Interview de M. Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, à CNews le 31 janvier 2020, sur le Brexit, l'épidémie du coronavirus, la réforme des retraites, les municipales et le mal-logement.

Interview de M. Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, à CNews le 31 janvier 2020, sur le Brexit, l'épidémie du coronavirus, la réforme des retraites, les municipales et le mal-logement. Julien Denormandie 31/01/2020 Politique gouvernementale

GERARD LECLERC
Bonjour Julien DENORMANDIE.

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.

GERARD LECLERC
On va parler logement, et notamment du rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement, tout à l'heure. Mais d'abord, l'actualité, le jour J donc pour le Brexit. C'est un échec pour l'Europe et puis c'est une période d'incertitude qui s'ouvre avec un an de négociations.

JULIEN DENORMANDIE
Vous avez dit que c'était un échec pour l'Europe, c'est très clairement une très mauvaise nouvelle pour l'Europe, mais c'est surtout une très mauvaise nouvelle pour les Britanniques. Et je crois que d'ailleurs, les différents reportages que vous avez montrés depuis ce matin, en témoignent, avec des conséquences sur l'économie britannique, avec des conséquences dans la vie de tous les jours de nos amis britanniques. Mais c'était une décision souveraine du peuple britannique.

GERARD LECLERC
Donc, c'est logique.

JULIEN DENORMANDIE
Et donc il était important de pouvoir mettre en oeuvre cette décision, cette décision souveraine, de faire en sorte que ça ne soit pas désordonné, de faire en sorte que les impacts soient les moins forts possible pour l'économie française, mais c'est très clairement une mauvaise nouvelle, en tout cas à mes yeux, en premier lieu, pour le peuple britannique.

GERARD LECLERC
Le coronavirus, l'épidémie progresse, l'OMS parle d'urgence internationale, 213 morts en Chine maintenant, 10 000 cas qui ont été répertoriés, un sixième malade en France. AIR FRANCE suspend ses vols. Il y a une question qu'on se pose : est-ce qu'il ne faut pas resserrer, renforcer le dispositif français, dans les aéroports, sur les vols, sur le port du masque ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors, c'est des sujets qui sont incroyablement compliqués, et il y a des spécialistes, des spécialistes au ministère de la Santé, et je dois dire d'abord la ministre de la Santé elle-même, Agnès BUZYN. Ce que je peux vous dire, c'est qu'aujourd'hui, Agnès BUZYN et ses équipes sont pleinement à la tâche et prennent toutes les mesures qu'ils jugent nécessaires pour la protection des Français, pour la protection de nos compatriotes. Et ça, soyez-en pleinement assurés. Ce sont...

GERARD LECLERC
Il n'y a pas d'inquiétude à avoir, tout est sous contrôle ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, enfin tout est fait pour que la situation puisse être la meilleure possible en France, avec notamment des mesures sanitaires, des mesures de précaution, mais aussi avec ces mesures de solidarité, lorsque la France est en train de rapatrier un certain nombre de ses concitoyens vivant en Chine et ayant émis le souhait de retourner sur le territoire national. Mais là aussi, ça se fera dans des conditions très strictes, notamment de confinement, pour faire en sorte que tant qu'il n'a pas été prouvé que ces personnes ne soient pas porteuses du virus, elles ne puissent sortir du confinement.

GERARD LECLERC
Le conflit des retraites, avec le lancement hier de la Conférence de financement. Alors, Edouard PHILIPPE assure qu'il a bon espoir de trouver un compromis, mais à partir du moment où on n'augmente pas les cotisations, on ne baisse pas les pensions, ou en plus la CFDT demande des avancées sociales, ça paraît un peu mission impossible cette affaire.

JULIEN DENORMANDIE
Eh bien moi, je note qu'hier les déclarations des différentes organisations patronales et syndicales, étaient plutôt positives. Je ne dis pas qu'on est arrivé au compromis, mais je dis qu'en tout cas la journée d'hier a montré que plusieurs, voire beaucoup, cherchaient ce compromis, que ça n'était pas forcément facile, mais que c'était possible. Et donc on va le faire avec méthode. Il y a eu cette réunion hier, il y aura une prochaine réunion dans la semaine du 10 février, et moi je crois profondément au compromis.

GERARD LECLERC
On va y arriver.

JULIEN DENORMANDIE
Notamment avec plusieurs organisations syndicales dites réformistes, qui partagent ce projet très ambitieux de la réforme des retraites, mettre fin aux statuts, notamment aux régimes spéciaux, et apporter plus de droits, notamment aux agriculteurs, aux femmes, aux indépendants, aux commerçants, parce que c'est ça la réalité de la réforme des retraites, et n'oublions jamais sa finalité.

GERARD LECLERC
Edouard PHILIPPE est candidat au Havre, et donc... mais il restera Premier ministre, même s'il est élu. Alors, une candidature pour quoi faire ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais je crois déjà que c'est une très bonne nouvelle pour les Havrais et les Havraises.

GERARD LECLERC
On verra bien ce qu'ils décideront.

JULIEN DENORMANDIE
Je crois que ça a été un grand maire du Havre, déjà, et moi je salue sa décision de susciter il le suffrage des Havrais et des Havraises.

GERARD LECLERC
Oui, mais il est Premier ministre, pourquoi il veut aller...

JULIEN DENORMANDIE
Mais parce qu'il est profondément attaché à la ville du Havre, profondément, qu'il est profondément attaché en tant qu'élu local au dynamisme de son territoire. Donc il veut continuer à s'impliquer sur son territoire, et moi je salue sa décision.

GERARD LECLERC
Est-ce que ce n'est pas aussi parce qu'Emmanuel MACRON a demandé à tous ses ministres de s'engager aux municipales, il y en a beaucoup qui ne le font pas, comme s'ils avaient peur d'une gamelle, pour parler clair.

JULIEN DENORMANDIE
Non, je pense que... Vous avez différents profils, vous avez différentes attaches, mais en tout état de cause, s'agissant du Premier ministre, moi je salue sa décision, je trouve ça très bien qu'un Premier ministre, qui est si attaché à cette ville du Havre, eh bien dise aux Havrais et Havraises : « Si vous me faites confiance, eh bien cette histoire entre vous et moi continuera ». Moi je salue cette décision.

GERARD LECLERC
Et puis il y a cette photo qui fait polémique, celle du président MACRON au Festival de la Bande dessinée d'Angoulême, et qui pose tout sourire avec un tee-shirt qui dénonce les violences policières. Alors, les syndicats de policiers sont outrés, il y a des politiques aussi qui protestent, Eric CIOTTI, Jean-Luc MELENCHON. Il a fait un faux-pas, là, c'est une faute, non ?

JULIEN DENORMANDIE
Non mais vous savez, j'entendais il y a quelques jours beaucoup de ces mêmes politiques dire « il y a un régime autoritaire dans notre République », parfois certains parlant même de dictature ou autre. Qu'est-ce que montre cette photo ? Que le président de la République, il est attaché profondément dans notre pays, non seulement à la liberté d'expression, mais aussi à la liberté de caricaturer, de caricaturer. Parce que cette photo elle est prise dans un festival, un magnifique festival qui est le Festival de la BD à Angoulême. Elle fait suite à une heure de discussion avec ce dessinateur qui s'appelle Jul, un dessinateur très connu. Et pendant cette discussion, qui était de l'ordre politique, le président de la République a très clairement exprimé son désaccord profond avec le dessinateur, dans sa perception, notamment dans ce que le dessinateur qualifie de violences policières.

