diversité des territoires et aux enjeux de recrutement qui en découlent
04. Intégrer la dimension territoriale dans les démarches d’ouverture sociale des grandes écoles
05. Créer un dispositif d’émancipation (empowerment) pour les jeunes femmes issues de la ruralité
06. Faire évoluer l’intitulé du Secrétariat d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse pour y mentionner l’égalité des chances

AXE 2 : UN ENJEU D’INFORMATION, D’ORIENTATION ET D’AMBITION
07. Placer l’orientation au coeur du projet pédagogique des collèges et lycées ruraux, grâce à des Cordées de la réussite adaptées
08. Mieux former les équipes éducatives à l’orientation en zone rurale : une expérimentation dès le collège sur le modèle de « TrouveTaVoie »
09. Dupliquer le modèle des « Mini-entreprises » dans 100 premiers collèges ruraux
10. Consolider et stabiliser les équipes éducatives des établissements isolés
11. Inciter les établissements d’enseignement supérieur à développer leur communication à destination des jeunes des territoires par un système de bonus-malus
12. Créer un programme national de mentorat adapté aux territoires éloignés des grandes Métropoles

AXE 3 : UN ENJEU DE MAILLAGE TERRITORIAL
13. Proposer 30 000 stages dédiés aux élèves de 3ème des zones rurales
14. Organiser des écosystèmes pour l’orientation des jeunes ruraux au sein de leur territoire
15. Créer la « Fabrique des rôles-modèles » : un dispositif pour favoriser les rencontres inspirantes dans 100 premiers établissements ruraux
16. Systématiser les immersions des jeunes ruraux dans le monde de la formation et de l’emploi
17. Faciliter l’engagement des jeunes des territoires isolés : SNU, Service civique, engagements du quotidien
18. Favoriser l’utilisation du numérique pour soutenir l’orientation et les aspirations des jeunes ruraux

AXE 4 : UN ENJEU DE MOBILITÉ NATIONALE ET INTERNATIONALE
19. Engager une réflexion multi-acteurs sur le Capital jeune
20. Systématiser l’accès au permis de conduire à 17 ans
21. Lancer un programme expérimental « Découvre mon territoire ! »
22. Développer la fonction d’orientation des internats dans le prolongement du Plan «Internat du XXIème siècle»
23. Intensifier les dispositifs d’accès à la culture spécifiques pour les jeunes ruraux
24. Expérimenter des séjours de pré-rentrée dans 30 établissements d’enseignement supérieur
25. Mieux prendre en compte l’éloignement géographique dans le calcul des primes à l’internat et dans les critères d’attribution des bourses pour l’enseignement supérieur

ANNEXE 1. Lettre de mission
ANNEXE 2. Liste des personnes rencontrées
ANNEXE 3. Bibliographie
ANNEXE 4. Liste des préconisations

Rapport officiel 109 Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse 204000235
Date et heure de mise à jour

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à France Info le 27 février 2020, sur l'évolution du coronavirus en France et la fin des enseignements en langues étrangères (Elco).

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à France Info le 27 février 2020, sur l'évolution du coronavirus en France et la fin des enseignements en langues étrangères (Elco). Gabriel Attal 27/02/2020 évolution du coronavirus Elco
  • Gabriel Attal - Secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse

JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité, Gabriel ATTAL. Bonjour.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, Gabriel ATTAL. On va parler du coronavirus. Pourquoi ? Parce que d'abord des enfants sont confinés, des enfants qui étaient en vacances en Asie pendant les vacances de février ou qui étaient en vacances en Lombardie. Ils sont confinés chez eux pendant quatorze jours, ils ne peuvent pas aller à l'école.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et puis – et puis – il y a d'autres enfants qui subissent des tests actuellement en France. Combien en tout ?

GABRIEL ATTAL
Je ne saurai pas vous dire au total en France combien d'enfants ont subi des tests, en tout cas ont fait l'objet de tests. En tout cas il y a un cas qui a été communiqué dans la presse, c'est une situation à Courbevoie où il y avait cinq enfants qui ont fait l'objet de tests.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Cinq enfants testés à Courbevoie dans un lycée, des lycéens.

GABRIEL ATTAL
Oui. A ce stade, vous avez quatre d'entre eux dont le test est négatif. On attend le cinquième.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On n'a pas le résultat pour le cinquième.

GABRIEL ATTAL
On l'attend mais je crois que c'est dans les prochaines minutes ou les prochaines heures. Je pense que ce qui est important de dire aujourd'hui aux Français…

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'autres enfants. Attendez avant de dire ce qui est important de dire, moi j'aimerais avoir des précisions.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'autres enfants ailleurs en France ont fait l'objet de tests ?

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand et où ?

GABRIEL ATTAL
Je ne vais pas faire la liste ici de tous les départements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, pas la liste mais…

GABRIEL ATTAL
Il ne faut pas inquiéter non plus outre mesure. Je vais vous dire ce qui est important…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Attendez, attendez ! Je crois en Ardèche, en Ardèche.

GABRIEL ATTAL
Alors je vais vous dire exactement la manière dont les choses fonctionnent. Dès qu'on a une suspicion avec un faisceau d'indices et des critères, on prend les mesures nécessaires en confinant les personnes d'une manière générale et les enfants, en particulier s'agissant du système scolaire, concernés et on fait des tests. Exemple effectivement en Ardèche : dans la nuit de dimanche à lundi, il y a une jeune fille qui avait des symptômes grippaux, qui toussait. On s'est rendu compte en enquêtant auprès de sa famille qu'un membre de sa famille revenait d'une région touchée. Qu'est-ce qu'on a fait ? En pleine nuit, dans la nuit de dimanche à lundi, on a réveillé la jeune fille, on l'a sortie de son internant pour l'isoler et lui faire passer des tests. Tests négatifs. Vous avez des situations comme ça, vous en avez beaucoup parce que forcément il y a des inquiétudes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc aucun enfant scolarisé en France aujourd'hui n'a eu de test positif.

GABRIEL ATTAL
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aucun ?

GABRIEL ATTAL
Aucun. Et l'autre chose que je veux vous dire, c'est qu'il y a un enjeu qui est très fort qui est celui de la transparence. Vous savez que le Ministère de la Santé, que ce soit le ministre Olivier VERAN ou le directeur général de la Santé Jérôme SALOMON, communiquent tous les jours. Ils font un point tous les jours. C'est très important la transparence. Ce qui est important aussi, c'est que vous ayez une personne, un acteur qui soit identifié pour faire la transparence et pour communiquer, aussi tiré un peu des enseignements de ce qui s'est passé sur d'autres moments. Je pense par exemple à LUBRIZOL où quand vous avez plusieurs membres du gouvernement qui communiquent en même temps, parfois ça peut parasiter.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est sûr.

GABRIEL ATTAL
On en tire les enseignements et aujourd'hui, il y a un ministre de la Santé qui communique sur ces données factuelles. Mais moi le message que je veux faire passer si vous me le permettez, c'est qu'il faut que les Français soient rassurés par notre système. Moi j'ai travaillé au Ministère de la Santé pendant cinq ans avant d'être élu. Et franchement ce que j'ai vu, c'est un système d'alerte sanitaire. Des personnes qui sont chargées de la veille sanitaire pour les Français. Des médecins, des personnes dont c'est la spécialité qui sont d'une excellence incroyable. Qui sont réactifs, qui sont robustes, qui savent faire de la prévention, qui savent capter les signaux faibles. Et donc on a ce système qui est un des meilleurs systèmes au monde, on a la transparence qui est faite avec des données qui sont communiquées régulièrement, et ça je pense que c'est important de le dire, que les Français en soient conscients. On communique dès qu'on le peut.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De toute manière, si jamais un cas était avéré, j'imagine que l'établissement scolaire serait immédiatement fermé.

GABRIEL ATTAL
Oui, bien sûr. Et surtout on identifierait, comme pour tous les autres cas confirmés, ce qu'on appelle les cas de contact c'est-à-dire les personnes qui ont croisé la route de ce cas pour les isoler aussi et pour leur faire passer des tests.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que si vous aviez un enfant de treize, quatorze, quinze, est-ce que, Gabriel ATTAL, vous iriez au stade ce soir voir le match Lyon-Juventus Turin sans problème ? Sans crainte, sans peur.

GABRIEL ATTAL
Je suivrais les recommandations sanitaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous iriez sans problème ?

GABRIEL ATTAL
Parce que les recommandations sanitaires, les experts sanitaires disent qu'on peut y aller. Si vous me posez la question de savoir si je comprends que des Français puissent être inquiets et se poser des questions, évidemment. Mais vous savez dans ces situations et dans ces cas-là, précisément quand il y a de l'inquiétude et des questionnements, c'est important de faire confiance et d'écouter les personnes qui sont experts et spécialistes de ces questions-là et qui donnent des recommandations pour protéger les Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Fallait-il interdire aux trois mille et quelques - et peut-être plus -supporters de Turin de venir dans le stade ce soir assister au match Lyon-Juventus ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui les experts de veille sanitaire et de santé publique disent que ça n'est pas nécessaire. Est-ce que le virus circule activement à Turin ? Non. Est-ce qu'il circule activement dans la région de Turin ? Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a peut-être des supporters de la Juve qui viennent de Milan aussi. Je ne sais pas, vous non plus.

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, le risque est évalué heure par heure et les décisions sont prises en fonction. Cette décision a été prise, moi je n'ai aucune raison de la remettre en question. Je ne suis pas plus spécialiste, loin de là, que les spécialistes et donc je leur fais confiance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai encore deux questions sur le coronavirus. D'abord Marine LE PEN qui affirme que le gouvernement ne dit pas la vérité aux Français. « Ne pas leur dire la vérité, c'est aggraver le sentiment de danger de la population » ajoute-t-elle. Est-ce que vous mentez aux Français ?

GABRIEL ATTAL
Mais je trouve ça gravissime, ces propos. Je veux dire, on voit bien ce qui se passe : c'est une instrumentalisation politique, une nouvelle, de Marine LE PEN qui a pour fonds de commerce la peur et les inquiétudes des Français. Voilà. Ça l'arrange que les Français soient inquiets, qu'ils aient peur parce qu'elle se dit que dans des moments de trouble, d'inquiétude, de peur, les gens peuvent avoir tendance à se réfugier vers les idées, les propositions les plus radicales. Et c'est ce qu'elle essaie d'incarner en faisant des propositions comme fermer les frontières qui n'ont absolument aucun sens aujourd'hui, donc c'est grave. Moi je pense que dans ces moments-là où précisément il y a de l'inquiétude chez des Français et on peut le comprendre, c'est important que l'ensemble des responsables politiques fassent front parce que qui peut imaginer, Jean-Jacques BOURDIN… Est-ce que décemment quelqu'un peut imaginer que notre gouvernement, mais comme je l'espère tout gouvernement, ne fasse pas tout ce qui est en son pouvoir pour protéger les Français et pour éviter que le virus circule en France ? Qui peut imaginer ça ? Et même pour les esprits les plus cyniques, j'ai envie de dire les plus tordus qui voient parfois des théories du complot de la politique partout. Quel serait l'intérêt pour un gouvernement, pour le nôtre, de ne pas tout faire pour protéger les Français ? Quel serait notre intérêt à laisser courir un risque d'une pandémie ou autre ? Evidemment qu'on fait tout ce qui est en notre pouvoir. Evidemment qu'avec les autorités sanitaires, notre système de veille, les réactions, les anticipations qui sont portées on fait tout ce qui est possible pour protéger les Français. Et ça, il faut que chacun en soit convaincu et que chacun le porte. Marine LE PEN, elle porte aujourd'hui des propositions qu'elle sort de son chapeau qui n'ont aucun sens. Quand elle parle de fermer les frontières, il y a eu hier une réunion en Italie avec les ministres de la Santé des pays frontaliers de l'Italie. Est-ce que la Suisse a dit qu'ils voulaient fermer les frontières avec l'Italie ? Non. Est-ce que la Slovénie a dit qu'ils voulaient fermer les frontières avec l'Italie ? Non. Est-ce que l'Autriche a dit qu'ils voulaient fermer les frontières avec l'Italie ? Non. Marine LE PEN est en train d'expliquer qu'elle a raison toute seule contre le monde entier et toutes les autorités sanitaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors intéressons-nous aussi aux recherches et puis nous allons passer à un autre sujet. Intéressons-nous aux recherches. Tous les laboratoires du monde cherchent, et notamment l'institut Pasteur, et puis je vois curieusement - d'ailleurs ça choque les chercheurs de Pasteur - je vois que SANOFI PASTEUR ne travaille pas avec la recherche française mais va travailler avec le gouvernement américain.

GABRIEL ATTAL
Je n'ai pas ces informations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien moi, je vous le dis. Je vous le dis. A passé contrat avec le gouvernement américain.

GABRIEL ATTAL
Je n'ai pas ces informations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce acceptable ? Je vous pose la question.

