Présidentielles 1974-2017: les débats télévisés entre les deux tours

C'est en 1974 qu'est organisé le premier débat opposant les deux candidats présents au second tour de la présidentielle. Depuis cette date, le débat de l'entre-deux-tours constitue un rite républicain attendu par les électeurs et très suivi par les téléspectateurs. Retour en images sur les moments marquants de ces débats télévisés.

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Les débats présidentiels respectent des règles strictes de mise en scène qui ont été fixées à l'occasion du débat de 1981 : toute question posée par un orateur doit transiter par les journalistes, seuls les plans moyens à mi-corps et les gros plans sont utilisés, les plans de coupe et de réaction sont interdits, le réalisateur du débat est encadré par deux assistants choisis par chaque candidat.

Retrouvez ici les retranscriptions des débats présidentiels, ainsi que les extraits vidéos.
 

Débat de 1974 : Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand

C'est le 10 mai 1974 que Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand s'affrontent lors du tout premier débat télévisé de l'entre-deux tours. Les deux candidats ont accepté de donner 45 minutes de leur temps de parole à l'antenne. Sur la question de la répartition des richesses, François Mitterrand déclare : "C'est presque une question d’intelligence, c'est aussi une affaire de cœur". Ce à quoi Valéry Giscard d'Estaing répond cette phrase restée célèbre : "Vous n'avez pas, M. Mitterrand, le monopole du cœur".
 

 

Débat de 1981 : François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing

C'est au cours du débat du 5 mai 1981 que François Mitterrand déclare : "Vous ne voulez pas parler du passé, je le comprends bien naturellement et vous avez tendance un peu à reprendre le refrain d’il y a sept ans : l’homme du passé... C’est quand même ennuyeux que dans l’intervalle vous soyez devenu, vous, l’homme du passif."
 

 

Débat de 1988 : François Mitterrand et Jacques Chirac

Lors du débat du 28 avril 1988, François Mitterrand, président sortant, se retrouve face à son Premier ministre, Jacques Chirac, et le nomme à plusieurs reprises "monsieur le Premier ministre". Jacques Chirac lui fait la remarque : "Ce soir, vous n’êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats à égalité (…), vous me permettrez donc de vous appeler monsieur Mitterrand". Mitterrand rétorque : "Mais vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre".

Ce débat est également marqué par un vif échange sur le renvoi à Téhéran de Wahid Gordji, un diplomate iranien suspecté d'avoir organisé les attentats de 1986 à Paris : "JACQUES CHIRAC : est-ce que vous pouvez dire, monsieur Mitterrand, en me regardant dans les yeux, que je vous ai dit (...) que nous avions les preuves que Gordji était coupable de complicité ou d’actions dans les actes précédents (...) Pouvez-vous vraiment contester ma version des choses en me regardant dans les yeux ? - FRANCOIS MITTERRAND : Dans les yeux, je la conteste." 
 

 

Débat de 1995 : Jacques Chirac et Lionel Jospin

Au cours du débat du 2 mai 1995, Lionel Jospin, partisan du quinquennat, déclare : "Il vaut mieux 5 ans avec Jospin que 7 ans avec Jacques Chirac, ça serait bien long", provoquant le rire de son adversaire.
 

 

Pourquoi le débat de 2002 entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen n'a pas eu lieu ?

Pour la première fois depuis 1974, il n’y a eu pas de débat présidentiel au second tour de l'élection présidentielle de 2002. Dans un discours du 23 avril 2002, Jacques Chirac, président sortant, explique pourquoi il refuse de débattre avec Jean-Marie Le Pen, chef de fil du Front national.
 

 

Débat de 2007 : Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy

Le débat du 2 mai 2007 est marqué par un échange sur la scolarisation des enfants handicapés : "NICOLAS SARKOZY : Calmez-vous et ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé ! - SEGOLENE ROYAL : Non, je ne me calmerai pas ! - NICOLAS SARKOZY : Pour être Président de la République, il faut être calme. - SEGOLENE ROYAL  : Non, pas quand il y a des injustices ! Il y a des colères saines, parce qu’elles correspondent à la souffrance des gens. Il y a des colères que j’aurai, même quand je serai Présidente de la République."
 

 

Débat de 2012 : François Hollande et Nicolas Sarkozy

Le débat du 2 mai 2012 est marqué par l'anaphore de François Hollande dans laquelle il répète quinze fois l'expression "Moi, président de la République". Le candidat socialiste va monopoliser le temps de parole pendant plus de 3 minutes sans être interrompu une seule fois par son adversaire, Nicolas Sarkozy.
 

 

Débat de 2017 : Emmanuel Macron et Marine Le Pen

Contrairement à Jacques Chirac en 2002, Emmanuel Macron accepte le débat avec la représentante du Front national, Marine Le Pen, le 3 mai 2017. C'est la première fois que deux candidats qui ne sont pas issus des grands partis traditionnels s'affrontent lors d'un débat d'entre-deux-tours. 

Ce face-à-face est marqué par de nombreuses joutes verbales. MARINE LE PEN : "Monsieur Macron est le candidat de la mondialisation sauvage, de l’ubérisation, de la précarité, de la brutalité sociale (…). Face à cela, je suis la candidate du peuple." - EMMANUEL MACRON : "Vous avez démontré que vous n'êtes en tout cas pas la candidate de l'esprit de finesse."

Sur la lutte contre le terrorisme, la candidate du FN évoque ses propositions d'expulser du territoire tous les "fichés S" et de fermer les frontières. "J'ai une nouvelle pour vous, lance son adversaire. Depuis novembre 2015, Schengen le permet, nous avons rétabli des contrôles aux frontières pour lutter contre les terroristes (...). Donc ce que vous proposez, comme d'habitude, c'est de la poudre de perlimpinpin."