GERARD LECLERC
Oui, mais le problème, c'est que les policiers, eux, eh bien ils y voient une marque de défiance, ils voient du mépris…

JULIEN DENORMANDIE
Non. Vous avez entendu comme moi le président de la République, à l'issue, à l'issue de la journée d'hier, réexprimant très clairement sa position, en disant qu'il n'y avait pas de violences policières, en disant que les policiers étaient amenés à beaucoup d'exemplarité, et en disant que cet usage de la force, il devait se faire de manière proportionnée et dans le cadre de l'espace de droit, mais que les forces de l'ordre elles sont dépositaires de la force, bien évidemment, parce que ces forces de l'ordre, c'est elles qui assurent notre sécurité et donc notre liberté. Et donc un plein soutien, plein soutien à nos forces de l'ordre, dans ce devoir d'exemplarité bien évidemment.

GERARD LECLERC
Allez, on en arrive au rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement, et le rapport il est quand même très inquiétant, voire décourageant, puisque c'est un peu une année de tous les records pour les expulsions, 15 000, pour les nuitées à l'hôtel, pour les 500 000 coupures d'électricité, 2 millions d'inscrits en attente d'un logement. Qu'est-ce que vous répondez ?

JULIEN DENORMANDIE
Qu'il y a d'autres choses qui avancent profondément dans le bon sens. La Fondation Abbé Pierre, et je serai avec eux dans la journée, pour détailler justement ce rapport, dans leur grande manifestation. La Fondation Abbé Pierre c'est un lanceur d'alerte. Est-ce qu'aujourd'hui beaucoup de nos concitoyens sont en difficulté dans leur logement ? La réponse est oui. C'est précisément pour ça que moi depuis 2 ans et demi…

GERARD LECLERC
Mais, qu'est-ce que vous faites ?

JULIEN DENORMANDIE
Depuis 2 ans et demi je me bats nuit et jour pour améliorer l'accès au logement social. Vous l'avez dit, beaucoup sont en attente, ça fait des décennies que beaucoup sont en attente, c'est pour ça qu'on a passé une loi pour améliorer et fluidifier l'accès, donner plus…

GERARD LECLERC
Pour l'instant on ne voit pas les résultats. Ça ne marche pas.

JULIEN DENORMANDIE
Vous savez, par exemple cette année, cette année on nous disait qu'on n'arriverait pas à avoir des bons résultats dans la production de logements sociaux. On aura 110 000 agréments, c'est-à-dire 110 000 constructions nouvelles de logements sociaux, ça fait partie des années record. Donc ça avance, ça avance. Et puis la Fondation Abbé Pierre c'est un lanceur d'alerte, elle ne met pas en avant toutes les choses positives qui…

GERARD LECLERC
Alors, qu'est-ce que, elle, elle dit ? Dites-moi.

JULIEN DENORMANDIE
Songez que ces deux dernières années, on a sorti 150 000 personnes, je dis bien 150 000 personnes de la rue ou de l'hébergement d'urgence, pour leur donner un vrai logement, 150 000. Songez que depuis 2 ans et demi on a multiplié par deux l'activité de la rénovation des bâtiments, parce que mon objectif c'est quoi ? Produire des logements abordables et rénovés. Ces passoires thermiques, ces personnes qui sont sous l'emprise des marchands de sommeil et autres, en 2 ans j'ai multiplié par deux l'activité de rénovation de mon ministère, ça c'est du très concret. Mais le boulot reste énorme, et donc je continuerai avec beaucoup de détermination à le faire.

GERARD LECLERC
Alors, vous parliez des sans-domiciles, il y en a encore 143 000, or Emmanuel MACRON, pendant la campagne, en septembre 2013, non, d'ailleurs il était déjà élu, il a dit : « Je ne veux plus de personnes dans les rues, dans les bois ». C'est raté.

JULIEN DENORMANDIE
Mais il n'y a pas 143 000 personnes qui dorment à la rue. Ceux-ci…

GERARD LECLERC
143 000 personnes sans domicile.

JULIEN DENORMANDIE
Non. Ce chiffre-là qu'est-ce que c'est ? C'est le nombre de places que mon ministère finance, gère, avec les associations et les élus locaux, tous les jours en termes d'ouverture d'hébergements. C'est…

GERARD LECLERC
Donc ils sont... Mais il y en a quand même dans la rue, tout le monde peut en voir dans Paris.

JULIEN DENORMANDIE
Il en reste, malheureusement. Mais c'est ça, et chacun doit en prendre conscience. Tous les jours, le dispositif que je gère, dont j'ai la responsabilité, c'est l'équivalent de la ville de Brest, pour apporter un hébergement, un toit à celles et ceux qui en ont besoin. Depuis le 1er novembre, avec l'hiver qui arrive, j'ai ouvert 12 000 places, depuis le 1er novembre, et pour autant il reste des personnes à la rue. Elles sont encore beaucoup trop nombreuses. Donc de la même manière, on va continuer à ouvrir ces places, à accompagner, à aller vers ces personnes qui sont dans la détresse dans la rue, parce que la rue ça tue.

GERARD LECLERC
Plus généralement, il y a un problème quand même encore massif de logements, il y a 4 millions de personnes en gros qui sont mal logées ou sans logement. Question simple : pourquoi n'arrive-t-on pas à construire davantage de logements ? Parce qu'il y a une crise de logement qui dure depuis des décennies, depuis des années en tout cas.

JULIEN DENORMANDIE
Mais d'abord parce qu'il fallait simplifier l'acte de construction.

GERARD LECLERC
Bon ben ça c'est fait.

JULIEN DENORMANDIE
C'est fait, je l'ai présenté en Conseil des ministres…

GERARD LECLERC
Alors, pourquoi il n'y a pas plus, combien il y aura de logements construits en... ?

JULIEN DENORMANDIE
Parce que le travail de la simplification, ça a été un travail immense, que j'ai présenté en Conseil des ministres. Il fallait modifier la loi, cette semaine, c'est fait. Cette année on va construire plus de 400 000 logements…

GERARD LECLERC
Cette année, en 2020.

JULIEN DENORMANDIE
En 2019.

GERARD LECLERC
2019, 400 000.

JULIEN DENORMANDIE
400 000, les chiffres viennent de tomber, plus de 400 000, presque 410 000. Ça fait partie des années record sur les cinq dernières années. On continue à être très haut dans la construction.

GERARD LECLERC
Et l'an prochain, l'objectif pour l'an prochain, c'est quoi ? Pour l'an prochain, pour cette année, pour 2020 ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est de se maintenir à des niveaux aussi hauts.

GERARD LECLERC
Au-dessus de 400 000.

JULIEN DENORMANDIE
Au-dessus de 400 000. Mais, la difficulté c'est qu'on a une société où la tension sur le marché du logement est de plus en plus forte, parce que vous avez par exemple des couples qui divorcent, parce que vous avez des endroits où le logement devient inaccessible, et donc face à ça, qu'est-ce qu'il faut faire ? Produire du logement abordable, encadrer les loyers dans les villes où le prix est trop élevé, c'est ce que j'ai fait en réintroduisant l'encadrement des loyers à Paris, aujourd'hui à Lille, et il faut en même temps…

GERARD LECLERC
Et il y aura d'autres villes qui suivront ?