GABRIEL ATTAL
Jean-Jacques BOURDIN, pour les raisons que j'évoquais tout à l'heure, on a un ministre de la Santé qui est en charge de ces sujets. Moi je n'ai pas à faire de déclarations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'espère qu'il va venir répondre rapidement.

GABRIEL ATTAL
Je suis sûr qu'il viendra, il est très disponible, il est très mobilisé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je l'attends.

GABRIEL ATTAL
Il viendra vous répondre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, je l'attends. La lutte contre le séparatisme et l'islamisme, on en parle. Le président de la République en parle. D'ailleurs pourquoi est-ce que le président de la République ne prononce pas un grand discours pour bien mettre les choses au point ? Bien rappeler les dangers de l'islamisme politique et bien rappeler en quoi le séparatisme peu briser la société française ?

GABRIEL ATTAL
A mon sens sur ce sujet que vous avez évoqué, le risque du séparatisme et de fracture dans la société, il a prononcé plusieurs grands discours. Il en a parlé dans ses voeux aux Français De manière très solennelle. Dans son discours à Mulhouse…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est qu'un grand discours sur ce sujet-là. Il est attendu, non ?

GABRIEL ATTAL
Le discours à Mulhouse la semaine dernière, j'étais avec lui, c'était un grand discours. C'était un grand discours sur ce sujet. Il a dit : dans la République, on ne refuse pas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On ne l'a pas beaucoup entendu.

GABRIEL ATTAL
Vous ne l'avez peut-être pas beaucoup relayé sur cette antenne, je le regrette. Mais il a dit : dans la République, on ne refuse pas de serrer la main à une femme parce qu'elle est femme. Dans la République, on ne déscolarise pas ses enfants pour des raisons religieuses. Donc voilà, il a dit ce que c'était que le séparatisme. Maintenant la question c'est comment est-ce qu'on lutte contre ce phénomène de séparatisme ? Et le choix qui a été fait, et moi je le soutiens totalement, c'est d'avoir plusieurs interventions et des mesures qui sont annoncées à plusieurs moments, pourquoi ? Parce qu'on ne parle pas des mêmes sujets. Quand vous parlez de l'influence extérieure, notamment financière sur la France et sur les cultes, c'est un sujet. Quand vous parlez des questions d'associations, qui est mon sujet, dans les territoires, c'est un autre sujet. Donc c'est bien de séparer les choses et de s'attaquer aux vrais problèmes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, on est bien d'accord, mais pourquoi ne pas dire clairement les choses ? Y a-t-il une volonté de prise de pouvoir chez certains islamistes ?

GABRIEL ATTAL
Oui, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De prise de pouvoir ?

GABRIEL ATTAL
Mais vous avez une volonté de certains islamistes - certains islamistes, il faut le dire - d'imposer un projet politique qui est celui d'une conception dévoyée de la religion dont les normes prendraient le pas sur celles des lois de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça va plus loin que le séparatisme ça, prendre le pouvoir.

GABRIEL ATTAL
C'est se séparer de la République. C'est se séparer de la République. Ça peut être vouloir prendre le pouvoir dans un quartier, dans une rue, parfois même à l'échelle d'un immeuble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et ce pouvoir est pris parfois déjà ? Déjà ?

GABRIEL ATTAL
Je ne dirais pas ça aujourd'hui. Vous savez, j'ai vu un chercheur qui s'appelle Hugo MICHERON. Je crois que vous l'aviez invité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui, tout à fait.

GABRIEL ATTAL
Qui a écrit un livre très intéressant sur le sujet. On s'est vu très longuement pour en parler. Il fait un diagnostic qui assez grave sur cette situation, mais il dit aussi qu'on peut encore agir, et moi c'est ça aussi que je retiens. C'est ça qu'on essaye de faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il faut, il faut.

GABRIEL ATTAL
Il faut bien sûr. Mais il n'est pas trop tard pour agir parce que précisément le pouvoir c'est la République qui l'a en France. Et il faut garantir que la République, elle continue à pouvoir faire valoir ses valeurs, faire valoir ses règles et que ces personnes ne puissent faire valoir d'autres règles, d'autres normes supérieures à celles de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors les associations diverses et variées parfois de soutien scolaire ou des cours d'arabe, vous allez si j'ai bien compris beaucoup mieux surveiller cela.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui mais comment ?

GABRIEL ATTAL
Qu'est-ce que vous avez comme situation aujourd'hui avec les associations ? D'abord il faut le dire, les associations c'est une chance pour la République. L'essentiel des associations font vivre les valeurs de la République et notamment dans ces quartiers où on en a bien besoin. On travaille avec elles, il faut les soutenir davantage ; c'est-ce qu'on fait. Puis vous avez certains, ceux qu'on évoquait, qui ont ce projet politique et qui parfois se servent du statut d'association loi 1901 comme bouclier pour avancer ce projet politique. Je vous donne un exemple : vous avez parlé des associations de soutien scolaire. Parfois le soutien scolaire, c'est un produit d'appel pour ces personnes pour chercher à attirer des enfants et donc derrière embrigader des familles derrière ce projet politique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais quelle capacité avez-vous ? Aller vérifier chaque association, le travail de chaque association, est-ce possible ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr que c'est possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais comment ? Avec qui ?

GABRIEL ATTAL
Premièrement en encadrant davantage l'ouverture des associations qui sont destinées aux enfants et aux mineurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors qu'est-ce que vous allez décider là ?

GABRIEL ATTAL
On a fait une loi que vous connaissez bien, on en a parlé sur cette antenne à plusieurs reprises pour les écoles hors contrat, la loi Gatel. On peut reprendre un certain nombre de ses principes pour les associations. C'est-à-dire quand vous avez une association, créer une association qui a vocation à accueillir des mineurs, des enfants, on regarde l'identité des personnes qui vont intervenir devant les enfants.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi ne pas obliger une association qui va accueillir, effectivement qui est créée et qui va accueillir des mineurs, pourquoi ne pas l'obliger à recevoir le feu vert du préfet par exemple ?

GABRIEL ATTAL
C'est ce que je suis en train de vous dire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

GABRIEL ATTAL
C'est ce que je suis en train de vous dire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est ce que vous allez faire ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr. C'est ce que le président de la République a annoncé hier. C'est ce qu'on va faire. Il faudra déclarer la liste des personnes qui vont intervenir devant les enfants au greffe, en préfecture. La liste des enfants et des personnes qui vont intervenir devant les enfants, ce qui sera apporté aux enfants dans le cadre de cette association, le plan des locaux, un certain nombre d'informations. Deuxième chose, la question des contrôles. Vous savez qu'aujourd'hui quand vous avez une association qui accueille des mineurs en l'occurrence, c'est l'exemple qu'on prend, mais une association d'une manière générale, on a nos services préfectoraux qui peuvent faire des contrôles. Quand vous voulez faire un contrôle, vous prévenez un mois à l'avance avec la date et l'heure du contrôle. Donc c'est assez facile pour s'organiser et pour faire en sorte que tout soit nickel quand le contrôle… Donc contrôle inopiné à partir de maintenant. Ce sera précisé dans le cadre d'une circulaire. Là aussi, ça a été dit. Et puis ensuite, il y a la question des sanctions, la possibilité de dissolution d'une association. Ça existe aujourd'hui dans certains cas qui sont limités. Je pense par exemple aux associations de hooligans, évidemment aux questions d'ordre public, de lutte contre le terrorisme. Là aussi on peut…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, d'autres mesures contre le séparatisme ?

GABRIEL ATTAL
Oui. Alors sur les associations toujours il y a l'idée…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les associations, vous allez travailler, renforcer le travail avec les grands réseaux associatifs.

GABRIEL ATTAL
Oui, ce qui est important aussi c'est ce que je disais…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On pense à la ligue de l'éducation.

GABRIEL ATTAL
De l'enseignement, Fédération Léo Lagrange, les MJC, le réseau des MJC.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien sûr.

GABRIEL ATTAL
Parce que dans la réunion qu'on a eue hier avec le président de la République et ces associations, on a aussi partagé un constat et on a aussi des grands réseaux associatifs qui représentent des petites associations dans ces quartiers, qui observent et qui sont victimes de cet entrisme de personnes issues des Frères musulmans ou des salafistes qui cherchent à prendre le pouvoir dans leur association. Mais ce sur quoi je veux insister parce que c'est important de le dire, c'est que ces situations il faut évidemment aussi les soutenir. Donc qu'est-ce qu'on fait ? Cité éducative, cent millions d'euros supplémentaires dans les trois années qui viennent pour ces cités éducatives où très concrètement on va soutenir des associations qui font vivre les valeurs de la République et qui proposent ce qu'on évoquait : du soutien scolaire, des cours de langue etc dans les clous des valeurs de la République. C'est très important. On crée mille postes d'adultes relais pour les associations. Adultes relais, c'est des postes qui sont financés à hauteur de vingt mille euros par an par l'Etat. Donc il y a des mesures très fortes de soutien aux associations. Et je ne rappelle pas, parce que c'est important de le faire aussi parce qu'on sait que l'enjeu majeur sur ce sujet c'est aussi l'éducation, le dédoublement des classes en CP et en CE1, trois cent mille enfants aujourd'hui qui sont dans des classes dédoublées. Et je peux vous dire que dans ces territoires, ça fait la différence. On fait des déplacements dans ces territoires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, il faut aussi encourager les musulmans qui choisissent de s'intégrer à la société, à la République.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Absolument.

GABRIEL ATTAL
Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Tous ceux qui se battent contre l'entrisme islamiste.

GABRIEL ATTAL
Oui, contre l'entrisme. Qui ont envie de continuer à scolariser leurs enfants dans la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien sûr.

GABRIEL ATTAL
Vous savez qu'il y a un phénomène aujourd'hui qui est inquiétant, c'est ces enfants qui sont déscolarisés ou qui sont déclarés en instruction à domicile. Il y a la question des écoles hors contrat dont on a parlé mais aussi le nombre d'enfants qui sont déclarés en instruction à domicile qui augmenterait fortement. Augmentation de 20 % depuis l'an dernier ; dans certains territoires, ç'a été multiplié par cinq en quelques années. C'est préoccupant et donc on agit, on prend les mesures nécessaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
En ce qui concerne les imams, pourquoi – c'est ce que proposent des députés La République en Marche - ne pas créer un centre de formation indépendant pour les imams ?

GABRIEL ATTAL
Mais ça fait partie des propositions qu'on est en train de regarder. Qu'est-ce qu'il a dit le président de la République ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Moi je suis favorable à tout ce qui permet d'accomplir l'engagement du président de la République qui a été pris à Mulhouse la semaine dernière, c'est-à-dire qu'on arrête avec ce système d'imams détachés ou on importe, comme on dit, en France - même si je n'aime pas beaucoup le terme - des imams qui ont été formés à l'étranger.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi ne pas les former ? Pas sur le plan religieux parce que ce n'est pas possible, la loi de 1905 l'interdit, mais les former sur le plan civique ?

GABRIEL ATTAL
Mais c'est exactement ce qui est en train d'être regardé. Le président, il a dit quoi ? Il a dit on met fin ce système d'imams détachés où vous avez des pays étrangers qui forment des imams, qui les envoient en France, parfois ils ne parlent pas français, et on peut avoir des doutes parfois sur un certain nombre de valeurs qu'ils portent. On met fin à ce système. Il y a les derniers imams qui ont été détachés qui vont rester là encore quelques mois ou quelques années. Et dans le même temps, on met en place un système qui permet d'avoir des imams formés en France. Et c'est le travail qu'on est en train de faire évidemment avec les parlementaires, qu'on fait avec le Conseil français du culte musulman, avec les autorités évidemment…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il y a d'autres mesures à prendre pour lutter contre le séparatisme ? Au-delà des imams, au-delà du travail auprès des associations ? Par exemple ?

GABRIEL ATTAL
Oui, il y aura d'autres mesures qui seront annoncées par le président de la République. Je ne vais pas les annoncer ici.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, mais dans quel domaine ?

GABRIEL ATTAL
Vous pouvez avoir des mesures dans le domaine de la santé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La santé, c'est-à-dire ?

GABRIEL ATTAL
Avec des pratiques qui sont aujourd'hui insupportables dans la République, ce qu'on appelle les tests de virginité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les tests de virginité ?

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors là, qu'est-ce que vous pourriez faire ?

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, je ne vais pas moi-même faire des annonces.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les tests de virginité, c'est-à-dire ?

GABRIEL ATTAL
Ce qui est important, c'est aussi de mettre en avance ce qu'on fait déjà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'est-ce qu'on fait avec les tests de virginité

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui, vous avez cette pratique qui est interdite ou déconseillée par l'Ordre des médecins mais on sait que vous avez des personnes, parfois des pères de famille, qui décident de faire passer des tests de virginité à des jeunes filles.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais on interdit cela ?