JULIEN DENORMANDIE
Toutes les villes qui le demandent, moi je suis prêt à étudier et à les accompagner. Et il faut, dernier point, lutter contre la vacance, vous savez ces logements avec des habitats qui ne sont pas habités depuis trop longtemps. Et donc là on a une politique très ferme pour aller chercher, identifier ces logements, les réhabiliter et les remettre sur le marché. Beaucoup de détermination là aussi.

GERARD LECLERC
Merci Julien DENORMANDIE.

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.

GERARD LECLERC
Bonne journée, bon week-end.

JULIEN DENORMANDIE
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 février 2020

Politique gouvernementale UE - Grande Bretagne Epidemie Retraite Election municipale Logement 203000331

Déclaration de Mme Sophie Cluzel, secrétaire d'État aux personnes handicapées, sur le bilan de la feuille de route "santé mentale et psychiatrie", à Paris le 23 janvier 2020.

Déclaration de Mme Sophie Cluzel, secrétaire d'État aux personnes handicapées, sur le bilan de la feuille de route "santé mentale et psychiatrie", à Paris le 23 janvier 2020. Sophie Cluzel 23/01/2020 feuille de route "santé mentale et psychiatrie" 3ème réunion du Comité Stratégique de la Santé Mentale et de la Psychiatrie, Paris le 23 janvier 2020

Mesdames et Messieurs les membres du Comité Stratégique de la Santé Mentale et de la Psychiatrie,


Je vous souhaite d'abord une très belle année 2020 pour vous et tous ceux qui vous sont chers.

Je suis très heureuse de pouvoir m'exprimer devant vous à la suite d'Agnès BUZYN, pour évoquer le bilan et les de la feuille de route « santé mentale et psychiatrie ».

Vous connaissez mon engagement à prendre en compte toutes les situations de handicap et à co-construire avec les personnes des réponses adaptées à chaque parcours de vie. Tant il est vrai « qu'il n'existe pas de santé, de bien-être ni de socialité équilibrée sans santé mentale », pour reprendre les justes termes du sociologue Alain Ehrenberg.

Dans un projet de société inclusive, promouvoir la santé mentale, c'est développer une véritable culture de la santé mentale.

C'est intégrer la santé mentale dès le plus jeune âge, dans tous les cursus d'éducation et de formation, à tous les niveaux des soins, de l'accompagnement social et des droits.

C'est 1 Français sur 5 qui au cours de leur vie sera confronté à une situation de handicap psychique. Un handicap invisible qui met les personnes au défi d'une singularité non visible, et encore trop souvent non dicible. Une invisibilité qui met nos concitoyens et la société toute entière au défi de s'adapter et d'accueillir ce qui ne s'accueille pas spontanément, mais où tout est à comprendre pour mieux accompagner.

Paradoxalement, pour ces personnes, c'est le regard des autres, parfois lourd d'incompréhension, qui va les rendre proprement invisibles. Cette frontière, nous devons encore la dépasser, pour que les droits reconnus et attachés à toutes les personnes par la loi du 11 février 2005 les incluent dans une pleine citoyenneté d'exercice.


* Bilan de l'axe 3 « insertion sociale-citoyenneté » de la feuille de route

Nous sommes précisément rassemblés aujourd'hui pour partager le bilan de l'axe 3 de la feuille de route « santé mentale et psychiatrie » qui concerne l'« insertion sociale-citoyenneté ».

Cet axe n'a pas été en reste lui non plus des avancées de la feuille de route évoquées par la ministre des solidarités et de la santé.

Ses actions s'inscrivent toutefois dans les champs plus larges des politiques du handicap, et pour partie, de la lutte contre les exclusions.

Le chantier ambitieux de transformation de l'offre d'accompagnement des personnes en situation de handicap, au coeur de ma feuille de route, est en effet convergent avec l'ambition de la feuille de route « santé mentale et psychiatrie ».

Il s'appuie notamment sur la mise en oeuvre du plan quinquennal d'évolution et de transformation de l'offre médico-sociale, décidé en 2016, avec son volet spécifique « handicap psychique ».

Il est animé par la même dynamique que la feuille de route « santé mentale et psychiatrie » : priorité au dépistage et à l'accompagnement le plus précoce possible ; intervention en milieu ordinaire avec l'appui d'équipes spécialisées; volonté de lutter contre la stigmatisation, approche par les droits et la citoyenneté.

Parce que l'entraide est un puissant médiateur social, les Groupes d'Entraide Mutuelle (GEM) auront été une priorité concrète de notre feuille de route. Dispositifs souples, non soumis à orientation CDAPH, non médico-sociaux, où les personnes sont accueillies de manière inconditionnelle, les Groupes d'Entraide Mutuelle (GEM) jouent ainsi un rôle essentiel dans la lutte contre l'isolement des personnes présentant des troubles psychiques. Ils leur permettent de recréer du lien social, de sortir de chez soi, de s'investir dans un collectif à la mesure de leurs besoins et de leurs souhaits.

Le soutien aux GEM ne s'est pas démenti en 2019 et j'ai moi-même eu le plaisir d'intervenir à la journée nationale des GEM, le 29 octobre dernier. Plus de 500 GEM sont recensés à ce jour. Signe de ce succès, une actualisation récente des textes les régissant a précisé leur élargissement aux personnes autistes. La stratégie nationale pour l'autisme au sein des TND prévoit en effet la création d'un « GEM Autisme » dans chaque département d'ici 2022.

Parce qu'accompagner le handicap psychique nécessite d'adapter l'ensemble des dimensions et lieux de vie des personnes, nous avons poursuivi l'effort en termes d'emploi.  

Le dispositif de l'emploi accompagné (action 35) permet quant à lui l'accompagnement vers et dans l'emploi ordinaire des travailleurs reconnus handicapés durant tout le parcours professionnel ; il offre un soutien adapté aux besoins des employeurs.

Il accueillait plus de 2000 personnes mi-2019. Les personnes avec troubles psychiques, déficiences intellectuelles ou troubles du spectre autistique représentaient 81% de ce public, lequel, in fine, pour près de la moitié a trouvé un emploi grâce à ce dispositif.

S'agissant de l'accès au logement (action 36), les premiers appels à candidatures ont été lancés en octobre 2019 pour l'attribution du forfait « habitat inclusif » créé par la loi ELAN, à des projets destinés à un public en situation de handicap ou en perte d'autonomie. Certains pourront ainsi concerner le handicap psychique. J'ai eu le plaisir et le grand intérêt de visiter en décembre 2019 un dispositif de ce type géré par l'association GAPAS à Roubaix, où des personnes en sortie d'hospitalisation psychiatrique ont pu trouver un lieu de vie à caractère familial, à la fois intimiste et accompagné, où créer leur chez soi dans une continuité de parcours, d'attention et de soins. Nous devons amplifier, avec l'engagement de toutes les administrations qui faciliteront cette dynamique, la diversification des habitats, afin de tenir compte des besoins et des histoires de vie de chaque personne.

Consacrant la priorité accordée par le Gouvernement à cette modalité d'accès à un logement autonome, le Premier Ministre a confié le mois dernier à Denis PIVETEAU et Jacques WOLFROM, la mission de préparer le lancement d'une stratégie nationale pour le déploiement à grande échelle de l'habitat inclusif.

Un premier point d'étape est prévu à la fin de ce mois pour une remise du rapport attendue fin mars. Je porte un grand attachement à la diversification des choix d'habitat, en particulier à destination de tous ceux qui, souffrant d'un handicap psychique, ont besoin d'une maison où se sentir à la fois en sécurité et s'ouvrir au monde. Car investir dans l'habitat partagé, c'est investir non seulement dans les projets personnalisés d'habitat, mais c'est investir dans le capital social et d'accompagnement de tout un quartier. C'est ainsi que les personnes et leurs voisins deviennent pleinement, dans le vivre ensemble, des concitoyens. Plus qu'un palier ou une cage d'escalier, ils partagent une communauté d'appartenance et d'attention.

Par ailleurs, dans le cadre de la politique de lutte contre les exclusions, portée par Christelle DUBOS, je rappelle que les 18 000 places de pensions de familles recensées début 2019 ont vocation pour leur part à accueillir des personnes précaires, en souffrance psychique pour nombre d'entre elles.

S'y ajoute le dispositif « Un chez-soi d'abord », déployé en fin 2019 sur 12 sites, qui a démontré l'intérêt de favoriser en premier lieu un chez soi pour mieux créer les conditions du prendre soin. Son extension à d'autres sites est prévue jusqu'en 2023, notamment cette année en villes moyennes et zones semi-urbaines.

Il est complété par le lancement d'une expérimentation « Un chez-soi d'abord jeunes » avec l'objectif de déterminer si l'accompagnement doit être spécifique pour ce public, en particulier sur le volet de l'accès à l'emploi et du développement des compétences psychosociales.

Enfin, la commission « précarité et vulnérabilités » pilotée par la DGCS a poursuivi ses travaux d‘analyse des situations de non recours et des réponses disponibles et mobilisables.

Elle prépare un guide pour appuyer les professionnels et les structures, afin de mieux orienter, accompagner, ou soigner les publics précaires porteurs de troubles ou de handicap psychiques, qui trop souvent n'ont pas recours aux dispositifs de prévention, de soins et d'accompagnement de droit commun.


* En complément de ce premier bilan, je souhaite insister sur le fait, que seule une véritable alliance avec les personnes concernées par la maladie et le handicap psychique, nous permettra de réussir le pari de la société inclusive. Une société qui promeut les compétences des personnes en situation de handicap et qui accompagne tous les acteurs du droit commun à monter en compétences pour mieux les accueillir là où elles ont choisi de vivre.

C'est le principe de « rien pour nous sans nous » que porte la Convention internationale des droits des personnes handicapées et qui doit être mis en pratique par tous les acteurs qui travaillent sur les politiques et les dispositifs qui leur sont dédiés.

L'autodétermination et l'autonomie de décision, aussi petite soit-elle, doivent ainsi être le socle de tout projet individuel, ce qui implique l'évolution des représentations à tous les niveaux : celui des personnes elles-mêmes, de leurs proches et des professionnels. Cela passe notamment par la mobilisation des savoirs expérientiels, des personnes elles-mêmes, de leurs proches aidants et des pairs intervenants.

Qui saurait mieux jouer le rôle de médiation dans des situations de déni ou de renoncement aux soins qu'une personne qui vit avec une maladie psychique et qui a trouvé le chemin du rétablissement ?

Qui serait plus crédible pour parler des possibilités d'insertion professionnelle, malgré le handicap psychique que quelqu'un qui a réussi ce pari ?

Qui serait en capacité de rassurer les proches d'un jeune qui veut vivre dans un habitat inclusif qu'une personne ayant déjà relevé ce défi de la vie autonome ?

La mobilisation des pairs doit se développer tout autant dans le champ sanitaire, que dans les pratiques du secteur médico-social.

Nous devons également développer l'intervention de pairs dans les parcours de formation des professionnels, pour leur montrer tout l'intérêt des logiques d'alliance thérapeutique.

Mais c'est aussi à une autre échelle que nous avons besoin d'une véritable alliance avec les personnes concernées : celle du chantier de transformation de l'offre d'accompagnement.

Les personnes présentant un handicap psychique ne doivent ainsi plus devoir choisir entre l'hospitalisation, l'internat au sein d'un foyer médicalisé et une vie en milieu ordinaire qui serait synonyme de parcours de combattant, de restes à charge, de difficultés d'accéder aux soins, d'impossibilité de travailler…

L'objectif de la transformation de l'offre est de personnaliser et moduler les parcours, quel que soit le lieu de vie choisi, avec autant de droits ordinaires que souhaité et autant de droits spécifiques que nécessaire.

La société inclusive, c'est avant tout, avec pragmatisme et attention à chacun, une société du choix, pour ne laisser personne au bord du chemin.

Le développement des réponses aux interstices du secteur médico-social et du droit commun que je viens de développer permet de répondre à cet impératif.

Il nous faut continuer à innover dans ce domaine, en inventant des réponses modulables et réversibles, qui permettent autant d'accompagner dans le droit commun que de prévoir que les choix puissent se modifier, temporairement ou durablement.

Enfin, il faut donner aux personnes, les réels moyens de leur autonomie. La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) y contribue. Nous avons bien entendu les conclusions du groupe de travail de la CNH sur les enjeux de la PCH pour les personnes en situation de handicap psychique. Nous examinerons attentivement les conditions d'évolution pour une plus grande adaptation aux besoins.

Pour conclure mon propos, je voudrais vous inviter, pour cette nouvelle année d'engagement qui s'ouvre à nous, à faire croître ensemble notre pouvoir d'agir : celui des personnes en situation de handicap psychique, celui de nos concitoyens dans l'accompagnement de la différence, celui des professionnels dans le développement continu de leurs compétences, celui de nos institutions dans leur capacité de transformation et d'innovation.


Je vous remercie de votre attention.


Source https://www.cnigem.fr, le 14 février 2020 
 

Maladie Handicapé Maladie mentale Psychiatrie Handicape mental Integration sociale Logement Acces aux soins 203000425

Rapport d'information déposé (...) par la commission de la défense nationale et des forces armées en conclusion des travaux d'une mission d'information sur la politique immobilière du ministère des armées

Rapport d'information déposé (...) par la commission de la défense nationale et des forces armées en conclusion des travaux d'une mission d'information sur la politique immobilière du ministère des armées la politique immobilière du ministère des armées

Auteur(s) : Laurent Furst - Fabien Lainé

Assemblée nationale. Commission de la Défense nationale et des Forces armées http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/15/rap-info/i2557/(index)/rapports-information Ministere de la defense Batiment public Politique gouvernementale Repartition geographique Armee Militaire Logement Militaire Logement

La mission d'information a exclu de son champ d'investigation l’infrastructure opérationnelle et s'est intéressée  uniquement aux conditions d’hébergement et  de  logement  des  militaires  relevant  du  ministère  des  Armées, écartant  ainsi les enjeux  relatifs  au  logement  des  gendarmes. De  même, le rapport  se concentre  sur  la  situation  des  personnels  militaires  du  ministère,  en raison  de l’ampleur de l’impact des sujétions liées à la mobilité et à la pleine disponibilité. Il examine les trois grands types de logement et d’hébergement que connaissent les personnels militaires du  ministère des armées tout long de leur carrière : le logement familial, l'hébergement et l'hôtellerie de passage. Des propositions sont formulées pour bâtir une véritable politique au service de l'amélioration de la condition militaire.