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, il y a des annonces qui vont être faites.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On interdit cela ?

GABRIEL ATTAL
Evidemment. Mais ce qui est important, c'est de mettre en avant les mesures qui sont prises.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On interdit les tests de virginité.

GABRIEL ATTAL
Parce que vous savez, moi, il y a quelque chose qui me frustre toujours, je commence à m'habituer au système et aux interviews, etc., c'est qu'on vient mettre en avant des mesures qu'on vient de prendre, et puis, tout de suite, parfois, on est dans l'après, dans les prochaines, etc., il faut aussi valoriser ce qu'on fait sur le moment, et ce que j'ai évoqué, les cités éducatives, 100 millions d'euros, le dispositif Tremplin Asso, c'est Julien DENORMANDIE qui a porté ça, 45 millions d'euros sur trois ans pour soutenir ces associations. Et de l'autre côté, les mesures d'entraves que j'ai évoquées, le président de la République a annoncé autre chose, et je n'y suis pas revenu, mais je pense que ça vous intéressera, c'est le fait d'avoir maintenant un contrat républicain avec toutes les associations qui reçoivent un soutien public, notamment un soutien financier, si elles ne respectent pas les valeurs de la République, il n'y a plus de subvention, et voire même, on va chercher la subvention.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, dans le quotidien, il y aura d'autres mesures encore, on a parlé des tests de virginité, pour lutter contre le séparatisme ?

GABRIEL ATTAL
Oui, il y aura d'autres mesures d'entrave…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans quels domaines ?

GABRIEL ATTAL
D'entrave…

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'entrave…

GABRIEL ATTAL
D'entrave dans les quartiers sur ce projet politique. Je vous donne un exemple, on a pris 15 quartiers pilotes depuis 2018 avec Christophe CASTANER, et on a mis en place des mesures assez expérimentales, en tout cas, une mobilisation assez expérimentale, on a fermé plus de 130 débits de boisson, on a fermé une dizaine de lieux de culte, on a fermé des écoles hors contrat, donc on voit que cette action, elle porte ses fruits. Donc il faut en tirer les conclusions, c'est ce qu'on fait, pour aller plus loin, pour essaimer plus loin sur le territoire ; c'est ce que le président de la République aura l'occasion d'annoncer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais terminer avec la réforme des retraites, pour l'instant, pas d'utilisation du 49.3, si j'ai bien compris. On attend, vous attendez ? Vous laissez la discussion se poursuivre à l'Assemblée ? On est bien d'accord. Est-ce qu'il est possible que la discussion se poursuive après les municipales, oui ou non ?

GABRIEL ATTAL
Ecoutez, par définition, par définition, on est en République, on a des institutions, tout est possible, on ne va pas, nous, commencer à dire qu'il y a des choses qui sont impossibles. Ce qu'il faut, ce qui pour moi ne serait pas possible…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas de 49.3 avant les municipales ?

GABRIEL ATTAL
Non, ce n'est pas du tout ce que je vous ai dit…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais moi, c'est ce que je vous demande…

GABRIEL ATTAL
Ce n'est pas moi qui décide…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais d'accord, mais vous savez…

GABRIEL ATTAL
Jean-Jacques BOURDIN, ce qui ne serait pas possible, c'est que la réforme n'entre pas en vigueur dans le calendrier qui était prévu, notamment s'agissant – je vous donne un exemple – la mesure qu'on a prise pour les agriculteurs qui aujourd'hui ont des retraites parfois de 700, 800 euros, on la porte à 1.000 euros minimum, elle doit rentrer en vigueur en janvier 2022. Si le texte n'est pas adopté avant l'été, elle ne pourra pas rentrer en vigueur en janvier 2022…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais attendez, est-ce qu'il est possible que la discussion se poursuive après les municipales ?

GABRIEL ATTAL
Mais moi, je vous dis que par principe, tout est possible, que ce n'est pas moi qui décide ni du calendrier parlementaire ni du 49.3…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais je suis bien d'accord, mais…

GABRIEL ATTAL
Donc tout est possible, mais enfin, il faut aussi dire les choses, pourquoi est-ce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi ne pas laisser…

GABRIEL ATTAL
Pourquoi est-ce qu'on a la discussion, où on dit, elle se poursuit, etc., c'est que vous avez une opposition, et notamment Les Insoumis, qui cherche à paralyser le Parlement, quand on passe une journée à débattre de l'intitulé du projet de loi, à se demander où est-ce qu'on met la virgule, quand on passe des heures à déposer des amendements, à discuter des amendements pour remplacer « tous les ans » par « chaque année », « équivalent » par « correspondant », je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que ça signifie, dans le Parlement, les Français peuvent se connecter sur Internet et regarder les débats en direct, vous avez des débats qui n'ont ni queue ni tête avec des dizaines de milliers d'amendements qui ont été déposés par Les Insoumis, et c'est assumé par eux pour bloquer le processus législatif, et moi, je trouve ça grave et je trouve ça dangereux.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, j'ai une dernière question à propos de la réforme des retraites, il y a une proposition des Républicains qui me paraît…, je ne sais pas, vous allez me dire ce que vous en pensez : suspendre l'examen du projet de loi jusqu'à la fin des travaux de la conférence de financement, ensuite, on reprend, on remet le texte en discussion, le projet de réforme en discussion, qui pourrait être examiné en temps législatif programmé, afin d'éviter toute nouvelle obstruction…

GABRIEL ATTAL
Jean-Jacques BOURDIN, je viens de vous dire que nous, on veut que les agriculteurs qui ont 700, 800 euros de retraite aujourd'hui puissent avoir les 1.000 euros minimum dès 2022, si on veut que ça soit possible, il faut que le texte soit adopté avant l'été. Les Républicains, quand ils font cette proposition, ils savent très bien que ça revient à dire qu'on n'adopte pas le texte dans les temps, et que donc les mesures positives qu'on a portées, les Français n'en verront pas la couleur dans les années qui viennent, donc évidemment, il faut avancer, moi, j'entends aussi beaucoup de Français, vous savez, je suis sur le terrain, j'étais chez moi à Vanves ce week-end, qui disent : bon, ça fait deux ans maintenant que ça dure ce travail, ce débat sur les retraites, les mêmes, Les Républicains nous ont même parfois dit : vous prenez trop de temps, vous traînez, vous n'allez pas assez vite, vous avez attendu pour annoncer les derniers arbitrages parce que vous avez voulu laisser du temps pour la concertation à l'automne, et là, aujourd'hui, vous dites : il faut attendre davantage.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Gabriel ATTAL d'être venu nous voir ce matin, RMC BFM TV.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 février 2020 

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Date et heure de mise à jour

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à BFMTV le 26 février 2020, sur mesures pour lutter contre le séparatisme, le coronavirus et la réforme des retraites.

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à BFMTV le 26 février 2020, sur mesures pour lutter contre le séparatisme, le coronavirus et la réforme des retraites. Gabriel Attal 26/02/2020 séparatisme coronavirus retraites
  • Gabriel Attal - Secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse

JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité, Gabriel ATTAL. Bonjour.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, Gabriel ATTAL. On va parler du coronavirus. Pourquoi ? Parce que d'abord des enfants sont confinés, des enfants qui étaient en vacances en Asie pendant les vacances de février ou qui étaient en vacances en Lombardie. Ils sont confinés chez eux pendant quatorze jours, ils ne peuvent pas aller à l'école.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et puis – et puis – il y a d'autres enfants qui subissent des tests actuellement en France. Combien en tout ?

GABRIEL ATTAL
Je ne saurai pas vous dire au total en France combien d'enfants ont subi des tests, en tout cas ont fait l'objet de tests. En tout cas il y a un cas qui a été communiqué dans la presse, c'est une situation à Courbevoie où il y avait cinq enfants qui ont fait l'objet de tests.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Cinq enfants testés à Courbevoie dans un lycée, des lycéens.

GABRIEL ATTAL
Oui. A ce stade, vous avez quatre d'entre eux dont le test est négatif. On attend le cinquième.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On n'a pas le résultat pour le cinquième.

GABRIEL ATTAL
On l'attend mais je crois que c'est dans les prochaines minutes ou les prochaines heures. Je pense que ce qui est important de dire aujourd'hui aux Français…

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'autres enfants. Attendez avant de dire ce qui est important de dire, moi j'aimerais avoir des précisions.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'autres enfants ailleurs en France ont fait l'objet de tests ?

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand et où ?

GABRIEL ATTAL
Je ne vais pas faire la liste ici de tous les départements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, pas la liste mais…

GABRIEL ATTAL
Il ne faut pas inquiéter non plus outre mesure. Je vais vous dire ce qui est important…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Attendez, attendez ! Je crois en Ardèche, en Ardèche.

GABRIEL ATTAL
Alors je vais vous dire exactement la manière dont les choses fonctionnent. Dès qu'on a une suspicion avec un faisceau d'indices et des critères, on prend les mesures nécessaires en confinant les personnes d'une manière générale et les enfants, en particulier s'agissant du système scolaire, concernés et on fait des tests. Exemple effectivement en Ardèche : dans la nuit de dimanche à lundi, il y a une jeune fille qui avait des symptômes grippaux, qui toussait. On s'est rendu compte en enquêtant auprès de sa famille qu'un membre de sa famille revenait d'une région touchée. Qu'est-ce qu'on a fait ? En pleine nuit, dans la nuit de dimanche à lundi, on a réveillé la jeune fille, on l'a sortie de son internant pour l'isoler et lui faire passer des tests. Tests négatifs. Vous avez des situations comme ça, vous en avez beaucoup parce que forcément il y a des inquiétudes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc aucun enfant scolarisé en France aujourd'hui n'a eu de test positif.

GABRIEL ATTAL
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aucun ?

GABRIEL ATTAL
Aucun. Et l'autre chose que je veux vous dire, c'est qu'il y a un enjeu qui est très fort qui est celui de la transparence. Vous savez que le Ministère de la Santé, que ce soit le ministre Olivier VERAN ou le directeur général de la Santé Jérôme SALOMON, communiquent tous les jours. Ils font un point tous les jours. C'est très important la transparence. Ce qui est important aussi, c'est que vous ayez une personne, un acteur qui soit identifié pour faire la transparence et pour communiquer, aussi tiré un peu des enseignements de ce qui s'est passé sur d'autres moments. Je pense par exemple à LUBRIZOL où quand vous avez plusieurs membres du gouvernement qui communiquent en même temps, parfois ça peut parasiter.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est sûr.

GABRIEL ATTAL
On en tire les enseignements et aujourd'hui, il y a un ministre de la Santé qui communique sur ces données factuelles. Mais moi le message que je veux faire passer si vous me le permettez, c'est qu'il faut que les Français soient rassurés par notre système. Moi j'ai travaillé au Ministère de la Santé pendant cinq ans avant d'être élu. Et franchement ce que j'ai vu, c'est un système d'alerte sanitaire. Des personnes qui sont chargées de la veille sanitaire pour les Français. Des médecins, des personnes dont c'est la spécialité qui sont d'une excellence incroyable. Qui sont réactifs, qui sont robustes, qui savent faire de la prévention, qui savent capter les signaux faibles. Et donc on a ce système qui est un des meilleurs systèmes au monde, on a la transparence qui est faite avec des données qui sont communiquées régulièrement, et ça je pense que c'est important de le dire, que les Français en soient conscients. On communique dès qu'on le peut.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De toute manière, si jamais un cas était avéré, j'imagine que l'établissement scolaire serait immédiatement fermé.

GABRIEL ATTAL
Oui, bien sûr. Et surtout on identifierait, comme pour tous les autres cas confirmés, ce qu'on appelle les cas de contact c'est-à-dire les personnes qui ont croisé la route de ce cas pour les isoler aussi et pour leur faire passer des tests.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que si vous aviez un enfant de treize, quatorze, quinze, est-ce que, Gabriel ATTAL, vous iriez au stade ce soir voir le match Lyon-Juventus Turin sans problème ? Sans crainte, sans peur.

GABRIEL ATTAL
Je suivrais les recommandations sanitaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous iriez sans problème ?

GABRIEL ATTAL
Parce que les recommandations sanitaires, les experts sanitaires disent qu'on peut y aller. Si vous me posez la question de savoir si je comprends que des Français puissent être inquiets et se poser des questions, évidemment. Mais vous savez dans ces situations et dans ces cas-là, précisément quand il y a de l'inquiétude et des questionnements, c'est important de faire confiance et d'écouter les personnes qui sont experts et spécialistes de ces questions-là et qui donnent des recommandations pour protéger les Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Fallait-il interdire aux trois mille et quelques - et peut-être plus -supporters de Turin de venir dans le stade ce soir assister au match Lyon-Juventus ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui les experts de veille sanitaire et de santé publique disent que ça n'est pas nécessaire. Est-ce que le virus circule activement à Turin ? Non. Est-ce qu'il circule activement dans la région de Turin ? Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a peut-être des supporters de la Juve qui viennent de Milan aussi. Je ne sais pas, vous non plus.