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE –COMPRENDRE LE CADRE ACTUEL DE LA POLITIQUE DE LOGEMENT ET D’HÉBERGEMENT DES MILITAIRES

I. L’IMPLANTATION GÉOGRAPHIQUE DES ARMÉES: OÙ VIVENT LES MILITAIRES
A. LE MAILLAGE TERRITORIAL EST LE FRUIT DE L’HISTOIRE
1. L’évolution du plan de stationnement des forces
2. La «carte militaire»: la présence des forces sur le territoire national

B. LES CARACTÉRISTIQUES PROPRES À CHAQUE ARMÉE
1. L’armée de terre
2. La marine nationale
3. L’armée de l’air

II. LE RÔLE DU MINISTÈRE DANS LE LOGEMENT ET L’HÉBERGEMENT DES MILITAIRES
A. LE PÉRIMÈTRE DE LA POLITIQUE DU MINISTÈRE
1. Des principes fondés sur les contraintes de l’état militaire
2.Le cadre juridique de la politique du logement et de l’hébergement
3.Les acteurs

B. LE PARC DU MINISTÈRE
1. L’offre de logements familiaux
2. Les capacités d’hébergement
3. La diversité des lieux d’hôtellerie

DEUXIÈME PARTIE –LE TEMPS DES CONSTATS: UNE POLITIQUE MAL DÉFINIE, QUI PÉNALISE TANTLES PERSONNELS QUE L’INSTITUTION MILITAIRE

I. LE PARC DU MINISTÈRE DES ARMÉES POSE DE NOMBREUSES QUESTIONS
A. UN PARC QUI SEMBLE INADAPTÉ TANT ÀLACARTE MILITAIRE QU’AUX ATTENTES DES PERSONNELS
1. Une dichotomie entre l’offre et la demande
2. La prise en compte tardive des évolutions 
3. La problématique du logement social adaptée

B. UN PARC DÉGRADÉ
1. Un parc majoritairement vétuste 
2. Un sous-investissement chronique
3. Des réponses bricolées qui reposent souvent sur les personnels
4. Un sursaut récent, des réalisations actuelles ingénieuses de grande qualité et des initiatives opportunes

C. UN PARC AU COÛT PLUTÔT ÉLEVÉ
1. Le coût de possession
2. Le coût de construction
3. Le coût de la réservation et de la location de logements

II. UNE GOUVERNANCE COMPLEXE ET EN PANNE D’EFFICACITÉ
A. L’ILLISIBILITÉ DELA CHAÎNE DU LOGEMENT
1. L’enchevêtrement des responsabilités
2. Le manque de professionnalisation en interne
3. La mise à l’écart du commandement
4. Des critères d’attribution des logements mal connus et mal compris

B. LES FAIBLESSES DESAUTRESCOMPOSANTESDELA POLITIQUE DU LOGEMENT DU MINISTÈRE
1. La complexité des indemnités liées au logement
2. Le plan de mutations

III. UNE SITUATION PROBLÉMATIQUE POUR LES PERSONNELS COMME POUR LES ARMÉES
A. POUR LES PERSONNELS, UNE SOURCE D’INQUIÉTUDE
1. S’épuiser pour rien
2. L’émergence d’un sentiment de frustration

B. POUR LES ARMÉES, LA PROBLÉMATIQUE DE LA FIDÉLISATION
1. «Pas de militaire heureux sans famille heureuse»
2. Le toit, première brique de la fidélisation

TROISIÈME PARTIE –LE TEMPS DE L’ACTION: BÂTIR UNE VÉRITABLE POLITIQUE AU SERVICE DE L’AMÉLIORATION DE LA CONDITION MILITAIRE

I. TENIR LES PROMESSES D’UNE LPM «À HAUTEUR D’HOMME» 
A. ASSURER LA MISE EN ŒUVRE DU VOLET LOGEMENT DU «PLAN FAMILLE» 
B. SOUTENIR DANS LE TEMPS LE PROGRAMME POUR L’HÉBERGEMENT DES MILITAIRES

II. VEILLER À LA SAINE GESTION DU PARC
A. RATIONALISER LE PATRIMOINE IMMOBILIERDU MINISTÈRE TOUT EN LE PRÉSERVANT
B. REMÉDIER AUX DIFFICULTÉS DE GESTION DU PARC SOCIAL
1. Assurer une meilleure prise en compte des spécificités militaires par les bailleurs sociaux
2. Renforcer la position du ministère des Armées dans la gestion des logements sociaux réservés

C. RÉUSSIR LA MISE EN ŒUVRE DU CONTRAT CEGELOGDE RÉNOVATION ET DE RENOUVELLEMENT DU PARC DOMANIAL

III. CONSTRUIRE UNE POLITIQUE DU LOGEMENT COHÉRENTE
A. CRÉER UN SERVICE DU LOGEMENT
1. Refondre la gouvernance de la chaîne du logement
2. Professionnaliser la filière du logement
3. Garantir la souplesse de la politique du logement

B. ASSURER LA COHÉRENCE DES AUTRES COMPOSANTES
1. Réformer la composante logement des indemnités dans le cadre de la nouvelle politique de rémunération des militaires
2. Prendre en compte les demandes d’accompagnement dans l’accession à la propriété

C. REPENSER L’HÔTELLERIE MILITAIRE
1. Définir une stratégie pour l’avenir des cercles et mess
2. Clarifier les règles d’accueil dans les résidences hôtelières

SYNTHÈSE DES PROPOSITIONS

AXE 1: TENIR LES PROMESSES D’UNE LPM «À HAUTEUR D’HOMME»

AXE 2: VEILLER À LA SAINE GESTION DU PARC

AXE 3: CONSTRUIRE UNE POLITIQUE DU LOGEMENT COHÉRENTE

EXAMEN EN COMMISSION

AUDITIONS ET DÉPLACEMENTS DE LA MISSION D’INFORMATION.
1. Liste des personnes auditionnées par les rapporteurs
2. Déplacements
 

2557 Rapport parlementaire 134 Assemblée nationale 204000073

Interview de M. Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, à RFI le 17 janvier 2020, sur la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2022, les élections municipales de 2020, le logement insalubre à Marseille et la

Interview de M. Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, à RFI le 17 janvier 2020, sur la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2022, les élections municipales de 2020, le logement insalubre à Marseille et la contestation contre la réforme des retraites. Julien Denormandie 17/01/2020 Vie politique

FREDERIC RIVIERE
Bonjour Julien DENORMANDIE.

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.

FREDERIC RIVIERE
Marine LE PEN a officiellement annoncé hier qu'elle serait candidate à l'élection présidentielle de 2022. Est-ce que c'est, dans une certaine mesure, une bonne nouvelle pour Emmanuel MACRON ?

JULIEN DENORMANDIE
Ah non, je pense que c'est... Déjà, ce n'est pas une surprise, mais vous savez, moi je ne me réjouis jamais de voir que le Front national (sic) est aussi élevé dans notre pays, jamais.

FREDERIC RIVIERE
Mais que le Front national ait un candidat à l'élection présidentielle, c'est dans l'ordre des choses.

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais malheureusement on s'y habitue. On s'habitue à ce qu'aujourd'hui le Front national soit au second tour de l'élection présidentielle, à ce que le Front national fasse des scores aussi élevés aux élections européennes, alors que pourtant ils ne sont en rien en phase avec les idées que moi je me fais de l'Union européenne, et que beaucoup de Français se font de l'Union européenne. Et donc jamais je ne me réjouirai de voir un Front national aussi haut. Maintenant, qu'elle se présente, ce n'est pas une surprise, c'est dans le processus démocratique, et donc moi je continuerai à mener un combat politique contre les idées poussées par le Front national, pour faire en sorte que beaucoup puissent se dire qu'il y a d'autres solutions que le populisme, d'autres solutions que le repli sur soi, il y a ce chemin qu'on trace pour guider notre pays vers plus de croissance, plus de progrès, mais sans tomber dans le populisme.

FREDERIC RIVIERE
L'opposition a régulièrement accusé la majorité, mais d'ailleurs aussi Emmanuel MACRON, personnellement, notamment pendant la campagne des européennes, de tout faire pour préparer un nouveau duel MACRON - LE PEN en 2022. C'est faux ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est faux. Moi j'entends beaucoup ça…

FREDERIC RIVIERE
Mais, pour Emmanuel MACRON, avoir Marine LE PEN face à lui, ça n'est pas forcément inintéressant, parce qu'aujourd'hui toutes les enquêtes d'opinion le donnent encore assez largement vainqueur.

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais on ne peut jamais se réjouir de voir l'extrême droite aussi élevée dans notre pays. La question…

FREDERIC RIVIERE
Mais on peut se réjouir d'être sûr de la battre, non ?

JULIEN DENORMANDIE
Non mais la question... Non, mais jusqu'au jour où, jusqu'au jour où. Donc moi je, encore une fois, le Front national aujourd'hui est un mouvement politique qui véhicule des idées, qui ne sont en rien en phase avec les valeurs que je me fais de la République française, et donc jamais jamais jamais nous construirons, nous, majorité présidentielle, une offre politique en se disant : de toute manière, ce n'est pas très grave, en face, le seul opposant c'est le Rassemblement national. Jamais. Le Rassemblement national est un danger pour notre République, évidemment, et donc jamais il ne faut s'habituer à le voir aussi élevé dans les sondages. Et donc moi, avant, aujourd'hui, demain, je continuerai à essayer de convaincre de plus en plus de Français que la solution ça n'est ni le repli, ni le populisme, mais c'est la voix du progrès.

FREDERIC RIVIERE
Alors, d'ailleurs vous allez vous lancer dans une tournée anti Rassemblement national dans les prochains jours, en vous rendant dans les villes que le Rassemblement national dirige, et dans celles qui pourraient basculer lors des municipales de mars prochain. Vous n'êtes pas le premier à tenter ce genre d'opération, Manuel VALLS l'avait fait en 2014, ça n'avait pas été un franc succès. Vous avez la recette pour faire mieux ?

JULIEN DENORMANDIE
Eh bien je crois qu'il faut surtout aller à la rencontre des Français et de leur expliquer quel est le projet que nous, nous proposons. Que même si…

FREDERIC RIVIERE
Pourquoi ils ne l'ont pas encore compris ?

JULIEN DENORMANDIE
Parce que la situation est parfois difficile, parce que les derniers mois l'ont montré, parce que certains de nos concitoyens, parfois se sentent abandonnés, parfois se disent, les chances de maîtriser son destin ne sont pas suffisamment présentes. Et donc c'est quoi la solution ? Quand parfois vous avez des difficultés, soit vous vous tournez vers celles et ceux qui vous promettent monts et merveilles, sans aucune, aucune crédibilité dernière. Prenez par exemple le débat du moment sur les retraites, qu'est-ce que propose le Front national sur les retraites ? Ils disent à tous les Français : "De toute manière, si vous nous mettez au pouvoir, nous on dira que c'est la retraite à 60 ans". Mais qui peut croire aujourd'hui que dans notre pays, demain tout le monde partira à la retraite à 60 ans ? Celles et ceux qui nous écoutent…

FREDERIC RIVIERE
Ils ne sont pas les seuls à le dire, la France Insoumise dit la même chose.

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais celles et ceux qui nous écoutent, les Français, vous savez, ils savent très bien que pour des raisons démographiques, parce qu'on commence à travailler de plus en plus tard, que pour faire en sorte que ça ne soit pas nos petits-enfants qui paient la retraite de nos aînés, demain, eh bien ils savent très bien que progressivement, évidemment, on devra travailler un peu plus longtemps, ou en tout cas que ce n'est pas à 60 ans, et donc vous avez comme ça des personnes qui jouent sur les peurs, qui jamais ne cherchent à améliorer la chose, parce que ça reviendrait à scier la branche sur laquelle ils sont assis. Donc moi, je continuerai à me battre contre eux. Oui.

FREDERIC RIVIERE
A propos des municipales, le ministre de l'Intérieur a demandé aux préfets de ne plus attribuer de couleur politique aux listes sans étiquette dans les villes de moins de 9 000 habitants, alors que cette disposition s'appliquait jusqu'à maintenant dans les villes de moins de 1 000 habitants. Est-ce que la majorité redoute de piètres résultats aux élections municipales ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais vous savez d'où vient cette demande ? Parce que moi je vois, beaucoup s'en étonnent, mais…

FREDERIC RIVIERE
Eh bien toute l'opposition est folle de rage.

JULIEN DENORMANDIE
Oui, enfin, beaucoup s'en étonnent et beaucoup l'attribuent au ministre de l'Intérieur. En fait c'est des demandes qui viennent des élus de ces villes-là. C'est quoi la réalité dans notre pays ? Vous avez à peu près 500 000 élus locaux. Dans la grande majorité, ces élus locaux n'ont pas d'étiquette politique, et ça se comprend d'ailleurs, parce que…

FREDERIC RIVIERE
Oui, mais on donnait une coloration, en disant divers droite, divers gauche ou centre.

JULIEN DENORMANDIE
D'accord, mais c'est d'autres qui donnaient la coloration politique pour ces personnes. Or, dans beaucoup de villes de petite taille, les engagés, ceux qui vont aux municipales, disent : "Mais attendez, moi, ma couleur politique c'est ma ville, c'est ni droite, ni gauche, c'est ma ville". Voilà. C'est pour ça que cette décision a été prise, et d'aucune manière que ce soit pour essayer de minimiser ou maximiser les résultats.

FREDERIC RIVIERE
Alors, je ne sais pas si dans le cadre de votre tournée anti Rassemblement national vous avez prévu de vous rendre à Marseille, toujours est-il que là-bas vous êtes attendu pour d'autres raisons. Plusieurs associations collectives vous ont interpellé hier dans une lettre ouverte, vous demandant d'agir immédiatement pour résoudre ce qu'ils appellent la crise humanitaire que vit Marseille, depuis l'effondrement de deux immeubles, qui avait fait 8 morts en novembre 2018, 400 immeubles ont dû être évacués, ça concerne 4 000 personnes, et les auteurs estiment que la charte qui a été signée entre la mairie, les associations et l'Etat, la charte de relogement aujourd'hui n'est pas respectée. Qu'est-ce que vous avez à leur répondre ?

JULIEN DENORMANDIE
On est très vigilant dessus, et d'ailleurs les associations le savent très bien. Depuis ce drame de la rue d'Aubagne, je suis retourné je crois 10 fois à Marseille, pas 1, pas 2, 10, parce que j'ai énormément travaillé justement avec ces associations, parce que la situation, un an après, elle reste encore compliquée. Vous avez encore des personnes qui n'ont pas pu retrouver les immeubles où ils habitaient avant, et qu'ils sont à l'hôtel. Donc on a mis, nous Etat, beaucoup de pression dans le tube comme on dit, pour faire en sorte que localement, la mairie, la métropole, puissent accélérer à la fois le relogement, à la fois la reconstruction, et nous sommes très vigilants, on a signé cette charte, cette charte c'est tout simplement le cadre à respecter pour que les relogements se fassent dans de bonnes conditions. Il y aura une prochaine réunion, présidée d'ailleurs par le préfet, donc mon représentant, qui se tiendra vendredi en préfecture, pour justement suivre le bon déroulement de la charte, et répondre aux inquiétudes de ces associations. Mais ces associations, moi je suis en contact avec elles, je les ai vues à de multiples reprises, elles expriment leurs inquiétudes, et cette inquiétude elle m'oblige, elle m'oblige à continuer à avancer et à faire en sorte que les meilleures solutions soient trouvées et continuent à être trouvées.