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, le risque est évalué heure par heure et les décisions sont prises en fonction. Cette décision a été prise, moi je n'ai aucune raison de la remettre en question. Je ne suis pas plus spécialiste, loin de là, que les spécialistes et donc je leur fais confiance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai encore deux questions sur le coronavirus. D'abord Marine LE PEN qui affirme que le gouvernement ne dit pas la vérité aux Français. « Ne pas leur dire la vérité, c'est aggraver le sentiment de danger de la population » ajoute-t-elle. Est-ce que vous mentez aux Français ?

GABRIEL ATTAL
Mais je trouve ça gravissime, ces propos. Je veux dire, on voit bien ce qui se passe : c'est une instrumentalisation politique, une nouvelle, de Marine LE PEN qui a pour fonds de commerce la peur et les inquiétudes des Français. Voilà. Ça l'arrange que les Français soient inquiets, qu'ils aient peur parce qu'elle se dit que dans des moments de trouble, d'inquiétude, de peur, les gens peuvent avoir tendance à se réfugier vers les idées, les propositions les plus radicales. Et c'est ce qu'elle essaie d'incarner en faisant des propositions comme fermer les frontières qui n'ont absolument aucun sens aujourd'hui, donc c'est grave. Moi je pense que dans ces moments-là où précisément il y a de l'inquiétude chez des Français et on peut le comprendre, c'est important que l'ensemble des responsables politiques fassent front parce que qui peut imaginer, Jean-Jacques BOURDIN… Est-ce que décemment quelqu'un peut imaginer que notre gouvernement, mais comme je l'espère tout gouvernement, ne fasse pas tout ce qui est en son pouvoir pour protéger les Français et pour éviter que le virus circule en France ? Qui peut imaginer ça ? Et même pour les esprits les plus cyniques, j'ai envie de dire les plus tordus qui voient parfois des théories du complot de la politique partout. Quel serait l'intérêt pour un gouvernement, pour le nôtre, de ne pas tout faire pour protéger les Français ? Quel serait notre intérêt à laisser courir un risque d'une pandémie ou autre ? Evidemment qu'on fait tout ce qui est en notre pouvoir. Evidemment qu'avec les autorités sanitaires, notre système de veille, les réactions, les anticipations qui sont portées on fait tout ce qui est possible pour protéger les Français. Et ça, il faut que chacun en soit convaincu et que chacun le porte. Marine LE PEN, elle porte aujourd'hui des propositions qu'elle sort de son chapeau qui n'ont aucun sens. Quand elle parle de fermer les frontières, il y a eu hier une réunion en Italie avec les ministres de la Santé des pays frontaliers de l'Italie. Est-ce que la Suisse a dit qu'ils voulaient fermer les frontières avec l'Italie ? Non. Est-ce que la Slovénie a dit qu'ils voulaient fermer les frontières avec l'Italie ? Non. Est-ce que l'Autriche a dit qu'ils voulaient fermer les frontières avec l'Italie ? Non. Marine LE PEN est en train d'expliquer qu'elle a raison toute seule contre le monde entier et toutes les autorités sanitaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors intéressons-nous aussi aux recherches et puis nous allons passer à un autre sujet. Intéressons-nous aux recherches. Tous les laboratoires du monde cherchent, et notamment l'institut Pasteur, et puis je vois curieusement - d'ailleurs ça choque les chercheurs de Pasteur - je vois que SANOFI PASTEUR ne travaille pas avec la recherche française mais va travailler avec le gouvernement américain.

GABRIEL ATTAL
Je n'ai pas ces informations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien moi, je vous le dis. Je vous le dis. A passé contrat avec le gouvernement américain.

GABRIEL ATTAL
Je n'ai pas ces informations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce acceptable ? Je vous pose la question.

GABRIEL ATTAL
Jean-Jacques BOURDIN, pour les raisons que j'évoquais tout à l'heure, on a un ministre de la Santé qui est en charge de ces sujets. Moi je n'ai pas à faire de déclarations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'espère qu'il va venir répondre rapidement.

GABRIEL ATTAL
Je suis sûr qu'il viendra, il est très disponible, il est très mobilisé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je l'attends.

GABRIEL ATTAL
Il viendra vous répondre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, je l'attends. La lutte contre le séparatisme et l'islamisme, on en parle. Le président de la République en parle. D'ailleurs pourquoi est-ce que le président de la République ne prononce pas un grand discours pour bien mettre les choses au point ? Bien rappeler les dangers de l'islamisme politique et bien rappeler en quoi le séparatisme peu briser la société française ?

GABRIEL ATTAL
A mon sens sur ce sujet que vous avez évoqué, le risque du séparatisme et de fracture dans la société, il a prononcé plusieurs grands discours. Il en a parlé dans ses voeux aux Français De manière très solennelle. Dans son discours à Mulhouse…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est qu'un grand discours sur ce sujet-là. Il est attendu, non ?

GABRIEL ATTAL
Le discours à Mulhouse la semaine dernière, j'étais avec lui, c'était un grand discours. C'était un grand discours sur ce sujet. Il a dit : dans la République, on ne refuse pas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On ne l'a pas beaucoup entendu.

GABRIEL ATTAL
Vous ne l'avez peut-être pas beaucoup relayé sur cette antenne, je le regrette. Mais il a dit : dans la République, on ne refuse pas de serrer la main à une femme parce qu'elle est femme. Dans la République, on ne déscolarise pas ses enfants pour des raisons religieuses. Donc voilà, il a dit ce que c'était que le séparatisme. Maintenant la question c'est comment est-ce qu'on lutte contre ce phénomène de séparatisme ? Et le choix qui a été fait, et moi je le soutiens totalement, c'est d'avoir plusieurs interventions et des mesures qui sont annoncées à plusieurs moments, pourquoi ? Parce qu'on ne parle pas des mêmes sujets. Quand vous parlez de l'influence extérieure, notamment financière sur la France et sur les cultes, c'est un sujet. Quand vous parlez des questions d'associations, qui est mon sujet, dans les territoires, c'est un autre sujet. Donc c'est bien de séparer les choses et de s'attaquer aux vrais problèmes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, on est bien d'accord, mais pourquoi ne pas dire clairement les choses ? Y a-t-il une volonté de prise de pouvoir chez certains islamistes ?

GABRIEL ATTAL
Oui, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De prise de pouvoir ?

GABRIEL ATTAL
Mais vous avez une volonté de certains islamistes - certains islamistes, il faut le dire - d'imposer un projet politique qui est celui d'une conception dévoyée de la religion dont les normes prendraient le pas sur celles des lois de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça va plus loin que le séparatisme ça, prendre le pouvoir.

GABRIEL ATTAL
C'est se séparer de la République. C'est se séparer de la République. Ça peut être vouloir prendre le pouvoir dans un quartier, dans une rue, parfois même à l'échelle d'un immeuble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et ce pouvoir est pris parfois déjà ? Déjà ?

GABRIEL ATTAL
Je ne dirais pas ça aujourd'hui. Vous savez, j'ai vu un chercheur qui s'appelle Hugo MICHERON. Je crois que vous l'aviez invité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui, tout à fait.

GABRIEL ATTAL
Qui a écrit un livre très intéressant sur le sujet. On s'est vu très longuement pour en parler. Il fait un diagnostic qui assez grave sur cette situation, mais il dit aussi qu'on peut encore agir, et moi c'est ça aussi que je retiens. C'est ça qu'on essaye de faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il faut, il faut.

GABRIEL ATTAL
Il faut bien sûr. Mais il n'est pas trop tard pour agir parce que précisément le pouvoir c'est la République qui l'a en France. Et il faut garantir que la République, elle continue à pouvoir faire valoir ses valeurs, faire valoir ses règles et que ces personnes ne puissent faire valoir d'autres règles, d'autres normes supérieures à celles de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors les associations diverses et variées parfois de soutien scolaire ou des cours d'arabe, vous allez si j'ai bien compris beaucoup mieux surveiller cela.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui mais comment ?

GABRIEL ATTAL
Qu'est-ce que vous avez comme situation aujourd'hui avec les associations ? D'abord il faut le dire, les associations c'est une chance pour la République. L'essentiel des associations font vivre les valeurs de la République et notamment dans ces quartiers où on en a bien besoin. On travaille avec elles, il faut les soutenir davantage ; c'est-ce qu'on fait. Puis vous avez certains, ceux qu'on évoquait, qui ont ce projet politique et qui parfois se servent du statut d'association loi 1901 comme bouclier pour avancer ce projet politique. Je vous donne un exemple : vous avez parlé des associations de soutien scolaire. Parfois le soutien scolaire, c'est un produit d'appel pour ces personnes pour chercher à attirer des enfants et donc derrière embrigader des familles derrière ce projet politique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais quelle capacité avez-vous ? Aller vérifier chaque association, le travail de chaque association, est-ce possible ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr que c'est possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais comment ? Avec qui ?

GABRIEL ATTAL
Premièrement en encadrant davantage l'ouverture des associations qui sont destinées aux enfants et aux mineurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors qu'est-ce que vous allez décider là ?

GABRIEL ATTAL
On a fait une loi que vous connaissez bien, on en a parlé sur cette antenne à plusieurs reprises pour les écoles hors contrat, la loi Gatel. On peut reprendre un certain nombre de ses principes pour les associations. C'est-à-dire quand vous avez une association, créer une association qui a vocation à accueillir des mineurs, des enfants, on regarde l'identité des personnes qui vont intervenir devant les enfants.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi ne pas obliger une association qui va accueillir, effectivement qui est créée et qui va accueillir des mineurs, pourquoi ne pas l'obliger à recevoir le feu vert du préfet par exemple ?

GABRIEL ATTAL
C'est ce que je suis en train de vous dire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

GABRIEL ATTAL
C'est ce que je suis en train de vous dire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est ce que vous allez faire ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr. C'est ce que le président de la République a annoncé hier. C'est ce qu'on va faire. Il faudra déclarer la liste des personnes qui vont intervenir devant les enfants au greffe, en préfecture. La liste des enfants et des personnes qui vont intervenir devant les enfants, ce qui sera apporté aux enfants dans le cadre de cette association, le plan des locaux, un certain nombre d'informations. Deuxième chose, la question des contrôles. Vous savez qu'aujourd'hui quand vous avez une association qui accueille des mineurs en l'occurrence, c'est l'exemple qu'on prend, mais une association d'une manière générale, on a nos services préfectoraux qui peuvent faire des contrôles. Quand vous voulez faire un contrôle, vous prévenez un mois à l'avance avec la date et l'heure du contrôle. Donc c'est assez facile pour s'organiser et pour faire en sorte que tout soit nickel quand le contrôle… Donc contrôle inopiné à partir de maintenant. Ce sera précisé dans le cadre d'une circulaire. Là aussi, ça a été dit. Et puis ensuite, il y a la question des sanctions, la possibilité de dissolution d'une association. Ça existe aujourd'hui dans certains cas qui sont limités. Je pense par exemple aux associations de hooligans, évidemment aux questions d'ordre public, de lutte contre le terrorisme. Là aussi on peut…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, d'autres mesures contre le séparatisme ?

GABRIEL ATTAL
Oui. Alors sur les associations toujours il y a l'idée…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les associations, vous allez travailler, renforcer le travail avec les grands réseaux associatifs.

GABRIEL ATTAL
Oui, ce qui est important aussi c'est ce que je disais…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On pense à la ligue de l'éducation.

GABRIEL ATTAL
De l'enseignement, Fédération Léo Lagrange, les MJC, le réseau des MJC.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien sûr.

GABRIEL ATTAL
Parce que dans la réunion qu'on a eue hier avec le président de la République et ces associations, on a aussi partagé un constat et on a aussi des grands réseaux associatifs qui représentent des petites associations dans ces quartiers, qui observent et qui sont victimes de cet entrisme de personnes issues des Frères musulmans ou des salafistes qui cherchent à prendre le pouvoir dans leur association. Mais ce sur quoi je veux insister parce que c'est important de le dire, c'est que ces situations il faut évidemment aussi les soutenir. Donc qu'est-ce qu'on fait ? Cité éducative, cent millions d'euros supplémentaires dans les trois années qui viennent pour ces cités éducatives où très concrètement on va soutenir des associations qui font vivre les valeurs de la République et qui proposent ce qu'on évoquait : du soutien scolaire, des cours de langue etc dans les clous des valeurs de la République. C'est très important. On crée mille postes d'adultes relais pour les associations. Adultes relais, c'est des postes qui sont financés à hauteur de vingt mille euros par an par l'Etat. Donc il y a des mesures très fortes de soutien aux associations. Et je ne rappelle pas, parce que c'est important de le faire aussi parce qu'on sait que l'enjeu majeur sur ce sujet c'est aussi l'éducation, le dédoublement des classes en CP et en CE1, trois cent mille enfants aujourd'hui qui sont dans des classes dédoublées. Et je peux vous dire que dans ces territoires, ça fait la différence. On fait des déplacements dans ces territoires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, il faut aussi encourager les musulmans qui choisissent de s'intégrer à la société, à la République.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Absolument.

GABRIEL ATTAL
Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Tous ceux qui se battent contre l'entrisme islamiste.

GABRIEL ATTAL
Oui, contre l'entrisme. Qui ont envie de continuer à scolariser leurs enfants dans la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien sûr.

GABRIEL ATTAL
Vous savez qu'il y a un phénomène aujourd'hui qui est inquiétant, c'est ces enfants qui sont déscolarisés ou qui sont déclarés en instruction à domicile. Il y a la question des écoles hors contrat dont on a parlé mais aussi le nombre d'enfants qui sont déclarés en instruction à domicile qui augmenterait fortement. Augmentation de 20 % depuis l'an dernier ; dans certains territoires, ç'a été multiplié par cinq en quelques années. C'est préoccupant et donc on agit, on prend les mesures nécessaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
En ce qui concerne les imams, pourquoi – c'est ce que proposent des députés La République en Marche - ne pas créer un centre de formation indépendant pour les imams ?

GABRIEL ATTAL
Mais ça fait partie des propositions qu'on est en train de regarder. Qu'est-ce qu'il a dit le président de la République ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Moi je suis favorable à tout ce qui permet d'accomplir l'engagement du président de la République qui a été pris à Mulhouse la semaine dernière, c'est-à-dire qu'on arrête avec ce système d'imams détachés ou on importe, comme on dit, en France - même si je n'aime pas beaucoup le terme - des imams qui ont été formés à l'étranger.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi ne pas les former ? Pas sur le plan religieux parce que ce n'est pas possible, la loi de 1905 l'interdit, mais les former sur le plan civique ?

GABRIEL ATTAL
Mais c'est exactement ce qui est en train d'être regardé. Le président, il a dit quoi ? Il a dit on met fin ce système d'imams détachés où vous avez des pays étrangers qui forment des imams, qui les envoient en France, parfois ils ne parlent pas français, et on peut avoir des doutes parfois sur un certain nombre de valeurs qu'ils portent. On met fin à ce système. Il y a les derniers imams qui ont été détachés qui vont rester là encore quelques mois ou quelques années. Et dans le même temps, on met en place un système qui permet d'avoir des imams formés en France. Et c'est le travail qu'on est en train de faire évidemment avec les parlementaires, qu'on fait avec le Conseil français du culte musulman, avec les autorités évidemment…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il y a d'autres mesures à prendre pour lutter contre le séparatisme ? Au-delà des imams, au-delà du travail auprès des associations ? Par exemple ?

GABRIEL ATTAL
Oui, il y aura d'autres mesures qui seront annoncées par le président de la République. Je ne vais pas les annoncer ici.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, mais dans quel domaine ?

GABRIEL ATTAL
Vous pouvez avoir des mesures dans le domaine de la santé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La santé, c'est-à-dire ?

GABRIEL ATTAL
Avec des pratiques qui sont aujourd'hui insupportables dans la République, ce qu'on appelle les tests de virginité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les tests de virginité ?

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors là, qu'est-ce que vous pourriez faire ?

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, je ne vais pas moi-même faire des annonces.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les tests de virginité, c'est-à-dire ?

GABRIEL ATTAL
Ce qui est important, c'est aussi de mettre en avance ce qu'on fait déjà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'est-ce qu'on fait avec les tests de virginité

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui, vous avez cette pratique qui est interdite ou déconseillée par l'Ordre des médecins mais on sait que vous avez des personnes, parfois des pères de famille, qui décident de faire passer des tests de virginité à des jeunes filles.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais on interdit cela ?

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, il y a des annonces qui vont être faites.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On interdit cela ?

GABRIEL ATTAL
Evidemment. Mais ce qui est important, c'est de mettre en avant les mesures qui sont prises.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On interdit les tests de virginité.

GABRIEL ATTAL
Parce que vous savez, moi, il y a quelque chose qui me frustre toujours, je commence à m'habituer au système et aux interviews, etc., c'est qu'on vient mettre en avant des mesures qu'on vient de prendre, et puis, tout de suite, parfois, on est dans l'après, dans les prochaines, etc., il faut aussi valoriser ce qu'on fait sur le moment, et ce que j'ai évoqué, les cités éducatives, 100 millions d'euros, le dispositif Tremplin Asso, c'est Julien DENORMANDIE qui a porté ça, 45 millions d'euros sur trois ans pour soutenir ces associations. Et de l'autre côté, les mesures d'entraves que j'ai évoquées, le président de la République a annoncé autre chose, et je n'y suis pas revenu, mais je pense que ça vous intéressera, c'est le fait d'avoir maintenant un contrat républicain avec toutes les associations qui reçoivent un soutien public, notamment un soutien financier, si elles ne respectent pas les valeurs de la République, il n'y a plus de subvention, et voire même, on va chercher la subvention.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, dans le quotidien, il y aura d'autres mesures encore, on a parlé des tests de virginité, pour lutter contre le séparatisme ?

GABRIEL ATTAL
Oui, il y aura d'autres mesures d'entrave…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans quels domaines ?

GABRIEL ATTAL
D'entrave…

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'entrave…

GABRIEL ATTAL
D'entrave dans les quartiers sur ce projet politique. Je vous donne un exemple, on a pris 15 quartiers pilotes depuis 2018 avec Christophe CASTANER, et on a mis en place des mesures assez expérimentales, en tout cas, une mobilisation assez expérimentale, on a fermé plus de 130 débits de boisson, on a fermé une dizaine de lieux de culte, on a fermé des écoles hors contrat, donc on voit que cette action, elle porte ses fruits. Donc il faut en tirer les conclusions, c'est ce qu'on fait, pour aller plus loin, pour essaimer plus loin sur le territoire ; c'est ce que le président de la République aura l'occasion d'annoncer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais terminer avec la réforme des retraites, pour l'instant, pas d'utilisation du 49.3, si j'ai bien compris. On attend, vous attendez ? Vous laissez la discussion se poursuivre à l'Assemblée ? On est bien d'accord. Est-ce qu'il est possible que la discussion se poursuive après les municipales, oui ou non ?

GABRIEL ATTAL
Ecoutez, par définition, par définition, on est en République, on a des institutions, tout est possible, on ne va pas, nous, commencer à dire qu'il y a des choses qui sont impossibles. Ce qu'il faut, ce qui pour moi ne serait pas possible…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas de 49.3 avant les municipales ?

GABRIEL ATTAL
Non, ce n'est pas du tout ce que je vous ai dit…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais moi, c'est ce que je vous demande…

GABRIEL ATTAL
Ce n'est pas moi qui décide…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais d'accord, mais vous savez…

GABRIEL ATTAL
Jean-Jacques BOURDIN, ce qui ne serait pas possible, c'est que la réforme n'entre pas en vigueur dans le calendrier qui était prévu, notamment s'agissant – je vous donne un exemple – la mesure qu'on a prise pour les agriculteurs qui aujourd'hui ont des retraites parfois de 700, 800 euros, on la porte à 1.000 euros minimum, elle doit rentrer en vigueur en janvier 2022. Si le texte n'est pas adopté avant l'été, elle ne pourra pas rentrer en vigueur en janvier 2022…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais attendez, est-ce qu'il est possible que la discussion se poursuive après les municipales ?

GABRIEL ATTAL
Mais moi, je vous dis que par principe, tout est possible, que ce n'est pas moi qui décide ni du calendrier parlementaire ni du 49.3…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais je suis bien d'accord, mais…

GABRIEL ATTAL
Donc tout est possible, mais enfin, il faut aussi dire les choses, pourquoi est-ce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi ne pas laisser…

GABRIEL ATTAL
Pourquoi est-ce qu'on a la discussion, où on dit, elle se poursuit, etc., c'est que vous avez une opposition, et notamment Les Insoumis, qui cherche à paralyser le Parlement, quand on passe une journée à débattre de l'intitulé du projet de loi, à se demander où est-ce qu'on met la virgule, quand on passe des heures à déposer des amendements, à discuter des amendements pour remplacer « tous les ans » par « chaque année », « équivalent » par « correspondant », je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que ça signifie, dans le Parlement, les Français peuvent se connecter sur Internet et regarder les débats en direct, vous avez des débats qui n'ont ni queue ni tête avec des dizaines de milliers d'amendements qui ont été déposés par Les Insoumis, et c'est assumé par eux pour bloquer le processus législatif, et moi, je trouve ça grave et je trouve ça dangereux.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, j'ai une dernière question à propos de la réforme des retraites, il y a une proposition des Républicains qui me paraît…, je ne sais pas, vous allez me dire ce que vous en pensez : suspendre l'examen du projet de loi jusqu'à la fin des travaux de la conférence de financement, ensuite, on reprend, on remet le texte en discussion, le projet de réforme en discussion, qui pourrait être examiné en temps législatif programmé, afin d'éviter toute nouvelle obstruction…

GABRIEL ATTAL
Jean-Jacques BOURDIN, je viens de vous dire que nous, on veut que les agriculteurs qui ont 700, 800 euros de retraite aujourd'hui puissent avoir les 1.000 euros minimum dès 2022, si on veut que ça soit possible, il faut que le texte soit adopté avant l'été. Les Républicains, quand ils font cette proposition, ils savent très bien que ça revient à dire qu'on n'adopte pas le texte dans les temps, et que donc les mesures positives qu'on a portées, les Français n'en verront pas la couleur dans les années qui viennent, donc évidemment, il faut avancer, moi, j'entends aussi beaucoup de Français, vous savez, je suis sur le terrain, j'étais chez moi à Vanves ce week-end, qui disent : bon, ça fait deux ans maintenant que ça dure ce travail, ce débat sur les retraites, les mêmes, Les Républicains nous ont même parfois dit : vous prenez trop de temps, vous traînez, vous n'allez pas assez vite, vous avez attendu pour annoncer les derniers arbitrages parce que vous avez voulu laisser du temps pour la concertation à l'automne, et là, aujourd'hui, vous dites : il faut attendre davantage.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Gabriel ATTAL d'être venu nous voir ce matin, RMC BFM TV.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 février 2020 
 

Religion Santé publique Mouvement islamiste Separatisme Religion Islam Relations Etat religion Jeune Virus Age de la retraite Epidemie Regime de retraite 203000530
Date et heure de mise à jour

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à Public Sénat le 20 février 2020, sur les élections municipales, la lutte contre le séparatisme et le service national universel.

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à Public Sénat le 20 février 2020, sur les élections municipales, la lutte contre le séparatisme et le service national universel. Gabriel Attal 20/02/2020 élections municipales séparatisme
  • Gabriel Attal - Secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse

ORIANE MANCINI
Notre invité politique ce matin, c’est Gabriel ATTAL. Bonjour.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

ORIANE MANCINI
Merci beaucoup d’être avec nous, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la jeunesse. On est ensemble pendant vingt minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale représentée par Stéphane VERNAY. Bonjour Stéphane.

STEPHANE VERNAY
Bonjour.

ORIANE MANCINI
Stéphane qui dirige le bureau parisien du journal Ouest-France. On va commencer avec ces propos de Christophe CASTANER, Gabriel ATTAL. Christophe CASTANER qui hier matin a évoqué la vie privée d’Olivier FAURE, c’était dans une interview. Il a parlé de ses divorces, de ses séparations, Christophe CASTANER qui a dit « regretter ses propos, surtout s’ils avaient blessé Olivier FAURE. » Mais quand même, est-ce que de la part du Ministre de l’Intérieur, ce n’était pas une erreur voire une faute de dire ça ?

GABRIEL ATTAL
Il a dit lui-même qu’il regrettait ses propos, donc à partir de là je pense que le débat sur le sujet est clos. Il a clarifié les choses quelques heures après cette interview et ça me semble maintenant…

ORIANE MANCINI
Pour vous, le débat est clos.

GABRIEL ATTAL
Oui. A partir du moment où Christophe CASTANER s’est exprimé en expliquant qu’il regrettait ses propos, ça me semble…

STEPHANE VERNAY
Vous comprenez la colère d’Olivier FAURE quand même.

GABRIEL ATTAL
A l’évidence Christophe CASTANER l’a entendue aussi puisqu’il a dit qu’il regrettait ses propos.

STEPHANE VERNAY
Mais est-ce qu’Olivier FAURE surjoue dans cette histoire ? Parce qu’il fait une conférence de presse, il demande que le président de la République convoque le Ministre de l’Intérieur, il parle de faute grave. Est-ce que c’est mesuré ou est-ce que c’est exagéré ? Comment vous mesurez les choses ?