FREDERIC RIVIERE
Plusieurs ports, ports maritimes, sont bloqués depuis quelques jours maintenant par un mouvement de protestation contre la réforme des retraites. Est-ce que vous redoutez aujourd'hui que les dockers ne prennent en quelque sorte le relais de la SNCF et de la RATP dans ce conflit ?

JULIEN DENORMANDIE
Eh bien je crois surtout que quel que soient les professions aujourd'hui, il est temps d'arrêter cette grève, cette grève qui pénalise le pays, qui pénalise énormément de Français. Beaucoup en région Ile-de-France, mais pas que, vous venez de le dire, et que le gouvernement a fait des avancées très importantes, a obtenu ce compromis avec les principales organisations syndicales dites progressistes, et donc nous allons continuer dans cet état d'esprit d'ouverture, à faire en sorte d'avancer pour que cette réforme, qui est une réforme importante pour le pays, pour la pérennisation du système de retraite, mais surtout parce qu'elle donne des droits nouveaux aux femmes, aux petites retraites. Prenez les agriculteurs qui ont parfois 600, 650 € de retraite, eh bien demain ils auront au minimum 1 000 € de retraite. Ce sont de vraies avancées. Prenez les femmes. Les femmes dans notre pays, on ne le dit pas suffisamment, elles ont plus de 40% de moins de retraite que les hommes. Eh bien c'est autant de droits nouveaux que nous créons. Voilà. Il faut continuer à mettre en oeuvre cette réforme des retraites, mais de le faire dans cet état d'esprit de construction et de dialogue.

FRÉDÉRIC RIVIERE
Merci Julien DENORMANDIE.

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.

FREDERIC RIVIERE
Bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 janvier 2020

Election présidentielle Le Pen Marine Election municipale Logement Retraite 203000177

Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, à RMC le 10 janvier 2020, sur la précarité des étudiants et la réforme des retraites.

Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, à RMC le 10 janvier 2020, sur la précarité des étudiants et la réforme des retraites. Frédérique Vidal 10/01/2020 précarité des étudiants réforme des retraite
  • Frédérique Vidal - Ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

JEAN-JACQUES BOURDIN
Frédérique VIDAL, bonjour.

FREDERIQUE VIDAL
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci d'être avec nous. Je vais vous parler un peu de retraite avant et nous allons parler des étudiants ensuite. La retraite, la réforme des retraites, le texte a été envoyé logiquement aux partenaires sociaux hier soir. Il a été envoyé dès samedi. Dans ce texte figure l'âge pivot, le fameux âge pivot. Est-ce que ce texte peut encore être modifié ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors c'est tout l'objet des concertations qui vont se dérouler aujourd'hui, qui se font en bilatéral, de manière à ce qu'effectivement le Premier ministre et l'ensemble des ministres concernés puissent avancer avec chaque syndicat sur le contenu de ce texte.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur le contenu du texte et avancer sur l'un des points essentiels, l'âge pivot. On est bien d'accord.

FREDERIQUE VIDAL
Avancer sur la question de l'équilibre financier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De l'équilibre financier.

FREDERIQUE VIDAL
Nombreux sont les syndicats qui reconnaissent que c'est effectivement important au regard notamment des avancées qui sont prévues pour nombreux de nos concitoyens que l'on ait cet équilibre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est peut-être important mais enfin, les syndicats réformistes demandent le retrait de cet âge pivot du texte. Est-ce que le gouvernement peut aller jusque-là ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors les syndicats et notamment Laurent BERGER ont proposé qu'il y ait une conférence qui discute du financement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, une conférence parallèle.

FREDERIQUE VIDAL
Et nous avons toujours dit que l'objectif était effectivement de mettre en place un système à l'équilibre et donc s'il y a des propositions qui émanent de cette conférence…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais elles sont faites, ces propositions. La conférence… Donc est-ce que dans le texte du 24 janvier il y aura l'âge pivot ?

FREDERIQUE VIDAL
Il y a l'âge d'équilibre tel qu'il est indiqué actuellement dans le texte. Il n'est pas précisé. Il est précisé que si la conférence propose d'autres solutions, elles seront regardées et s'il n'y a pas d'autres propositions concrètes qui émergent, évidemment ce qui est important c'est que cet équilibre existe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc l'âge pivot, je dis bien l'âge pivot sera inscrit dans le texte qui sera présenté le 24 janvier.

FREDERIQUE VIDAL
On ne peut pas préjuger de ce qui va se discuter aujourd'hui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De ce qui va se passer aujourd'hui.

FREDERIQUE VIDAL
Absolument. C'est tout l'objet d'une concertation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il va y avoir un changement aujourd'hui ? Une évolution forte ?

FREDERIQUE VIDAL
L'objectif de la consultation d'aujourd'hui, c'est de partir du texte tel qu'il a été écrit et puis de regarder comment il peut être modifié. Il ne faut jamais oublier qu'un texte de loi entre le moment où il est présenté au Conseil d'Etat, où il passe en Conseil des ministres et ensuite évidemment à la discussion au Parlement, il évolue fortement. Donc il peut toujours évoluer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc aujourd'hui, si j'ai bien compris, il peut évoluer avant le 24.

FREDERIQUE VIDAL
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et on peut attendre peut-être, je ne sais pas, du nouveau. Nous verrons bien, Frédérique VIDAL. Je voudrais que, tiens !, un mot encore sur ce qui se passe dans les facs, dans certaines universités avec des partiels qui ne peuvent pas se tenir, avec des universités bloquées. Il y en a peu. Combien ?

FREDERIQUE VIDAL
Oh, il y en a extrêmement peu et ce sont des blocages qui, en fait, ne durent pas extrêmement longtemps. C'est quelques étudiants qui empêchent les autres de passer leurs examens. On a eu des amphis d'examens qui ont été envahis, notamment à Rennes, et le président a évidemment condamné cela. On ne doit pas en aucun cas empêcher des étudiants de passer leurs examens. Les présidents d'université trouvent des solutions de remplacement, ont déplacé des examens. La difficulté c'est, notamment en Ile-de-France, de pouvoir se rendre sur les lieux d'examen donc tout ceci est travaillé au plus près.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, bien sûr.

FREDERIQUE VIDAL
Mais dans certains endroits, un petit nombre d'étudiants, une fois de plus, c'est quelques dizaines à chaque fois, décide de perturber.

JEAN-JACQUES BOURDIN
S'il y a blocage, il y aura intervention des forces de l'ordre si les présidents d'université le demandent.

FREDERIQUE VIDAL
Absolument. Toujours à la demande des présidents d'université et pour faire respecter l'ordre public.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Frédérique VIDAL, nous parlons de la précarité des étudiants dans deux minutes. (…)
- Frédérique VIDAL est donc ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, notre invitée ce matin. Frédérique VIDAL, parlons dont des difficultés rencontrées par de nombreux étudiants. Je regardais ce chiffre qui date, c'est une enquête de l'INSEE qui a été publiée en décembre 2018. 21 % des élèves et étudiants se trouvent sous le seuil de pauvreté contre 12,8 % de l'ensemble de la population. Il y a beaucoup d'étudiants effectivement qui n'arrivent pas à se loger. Les parents ne peuvent pas les aider plus que ce qu'ils font donc il faut trouver des solutions. Certains même renoncent à un cursus supérieur parce qu'ils n'ont pas les moyens de vivre leur vie étudiante. Vous les aidez à travers ce numéro d'urgence, je le rappelle : 0806 000 278, c'est le prix d'un appel local. J'appelle, que vais-je trouver au bout du fil ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors d'abord, c'est un des outils que nous mettons en place.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est un des outils.

FREDERIQUE VIDAL
Ça n'est pas le seul, loin de là. Au bout du fil, vous allez trouver quelqu'un qui va discuter avec vous de votre situation et vous dire quelles sont les mesures, les solutions, qui il faut contacter.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce qu'il y a des solutions qui sont aujourd'hui ? Je suis étudiant précaire, j'appelle et on va me trouver une solution ?

FREDERIQUE VIDAL
Absolument. Dans les aides, ce qu'on appelle les aides aux étudiants, il y a évidemment la partie qui est bourse sur critères sociaux, qui sont des dossiers qui se construisent et qui sont dépendants des revenus des parents ou des étudiants lorsqu'ils ont un foyer fiscal. Et puis il y a chaque année aux alentours de 70 millions d'euros qui sont dédiés aux étudiants en situation d'urgence, qu'ils soient boursiers ou qu'ils ne le soient pas. Un étudiant qui se trouve confronté à une situation difficile, qui se trouve en rupture par exemple avec ses parents alors que jusque-là il était aidé par ses parents, toute situation de détresse, et ces aides ne sont pas consommées. Année après année, à chaque fin d'année il reste environ 15 millions d'euros sur ces 70 millions d'euros.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il reste un reliquat.

FREDERIQUE VIDAL
Et donc le rôle de ce numéro, c'est orienter les étudiants vers les bonnes personnes et leur faire savoir qu'il existe des aides qui leur sont réservées.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a des aides d'urgence qui sont des aides ponctuelles, personnalisées, qui peuvent être allouées sans pour autant être boursier.

FREDERIQUE VIDAL
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est bien d'accord. Il y a quoi encore ? Il y a, je ne sais pas moi, les étudiants revendiquent une augmentation de 20 % des bourses étudiantes. Ça, il n'y aura pas d'augmentation des bourses.

FREDERIQUE VIDAL
Il y a eu une augmentation des bourses cette année de 46 millions d'euros. Evidemment nous essaierons toujours de faire en sorte que ces bourses augmentent mais la réalité, c'est que la façon dont les critères ont été construits il y a maintenant un certain nombre d'années ne correspond plus non plus à la réalité. C'est pour ça qu'on travaille…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais les résidences universitaires, pas assez de logements en résidence universitaire.

FREDERIQUE VIDAL
Alors c'est le Plan 60 000. Après le Plan 40 000, nous avons sur ce quinquennat 60 000 logements universitaires en prévision en termes de construction. Bien sûr qu'il manque que des logements universitaires, bien sûr que les étudiants se concentrent de plus en plus dans les métropoles, mais c'est aussi pour ça que nous avons ouvert des campus qu'on appelle Campus connectés qui sont délocalisées, qu'on peut trouver maintenant dans les villes moyennes. Une quinzaine qui ont été ouverts à titre expérimental, une centaine qui sont programmés. Il faut qu'on amène les formations aux étudiants, qu'on aide les étudiants à se déplacer vers les formations. Les solutions sont multiples parce que le problème est un problème complexe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Le gouvernement travaille à inclure les jeunes dans le futur revenu universel d'activité, on est bien d'accord.

FREDERIQUE VIDAL
Absolument. Nous travaillons à cela avec Gabriel ATTAL, avec l'ensemble des associations et justement ça peut nous permettre de revoir aussi les critères.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et puis autre chose, là on sort de l'urgence du quotidien pour parler de l'urgence climatique qui est aussi une urgence du quotidien. Je crois que le climatologue Jean JOUZEL va présider un groupe de travail pour réfléchir à comment intégrer l'urgence climatique au cursus universitaire.

FREDERIQUE VIDAL
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire ?

FREDERIQUE VIDAL
C'est une demande très, très forte des étudiants, des associations étudiantes qui sont préoccupées par l'urgence climatique et, au-delà, de beaucoup de jeunes mais pas de tous. Et quand on entend des jeunes qui à près d'un tiers dans un sondage du début de l'année 2019 disent qu'ils doutent du changement climatique, ce n'est pas une opinion. Le changement climatique, c'est un fait. Donc nous travaillons avec ces associations étudiantes, avec les établissements bien sûr, des scientifiques, Jean JOUZEL qui a accepté de présider cela, pour regarder comment est-ce que l'on peut avoir une formation dans tous les cursus, mêmes des cursus qui ne sont pas des cursus scientifiques classiques.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous allons Amina qui est à Bois d'Arcy dans les Yvelines. Bonjour Amina.

AMINA, AUDITRICE FRANCILIENNE
Oui, bonjour Jean-Jacques.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Amina, vous avez 22 ans. Vous êtes étudiante. Vous vous apprêtez à passer vos partiels dans une heure. Vous dites : « J'entends qu'il y a peu d'impact, c'est totalement faux. Nos partiels ont été reportés plusieurs fois. »

FREDERIQUE VIDAL
Absolument, oui.

AMINA
Oui, tout à fait. En fait, nous avons donc des majeurs et des mineurs si vous voulez, donc plusieurs épreuves, et il était convenu initialement que nous passions plusieurs mineurs avant Noël et puis ensuite avoir à nouveau quinze jours pour réviser et puis ensuite à nouveau passer nos majeurs. Et en fin de compte, les partiels ont été annulés la veille. Donc on devait passer les premiers examens peut-être le 15, il me semble, et la veille l'administration a décidé d'annuler alors qu'ils étaient complètement au courant de la grève depuis bien longtemps. Ils ont reporté nos partiels à cette semaine et on a eu des étudiants qui se sont plaints au nom des autres étudiants. Donc à nouveau un petit groupe, une petite minorité qui a voulu impacter la majorité, qui a fait un mail à la fac disant qu'ils ne pouvaient pas de se présenter aujourd'hui sur leurs épreuves… Hier, pardon, sur leurs épreuves.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Amina, Amina, on va résumer. Vos partiels ont été reportés plusieurs fois et vous commencez à en avoir ras-le-bol, ce que je comprends fort bien.

AMINA
Exactement. Et ce que je vous disais donc, c'est que l'épreuve qu'on devait passer hier a été annulée encore une fois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Encore une fois annulée hier. Frédérique VIDAL, ça devient insupportable pour beaucoup d'étudiants.

FREDERIQUE VIDAL
Bien sûr, c'est ce que je disais tout à l'heure. Chaque université réagit en fonction de ce qui se passe dans ses locaux. Mais une fois de plus, lorsqu'on a une minorité qui empêche une majorité d'étudiants d'aller passer leurs examens, je trouve que c'est éminemment condamnable. Et les étudiants qui ont besoin de passer ces examens, qui n'auront peut-être pas les moyens de retarder leurs examens sont fortement pénalisés par une minorité comme le disait cette jeune fille.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Frédérique VIDAL, merci d'être venue nous voir.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 janvier 2020

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