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, je considère que cet épisode est clos et j’ai envie de vous dire, j’en suis même assez satisfait. Parce que, voilà, je suis…

ORIANE MANCINI
Satisfait que ce soit clos.

GABRIEL ATTAL
Oui. Enfin, voilà, je trouve qu’on a en ce moment un niveau débat public qui moi ne me satisfait pas en tant que responsable politique.

ORIANE MANCINI
Justement, est-ce que c’était besoin d’en rajouter de la part de Christophe CASTANER ?

GABRIEL ATTAL
Vous savez, j’ai trente ans, je me suis engagé en politique pas pour avoir les débats qu’on a en ce moment. Je parle de ce qui se passe depuis une semaine, voilà. Donc moi je suis content quand on parle de fond et des dossiers d’abord qu’on m’a confiés mais des dossiers d’une manière générale qui préoccupent les Français.

ORIANE MANCINI
Un mot sur Benjamin GRIVEAUX. Vous faites partie des Macronistes historiques. Est-ce que vous avez parlé à Benjamin GRIVEAUX depuis l’affaire ? Comment va-t-il ?

GABRIEL ATTAL
Ça nous regarde lui et moi. Je n’ai pas de révélation à faire sur ce sujet.

ORIANE MANCINI
Il veut prendre du champ de la vie politique ? Il veut s’en éloigner ?

GABRIEL ATTAL
Ce n’est pas à moi de le dire pour lui.

ORIANE MANCINI
Il est encore député à l’heure actuelle.

GABRIEL ATTAL
Bien sûr.

ORIANE MANCINI
Est-ce qu’il va quitter ses fonctions de député ou pas avant la fin de la mandature ?

GABRIEL ATTAL
Je n’ai absolument aucune information ou révélation à faire sur ce sujet.

STEPHANE VERNAY
Je propose qu’on parle un peu des municipales, notamment les municipales à Paris. On voit qu’il y a deux sondages qui sont sortis en ce début de semaine concernant les intentions de vote aux premier et second tours, deux sondages qui mettent l’un Anne HIDALGO et Rachida DATI au coude à coude, l’autre qui met Rachida DATI devant Anne HIDALGO et Agnès BUZYN dans un cas comme dans l’autre à 17 %. Le commentaire qu’on voit circuler, c’est qu’il n’y a pas d’effet Buzyn depuis l’annonce de sa candidature. Est-ce que vous êtes d’accord avec ça ? Est-ce que c’est normal ? Comment est-ce que les choses peuvent évoluer de votre point de vue ?

GABRIEL ATTAL
Alors d'abord un point méthodologique si je peux me permettre. Les sondages sur Paris, ils sont intéressants parce qu'ils donnent une photographie globale et une dynamique quand on les compare. Mais il faut les prendre avec une certaine mesure puisque, vous le savez, les élections municipales à Paris c'est en fait dix-sept élections, c’est par arrondissement et c'est en fonction de chacune des élections par arrondissement qu'on a la photographie ensuite du Conseil de Paris et qu'on a l'élection du maire ou de la maire. Et donc par définition, ces sondages ne permettent pas de dire qui sera maire mais ils donnent une dynamique.

ORIANE MANCINI
D’accord. Mais la dynamique, elle n’est pas en votre faveur.

GABRIEL ATTAL
La deuxième chose, c’est que quand vous regardez ces sondages qui sont sortis hier, l'essentiel du panel - c'est-à-dire des Parisiens qui ont été interrogés - l'ont été dimanche soir je crois. Agnès BUZYN ne s'était même pas encore exprimée. Donc moi, je suis assez réservé et mesuré sur ces sondages. Je crois par ailleurs qu'il y en a d'autres qui sont en train d'être réalisés cette semaine et qui seront peut-être être diffusés dans jours ou dans les semaines qui viennent.

ORIANE MANCINI
Donc ça veut dire que vous espérez un effet Buzyn.

GABRIEL ATTAL
Moi je crois profondément que…

ORIANE MANCINI
Vous espérez qu’Agnès BUZYN soit une meilleure candidate que Benjamin GRIVEAUX et qu'elle imprime plus à Paris.

GABRIEL ATTAL
Je ne dis pas ça. Je dis que par définition, quand vous avez un candidat important qui est remplacé par une autre candidate, par définition ça rebat les cartes. Et donc par définition, c'est une nouvelle dynamique qui s'enclenche. Maintenant, il faut convaincre les Parisiens. Je crois que c'est ce à quoi Agnès BUZYN s'emploie depuis lundi matin. Elle a fait un certain nombre de déplacements déjà, elle a fait plusieurs interventions chez certains de vos confrères hier. Elle va continuer à le faire dans les jours qui viennent et évidemment elle cherche à convaincre.

STEPHANE VERNAY
Agnès BUZYN s'emploie à convaincre les Parisiens comme vous dites et elle cherche aussi à convaincre Cédric VILLANI. Où est-ce que les deux candidats en sont de leurs échanges et de leurs tractations ?

GABRIEL ATTAL
D’abord je…

STEPHANE VERNAY
Est-ce qu’il y a une chance que Cédric VILLANI revienne ?

GABRIEL ATTAL
Eh bien, je l’espère. Je l’espère.

STEPHANE VERNAY
C’est encore possible ?

GABRIEL ATTAL
Je le crois. Moi je pense que par définition, tant que les listes ne sont pas déposées totalement, qu'on n'est pas au moment du premier tour, il y a encore une chance d'y arriver.

ORIANE MANCINI
On a un peu l'impression que les deux se tendent la main mutuellement mais que personne ne saisit la main tendue de l'autre.

STEPHANE VERNAY
Chacun pose ses conditions.

ORIANE MANCINI
Est-ce que vous pensez qu’il y a un accord ?

GABRIEL ATTAL
Déjà, moi je vois les choses toujours positivement. Il y a de la discussion, il y a du dialogue ; ils l'ont dit d'ailleurs eux-mêmes : ils ont échangé. Moi, je souhaite évidemment qu'on puisse aller vers un rassemblement dès le premier tour. Ça serait l'idéal.

STEPHANE VERNAY
Mais sans ce rassemblement dès le premier tour, est-ce que La République en Marche peut encore prendre Paris ?

GABRIEL ATTAL
Oui, je pense que oui. Je pense que oui parce qu4il y a deux tours, il y a même trois tours quand on regarde les choses par rapport à ce que je vous disais tout à l'heure, et donc il y a tout à fait la possibilité de gagner Paris indépendamment de ce rassemblement dès le premier tour. Mais par définition, c'est toujours mieux d’être ensemble.

STEPHANE VERNAY
Est-ce que c’est possible de prendre Paris entre le premier et le deuxième tour sans alliance avec la droite ? Et si le seul moyen de le faire, c’est par une alliance avec la droite, c'est mal parti. Si Rachida DATI est avant la candidate de La République en Marche au soir du premier tour, l'alliance se fera dans l'autre sens. Vous serez obligés de vous ranger derrière Rachida DATI et non pas l'inverse.

GABRIEL ATTAL
D’abord il reste un peu moins d'un mois de campagne. Notre candidate a démarré sa campagne lundi matin, donc moi je ne me place pas dans ce scénario-là. C'est-à-dire que je pense qu'elle peut convaincre et qu'elle va convaincre et qu’elle sera devant. Mais je pense que c'est possible. Quand vous regardez les sondages, vous avez, je crois entre 65, 70 % des Parisiens qui, quand on leur demande s'ils souhaitent qu’Anne HIDALGO soit réélue, répondent non. Donc c'est bien qu'il y a un chemin pour une alternative, une alternance à Paris. Et moi je crois que celle qui peut l'incarner, c'est Agnès BUZYN. Je ne crois pas que Rachida DATI puisse l’incarner.

STEPHANE VERNAY
Oui, mais avec l’électorat de droite. Forcément avec une alliance avec la droite.

GABRIEL ATTAL
Mais vous savez, nous on s’adresse à différents électorats. Agnès BUZYN l’a dit : des électeurs de droite, des électeurs de gauche, des électeurs écologistes.

ORIANE MANCINI
Mais vous n’excluez pas cette alliance avec la droite.

GABRIEL ATTAL
Non mais attendez. Moi je ne me place pas du tout dans ces sujets d'alliance. Dans le premier tour déjà, essayer de rassembler notre famille politique au sens élargi du terme, et puis c'est de convaincre les Parisiens et c'est ce à quoi Agnès s’emploie.

STEPHANE VERNAY
Quelles sont les autres villes que La République en Marche pourrait ou devrait remporter dans cette élection ?

GABRIEL ATTAL
Alors nous, on s’est fixé dès le départ un objectif, c’était…

STEPHANE VERNAY
Dix mille élus locaux.

GABRIEL ATTAL
Oui, ce qui est un objectif ambitieux, je le dis. On part dans ces élections municipales, par définition, avec un compteur à zéro puisque La République en Marche…

STEPHANE VERNAY
Deux mille. L’estimation, c’est deux mille élus locaux.

GABRIEL ATTAL
Oui. Deux mille élus locaux mais qui n’ont pas été élus En Marche, qui ont rejoint La République en Marche. Par définition aux dernières élections municipales, En Marche n'existait pas. Ça a été créé en 2016 et les dernières datent de 2014.

STEPHANE VERNAY
Mais les dix mille, vous les aurez. Le problème, c’est que…

GABRIEL ATTAL
Je ne suis pas sûr. Attendez, ce n’est pas dit…

STEPHANE VERNAY
Non, vous n’êtes pas sûr ? Vous êtes sûr pour Paris mais pas pour les villes.

GABRIEL ATTAL
Je crois aujourd'hui que Les Républicains revendiquent douze mille élus locaux. Vous voyez que dix mille, c'est quand même très important pour, encore une fois, une formation politique qui est nouvelle, qui se frotte pour la première fois à des élections locales, donc c'est un objectif qui est très ambitieux. Si on arrive à cet objectif-là, ce sera déjà une conquête très importante pour La République en Marche.

STEPHANE VERNAY
Vous avez besoin aussi d'afficher des victoires dans certaines villes un peu symboliques comme Paris ou d'autres. Lesquelles ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr. Alors moi je vais vous dire pourquoi je suis très réservé sur le fait de lister des villes, parce que si là je vous donne des villes dont je considère qu’on peut, qu'on doit, qu'on va les gagner, ça veut dire que celles que je n'aurai pas citées, on ne peut pas et on ne va pas les gagner. Et vis-à-vis de nos candidats qui se battent, qui font campagne, qui cherchent à convaincre, je ne trouve pas ça très correct. Moi-même, vous savez, je suis candidat dans ma ville à Vanves et donc je n'aimerais pas que quelqu'un explique qu'on peut gagner certaines villes et puis d'autres qui ne sont pas citées, qu'on ne peut pas les gagner. Mais en tout état de cause dans cette élection, on va semer des graines pour l'avenir. On va avoir des élus à tous les niveaux. On aura des conseillers municipaux, on aura des adjoints au maire. On aura, je l'espère, des maires.

ORIANE MANCINI
Mais dans beaucoup de villes, vous avez dû vous ranger derrière des maires déjà en place. Est-ce que ce n’est pas l'illustration que votre parti a du mal à s'implanter localement finalement ?

GABRIEL ATTAL
Pas dans… Enfin, ce n’est pas dans l’essentiel des villes. Je crois qu’on a réalisé un peu plus de six cents investitures et je crois que les soutiens, c'est-à-dire les candidatures où nous ne sommes pas nous-mêmes tête de liste, c'est un peu moins de la moitié. C'est beaucoup, six cents investitures. Il y a quelque chose qu'on ne dit pas souvent, c'est que La République en Marche, on est un des seuls partis à publier au niveau national toutes nos investitures et tous nos soutiens, là où vous avez des partis qui cachent leurs candidats. Est-ce que vous avez la liste des candidats soutenus par le Parti socialiste au niveau national dans toute la France ? Non, ils ne la diffusent pas. Et d'ailleurs, vous avez énormément de candidats qui ne mettent pas le logo et qui ne se revendiquent pas de leur parti. Nous, on ne cache rien ; nous, on dit les choses. Chez Les Républicains, je pense qu’il y a un peu plus de transparence mais vous avez énormément de maires sortants Les Républicains qui se présentent sans logo, qui disent qu'ils sont sans étiquette. Le Rassemblement national qui, pour le coup je crois, publie l'ensemble de ses investitures au niveau national, ils sont je crois à quatre cents investitures, donc beaucoup moins que nous. Donc on ne peut pas nous accuser de faire l'impasse sur ces élections, au contraire : on y va de manière très ambitieuse et très conquérante.

STEPHANE VERNAY
Alors juste une dernière question sur les municipales. On voit que les investitures ont été compliquées, on a beaucoup parlé de Paris mais il y a d'autres villes où il y a plusieurs candidats qui se revendiquent de La République en Marche qui se présentent les uns contre les autres. Les consignes du mouvement, elles sont très claires. C’est que partout où il y aura menace ou possibilité pour le Rassemblement national de gagner la ville au second tour, les consignes du mouvement La République en Marche c'est de dire « on se retirera si le retrait permet d'éviter que le Rassemblement national gagne la ville. » Comment vous allez faire dans les villes où vous avez plusieurs candidatures, des dissidents où on voit que finalement les consignes nationales sont difficiles à appliquer ? Est-ce que vous ne craignez pas qu'il y ait un certain nombre de vos candidats qui ne fassent pas cet effort-là et qui ne se retirent pas entre le premier et le deuxième tour parce qu'ils sont persuadés que finalement ils peuvent quand même gagner ou accomplir quelque chose au niveau personnel ?

GABRIEL ATTAL
Je vais vous dire, ce sera un bon test pour ceux qui aujourd'hui effectivement sont partis en dissidence et se revendiquent encore de La République en Marche ou du président de la République. S'il y a un risque que le Rassemblement national l'emporte et qu’ils ne se retirent pas, ça sera la démonstration par A plus B qu’ils sont totalement en dehors de nos valeurs et en dehors de nos objectifs, donc ça sera un bon test. L'autre chose que je veux vous dire sur ce point, c'est qu’on dit beaucoup « La République en Marche, vous avez des dissidents. C’est très compliqué etc. »

STEPHANE VERNAY
C’est vrai quand même.

GABRIEL ATTAL
La part des villes où il y a effectivement des dissidences et des situations compliquées, c’est 5 %. 5 % de nos investitures. Donc ce n’est pas la majorité, loin de là, ce n’est même pas une minorité importante.

ORIANE MANCINI
C’est beaucoup dans les grandes villes.

GABRIEL ATTAL
Mais c'est la réalité dans toutes les formations politiques. Qu’est-ce qui se passe à Marseille où vous avez madame VASSAL et Monsieur GILLES qui sont tous les deux des Républicains qui se présentent l'un contre l'autre ? Qu'est-ce qui se passe dans beaucoup de villes où vous avez, que ce soit à gauche, à droite, chez les écologistes, des dissidences ? Voilà, ça arrive dans la vie politique, ça nous arrive mais 5 % de nos investitures…

STEPHANE VERNAY
Pas plus qu’aux autres.

GABRIEL ATTAL
Pas plus qu'aux autres, voilà. On aimerait que ça soit moins qu'aux autres mais c’est notre première échéance. Peut-être que les choses iront mieux pour les prochaines. Mais voilà, n'accusons pas La République en Marche de maux qui ne sont pas les siens, voilà.

ORIANE MANCINI
Allez, on va parler d’un autre sujet : c'est la lutte contre le communautarisme, contre le séparatisme dans la bouche du gouvernement. Emmanuel MACRON a présenté la première partie de son plan cette semaine. Vous, vous faites des déplacements sur ce sujet, déplacements quasi hebdomadaires. Quel est l'objectif de vos déplacements ? Je crois que vous allez faire remonter des propositions au président de la République. Est-ce que vous pouvez déjà nous en donner quelques-uns ?

GABRIEL ATTAL
Absolument. Moi j'étais avec le président de la République à Mulhouse avant-hier sur ce sujet de la lutte contre le séparatisme. Déplacement à Mulhouse qui portait sur la question de l'influence internationale en France, donc à la fois la question de la formation des imams, du financement des cultes et puis des fameux ELCO, les enseignements en langue et culture d'origine qui est un système qui est totalement inacceptable…

ORIANE MANCINI
On va y revenir.

GABRIEL ATTAL
Sur lequel on va revenir. Moi je suis Secrétaire d'Etat chargé de la Jeunesse et de la vie associative. Et c'est au titre de la vie associative qu’effectivement j'ai engagé une série de déplacements pour faire des propositions que j'ai faites au président de la République et au Premier ministre sur ce sujet-là.

ORIANE MANCINI
Lesquelles alors ?

GABRIEL ATTAL
Parce que sur le constat, la vie associative c'est pour moi aujourd'hui parfois un problème sur ce sujet et dans ces quartiers, et pourtant ça peut être une vraie solution. C'est parfois un problème parce que vous avez aujourd'hui des situations où, derrière le statut d'association de loi 1901, vous avez un projet politique qui est celui de l'islam politique, qui cherche à embrigader des enfants et des familles en se protégeant derrière le statut d'association de loi 1901 et ça c'est absolument inacceptable. Et donc, il faut mieux encadrer, mieux contrôler et mieux sanctionner ces associations qui sont aujourd'hui noyautées par des personnes qui sont issues des Frères musulmans, ou en tout cas qui ont un projet politique. Et puis c'est une solution et une chance parce que moi, je crois profondément qu'on peut développer, qu'on doit développer davantage dans ces quartiers une éducation populaire du XXIème siècle, une offre alternative républicaine à ce qui est aujourd'hui proposé par ceux qui ont un projet d'islam politique. Ça veut dire travailler avec les grands réseaux d'éducation populaire pour réinsuffler cette dynamique dans les quartiers. Ils y sont déjà présents dans un certain nombre mais il faut travailler avec eux pour avancer davantage et c’est sur ces deux volets…

ORIANE MANCINI
Mais juste comment on fait pour mieux contrôler et mieux encadrer ces associations ? C'est quoi vos propositions concrètes ?

GABRIEL ATTAL
Alors par définition, j'ai fait des propositions au président de la République et au Premier ministre. Ils n’ont pas encore arbitré mais ce sera annoncé très rapidement. Dès la semaine prochaine, il y aura un nouveau déplacement.

ORIANE MANCINI
Sans nous parler des arbitrages qui n’ont pas eu lieu mais vous, vos propositions à vous ?

GABRIEL ATTAL
J’ai fait des propositions.

ORIANE MANCINI
On verra celles qui seront retenues, mais en tout cas les vôtres.

GABRIEL ATTAL
Oui enfin, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Vous savez les arbitrages ne se font pas sur des plateaux de télévision, mais il y a des propositions qui visent, je vous donne un exemple, c’est les associations qui accueillent des enfants, des mineurs, qui sont pas forcément des accueils collectifs de mineurs au sens déclaré du terme, mais vous avez par exemple des associations qui dans leurs objets expriment qu'elles font du soutien scolaire et qui se servent de cet objet social, de soutien scolaire, comme un produit d'appel pour attirer les enfants et d'arrière embrigader des familles vers, voilà des valeurs qui sont contre celles de la République. J'étais dans une commune dans ma série de déplacements où j'ai vu très concrètement ce que c'était. J'ai vu une école publique qui a été extrêmement soutenue par toutes les actions du gouvernement, toutes les classes ont été dédoublées puisqu'on a décidé de dédoubler les classes dans les territoires Rep et Rep+. Un petit-déjeuner qui est servi à tous les enfants en arrivant à l'école parce qu'on sait que c'était une vraie inégalité sociale. L'école, elle-même, avait été refaite par la municipalité, un chantier de, je crois, 7 millions d'euros il y a 2 ans. Donc en termes de politique publique, c'était l'incarnation de tout ce qu'on en train de faire pour ces quartiers, donc les enfants avaient toutes les raisons d'être bien accompagnés, d'être heureux, épanouis, émancipés dans cette école et pourtant vous avez une association, loi 19 qui fait prétendument du soutien scolaire qui accueille 300 enfants le mercredi et le week-end et les enseignants, la directrice de l'école vous disent que ces enfants quand ils retournent à l'école publique le lundi, on leur a totalement lavé le cerveau. C’est des enfants qui contestent la datation post Jésus-Christ au profit de l'hégire. Des enfants qui est en cours de musique parfois se bouchent les oreilles pour chanter des sourates, voilà c'est ça, c'est ces manifestations là qu'on voit. Et ça on ne peut pas l'accepter dans la République, on ne peut pas accepter qu'aujourd'hui, vous ayez des associations qui accueillent des enfants, qui accueillent des mineurs dont on ne sait absolument rien sur l'identité des personnes qui accueillent et qui encadrent ces mineurs et sur le contenu de ce qui leur est apporté.

ORIANE MANCINI
Est-ce que vraisemblablement il faut retravailler la loi de 1901 ?

GABRIEL ATTAL
Donc très concrètement les propositions que j'ai faites et sur lesquelles on va avancer, elles permettent de mieux encadrer l'ouverture de ces associations, encore une fois j'ai pris l'exemple de l'accueil de mineurs parce que quand on a une association qui s'adresse aux mineurs, c'est normal qu'on regarde de manière très fine la manière dont les choses sont faites, de mieux contrôler, de mieux faire des contrôles. Aujourd'hui quand vous voulez faire un contrôle de ces structures, vous annoncez un mois à l'avance la date et l'heure de votre contrôle, donc c'est sûr que c'est assez facile de s'organiser, voilà donc il faut aussi aller vers davantage de contrôles plus inopinés. Et puis de mieux prendre des sanctions si on constate qu'il y a des faits qui sont inacceptables. Voilà j'ai, je crois, été assez très concret…

ORIANE MANCINI
Juste sur la loi de 1901, est-ce qu’il faut la retravailler ou ce n’est pas la loi qui est cause ?

GABRIEL ATTAL
Enfin vous savez, moi, je ne me pose pas la question de l'objet législatif avant de me poser la question des solutions. Je regarde très concrètement ce qu'il faut faire pour que concrètement sur le terrain la différence se voit et ensuite on regarde ce que ça implique.

ORIANE MANCINI
Peut-être qu’elle n’est plus adaptée à ce que vous constatez-vous concrètement sur le terrain justement.

GABRIEL ATTAL
La loi de 1901, c'est une loi qui est très importante, qui est fondatrice, encore une fois moi ce que je regarde c'est très concrètement de quoi on a besoin sur le terrain pour permettre à la justice, à l'autorité du préfet d'agir face à ces pratiques et ensuite que ça implique en termes d'évolution législative. Je ne fais pas les choses dans le sens en me disant, on va vouloir bouger telle loi parce que c'est un totem et parce que ça va montrer qu'on y va fort, ce n'est pas ça le sujet. Je vois que dans nos oppositions politiques, c'est ce que certains font et leur dire voilà on a trouvé la solution, il faut toucher à la Constitution, la belle affaire, ce n'est pas ça qui va changer les choses. Il faut d'abord regarder sur le terrain de quoi on a besoin et ensuite se poser la question de ce que ça implique en termes législatifs.

STEPHANE VERNAY
Vous venez de parler d'encadrer l'ouverture de d'associations et de les contrôler, c'est-ce que, puisqu'on est au Sénat, c'est ce qu'a proposé le… c'est ce que permet de faire la loi Gatel sur les écoles hors contrat, est-ce que ça c'est le bon exemple, est-ce que ça marche ? Parce que maintenant, on a un an de recul, le premier bilan, il est bon, il n’est pas bon, est-ce que ça fonctionne ?

GABRIEL ATTAL
La loi Gatel, ça a été un progrès majeur, c'est d'ailleurs pour ça qu'on la soutenue.

STEPHANE VERNAY
Mais dans son application ?

GABRIEL ATTAL
Dans son application, ça fonctionne, l'an dernier on a fermé quatre écoles hors contrat et surtout à la rentrée dernière on a interdit l'ouverture, je crois, de 27 d'entre elles. Donc on voit bien que ça fonctionne. Et oui moi quand je vois…

STEPHANE VERNAY
Donc ça c’est un bon bilan.

GABRIEL ATTAL
Oui et quand je vois ce qu’on arrive à faire avec la loi Gatel sur les écoles hors contrat, ça m’inspire des choses pour les associations qui ne sont pas déclarées comme des écoles hors contrat, mais qui ont vocation à accueillir des enfants mineurs et qui parfois sont des écoles hors contrat qui ne disent pas leur nom, qui ne disent pas leur statut. Et donc il faut être très clair et il faut agir.

ORIANE MANCINI
Un mot, vous en avez parlé tout à l'heure, mais on va y revenir sur ces fameux ELCO, les enseignements en langue et culture d'origine qu'Emmanuel MACRON a donc annoncé vouloir supprimer dès septembre 2020. C'est des cours qui étaient dispensés par des enseignants désignés par les gouvernements d'autres pays. Juste avant de revenir sur ce qu'a dit Emmanuel MACRON, on ne comprend pas bien en quoi ces enseignements posaient problème, ils n'étaient pas contrôlés par le ministère de l'Education nationale ?

GABRIEL ATTAL
Non, ce qui posait problème, donc c'est des enseignements qui sont issus d'accords qui datent des années 70 et qui visaient à maintenir un lien entre des enfants de familles issues de ces pays et puis donc ces pays et ces langues d'origine.

ORIANE MANCINI
9 pays.

STEPHANE VERNAY
9 pays.

ORIANE MANCINI
Mais il y avait un contrôle du ministère de l’Education nationale ?

GABRIEL ATTAL
Vous avez aujourd'hui 80.000 enfants qui sont dans ces fameux Elco et le ministère de l'Education nationale ne contrôle ni l'identité des professeurs qui sont détachés par ces pays d'origine et donc on se rend compte que pour un certain nombre d'entre eux, ils ne parlent pas un mot de français, ce qui pose quand même un problème puisque je rappelle que ces cours ont lieu dans l'école de la République, ce n'est pas sur le temps scolaire, mais c'est dans l'école de la République, qui ne contrôle pas le contenu de ce qui est enseigné aux enfants dans le cadre de ses cours. Et donc très concrètement ce qu'on dit, c'est on va basculer ces fameux Elco en, désolé, EILE, Enseignement Internationaux en Langues Etrangères, qui est un dispositif qui pour le coup a été créé dans sa forme juridique par la précédente majorité et qui permet d'avoir un contrôle sur l'identité des enseignants de s'assurer qu'ils parlent le français et puis surtout de voir concrètement ce qu'ils disent et ce qu'ils enseignent aux enfants dans ce cadre. La précédente majorité avait créé ces EILE, elle n’avait pas du tout fait le travail avec les pays d'origine parce que c’est un travail diplomatique, vous savez c'est un acquis ancien pour ces pays, c'est eux qui détachent et qui financent les enseignants. Et donc il y a un vrai travail diplomatique à faire qui est très difficile, la précédente majorité s'était contentée de créer le statut, nous, on a fait le travail diplomatique avec Jean-Yves LE DRIAN, avec Jean-Michel BLANQUER. Donc très concrètement on est en train d'aboutir avec l'essentiel de ces pays, le Maroc…

ORIANE MANCINI
Ça coince avec la Turquie.

GABRIEL ATTAL
L'Algérie.

ORIANE MANCINI
Pour être clair ça coince avec la Turquie.

GABRIEL ATTAL
Ça coince avec la Turquie.

ORIANE MANCINI
Est-ce qu’il faut aller jusqu’au le bras de fer avec la Turquie sur ce sujet ?

GABRIEL ATTAL
Enfin là-dessus, nous, on est extrêmement clair, ce n’est pas une question de bras de fer ou pas bras de fer, c'est qu’à la rentrée prochaine il n'y aura plus d'enseignement en langue et culture d'origine, pour des pays qui voudront continuer à avoir ce lien, il faudra basculer en EILE et donc accepter que la France contrôle les personnes qui sont détachées pour faire les enseignements et le contenu. Et donc il faudra que la Turquie s’y plie, voilà moi je réaffirme ce point de manière très forte.

STEPHANE VERNAY
Autre grand sujet qui vous concerne directement le service national universel, où en êtes-vous de la campagne de recrutement des volontaires pour cette année ? Je rappelle qu'il y a 30.000, vous avez 30.000 volontaires à recruter et que le service national universel est étendu à l'ensemble des départements français cette année, combien est-ce que vous en avez pour l'instant ?

GABRIEL ATTAL
Alors je n'ai pas le compteur en direct et surtout vous savez, on a lancé la campagne.

STEPHANE VERNAY
Et ça marche ou ça ne marche pas ?

GABRIEL ATTAL
Oui bien sûr. Il y a un intérêt très fort, ce que je sais c'est qu'il y avait déjà des personnes inscrites avant même que…

STEPHANE VERNAY
Que la campagne soit ouverte.

GABRIEL ATTAL
… qu’on communique sur le site Internet, c'est-à-dire qu'il y avait des…

STEPHANE VERNAY
Donc vous aurez vos trente mille volontaires sans problème.

GABRIEL ATTAL
Donc il y avait des petits très motivés qui avaient tout le week-end recherché le site, qui l’ont trouvé et donc voilà. Et puis, on est en période de vacances scolaires dans un certain nombre d'académies, donc comme les réunions d'information ont lieu dans les lycées, c’est assez, c’est assez…

STEPHANE VERNAY
Vous êtes en train de nous dire que ça démarre doucement.

GABRIEL ATTAL
Non, ce n’est pas ce que je vous dis. C’est que c’est pour ça que moi, je n’ai pas demandé là de bilan puisque par définition, on est encore dans les vacances. Mais il y a un intérêt très fort. Moi je me déplace toutes les semaines, je serai en Gironde en fin de semaine, vendredi, sur ce sujet-là pour rencontrer des lycéens, échanger avec les partenaires.

STEPHANE VERNAY
Quelles questions ils vous posent ?

GABRIEL ATTAL
Des questions à la fois très importantes : pourquoi est-ce qu'on fait le service national universel ? C'est quand même la première question que tout le monde doit se poser. Emmanuel MACRON l'a rappelé dans ses voeux aux Français. C'est dans son projet pour la République, pour l'unicité du peuple français. Il considère qu'avoir ce moment de brassage social, de mixité géographique autour des valeurs de la République, autour d'un cadre patriotique et républicain, c'est important au service de la jeunesse.

STEPHANE VERNAY
C’est un outil majeur ou ça fait partie…. C’est un dispositif qui fait partie de la fameuse lutte contre les séparatismes ?

GABRIEL ATTAL
Oui. Mais au-delà de ça, contre les fractures et pour surtout, pour la République.

STEPHANE VERNAY
Brassage social.

GABRIEL ATTAL
Pour les valeurs de la République, pour la mixité, pour la mobilité des jeunes aussi. Vous savez, moi je suis en charge de la jeunesse. C'est un sujet sur lequel je travaille beaucoup. On a des jeunes qui sont aujourd'hui très peu mobiles parce que les colonies de vacances se sont beaucoup affaiblies ces dernières années. Je travaille d'ailleurs sur des mesures que j'annoncerai dans les prochaines semaines sur ce point-là. Et quand vous demandez à des jeunes ensuite à seize, dix-sept, dix-huit ans d'aller suivre une formation en apprentissage ou d'aller chercher un emploi dans une autre partie de leur département, voire dans un autre département, s’ils n’ont jamais eu l'expérience de quitter le domicile familial et leur environnement immédiat dans leur vie, c'est très compliqué. Et donc le SNU, c'est aussi une première expérience de mobilité pour ces jeunes. L'an dernier sur les deux mille jeunes qui étaient pourtant volontaires, 60 % prenaient le TGV pour la première fois de leur vie, et donc c'est très important aussi à ce niveau-là. Donc c'est pour. Ensuite les autres questions qu’ils me posent, c'est des choses très concrètes. Est-ce que j'ai droit à mon téléphone portable ? Avec qui je vais dormir ? Voilà, c'est des choses qui sont très concrètes, et c'est normal. Et moi je me déplace, je donne beaucoup de ma personne pour leur répondre personnellement, mais évidemment vous avez des réunions d'information qui ont lieu dans tous les territoires avec les préfets et les directeurs.

ORIANE MANCINI
Si on vous entend, le bilan est bon. Pour la généralisation, vous êtes sur quelle échéance du coup ?

GABRIEL ATTAL
Alors je l’ai annoncé d'ailleurs dans Ouest-France il y a quelques semaines. Avant que je sois nommé, il y a un rapport qui avait été remis par le général MENAOUINE, et je veux saluer le travail remarquable qu'il avait effectué, qui proposait une généralisation en 2026.

ORIANE MANCINI
Vous, vous avancez la date.

GABRIEL ATTAL
Le président a souhaité qu'on aille le plus vite possible et donc aujourd'hui, on pense être en mesure de généraliser en 2024. Déjà on va avancer très vite sur la montée en puissance, puisque l'an dernier il y avait deux mille jeunes, cette année on a un objectif de trente mille, l'an prochain un objectif de cent mille puis en 2022, un objectif de deux cent mille. Donc on a des objectifs très ambitieux.

STEPHANE VERNAY
Sachant qu'il y a huit cent mille jeunes dans une classe d’âge.

GABRIEL ATTAL
Dans une classe d'âge. Et donc par définition, ça nécessite une organisation très importante pour pouvoir accueillir huit cent mille jeunes. On a cette année, et c'est une nouveauté, mis en place un véritable état-major du service national universel au niveau national et au niveau départemental avec des équipes dédiées qui sont chargées de son organisation.

ORIANE MANCINI
Et ce sera le mot de la fin, merci beaucoup.

GABRIEL ATTAL
Merci.

ORIANE MANCINI
Merci Gabriel ATTAL d'avoir été avec nous ce matin. Merci Stéphane VERNAY. Demain on reparlera de la campagne à Paris puisque ce sera la directrice de campagne de Rachida DATI qui sera sur ce plateau. Merci Gabriel ATTAL d'avoir été avec nous.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 21 février 2020

Election municipale La Republique en marche Mairie de Paris Separatisme Jeune Service national universel Enseignement des langues 203000477
Date et heure de mise à jour

Analyse des données scientifiques : effets de l'exposition des enfants et des jeunes aux écrans

Analyse des données scientifiques : effets de l'exposition des enfants et des jeunes aux écrans effets de l'exposition des enfants et des jeunes aux écrans Haut Conseil de la Santé publique pdf Gratuit - 1.99 Mo (nouvelle fenêtre) Sante publique Enfant Jeune Telephone mobile Television Haut conseil de la sante publique Santé publique

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) se prononce sur les risques des écrans pour les enfants. À partir d'une littérature scientifique et médiatique foisonnante, il présente les effets positifs et négatifs de l'usage des écrans chez les enfants et les adolescents et exprime ses propres recommandations. Selon les modalités de travail du HCSP, une approche pluridisciplinaire est préconisée pour couvrir l'ensemble du développement de l'enfant et les risques liés à un usage abusif des techniques numériques.

I. CONTEXTE DE LA SAISINE

I.1. UN SUJET D'ACTUALITE

I.2. SITUATION FRANÇAISE

I.3. OBJECTIFS

II. METHODOLOGIE

II.1. REVUE DE LITTERATURE
II.1.1. Sélection des articles scientifiques
II.1.2. Méthode de veille sur les articles publiés entre 2017 et 2019
II.1.3. Autres publications

II.2. RECOMMANDATIONS NATIONALES ET INTERNATIONALES

II.3. AUDITIONS

II.4. QUALITE DES ETUDES RETENUES POUR L'AVIS

III. SUREXPOSITION – SURCONSOMMATION

III.1. DOSE ET EFFET PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIQUE CHEZ LES ENFANTS ET LES ADOLESCENTS

III.2. DOSE ET EFFET SUR LA SANTE MENTALE DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS

III.3. UNE DOSE EXCESSIVE ANNULE-T-ELLE DES EVENTUELS EFFETS BENEFIQUES ?

IV. LES RISQUES ET LES EFFETS SUR LA SANTE ET LE BIEN-ETRE DE L'ENFANT DE MOINS DE 6 ANS

V. LES RISQUES ET LES EFFETS SUR LA SANTE ET LE BIEN-ETRE DE L'ENFANT

V.1. LES RISQUES SUR LA VISION
V.1.1. Symptômes oculaires et oeil sec
V.1.2. Myopie
V.1.3. Lumière bleue
V.1.4. Autres
V.1.5. Application des mesures

V.2. L'AUDITION

V.3. LES EFFETS SUR LES FONCTIONS COGNITIVES ET LANGAGIERES (TROUBLES DE L’APPRENTISSAGE)
V.3.1. Des associations entre temps d'exposition, développement cognitif et attention
V.3.2. De potentiels effets positifs sur l'apprentissage
V.3.3. Développement cérébral et exposition aux écrans

V.4. LES TROUBLES DE LA SANTE MENTALE ET LES CONSEQUENCES SUR LES RELATIONS FAMILIALES ET SOCIALES
V.4.1. Des risques potentiels
V.4.2. De possibles bénéfices

V.5. EFFETS DE L’EXPOSITION ET DE L’USAGE DES ECRANS SUR LE SOMMEIL DU BEBE A L’ADOLESCENT
V.5.1. Des effets dépendants du type d'écran
V.5.2. Des effets dépendants du genre
V.5.3. Un usage multi-écrans

V.6. LES ALTERATIONS PHYSIQUES ET PHYSIOLOGIQUES
V.6.1. Exposition aux écrans et obésité de l'enfant
V.6.2. Relation entre l'exposition aux écrans et l'activité physique
V.6.3. L'exposition aux écrans et ses effets sur l'alimentation

V.7. LES TROUBLES EMOTIONNELS, AFFECTIFS ET BIEN-ETRE
V.7.1 Effets spécifiques d'internet
V.7.2. Effets des réseaux sociaux
V.7.3. Les jeux vidéo
V.7.4. Adolescence, pornographie, cyber harcèlement et sexting

V.8. EFFETS DES ECRANS SUR LES RESULTATS ACADEMIQUES

VI. USAGES DES ECRANS

VI.1 DES USAGES SOCIALEMENT DIFFERENCIES
Comportements parentaux

VI.2. UNE "SOCIO-ETHNOLOGIE DES STYLES DE VIE AVEC ECRANS"

ANNEXE


Rapport d'étude 84 Haut conseil de la santé publique 204000129